Bâtirente - Un premier vingt-cinquième…
Un système collectif d’épargne-retraite toujours présent, même la retraite venue
Maintenant, alors qu’il souffle sur ses 25 bougies, le système de retraite qu’est devenu Bâtirente comp-te environ 26 000 participants et assure la gestion d’un actif de plus de 840 millions de dollars. Des syndicats, des associations, des coopératives, des organisations d’économie sociale, des fonds privés et des fondations font aussi affaire avec son système de placement.
Il n’en demeure pas moins que de nombreux défis se présentent à lui en 2012. Depuis quelque temps, les régimes de retraite deviennent un point litigieux dans les conventions collectives. Les régimes à prestations déterminées sont souvent transformés à l’issue des négociations. « On sait que les employeurs cherchent à en réduire la portée et c’est assez répandu, pour un ensemble de raisons qui sont tout de même relativement bien comprises et qui tournent autour des règles comptables, de la crise financière, des déficits importants et de l’instabilité que ça entraîne pour les résultats financiers. Si cela s’était produit il y a 25 ans, on aurait peut-être été plus désemparé. Mais aujourd’hui, on a quand même des outils pour réagir à ça. On est organisé. On a une expertise et un savoir-faire, assure M. Simard. S’il y a des solutions qui émergent - parce que les gouvernements sont en réflexion sur les cadres réglementaires pour permettre de restructurer ce secteur - on va être aussi disponible pour être présent et y répondre. On parle beaucoup des régimes à prestations cibles. Si cette approche est retenue comme une nouvelle voie, on sait qu’on sera équipé pour les réaliser. »
Démographie
Aujourd’hui, Bâtirente doit tout de même affronter un nouvel enjeu de taille : la démographie. « C’est le même défi pour l’ensemble de la société de négocier ce virage démographique, mais c’est certainement pour nous le principal défi qu’on a à relever dans les prochaines années, assure M. Simard. En termes plus opérationnels, un de nos principaux défis, c’est de réussir à convaincre nos membres qui arrivent à la retraite de rester à l’intérieur du système de retraite qu’on propose », note M. Simard.
Plusieurs ressources sont actuellement déployées par Bâtirente pour rencontrer et informer les travailleurs en fin de carrière afin de les con-vaincre de « recourir au système de retraite Bâtirente pour convertir leur capital accumulé en instrument de reve- nu de retraite ». Il explique : « Dans les autres secteurs, dans les autres régimes équivalents, quand les individus arrivent à la retraite, on leur offre, propose ou impose de transférer leur argent dans les véhicules avec des intermédiaires de marché ou des établissements financiers, mais sur une base individuelle. Nous, on leur propose un modèle entièrement différent, qui consiste à continuer à bénéficier de la structure collective et de taux de frais faibles, ainsi qu’à maximiser leur revenu de retraite en restant dans la structure collective. »
Un modèle qui a tout pour plaire aux groupes de syndiqués. « Si vous avez un régime de six ou sept millions de dollars, que vos dix principaux retraités qui ont 250 000 $ vont quitter dans les cinq prochaines années, il faut que vous compreniez qu’il y a 2,5 millions de dollars qui vont sortir de votre régime. Vous allez remplacer ça par de nouveaux salariés qui n’ont pas un sou d’accumulé. Donc, votre groupe va devoir payer plus de frais. Il y a un cercle vertueux qu’on peut implanter en conservant les retraités dans le régime. »
Bâtirente innove aussi dans ses produits offerts à la population active. La nouvelle stratégie de placement « clé en main » nommée Trajectoire, par exemple, ajuste automatiquement dans le portefeuille, avec le temps, la répartition entre les actifs visant la croissance ou la protection du capital selon le nombre d’années restant avant la retraite. « On sait que, dans l’univers des régimes à cotisations définies, il y a une grande inertie chez les participants. Ils ont tendance à adopter une stratégie de placement au moment d’adhérer à leur régime et, par la suite, à s’en désintéresser. En ne prenant pas de décision, il se peut que leur portefeuille devienne, avec les années, dépareillé par rapport à leur situation. »
Or « plus on est près de la retraite, plus on est techniquement sensible aux pertes, rappelle M. Simard. On est à un moment de notre vie où on n’a jamais eu autant d’épargne. Donc, si on subit des pertes, c’est sûr que ça fait plus mal et qu’on n’a plus le temps pour se refaire », relève-t-il pour justifier la création des portefeuilles Trajectoire.
Investissement responsable
Bâtirente est réputé pour sa stratégie d’investissement responsable. Ce type d’investissement a été au centre de bien des débats dans les derniers mois, surtout en ce qui concerne les placements dans les sociétés pétrolières. « Il faut comprendre que nous, à Bâtirente, ce n’est pas comme un individu qui adhère à un fonds mutuel et qui décide d’avoir un portefeuille exempt de pétrole, par exemple », défend M. Simard. Sa stratégie ne contient aucun critère d’exclusion, mais dresse plutôt une grille de critères à laquelle doit être sensible le gestionnaire externe du portefeuille. « On intervient en deuxième ligne par nous-mêmes : on analyse les portefeuilles que nos gestionnaires ont construits et on essaie de repérer les entreprises qui seraient plus problématiques d’un point de vue social, écologique ou de gouvernance. On intervient auprès d’elles dans la mesure de nos moyens pour essayer de leur faire adopter des comportements différents. Donc, c’est un travail de longue haleine, qui donne des résultats progressifs. »
Bâtirente mène aussi plusieurs initiatives de communication orientées vers les instances internationales ou les gouvernements, comme dans sa participation au sein d’une coalition internationale de 21 investisseurs contre le commerce illégal des armes. Cette alliance appelle les États membres des Nations unies à signer un traité juridiquement contraignant dans ce dossier. Bâtirente s’est aussi associé à des actionnaires de sociétés minières, gazières et pétrolières pour revendiquer auprès du gouvernement canadien le respect de la norme internationale de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE).







