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Expo sur le sexe: l'opposition craint l'ingérence du ministre Moore

L'exposition en 2010 au Centre des sciences de Montréal<br />
Photo : Centre des sciences de Montréal L'exposition en 2010 au Centre des sciences de Montréal
Tentative de censure ou simple pruderie? Peu importe la raison qui a poussé le ministre James Moore à critiquer l'exposition "Sexe: l'Expo qui dit tout", il aurait mieux fait de se mêler de ses affaires, croit l'opposition.

Le Musée des sciences et de la technologie du Canada, à Ottawa, présente depuis aujourd'hui une exposition destinée à l'éducation sexuelle des jeunes, qui a déjà roulé sa bosse à Montréal et Régina sans avoir suscité aucune controverse.

L'exposition avait été présentée au Centre des sciences de Montréal en 2010.

Mais son arrivée dans la capitale fédérale n'est pas passée inaperçue. Le bureau du ministre du Patrimoine, James Moore, l'a qualifié d'"insultante pour les contribuables" et les plaintes ont afflué, si bien que le musée a fait passer l'âge limite pour les enfants non accompagnés de 12 à 16 ans.

Une vidéo d'animation renseignant les jeunes sur la masturbation a aussi été retirée.

"Cachez ce sein que je ne saurais voir! Les conservateurs montent sur leurs grands chevaux pour une exposition dans un musée. Mon Dieu qu'ils sont prudes!", a raillé la néo-démocrate Rosane Doré Lefebvre à la Chambre des communes, aujourd'hui.

"Le ministre va-t-il promettre de ne plus mettre son nez dans le choix des expositions des musées canadiens ou le ministère de la censure mettra-t-il à l'index tout ce qui ne lui convient pas?", a renchéri la jeune députée.

Mais c'est le musée lui-même qui lui a demandé son avis, a rétorqué le ministre Moore.
"J'ai vu dans les faits cette exposition et je respecte l'indépendance des musées. Mais on m'a demandé mon opinion, et mon opinion, c'est qu'il n'est pas approprié pour de jeunes enfants d'être exposés à du matériel sexuellement explicite sans le consentement de leurs parents", a répliqué le ministre à l'opposition officielle.

Le ministre a signalé que le futur de l'exposition était désormais entre les mains du Musée des sciences et de la technologie.

Ses explications n'ont pas satisfait l'opposition, qui craint les intrusions abusives du gouvernement conservateur dans ce qui ne le regarde pas.

"On est en train de voir un dérapage total. Là, on est rendu que le gouvernement se mêle de ce qu'on peut montrer dans les musées. C'est très préoccupant", a signalé le leader néo-démocrate Thomas Mulcair.

"Le principe de la censure est dangereux", a prévenu le chef libéral Bob Rae. "Moi je préfère de dire, écoutez, les musées sont indépendants. Ils peuvent faire leurs décisions."

"C'est une porte ouverte à différentes dérives", a de son côté déploré le député bloquiste Jean-François Fortin.

Les collègues conservateurs de M. Moore se sont cependant rangés du côté de leur confrère.

"Je crois que c'est le rôle du gouvernement de rappeler aux organisations leur mandat et les standards de la société", a soutenu le ministre de l'Environnement, Peter Kent.

 
 
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