Fête des travailleurs - Des droits de plus en plus malmenés
Au lieu de réduire leurs conditions de travail pour qu’elles voisinent avec celles du tiers monde, les employeurs devraient s’assurer au contraire que leurs employés seront en mesure de faire vivre leur famille et qu’ils pourront prendre une retraite décente.
Près d’une cinquantaine de conflits de travail ont été déclenchés au Québec l’an dernier, occasionnant ainsi la perte de plus de 400 000 jours de travail. C’est un sommet depuis 2005. Le tiers des conflits consistaient en lockout. Or il s’agit d’une tendance pour le moins inquiétante : en effet, plutôt que de négocier de bonne foi avec leurs employés, de plus en plus d’employeurs décrètent un lockout au moindre prétexte.
Dans le seul monde de l’information, les interminables lockout imposés aux travailleurs du Journal de Québec et du Journal de Montréal, ces dernières années, illustrent à quel point il est nécessaire d’adapter le Code du travail à la réalité d’aujourd’hui quand il devient aussi facile de délocaliser le travail.
De même, de grands employeurs internationaux, dont plusieurs grandes surfaces comme Wal-Mart et Target, font ouvertement fi des lois du travail du Québec en refusant à leurs employés le droit à la syndicalisation ou en refusant d’intégrer d’anciens employés syndiqués. Pendant que des grands patrons figurent au palmarès des plus grandes fortunes mondiales, on s’ingénie à bafouer les droits des employés en leur imposant des conditions précaires comme des horaires coupés et du temps partiel.
Plus de respect
Même le gouvernement fédéral agit de façon inquiétante avec ses suppressions d’emplois dans la fonction publique ainsi qu’à Radio-Canada alors qu’il permet des dépassements de coûts exorbitants dans le contrat du chasseur F-35.
Il est ainsi intervenu de façon intempestive dans des conflits de travail en recourant à des lois spéciales, faussant par le fait même le libre jeu des négociations entre les parties.
Il faut également s’inquiéter de la précarisation grandissante des emplois dans de nombreux secteurs où les jeunes, les femmes et les travailleurs immigrants se retrouvent en grand nombre, étant à la fois surqualifiés et sous-payés !
Les travailleurs et travailleuses du Québec ont droit à plus de considération. C’est en les traitant avec respect, en favorisant leur formation et en améliorant leurs conditions de travail - et non en les réduisant - qu’ils contribueront à faire du Québec une société plus compétente et compétitive, mais surtout plus solidaire et humaine.
Ont signé ce texte les auteurs suivants, membres du comité de coordination du Parvis de Québec : Guy Bédard, Grégoire Bissonnette, Michel Cantin, Robert Fleury, Michel Laberge, Gabrielle Lachance, Laurette Lepage, Annine Parent, Jacques Racine.








