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Fédération autonome de l'enseignement - L’école doit être citoyenne

« Le coût de l’éducation doit être assumé par l’ensemble des contribuables »

Pierre Saint-Germain, président de la Fédération autonome de l’enseignement, appuie la présente lutte étudiante visant à faire reculer le gouvernement Charest à propos de la hausse décrétée des droits de scolarité universitaires.
Photo : Source FAE Pierre Saint-Germain, président de la Fédération autonome de l’enseignement, appuie la présente lutte étudiante visant à faire reculer le gouvernement Charest à propos de la hausse décrétée des droits de scolarité universitaires.
Le nouveau bulletin unique, l’enseignement de l’anglais de façon intensive en sixième année du primaire et l’évaluation possible des enseignants sont quelques-uns des dossiers sur lesquels se penche actuellement la Fédération autonome de l’enseignement (FAE). Entrevue avec son président, Pierre Saint-Germain.

En premier dans la mire de la FAE se trouve le nouveau bulletin unique du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS).


« Le bulletin unique était une demande de la FAE, explique Pierre Saint-Germain, mais celui qu’a mis en place le MELS ne répond pas du tout à nos attentes. Ce bulletin, qui doit permettre l’évaluation des apprentissages, est encore trop centré sur une approche basée sur l’évaluation des compétences et pas assez sur l’évaluation des connaissances. »


La FAE s’oppose aussi à l’enseignement de l’anglais intensif en sixième année du primaire. « Nous sommes contre la généralisation de cette mesure à tous les élèves. Cela devrait demeurer le choix des parents d’inscrire ou non leurs enfants à ce cours intensif et le choix des écoles d’offrir ou non ce cours intensif, selon la demande des parents. De plus, cette mesure ne convient absolument pas aux enfants en difficulté ni aux nouveaux arrivants. En ce qui concerne ces derniers, c’est plutôt la promotion du français qu’on devrait mettre de l’avant, car c’est par la francisation que les personnes immigrantes pourront bien s’intégrer et ainsi pleinement contribuer à l’avenir du Québec. »

 

Évaluation des enseignants


Récemment, la Coalition avenir Québec (CAQ) dirigée par François Legault a proposé que les enseignants soient évalués, une proposition, on s’en doute, qui ne réjouit pas la FAE. « Non seulement nous sommes contre cette évaluation des enseignants, mais nous allons mettre toutes nos forces pour contrer cette mesure qui vise à sanctionner les enseignants. Avant d’évaluer les enseignants, il faudrait d’abord leur donner les moyens de faire correctement leur travail. »


Il donne en exemple le cas des élèves en difficulté. « Il manque cruellement de services spécialisés et de professionnels pour appuyer les enseignants avec ces enfants. Dans ces conditions, peut-on vraiment blâmer l’enseignant s’il n’obtient pas un bon résultat ? Ensuite, il y a la pauvreté, qui est un facteur important dans le décrochage scolaire. Que peut faire un enseignant quand un élève se présente en classe le matin le ventre vide ?


«Au fond, dans ces circonstances, on évaluerait les enseignants sur des éléments hors de leur contrôle. »


Sans compter qu’il estime que les enseignements sont déjà suffisamment évalués. « Les enseignements sont évalués à la sortie de l’université et ils le sont encore lorsqu’ils postulent pour un poste permanent. Les enseignants n’ont pas besoin d’être davantage évalués, ils ont surtout besoin d’être mieux soutenus dans leur action. »

 

Droits de scolarité et autres sujets de l’heure


La FAE appuie la présente lutte étudiante visant à faire reculer le gouvernement Charest à propos de la hausse décrétée des droits de scolarité universitaires. « Cette hausse des droits de scolarité est au fond un autre recours à la tarification basée sur le principe de l’utilisateur-payeur. On veut bien diminuer les impôts des plus riches, mais on n’hésite pas à faire payer davantage les pauvres, ce que fait la tarification qui demeure la même, que vous soyez pauvres ou riches. La FAE milite plutôt pour la gratuité scolaire, car nous croyons que le coût de l’éducation doit être assumé par l’ensemble des contribuables par le biais de l’impôt sur le revenu. »


Pierre Saint-Germain en profite aussi pour dénoncer l’augmentation de l’âge de la retraite de 65 à 67 ans, comme l’a proposé le gouvernement Harper. « L’enseignement est une profession exigeante et les conditions d’emploi sont souvent difficiles. Arrivés à l’âge de la retraite, les enseignants sont souvent fatigués, et les obliger à travailler deux ans de plus m’apparaît injuste. »


Il craint aussi que le chemin emprunté ces dernières années par le MELS - on pense ici à la réforme scolaire qui a subi les critiques de la FAE - ne dilue la qualité de l’éducation. « Nous sommes en train de produire des élèves en difficulté qui, déjà en deuxième secondaire, accusent un retard important. Il faut renforcer la formation générale. »


«L’obsession de la diplomation a fait éclater le nombre de diplômes décernés au secondaire. Il y en a même un pour le travail d’aide-pompiste. Quelle est la valeur d’un tel diplôme ? Il ne faut pas seulement chercher à placer les élèves sur le marché du travail. Ce qu’il nous faut, c’est une éducation de qualité et une éducation qualifiante. L’éducation sert aussi à développer la personne et à l’introduire à la culture et aux enjeux sociaux. L’éducation doit aussi servir à former de meilleurs humains et, par conséquent, de meilleurs citoyens. »


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