L'AMT remet en question la non-électrification de tout le réseau
L'AMT s'applique à simplifier les déplacements pour les clientèles, à fournir des transports qui procurent une meilleure qualité de vie et à déployer un réseau métropolitain rapide et multimodal. Le travail est commencé et plusieurs moyens sont mis en œuvre pour l'achever.
Michel Veilleux, vice-président planification et innovation à l'Agence métropolitaine de transport (AMT), cerne d'abord les fonctions de cet organisme, qui cohabite avec la Communauté métropolitaine de Montréal en matière de transport collectif: «Notre démarche est beaucoup plus axée sur la clientèle, en ce sens que nous sommes une agence gouvernementale qui exploite le réseau des trains de banlieue, mais qui voit aussi à la planification des équipements et des corridors de circulation métropolitains, au prolongement des lignes de métro; on a donc une vision qui est davantage axée sur les déplacements et sur la mobilité.»
L'AMT a passé plusieurs mois à établir un diagnostic avec ses partenaires de la région, avant d'élaborer son Plan stratégique de développement des transports collectifs dans la grande région de Montréal, qui s'étend jusqu'en 2020. «On a la chance d'avoir des enquêtes émanant d'Origines-destinations qui ont été menées tous les cinq ans depuis les années 1970; elles nous fournissent de précieuses informations sur les comportements de notre clientèle et des non-usagers. On a puisé là les grands éléments sur l'état de la situation.»
Il s'est notamment avéré qu'il y a une croissance démographique associée à des enjeux sur le vieillissement de la population; les couronnes sont en croissance et l'exode vers les deux rives se poursuit.
Il est de plus apparu que beaucoup de liens se tissent entre les banlieues et qu'ils demeurent très forts entre celles-ci et Montréal. Il cerne le rôle de l'AMT, qui relève du ministre des Transports: «C'est justement d'intervenir dans ces déplacements-là de nature régionale, dont personne ne se préoccupait auparavant; il y a 82 municipalités qui prennent place sur un territoire de 500 kilomètres carrés.»
Les interventions prioritaires
Le vice-président indique un certain nombre de corridors qui sont nettement saturés et auxquels il est nécessaire d'apporter des correctifs à court terme: il y a notamment le terminus au centre-ville, la station Montmorency, la ligne orange, plusieurs tronçons du train et le pont Champlain. «On doit d'abord travailler pour maintenir ces corridors et également pour en développer de nouveaux.»
Il signale que peu de gestes ont été posés dans les corridors autoroutiers, de sorte que le problème des autobus pris dans la congestion en amont des ponts, et ailleurs, demeure, à cause du manque de voies réservées. «On en a relevé une trentaine où on pense qu'il serait très important d'apporter des améliorations pour accentuer la mobilité du transport en commun.»
Sur un autre plan, des sondages menés auprès de la clientèle ont nettement démontré qu'il s'avérait très pénible de vivre l'expérience de passer d'un réseau à un autre. Il en fournit les raisons: «Il y a 14 autorités du transport dans la grande région de Montréal et chacune a sa façon de faire et de fonctionner. Il y a également 700 titres de transport. Quand quelqu'un roule dans son auto, il passe d'un réseau à l'autre d'une manière complètement transparente. En transport en commun, si vous passez à travers trois réseaux, si vous traversez de la Rive-Nord à la Rive-Sud, cela va vous prendre du courage, car vous aurez à fréquenter trois sites Internet pour planifier votre déplacement, vous allez emprunter différents types de transport, une personne âgée ou un étudiant ne profiteront pas des mêmes privilèges d'un endroit à l'autre, il y aura un chauffeur qui va vous sourire et l'autre qui ne prendra même pas la peine de vous regarder, etc.»
L'AMT entend donc, en vertu du premier axe de son plan, faciliter la coordination du transport collectif sur un vaste territoire où plusieurs exploitants s'activent. Plusieurs moyens seront pris pour y parvenir: «On veut arriver à une standardisation de l'information. On veut faciliter l'intermodalité pour qu'une personne passe d'un réseau à un autre d'une façon transparente.»
Transport et qualité de vie
L'AMT s'efforce de développer, avec les municipalités et ses partenaires, comme la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), des projets de transport en commun susceptibles d'améliorer la qualité de vie des citoyens, ce qui est prévu dans le deuxième axe de son plan. M. Veilleux se penche sur le processus suivi: «Systématiquement, dorénavant, lorsqu'on met de l'avant un projet, on doit s'assurer qu'on possède le volet du développement urbain qui l'accompagne; on mise sur ce genre d'initiative pour capitaliser autant sur les investissements publics que sur l'accès au transport à pied ou à vélo. C'est conforme au plan de la CMM, dont l'objectif est d'orienter 40 % de la croissance des ménages vers les points d'accès.»
Cet axe renferme en outre tout le volet de l'électrification et de la mobilité durable en matière de transport: «Il nous appartient de nous demander comment on peut améliorer le rendement énergétique de nos équipements et de nos modes.» Il défend avec ardeur la cause de l'utilisation de l'énergie électrique pour le déplacement des véhicules de transport collectif dans un Québec qui, s'il possédait le statut d'État, serait le troisième producteur d'électricité au monde, après la Chine et les États-Unis: «En Australie, 20 % du réseau est électrifié, en France, c'est 50 %, en Suisse, c'est 100 %, et chez nous, c'est moins de 1 %. On veut systématiquement s'interroger sur cette option-là et apporter cette préoccupation dans nos projets.»
Quant au troisième axe, il consiste à offrir un véritable réseau métropolitain rapide, multimodal et reconnaissable par la clientèle; il sera réalisé par l'implantation des modes de transport appropriés aux différents contextes urbains. Michel Veilleux apporte cet éclairage: «Les partenaires nous disent que ça prend un réseau rapide et fiable. Un des gros avantages du transport en commun, c'est que les temps de parcours sont à peu près toujours les mêmes, sauf quand les autobus sont ralentis par la circulation. On veut implanter le bon mode de transport à la bonne place en s'interrogeant sur les possibilités qui se présentent; on a identifié une trentaine de corridors où le transport collectif est sous-développé et on croit qu'il est possible d'intervenir pour ceux-ci.»
L'AMT entend réunir les partenaires issus des endroits où sont situés ces corridors, pour qu'ils participent à l'élaboration des projets qui seront ultérieurement réalisés.
***
Collaborateur du Devoir
Michel Veilleux, vice-président planification et innovation à l'Agence métropolitaine de transport (AMT), cerne d'abord les fonctions de cet organisme, qui cohabite avec la Communauté métropolitaine de Montréal en matière de transport collectif: «Notre démarche est beaucoup plus axée sur la clientèle, en ce sens que nous sommes une agence gouvernementale qui exploite le réseau des trains de banlieue, mais qui voit aussi à la planification des équipements et des corridors de circulation métropolitains, au prolongement des lignes de métro; on a donc une vision qui est davantage axée sur les déplacements et sur la mobilité.»
L'AMT a passé plusieurs mois à établir un diagnostic avec ses partenaires de la région, avant d'élaborer son Plan stratégique de développement des transports collectifs dans la grande région de Montréal, qui s'étend jusqu'en 2020. «On a la chance d'avoir des enquêtes émanant d'Origines-destinations qui ont été menées tous les cinq ans depuis les années 1970; elles nous fournissent de précieuses informations sur les comportements de notre clientèle et des non-usagers. On a puisé là les grands éléments sur l'état de la situation.»
Il s'est notamment avéré qu'il y a une croissance démographique associée à des enjeux sur le vieillissement de la population; les couronnes sont en croissance et l'exode vers les deux rives se poursuit.
Il est de plus apparu que beaucoup de liens se tissent entre les banlieues et qu'ils demeurent très forts entre celles-ci et Montréal. Il cerne le rôle de l'AMT, qui relève du ministre des Transports: «C'est justement d'intervenir dans ces déplacements-là de nature régionale, dont personne ne se préoccupait auparavant; il y a 82 municipalités qui prennent place sur un territoire de 500 kilomètres carrés.»
Les interventions prioritaires
Le vice-président indique un certain nombre de corridors qui sont nettement saturés et auxquels il est nécessaire d'apporter des correctifs à court terme: il y a notamment le terminus au centre-ville, la station Montmorency, la ligne orange, plusieurs tronçons du train et le pont Champlain. «On doit d'abord travailler pour maintenir ces corridors et également pour en développer de nouveaux.»
Il signale que peu de gestes ont été posés dans les corridors autoroutiers, de sorte que le problème des autobus pris dans la congestion en amont des ponts, et ailleurs, demeure, à cause du manque de voies réservées. «On en a relevé une trentaine où on pense qu'il serait très important d'apporter des améliorations pour accentuer la mobilité du transport en commun.»
Sur un autre plan, des sondages menés auprès de la clientèle ont nettement démontré qu'il s'avérait très pénible de vivre l'expérience de passer d'un réseau à un autre. Il en fournit les raisons: «Il y a 14 autorités du transport dans la grande région de Montréal et chacune a sa façon de faire et de fonctionner. Il y a également 700 titres de transport. Quand quelqu'un roule dans son auto, il passe d'un réseau à l'autre d'une manière complètement transparente. En transport en commun, si vous passez à travers trois réseaux, si vous traversez de la Rive-Nord à la Rive-Sud, cela va vous prendre du courage, car vous aurez à fréquenter trois sites Internet pour planifier votre déplacement, vous allez emprunter différents types de transport, une personne âgée ou un étudiant ne profiteront pas des mêmes privilèges d'un endroit à l'autre, il y aura un chauffeur qui va vous sourire et l'autre qui ne prendra même pas la peine de vous regarder, etc.»
L'AMT entend donc, en vertu du premier axe de son plan, faciliter la coordination du transport collectif sur un vaste territoire où plusieurs exploitants s'activent. Plusieurs moyens seront pris pour y parvenir: «On veut arriver à une standardisation de l'information. On veut faciliter l'intermodalité pour qu'une personne passe d'un réseau à un autre d'une façon transparente.»
Transport et qualité de vie
L'AMT s'efforce de développer, avec les municipalités et ses partenaires, comme la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), des projets de transport en commun susceptibles d'améliorer la qualité de vie des citoyens, ce qui est prévu dans le deuxième axe de son plan. M. Veilleux se penche sur le processus suivi: «Systématiquement, dorénavant, lorsqu'on met de l'avant un projet, on doit s'assurer qu'on possède le volet du développement urbain qui l'accompagne; on mise sur ce genre d'initiative pour capitaliser autant sur les investissements publics que sur l'accès au transport à pied ou à vélo. C'est conforme au plan de la CMM, dont l'objectif est d'orienter 40 % de la croissance des ménages vers les points d'accès.»
Cet axe renferme en outre tout le volet de l'électrification et de la mobilité durable en matière de transport: «Il nous appartient de nous demander comment on peut améliorer le rendement énergétique de nos équipements et de nos modes.» Il défend avec ardeur la cause de l'utilisation de l'énergie électrique pour le déplacement des véhicules de transport collectif dans un Québec qui, s'il possédait le statut d'État, serait le troisième producteur d'électricité au monde, après la Chine et les États-Unis: «En Australie, 20 % du réseau est électrifié, en France, c'est 50 %, en Suisse, c'est 100 %, et chez nous, c'est moins de 1 %. On veut systématiquement s'interroger sur cette option-là et apporter cette préoccupation dans nos projets.»
Quant au troisième axe, il consiste à offrir un véritable réseau métropolitain rapide, multimodal et reconnaissable par la clientèle; il sera réalisé par l'implantation des modes de transport appropriés aux différents contextes urbains. Michel Veilleux apporte cet éclairage: «Les partenaires nous disent que ça prend un réseau rapide et fiable. Un des gros avantages du transport en commun, c'est que les temps de parcours sont à peu près toujours les mêmes, sauf quand les autobus sont ralentis par la circulation. On veut implanter le bon mode de transport à la bonne place en s'interrogeant sur les possibilités qui se présentent; on a identifié une trentaine de corridors où le transport collectif est sous-développé et on croit qu'il est possible d'intervenir pour ceux-ci.»
L'AMT entend réunir les partenaires issus des endroits où sont situés ces corridors, pour qu'ils participent à l'élaboration des projets qui seront ultérieurement réalisés.
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Collaborateur du Devoir







