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    Un colloque en anglais sur Charles Taylor

    Québec accorde une aide financière de 28 800 $

    30 mars 2012 18h20 | Robert Dutrisac | Actualités en société
    Signe des temps, un colloque international sur l’œuvre de Charles Taylor, organisé par l’Université de Montréal, l’Université Laval et l’Université McGill, se déroule presque exclusivement en anglais.

    Le programme est rédigé entièrement en anglais, sauf le titre du colloque, qui est bilingue: Charles Taylor, à 80 ans, un colloque international; at 80, An International Conference. En outre, une table ronde a eu lieu hier soir en français, mais pour un public local. Les 27 conférences réservées aux 400 chercheurs inscrits sont données en anglais, sauf une seule, celle de Dominique Leydet de l’UQAM. Le colloque se tient au Musée des beaux-arts de Montréal; il a débuté jeudi et se termine aujourd’hui.

    La manifestation scientifique a par ailleurs reçu une aide financière de 28 800 $ du gouvernement du Québec par l’entremise du Secrétariat des affaires intergouvernementales canadiennes (SAIC) et de son Programme de soutien à la recherche en matière d’affaires intergouvernementales et d’identité québécoise.

    Pour le chercheur Daniel Weinstock, de la Chaire de recherche du Canada en éthique et philosophie politique, tout colloque scientifique aujourd’hui, même en philosophie ou en sciences sociales, se déroule en anglais s’il se veut international.

    «On peut le déplorer ou voir ça comme un fait», a livré au Devoir l’universitaire, qui est l’un des organisateurs de la manifestation. «Si on veut faire un colloque qui réunit, comme le fait le nôtre, des Allemands, des Indiens, des gens du Canada anglais, des Américains, des gens d’un peu partout au monde, c’est devenu une banalité que la langue d’usage soit l’anglais.»

    Le philosophe reconnaît que cet usage exclusif de l’anglais est «une problématique qui est sensible au Québec». Mais pour lui, «mettre le Québec sur un piédestal, c’est faire du Québec le lieu d’un colloque de cette envergure».

    Diffuser un programme bilingue — en français et en anglais — pour ce colloque sur Charles Taylor est inutile, selon lui. «Mettre un titre où le mot “religion” est traduit par “religion” ou le mot “langage” par “langue”, ça alourdit le programme et ça n’ajoute pas grand-chose d’autre qu’un élément un peu décoratif», juge-t-il.

    Daniel Weinstock a signalé qu’il y a 20 ans, quand il a commencé sa carrière universitaire, la tendance vers l’anglais était déjà marquée. «Elle est devenue irrésistible.» Dans tous les domaines scientifiques, «l’anglais s’est installé» comme langue commune. «Vous savez, maintenant je vais à Paris et je participe à des colloques qui ont lieu en anglais», a relaté le philosophe.

    «Je vois plutôt comme un plus le fait que nous avons atteint un point d’équilibre dans lequel il y a une langue internationale de communication scientifique qui se trouve à être l’anglais pour des raisons historiques qui s’expliquent. Ça fait qu’on peut se comprendre entre chercheurs des quatre coins de la terre», s’est réjoui Daniel Weinstock.
     
     
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