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Besoins financiers - «Nous allons trouver la solution au financement du transport collectif»

Centre d’entretien des wagons de me?tro de la STM<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir Centre d’entretien des wagons de me?tro de la STM
Le Plan stratégique 2020 de la Société de transport de Montréal (STM) dresse la liste des investissements à venir dans son réseau de transport collectif et fait état des répercussions que ceux-ci auront sur ses besoins financiers. Et, oui, il y aura un manque à gagner qu'il faudra combler.

Les investissements souhaités ne visent pas uniquement à maintenir en bon état de marche le réseau de la STM, mais ils ont aussi, et peut-être surtout, pour objectif de considérablement augmenter l'achalandage du transport collectif.

«Si tous les investissements prévus dans notre Plan stratégique se réalisent, nous prévoyons qu'en 2020 l'achalandage aura augmenté de 40 %, pour atteindre 540 millions de déplacements», explique Michel Labrecque, président du conseil d'administration de la STM. Déjà, en 2011, la STM a établi un record historique d'achalandage avec 405 millions de déplacements.

«En fait, ce que nous visons précisément, c'est un transfert modal de l'automobile vers le transport collectif de l'ordre de 5 %.» Ce transfert modal se fera soit par des personnes qui abandonneront carrément l'automobile au profit du transport collectif, soit par des automobilistes qui choisiront de laisser plus souvent l'auto dans le garage et qui se tourneront de façon plus régulière vers le transport collectif.

Les investissements prévus

Le Plan stratégique 2020 comprend 20 projets d'investissement divisés en deux catégories: le maintien des actifs ainsi que l'optimisation et le développement du réseau. Dans le volet du maintien des actifs, on retrouve évidemment l'acquisition des nouvelles voitures de métro MPM-10 qui remplaceront les anciennes voitures, soit en premier les MR-63 et ensuite les MR-73. La flotte d'autobus devra aussi être rajeunie. «La durée de vie d'un autobus est de 16 ans.»

On trouve aussi dans ce volet la rénovation des systèmes et des équipements fixes, ainsi que la réfection de certaines infrastructures, dont notamment la réfection de la station Berri-UQAM. «Nous allons aussi remplacer le système d'exploitation IBUS par un système de gestion en temps réel. Cela permettra, entre autres, à l'usager de connaître, grâce à une application pour téléphone intelligent, où se trouve précisément l'autobus qu'il attend.»

Le volet de l'optimisation et du développement comprend deux projets majeurs: le prolongement du métro et la mise en place d'un tramway centre-ville-Côte-des-Neiges. Il comprend aussi l'ajout de 126 voitures de métro ainsi que l'acquisition de nouveaux autobus. Ces voitures de métro s'ajouteront à celles qui ont été acquises pour le remplacement des anciennes voitures, tout comme les nouveaux autobus viendront augmenter la taille de la flotte. Il est aussi question d'installer un service rapide de bus (SRB) dans le boulevard Henri-Bourassa. Les mesures de ce second volet visent à augmenter l'offre de services afin de favoriser l'accroissement de l'achalandage.

Répercussions sur le budget de la STM

La STM estime le coût total des deux volets d'investissement à 11,5 milliards de dollars. Évidemment, de tels investissements auront des répercussions sur le budget de la STM. En 2001, le budget de la STM s'élevait à 1,26 milliard. Les sources de revenu étaient réparties comme suit: contributions des clients, 514 millions, autres revenus, 39 millions, subventions gouvernementales, 229 millions, agglomération de Montréal (y compris les quotes-parts indexées, la taxe sur l'immatriculation des véhicules et la taxe sur les stationnements), 390 millions, et contributions régionales, 90 millions. Les charges étaient divisées comme suit: 1,024 milliard pour les coûts d'exploitation (rémunération, biens et services) et 238 millions en investissements, pour un budget équilibré.

Toutefois, il en ira différemment au cours des années suivantes, puisque dès 2012 un manque à gagner de 64 millions est prévu au budget. Ce manque à gagner augmentera à chaque exercice financier pendant les prochains huit ans. Ainsi, le manque à gagner prévu pour l'année 2020 sera de 262 millions, sur un budget de 2,63 milliards réparti comme suit: 1,6 milliard en coûts d'exploitation et 1,03 milliard en investissements. Ce sont donc les coûts liés aux investissements qui font plus que doubler d'ici 2020 le budget de la STM.

Où trouver l'argent?

La contribution des clients en 2020 sera de 850 millions, mais cette contribution conserve la même proportion dans le budget lorsqu'on la compare aux coûts d'exploitation. Ce sont les contributions gouvernementales — portant essentiellement sur le prolongement du métro et l'achat du matériel roulant — qui grimpent le plus, passant de 229 millions en 2011 à 909 millions en 2020. Le hic, c'est que les autres sources de financement stagnent ou augmentent très peu, comme la contribution de l'agglomération de Montréal. «Les élus de l'agglomération de Montréal nous ont clairement indiqué qu'ils ne peuvent pas faire plus dans la situation présente.»

Il faut donc se tourner vers d'autres sources de financement. La STM en privilégie deux. «La première est une augmentation graduelle de la taxe sur l'essence, qui, en 2020, pourrait atteindre 5 cents le litre. Une partie de cette taxe pourrait servir à financer le transport collectif.» L'autre avenue envisagée est celle des péages. «Comme il y aura des péages sur la 25 et la 30, et sans doute sur le nouveau pont Champlain, la mise en place d'un réseau de péage est envisageable. Là aussi, une partie de ces sommes pourrait être dédiée au transport collectif.»

Pourquoi investir dans le transport collectif?

Il y a d'abord l'évidence même. Le transport collectif est un service essentiel et est devenu incontournable dans les sociétés modernes, où il est appelé à croître et à jouer un rôle encore plus important dans le transport des personnes. Or y investir afin d'améliorer l'offre de services ne peut que se traduire par une hausse accélérée du nombre des usagers.

Et il y a aussi l'environnement, car le transport collectif émet moins de GES que le transport par automobile. «La Ville de Montréal comme le gouvernement du Québec ont signé des ententes internationales concernant leurs réductions de GES. Nous croyons que le transport collectif joue un rôle dans cette réduction et y investir constitue une manière d'atteindre nos cibles de réduction des GES.» De plus, dès qu'une Bourse du carbone verra le jour, ces réductions de GES deviendront échangeables.

La STM avance aussi deux arguments, cette fois de nature économique, pour justifier les investissements qu'elle souhaite voir se réaliser dans son réseau. «Il y a en premier le problème de la congestion routière. Le ministère des Transports du Québec estime que la congestion routière engendre des coûts de trois milliards de dollars pour la grande région de Montréal. Une augmentation de la part du transport collectif dans le transport des personnes réduirait cette congestion et les coûts qu'elle entraîne.»

Savoir-faire et technologies


Il y a aussi la question du savoir-faire et des technologies. «En investissant dans le transport collectif, on investit aussi dans une grappe industrielle dans le secteur du transport collectif. On consolide la position du Grand Montréal dans ce secteur, si bien que le savoir-faire et les technologies acquises pourront ensuite être mis à profit ailleurs.»

Mais arrivera-t-on à investir autant d'argent dans le transport collectif? À ce sujet, Michel Labrecque se montre optimiste. «L'attitude envers le transport collectif a beaucoup évolué depuis que le temps où j'étais jeune militant en sa faveur. Aujourd'hui, tous les partis politiques soutiennent le transport collectif et sa popularité augmente sans cesse, comme le démontre la hausse de l'achalandage. C'est la raison pour laquelle je crois que nous allons trouver la solution au financement du transport collectif.»

***

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