Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?
Abonnez-vous!
Publicité

Union des producteurs agricoles - Le Québec a « le pouvoir de se nourrir »

« Comme producteurs agricoles, nous sommes en compétition contre les producteurs de l’Amérique du Sud »

Marcel Groleau, président de l’Union des producteurs agricoles du Québec
Photo : Source UPA Marcel Groleau, président de l’Union des producteurs agricoles du Québec
« L’Union des producteurs agricoles existe depuis 1924, c’est une organisation qui a relevé ses défis au fil du temps. Et nous en avons encore un aujourd’hui, c’est le défi de rester pertinent. C’est un défi perpétuel et c’est ce à quoi je travaille. » Pour Marcel Groleau, président de l’Union des producteurs agricoles du Québec (UPA), le syndicalisme agricole est plus important que jamais. Et les enjeux sont nombreux, tant à l’échelle régionale que mondiale.

«En 2012, le principal enjeu pour les producteurs agricoles du Québec, c’est de faire face à la concentration des marchés et de nos fournis-seurs », répond d’emblée le président de l’UPA, interrogé sur les défis que doivent relever les membres de son association. Il précise alors que les 10 plus grandes entreprises dans l’agroalimentaire contrôlent 80 % des denrées de base, ce qui rend l’accès aux marchés plus difficile pour les producteurs québécois qui doivent rivaliser avec les producteurs de l’Amérique du Sud, de l’Australie et, de plus en plus, de la Chine.


Dans la Belle Province, c’est le secteur des viandes qui est le plus affecté, avec la hausse récente du prix des céréales, notamment le maïs et le soya qui servent à alimenter le bétail. « L’utilisation du maïs pour les biocarburants, les sécheresses que nous avons connues dans le Midwest américain et les mauvaises récoltes en Europe ont fait augmenter la demande et, conséquemment, le prix des céréales. Nos producteurs de viande se sont donc retrouvés avec des coûts de production qui dépassaient de beaucoup les prix de marché, et ce, malgré les interventions gouvernementales. Présentement, ce sont encore eux qui sont les plus affectés par la situation des marchés mondiaux. »


Selon lui, l’une des solutions passe par la priorisation du marché local, soit le recentrage de l’agriculture sur l’alimentation des Québécois. L’UPA a d’ailleurs déposé, avec cette philosophie en tête, un mémoire destiné au gouvernement du Québec en prévision de la future politique agricole du Québec. Le document, intitulé Le pouvoir de se nourrir, précise que des politiques sont nécessaires pour donner aux produits agricoles québécois un meilleur accès aux marchés locaux.

 

Réciprocité


Il faudrait notamment, estime l’UPA, que les produits importés respectent une for-me de réciprocité des normes québécoises pour permettre aux producteurs québécois d’être compétitifs sur leur propre marché.


« Lorsque les grands supermarchés québécois offrent du boeuf, ils s’approvisionnent un peu partout, même en Amérique du Sud. Mais les consommateurs du Québec, eux, font leur marché ici. Comme producteurs agricoles, nous sommes en compétition contre les producteurs de l’Amérique du Sud, mais nos distributeurs, eux, n’ont pas à compétitionner avec le secteur de la distribution de l’Amérique du Sud. C’est ce qui vient déséquilibrer le rapport de force entre les producteurs, les distributeurs et les clients. »


Marcel Groleau s’inquiète également du problème de l’accaparement des terres, un phénomène mondial qui a émergé il y a une dizaine d’années et qui prend de l’ampleur au Québec. Il y a quelques années, des rumeurs d’investissements chinois ont circulé dans le monde agricole. Ces dernières se sont révélées être fausses. Mais le problème n’est pas réglé pour autant, constate le président de l’UPA.


« Actuellement, il y a plusieurs capitaux qui cherchent des investissements sécuritaires et qui se tournent vers les terres agricoles. Dans une perspective d’augmentation de la population et de la demande alimentaire, les terres agricoles vont conserver leur valeur, ce qui incite les gens à investir dans ces actifs. »


Ce phénomène crée une inflation concernant les terres agricoles, sans que le rendement et la performance suivent, ce qui rend plus difficile l’achat de terres par le producteur, dénonce Marcel Groleau, qui estime que le problème est sous-estimé, car très peu documenté, la majorité des gros acheteurs préférant généralement rester dans l’ombre.

 

Défis pour la relève


Au sujet de la relève, une difficulté soulevée à maintes reprises au cours des dernières années, le président de l’UPA croit que le problème est mal présenté.


« Lorsqu’on parle du problème de la relève, ce n’est pas tout à fait vrai. Plusieurs jeunes aimeraient faire carrière en agriculture. Le problème en est un de rentabilité. Quand on achète une entreprise qui a une faible rentabilité, mais qui, par contre, exige des capitaux importants en raison de la valeur de la terre et de la machinerie agricole, c’est difficile pour la relève. Le problème est donc un symptôme de la faible rentabilité. »


Quant aux critiques qui ont été soulevées à l’endroit de l’UPA, Marcel Groleau estime qu’elles sont « non justifiées », précisant que le taux de membership du syndicat s’élève à 95 %. Selon lui, il n’y a rien de plus démocratique qu’un syndicat, quel qu’il soit.


« Nous, en 1972, c’est par la démocratie que les producteurs ensemble ont décidé de se doter d’une accréditation unique et ce sont les producteurs eux-mêmes qui ont choisi l’UPA pour les représenter. S’ils veulent changer cela, il faudra que ça se fasse par la démocratie. Ç’a toujours été possible de le faire et ce le sera toujours. »


***

Collaboratrice

Marcel Groleau, président de l’Union des producteurs agricoles du Québec Marcel Groleau s’inquiète du problème de l’accaparement des terres, un phénomène mondial qui a émergé il y a une dizaine d’années et qui prend de l’ampleur au Québec.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer
Publicité
Articles les plus : Commentés|Aimés
Blogues
Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel