Union des municipalités du Québec - Vers les municipalités de demain
Pour « la reconnaissance de la municipalité comme un gouvernement de plein droit démocratiquement élu »
« La municipalité de l’avenir se doit d’être innovante, d’avoir la reconnaissance de ses champs de responsabilité et d’intervenir dans les trois grands piliers du développement durable que sont les aspects sociaux, écologiques et économiques. C’est une municipalité qui aura un leadership majeur dans le développement du Québec. »
Telle est la vision d’Éric Forest, maire de Rimouski et président de l’Union des municipalités du Québec depuis 2010. Le grand chantier du livre blanc sur l’avenir des municipalités, c’est son idée. « Quand j’ai pris la présidence de l’Union, on était dans un contexte où il y avait beaucoup d’allégations et de cynisme autour du monde municipal et des élus. Le premier geste que j’ai posé, c’est de proposer un plan de match en trois étapes. »
Il a, dans un premier temps, effectué un tour du Québec pour rencontrer les élus et discuter de leurs préoccupations. Il sentait que ces derniers avaient besoin d’être rassurés et de sentir qu’il y avait une direction ferme. Il a donc planifié un sommet sur le monde municipal, événement qui s’est tenu en mars 2011.
Participation citoyenne
« Nous avons tenté une approche un peu originale en nous associant à l’Institut du Nouveau Monde pour interpeller les Québécois intéressés à faire un exercice de réflexion en profondeur sur la municipalité, précise Éric Forest. Pendant deux jours, des gens issus de toutes les régions du Québec se sont regroupés en tables de travail pour nous décrire leurs attentes, leurs perceptions et leur vision de la municipalité de demain. »
Ces travaux ont été présentés et débattus lors des assises annuelles de l’UMQ en 2011. À la suite de cette rencontre, il a été proposé d’en faire un grand chantier qui porterait le nom de « livre blanc sur l’avenir des municipalités ».
« Ce que nous voulions, c’était d’amorcer une réflexion, dans un contexte de mondialisation, par rapport aux grands défis qui attendent le Québec de demain, explique le président de l’UMQ. La municipalité, dans ma perception, est un acteur incontournable, parce qu’une famille, ça ne s’établit pas dans un espace au milieu de nulle part, ça s’établit dans une collectivité, une ville, un village. Nous avons donc la responsabilité d’avoir des collectivités attirantes, de nous développer et d’aller bien au-delà des fonctions traditionnelles dévolues à la municipalité, telles que l’aqueduc, les égouts, les déchets et le nettoyage des rues. »
Pour s’assurer d’avoir une vision qui corresponde aux attentes des citoyens et des groupes socio-économiques, l’UMQ a invité tous les groupes intéressés à se joindre à la discussion et a lancé un vaste sondage panquébécois sur le rôle des municipalités de demain. Le but est d’arrimer les attentes citoyennes à la perception que les élus ont de leur propre rôle.
Les résultats de ce sondage seront dévoilés lors des prochaines assises annuelles, qui se tiendront du 9 au 11 mai, à Gatineau. Les membres tenteront alors de dégager des consensus et des balises de fond qui permettront à l’UMQ d’entamer la rédaction du livre blanc, dont la publication est prévue à l’automne prochain.
Un problème de reconnaissance
Le livre blanc est dédié tant au monde municipal qu’aux gouvernements et aux citoyens, pour offrir une définition claire des rôles et des responsabilités de la ville de l’avenir. Le document servira également de pierre d’assise pour la renégociation de l’entente de partenariat fiscale et financière de 2006, qui arrivera à échéance en 2013. « Cette entente doit dépasser la stricte négociation fiscale et migrer vers la définition d’un nouveau partenariat entre le gouvernement québécois et les municipalités du Québec », soutient Éric Forest.
Selon lui, les villes n’ont pas les outils nécessaires pour assumer leurs fonctions. Et on ne parle pas seulement des moyens financiers. « L’élément fondamental qui est exprimé de toutes parts, c’est la reconnaissance de la municipalité comme un gouvernement de plein droit démocratiquement élu. Et, de facto, on n’a actualisé ni les pouvoirs, ni les outils au niveau municipal depuis les années 1980, pour permettre aux municipalités d’assumer pleinement ce rôle-là. »
Il parle également d’un encadrement législatif devenu trop étouffant, onéreux et contre-productif, ce qui rend les élus plus redevables aux fonctionnaires qu’aux citoyens.
Selon Éric Forest, le grand chantier du livre blanc est indispensable dans un contexte de mutation profonde du rôle des municipalités, qui doivent faire face à de nombreux défis pour l’avenir, qu’on pense au vieillissement de la population ou aux changements climatiques, qui nécessitent de nouveaux engagements sur le plan local.
« Dans un contexte de mondialisation, il est clair que la dynamique du développement, à l’échelle mondiale, s’exprime et prend vie dans les municipalités. Il va donc falloir développer de nouveaux leviers financiers pour attirer et garder nos industries. Au Québec, nous avons des outils qui sont complètement déconnectés de la réalité. »
L’autre grand défi, selon lui, c’est celui de la relève. Pour remplacer la main-d’oeuvre vieillissante, les villes vont devoir faire preuve d’imagination pour séduire de nouvelles familles et fidéliser celles qui sont déjà sur leur territoire. Il faut également recréer un environnement qui va motiver les employés près de la retraite à poursuivre leur vie active.
« C’est tout un défi !, convient le maire de Rimouski. Mais je sens que les élus municipaux ont vraiment le goût de s’y attaquer, comme nous l’avons fait pour l’environnement et comme nous le faisons également en prenant acte du leadership que nous devons assumer pour accompagner nos entreprises et favoriser le développement. »
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Collaboratrice







