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    Ville hôtesse - Rouyn-Noranda s’est associé à Les Arts et la Ville il y a plus de 20 ans

    Un concert de Patrick Watson a été présenté dans le cadre du Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue 2011, à un jet de pierre de la fonderie Horn, à Rouyn-Noranda.
    Photo : Cyclope Un concert de Patrick Watson a été présenté dans le cadre du Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue 2011, à un jet de pierre de la fonderie Horn, à Rouyn-Noranda.
    L’Abitibi-Témiscamingue est considérée à juste titre comme l’une des régions éloignées du Québec. Il y a pourtant un festival du cinéma international qui se déroule dans sa ville-centre, Rouyn-Noranda, depuis 30 ans ; il rapproche ce coin de pays du monde. Il y a aussi, dans les murs de cette municipalité, des lieux qui célèbrent bien d’autres formes d’art et qui en font une passionnée de culture ; elle s’apprête à accueillir la vingt-cinquième édition du colloque de Les Arts et la Ville.

    La Ville a adopté sa politique culturelle en juin 1997 et ne cesse depuis de réserver une large place aux initiatives culturelles citoyennes, qu’elle soutient de plusieurs manières. Son maire depuis 2009, Mario Provencher, est fier d’appartenir au réseau Les Arts et la Ville : « C’est un mouvement qui a bien grandi et je crois qu’on est avec eux depuis 24 ans, donc depuis les débuts. Depuis ce temps, on a vraiment été en mesure d’échanger sur des expériences vécues ailleurs ; il nous est parfois possible d’adapter certaines choses et on n’est pas toujours obligé de réinventer la roue. »


    Il se reporte à son passé en politique municipale et à une vingtaine d’années en arrière pour illustrer ce qui se passait alors sur la scène culturelle : « Quand il restait de l’argent, c’était là qu’on le mettait ; c’était le premier poste budgétaire où on effectuait des coupes et le dernier où on plaçait de l’argent. Avec le temps, il s’est réellement produit toute une évolution, et, pour moi, l’investissement en culture, c’est maintenant l’un des plus beaux que la Ville de Rouyn-Noranda puisse faire. »

     

    La vitrine culturelle et l’engagement municipal


    Il est fier de présenter l’inventaire des installations de nature culturelle en place dans la ville et souligne une autre réalisation : « On se dote constamment d’infrastructures et on vient d’inaugurer une nouvelle salle d’exposition, qui était logée depuis 30 ans dans le cégep ; on peut présentement dire qu’on possède un espace digne de son temps. » Il ajoute : « Toutes nos grosses organisations, si on parle par exemple du Festival du cinéma international, du Festival des guitares du monde, du Festival du docuMenteur ou du Festival de musique émergente (FME), nous valent une reconnaissance internationale. » Il en fournit la preuve : « Il y a deux ans, je me suis rendu en mission économique au Maroc ; à Marrakech, le directeur de l’Office du tourisme m’a lancé : “ Votre festival du cinéma va se dérouler dans trois semaines ; je le sais bien parce que le nôtre a toujours lieu deux semaines après le vôtre ”. »


    Le maire se livre à un rapide calcul de l’aide apportée par la municipalité à ces événements majeurs et à d’autres : « Premièrement, sur le plan financier, on a des enveloppes pour le soutien locatif, pour les dons ou pour les subventions ; on calcule qu’on a injecté l’an dernier 1,2 million de dollars dans la culture. » Il relève un aspect majeur de ces interventions : « Il ne faut jamais oublier le mot “ partenariat ”, et on agit toujours comme des partenaires avec les responsables des activités ; il n’y a pas d’outsider qui s’amène ici en décidant qu’il va réaliser un projet, s’il n’est pas partenaire avec la Ville. »


    Au sujet de cette collaboration, il laisse savoir que la Ville a ajouté, dans son programme d’aide financière, un volet d’éducation et de lutte contre l’exclusion culturelle, dont le but est de rejoindre le plus de monde possible : « Dans le fond, il faut préparer la relève. On donne autant d’argent de ce côté-là que pour le soutien lui-même. Les gens ont compris qu’ils pouvaient apporter une plus grande valeur à leurs activités en mobilisant davantage les bénévoles qui les soutiennent. »

     

    Un fort engagement citoyen


    Mario Provencher pose le constat que 50 % des artistes régionaux de l’Abitibi-Témiscamingue vivent de leur art : « La raison en est qu’il y a ici une effervescence artistique. » Il donne un exemple qui illustre parfaitement cette réalité, selon lui : « On a déposé un dossier pour devenir en 2012 capitale culturelle du Canada ; le gouvernement fédéral, par le biais du ministère du Patrimoine canadien, a décidé d’éliminer la catégorie dans laquelle on figurait pour ne garder que les deux plus importantes. Au moment de monter ce projet-là, il y a eu une mobilisation énorme du milieu culturel, autant du côté de la population en général que de celui des artistes eux-mêmes. »


    Le conseil s’est donc viré de bord : « À la fin de février, on s’est autoproclamé capitale culturelle nous-mêmes : tous les montants d’argent qui étaient prévus au niveau municipal pour réaliser des activités, on les a rendus disponibles ; de la sorte, on va pouvoir réaliser 16 projets, qui ont été réadaptés par tous et chacun. Les gens sont prêts à accepter une diminution de 10 ou 15 % par rapport à leurs demandes initiales, afin qu’ils puissent présenter leurs idées à la population. On va lancer la programmation le 24 mai et celle-ci va s’échelonner sur toute l’année. »

     

    Le mot de bienvenue


    Il lance ce message aux visiteurs qui vont se présenter pour le colloque : « Je dis particulièrement aux élus de ne pas avoir peur d’investir dans la culture, car un tel geste rend capable de mesurer réellement l’engagement citoyen ; si on le fait et que cet engagement n’existe pas, c’est parce que la population n’en veut pas. »


    Il se tourne vers les bénévoles : « Je pense que, seulement à l’intention de ceux qui s’engagent à Rouyn-Noranda, on se doit d’investir. C’est aussi important que de mettre de l’argent dans un aréna ou dans des parcs, parce que ces gens-là se sentent valorisés, ce qui permet d’augmenter leur qualité de vie ; ils en parlent et ils sont heureux d’agir de la sorte. De plus, on ne se le cachera pas, c’est là un moteur bien important sur le plan du développement social et économique qu’un pareil investissement ; on en tire des retombées et, personnellement, d’après mes calculs vite faits, ce que j’investis en culture me rapporte pas mal plus que l’argent que je consacre au sport. »


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