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    Les juristes prennent la rue pour dénoncer la loi spéciale

    Des centaines de juristes ont manifesté leur opposition à loi 78 hier à Montréal, certains n’hésitant pas à épingler un carré rouge sur leur toge.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Des centaines de juristes ont manifesté leur opposition à loi 78 hier à Montréal, certains n’hésitant pas à épingler un carré rouge sur leur toge.
    C’était hier soir au tour des avocats et des notaires d’ajouter leur voix au concert de protestations contre la loi spéciale limitant la liberté de manifester adoptée il y a plus d’une semaine par l’Assemblée nationale du Québec.

    Près d’un demi-millier de juristes sans affiliation particulière se sont rassemblés à l’extérieur du palais de justice de Montréal en début de soirée avant de manifester dans le silence - interrompu par moments par des applaudissements de personnes attablées à des terrasses de la place Jacques-Cartier ou assises sur l’esplanade de la Place des Arts - dans les rues du Vieux-Montréal et du centre-ville.


    « La loi suscite beaucoup d’interrogations. En en parlant entre collègues et amis, on s’est rendu compte que la loi spéciale faisait grincer des dents. On s’est dit que ce serait bien que le monde le sache. Mais, quand on a lancé cette idée-là, on n’était pas sûr d’atteindre le chiffre magique de cinquante », a souligné l’un des instigateurs de la protestation, Me François Desroches.


    Plusieurs juristes en toge ont soutenu qu’il était de leur devoir de respecter la loi, - notamment en faisant connaître l’itinéraire de leur manifestation au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) au bas mot huit heures avant qu’elle s’ébranle -, mais également de la dénoncer lorsqu’elle portait atteinte à des libertés fondamentales.


    « C’est excessif. Le but d’une loi, ce n’est pas d’écraser les gens. Il y a un caractère haineux dans cette loi », a fait valoir Me François Gendron, marchant d’un bon pas au côté de son partenaire d’affaires, Me Michel Houle.


    « On a le sentiment que la démocratie n’est pas respectée », a pour sa part affirmé Me Houle, soulignant manifester afin de « contester » la loi 78 qu’il juge « ignoble », « moyenâgeuse », mais également « par solidarité » avec les étudiants en grève. Le Québec est mûr pour un autre « débat de société », a-t-il ajouté, rappelant par la même occasion que la dernière fois qu’il était descendu dans la rue remontait au lendemain de la présentation du « bill 63 », c’est-à-dire à l’automne 1969.


    Pour la vice-présidente de la Ligue d’action civique, Danielle Bédard, la loi 78 « restreint la portée » de la Charte canadienne des droits et libertés. « Ça remet tout en cause la légitimité des lois. Cela a un impact énorme sur le système de justice », renchérit l’avocate Geneviève Dufour, qui est également professeure de droit à la faculté de droit de l’Université Sherbrooke.


    L’avocate Lulu Cornellier soupçonne le gouvernement d’avoir profité de la crise étudiante pour forcer l’adoption de la loi 78, qui attire aujourd’hui son « opprobre ». « Ça devient un prétexte pour légiférer sur un point que la population n’accepterait jamais. On est rendus là. On s’en fait passer une p’tite vite », a-t-elle affirmé.


    La loi spéciale « porte atteinte notamment au droit de libre association et de manifester librement » à ses yeux.


    Les juristes ont terminé leur manifestation à la place Émilie-Gamelin à temps pour le coup d’envoi de la 35e manifestation nocturne contre la hausse des droits de scolarité en 35 jours à Montréal - rapidement déclarée illégale - et les tintamarres aux quatre coins de la métropole.


    La soirée s’est déroulée sans incident à Montréal, contrairement à Québec où plusieurs dizaines de manifestants ont été interpellées après avoir été pris en souricière alors qu’ils marchaient pacifiquement devant l’immeuble où se déroulaient les négociations entre le gouvernement et les associations étudiantes. Ils ont été interpellés pour avoir contrevenu à l’article 500.1 du code de la sécurité routière, selon le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ). Aucun acte de violence n’avait été commis par des manifestants.


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    Avec La Presse canadienne

     
     
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