Services de garde - Le patronat propose d'offrir aux parents un chèque de 5000 $ par enfant
Dans une proposition qui n'est pas sans rappeler celle des bons de garde de l'ADQ lors de la dernière campagne électorale, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) a suggéré hier que l'État verse une allocation familiale de 5000 $ par enfant de moins de quatre ans afin que les familles puissent elles-mêmes payer les services de garde ou permettre à un des deux parents de rester à la maison.
En redistribuant les sommes prévues pour les services de garde, soit 1,7 milliard, «on donne suffisamment d'argent aux parents pour payer un service de garde, au coût moyen de ce qu'on a actuellement, à l'ensemble des familles, alors que notre système actuel laisse sur la glace 50 % des gens qui n'y ont pas accès», a fait valoir le président du CPQ, Gilles Taillon. Les assistés sociaux continueraient cependant de bénéficier d'un service de garde gratuit plutôt que de recevoir l'allocation.
Une telle formule, selon le CPQ, permettrait en outre aux familles québécoises qui ont recours aux services de garde de réclamer pleinement les crédits d'impôt fédéraux dont ils sont pour l'instant privés en raison des services de garde à 5 $ par jour.
Lors des audiences, le ministre responsable de la Famille, Claude Béchard, a accueilli prudemment cette proposition, s'interrogeant sur la possibilité que ce scénario conduise à un système où les familles nanties pourraient s'offrir des «garderies chromées» alors que les plus défavorisées devraient se contenter de «la fin de l'offre».
«Ce que nous amène le patronat aujourd'hui, c'est complètement une autre vision de l'avenir des services de garde et même des mesures d'aide financière aux familles. C'est une proposition qu'on va étudier comme les autres», a expliqué le ministre Béchard au terme de la deuxième journée de consultation.
N'empêche, la proposition patronale rejoint d'une certaine façon les préoccupations du ministre. Ce dernier a répété à plusieurs reprises que la moitié des enfants ne bénéficiaient pas des services à 5 $ par jour à l'heure actuelle et que 35 % des familles choisissaient de se débrouiller autrement. «Nous voulons faire en sorte que l'aide aux familles ne soit pas concentrée sur un seul secteur des politiques familiales», a-t-il déclaré à l'ouverture de la journée.
Le ministre Béchard a affirmé que le gouvernement du Parti québécois avait «mis tous ses oeufs dans le même panier» en puisant dans les fonds auparavant alloués aux allocations familiales pour financer l'implantation des services de garde. Les observateurs ont pu constater que le ministre a moins fait référence à la croissance exponentielle des coûts, contrairement au discours des derniers mois. La chercheuse universitaire Ruth Rose affirmait d'ailleurs en début de semaine que l'ensemble des budgets consacrés à la famille n'avait cru que de 1 % par année au cours de la dernière décennie.
Développement de nouvelles places
En ce qui a trait aux 12 200 places manquantes pour compléter le réseau de 200 000 places, l'Association des garderies privées du Québec (AGPQ) a, sans grande surprise, opté pour le scénario qui lui confie exclusivement ce développement.
Interrogé par le ministre au sujet de la qualité des services dans les garderies privées, le président de l'association, Sylvain Lévesque, a déclaré: «On répond déjà aux mêmes exigences de qualité. Ce ne sont pas les parents mais les groupes de pression, dont les syndicats et les CPE, qui sont sortis [dans les médias] contre notre réseau. Il y a eu de la désinformation.» Reconnaissant cependant que le plus faible ratio d'éducatrices qualifiées (une sur trois plutôt que deux sur trois en CPE) constituait un «problème médiatique», l'association a souhaité se faire imposer le même ratio à la condition que sa subvention soit haussée en conséquence.
Les haltes-garderies communautaires, financées par des moyens de fortune comme des programmes d'employabilité, ont elles aussi réclamé leur part du développement de nouvelles places. Les 140 haltes-garderies offrent déjà 2200 places et accueillent chacune six enfants en moyenne puisque ces derniers ne les fréquentent pas à temps plein. «Les haltes-garderies rejoignent en grande partie des familles vulnérables et fragilisées que nous retrouvons très peu dans le réseau des services de garde actuel», a fait valoir la porte-parole de l'Association des haltes-garderies communautaires, Lise Henry.
Garde en milieu scolaire
De son côté, les représentants des services de garde en milieu scolaire se sont inquiétés d'une hausse de la contribution exigée des parents. «Nous sommes convaincus que cela contribuerait au retour du phénomène des enfants à la clef dans le cou», a plaidé la présidente de l'Association des services de garde en milieu scolaire, Brigitte Guay.
Convaincue qu'une hausse servirait à renflouer les coffres des commissions scolaires plutôt qu'à améliorer les services, elle a invité le gouvernement à «s'assurer que les subventions versées pour les services de garde soient bel et bien utilisées à cette fin».
La consultation se poursuit cet avant-midi.
En redistribuant les sommes prévues pour les services de garde, soit 1,7 milliard, «on donne suffisamment d'argent aux parents pour payer un service de garde, au coût moyen de ce qu'on a actuellement, à l'ensemble des familles, alors que notre système actuel laisse sur la glace 50 % des gens qui n'y ont pas accès», a fait valoir le président du CPQ, Gilles Taillon. Les assistés sociaux continueraient cependant de bénéficier d'un service de garde gratuit plutôt que de recevoir l'allocation.
Une telle formule, selon le CPQ, permettrait en outre aux familles québécoises qui ont recours aux services de garde de réclamer pleinement les crédits d'impôt fédéraux dont ils sont pour l'instant privés en raison des services de garde à 5 $ par jour.
Lors des audiences, le ministre responsable de la Famille, Claude Béchard, a accueilli prudemment cette proposition, s'interrogeant sur la possibilité que ce scénario conduise à un système où les familles nanties pourraient s'offrir des «garderies chromées» alors que les plus défavorisées devraient se contenter de «la fin de l'offre».
«Ce que nous amène le patronat aujourd'hui, c'est complètement une autre vision de l'avenir des services de garde et même des mesures d'aide financière aux familles. C'est une proposition qu'on va étudier comme les autres», a expliqué le ministre Béchard au terme de la deuxième journée de consultation.
N'empêche, la proposition patronale rejoint d'une certaine façon les préoccupations du ministre. Ce dernier a répété à plusieurs reprises que la moitié des enfants ne bénéficiaient pas des services à 5 $ par jour à l'heure actuelle et que 35 % des familles choisissaient de se débrouiller autrement. «Nous voulons faire en sorte que l'aide aux familles ne soit pas concentrée sur un seul secteur des politiques familiales», a-t-il déclaré à l'ouverture de la journée.
Le ministre Béchard a affirmé que le gouvernement du Parti québécois avait «mis tous ses oeufs dans le même panier» en puisant dans les fonds auparavant alloués aux allocations familiales pour financer l'implantation des services de garde. Les observateurs ont pu constater que le ministre a moins fait référence à la croissance exponentielle des coûts, contrairement au discours des derniers mois. La chercheuse universitaire Ruth Rose affirmait d'ailleurs en début de semaine que l'ensemble des budgets consacrés à la famille n'avait cru que de 1 % par année au cours de la dernière décennie.
Développement de nouvelles places
En ce qui a trait aux 12 200 places manquantes pour compléter le réseau de 200 000 places, l'Association des garderies privées du Québec (AGPQ) a, sans grande surprise, opté pour le scénario qui lui confie exclusivement ce développement.
Interrogé par le ministre au sujet de la qualité des services dans les garderies privées, le président de l'association, Sylvain Lévesque, a déclaré: «On répond déjà aux mêmes exigences de qualité. Ce ne sont pas les parents mais les groupes de pression, dont les syndicats et les CPE, qui sont sortis [dans les médias] contre notre réseau. Il y a eu de la désinformation.» Reconnaissant cependant que le plus faible ratio d'éducatrices qualifiées (une sur trois plutôt que deux sur trois en CPE) constituait un «problème médiatique», l'association a souhaité se faire imposer le même ratio à la condition que sa subvention soit haussée en conséquence.
Les haltes-garderies communautaires, financées par des moyens de fortune comme des programmes d'employabilité, ont elles aussi réclamé leur part du développement de nouvelles places. Les 140 haltes-garderies offrent déjà 2200 places et accueillent chacune six enfants en moyenne puisque ces derniers ne les fréquentent pas à temps plein. «Les haltes-garderies rejoignent en grande partie des familles vulnérables et fragilisées que nous retrouvons très peu dans le réseau des services de garde actuel», a fait valoir la porte-parole de l'Association des haltes-garderies communautaires, Lise Henry.
Garde en milieu scolaire
De son côté, les représentants des services de garde en milieu scolaire se sont inquiétés d'une hausse de la contribution exigée des parents. «Nous sommes convaincus que cela contribuerait au retour du phénomène des enfants à la clef dans le cou», a plaidé la présidente de l'Association des services de garde en milieu scolaire, Brigitte Guay.
Convaincue qu'une hausse servirait à renflouer les coffres des commissions scolaires plutôt qu'à améliorer les services, elle a invité le gouvernement à «s'assurer que les subventions versées pour les services de garde soient bel et bien utilisées à cette fin».
La consultation se poursuit cet avant-midi.
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