Incontournables, les voies réservées
L'Association québécoise du transport intermunicipal et municipal (AQTIM) regroupe les sociétés de transport qui assurent le transport collectif dans les couronnes nord et sud de Montréal. Selon le président de l'AQTIM, Jean-Luc Labrecque, ce qui préoccupe en premier ses membres est la question de la gouvernance.
«Il y a maintenant deux joueurs importants dans la planification du transport collectif dans la grande région de Montréal, soit l'Agence métropolitaine de transport et la Communauté métropolitaine de Montréal. Mais les mandats des deux organismes en matière de transport collectif se recoupent, de sorte qu'on ne sait plus qui véritablement porte le ballon. Il faudrait clarifier la situation de la gouvernance avant même d'aborder la question du financement.»
La situation actuelle
L'AQTIM compte présentement 12 membres, soit neuf Conseils intermunicipaux de transport (CIT), un Conseil régional de transport (CRT) et deux Offices municipaux et intermunicipaux de transport (OMIT). L'ensemble du réseau disposait d'un budget de 115 millions en 2010. Les sources de financement sont réparties également entre les contributions des municipalités, les subventions du gouvernement du Québec et les contributions des usagers.
La flotte comprenait 500 autobus, mais ces sociétés de transport ne sont pas propriétaires des véhicules. Elles signent plutôt des ententes de gré à gré avec les transporteurs privés qui fournissent les véhicules et les services. Toutefois, les CIT, les CRT et les OMIT sont responsables de la planification, des horaires et des circuits ainsi que des tarifs. L'arrivée des trains de banlieue a fait augmenter l'achalandage, de 25 à 60 %, selon les sociétés de transport. «Cela a permis de rabattre leur clientèle en heures de pointe sur le réseau des trains de banlieue.»
Les besoins en investissements des sociétés de transport des couronnes nord et sud se situent essentiellement dans les stationnements incitatifs et les voies réservées. «Par exemple, à Terrebonne, une entente avec les Cinémas Guzzo, afin d'utiliser le jour leur stationnement comme stationnement incitatif, a permis non seulement d'augmenter l'achalandage, mais aussi d'aller chercher une nouvelle clientèle qu'on dessert avec des autocars climatisés. Il faudrait encore plus de stationnements incitatifs si on veut continuer à développer l'usage du transport collectif.»
Et la question des voies réservées, selon lui, est incontournable. «À quoi bon offrir un service de transport collectif si les autobus sont pris dans la circulation et n'avancent pas plus vite que les automobiles ? Qui va délaisser son auto pour prendre un tel service? Il faut que le transport collectif soit confortable et surtout plus rapide que le transport en automobile.» Et la seule façon d'y arriver, croit-il, c'est par le biais des voies réservées, qu'il aimerait bien voir se multiplier.
Nouveau financement
La question du financement du transport collectif est au coeur de son développement. Pour Jean-Luc Labrecque, il faut approcher cette question avec un esprit ouvert. «Je suis pour un cocktail de sources de financement. Par exemple, je suis favorable à une taxe sur la masse salariale des entreprises. Cela assure un financement stable.» Quant au péage, il se dit favorable, mais pas dans la version proposée. «Le péage sur les ponts n'est pas équitable. Il désavantage les personnes qui sont obligées de traverser les ponts en automobile même lorsque ces dernières effectuent un court déplacement. Le but d'un péage doit être en premier de réduire la congestion routière, et ensuite, s'il y a lieu, de financer le transport collectif.»
***
Collaborateur du Devoir
«Il y a maintenant deux joueurs importants dans la planification du transport collectif dans la grande région de Montréal, soit l'Agence métropolitaine de transport et la Communauté métropolitaine de Montréal. Mais les mandats des deux organismes en matière de transport collectif se recoupent, de sorte qu'on ne sait plus qui véritablement porte le ballon. Il faudrait clarifier la situation de la gouvernance avant même d'aborder la question du financement.»
La situation actuelle
L'AQTIM compte présentement 12 membres, soit neuf Conseils intermunicipaux de transport (CIT), un Conseil régional de transport (CRT) et deux Offices municipaux et intermunicipaux de transport (OMIT). L'ensemble du réseau disposait d'un budget de 115 millions en 2010. Les sources de financement sont réparties également entre les contributions des municipalités, les subventions du gouvernement du Québec et les contributions des usagers.
La flotte comprenait 500 autobus, mais ces sociétés de transport ne sont pas propriétaires des véhicules. Elles signent plutôt des ententes de gré à gré avec les transporteurs privés qui fournissent les véhicules et les services. Toutefois, les CIT, les CRT et les OMIT sont responsables de la planification, des horaires et des circuits ainsi que des tarifs. L'arrivée des trains de banlieue a fait augmenter l'achalandage, de 25 à 60 %, selon les sociétés de transport. «Cela a permis de rabattre leur clientèle en heures de pointe sur le réseau des trains de banlieue.»
Les besoins en investissements des sociétés de transport des couronnes nord et sud se situent essentiellement dans les stationnements incitatifs et les voies réservées. «Par exemple, à Terrebonne, une entente avec les Cinémas Guzzo, afin d'utiliser le jour leur stationnement comme stationnement incitatif, a permis non seulement d'augmenter l'achalandage, mais aussi d'aller chercher une nouvelle clientèle qu'on dessert avec des autocars climatisés. Il faudrait encore plus de stationnements incitatifs si on veut continuer à développer l'usage du transport collectif.»
Et la question des voies réservées, selon lui, est incontournable. «À quoi bon offrir un service de transport collectif si les autobus sont pris dans la circulation et n'avancent pas plus vite que les automobiles ? Qui va délaisser son auto pour prendre un tel service? Il faut que le transport collectif soit confortable et surtout plus rapide que le transport en automobile.» Et la seule façon d'y arriver, croit-il, c'est par le biais des voies réservées, qu'il aimerait bien voir se multiplier.
Nouveau financement
La question du financement du transport collectif est au coeur de son développement. Pour Jean-Luc Labrecque, il faut approcher cette question avec un esprit ouvert. «Je suis pour un cocktail de sources de financement. Par exemple, je suis favorable à une taxe sur la masse salariale des entreprises. Cela assure un financement stable.» Quant au péage, il se dit favorable, mais pas dans la version proposée. «Le péage sur les ponts n'est pas équitable. Il désavantage les personnes qui sont obligées de traverser les ponts en automobile même lorsque ces dernières effectuent un court déplacement. Le but d'un péage doit être en premier de réduire la congestion routière, et ensuite, s'il y a lieu, de financer le transport collectif.»
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Collaborateur du Devoir







