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    Une femme douce...

    «Elle était animée par des convictions absolument inébranlables

    Madeleine Parent a été de tous les combats politiques pour faire reconnaître le droit des femmes au travail et à un salaire égal à celui des hommes.<br />
    Photo: Archives nationales du Canada pa 178137 Madeleine Parent a été de tous les combats politiques pour faire reconnaître le droit des femmes au travail et à un salaire égal à celui des hommes.
    Quand Madeleine Parent épousait une cause, «on avait l'impression que c'était à jamais. Elle était tenace, combattante, loyale, fidèle», confie Lorraine Pagé dans nos pages célébrant la mémoire de cette grande dame qui s'est éteinte le 12 mars dernier à l'âge de 93 ans.

    Douce et radicale, syndicaliste et féministe engagée, Madeleine Parent a milité de l'aube au crépuscule de sa vie, jusqu'au bout de ses forces. L'engagement d'une vie, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Sans compromis.

    Françoise David voudrait que Madeleine Parent marque la mémoire collective du Québec au même titre que des hommes connus et reconnus, les Bourgault, Lévesque, Chartrand... Cette femme qui prenait le micro d'une voix douce pour dire des choses très radicales, raconte Mme David, mérite qu'on se souvienne du rôle majeur qu'elle a joué dans l'histoire du Québec.

    Elle ne se mettait pas en colère, dit l'historienne Denise Baillargeon. «En ce sens, c'était l'anti-Michel Chartrand; mais, tout comme lui, elle était animée par des convictions absolument inébranlables», explique-t-elle. Elle aura été une grande indignée jusqu'à la fin de sa vie, décédée dans les mois qui justement auront suivi le mouvement d'indignation mondial qui s'est répandu sur la planète.

    Une femme au destin hors normes

    Madeleine Parent naît en juin 1918. Elle grandit en face du parc Lafontaine, dans une famille de la classe moyenne qui ne connaîtra pas les privations de la Grande Dépression. Ses parents l'envoient dans les meilleures écoles, dont le couvent Villa-Maria.

    C'est à cette époque qu'il faut chercher les racines du militantisme de Madeleine, qui était atterrée en voyant l'injustice dont étaient victimes les domestiques au couvent.

    Peut-être pour échapper à ce milieu religieux, Madeleine choisit de poursuivre sa scolarisation à l'Université McGill en 1936, où elle étudie la sociologie. Parfaitement bilingue, elle s'engage dans les associations étudiantes. De cette époque jusque dans les années 2000, elle manifestera avec les étudiants, défendant l'accessibilité aux études pour les moins nantis.

    À l'université, elle fait la rencontre marquante de Léa Roback. De quelques années son aînée, cette dernière oeuvre déjà dans le monde syndical. Madeleine prend le chemin qui sera le sien: elle suivra les traces de son amie, une décision culottée pour une femme issue de la petite bourgeoisie de l'époque.

    Des luttes difficiles

    Geste d'éclat: fraîchement diplômée, Madeleine se trouve un premier emploi dans le monde syndical. Elle se marie une première fois en 1941. Mais cette union avec Val Bjarnason est de courte durée. Le grand amour de Madeleine, son compagnon de vie et de lutte, Kent Rowley, entre dans sa vie en 1943.

    À ses côtés, Madeleine défendra les ouvriers du textile — et les ouvrières, qui, pendant la Deuxième Guerre mondiale, entrent dans les usines. Elle s'attire les foudres de Maurice Duplessis. En 1946 et 1947, deux grèves marquantes des Ouvriers unis des textiles d'Amérique (OUTA) lui valent la prison à quelques reprises. Duplessis accuse le couple d'être de «dangereux communistes». Madeleine sera blanchie de toute accusation par la Cour d'appel.

    En 1952, une autre grève à Dominion Textile coûtera la tête d'OUTA à Madeleine et Kent. Ce dernier part pour l'Ontario, et les luttes du couple s'y poursuivent sans relâche pour bâtir des syndicats locaux indépendants, libérés du joug des Américains. Elle figure parmi les membres fondateurs du Conseil des syndicats canadiens. Féministe, elle participe également à la création du Comité d'action pour le statut de la femme.

    Kent meurt en 1978. En 1983, Madeleine revient définitivement au Québec. Retraitée, elle s'engage au sein de la Fédération des femmes du Québec, à Alternatives, au Centre des travailleurs immigrants, à la Ligue des droits et des libertés et dans des associations appuyant les femmes autochtones et immigrantes. On la verra marcher au Sommet des Amériques, frêle et surprenante. Elle aura milité jusqu'au bout, sans relâche.

    «Les causes survivent aux personnes qui les ont portées, croit Lorraine Pagé. Et il faut encore poursuivre la course à relais.»

    ***

    Dernier adieu

    Une commémoration publique aura lieu pour honorer la mémoire et la contribution inestimable de Madeleine Parent à la société québécoise et canadienne.

    Le dimanche 1er avril, de 14 heures à 16 heures
    Centre funéraire Côte-des-Neiges,
    4525, chemin de la Côte-des-Neiges, Montréal
    Métro Côte-des-Neiges, autobus 165 sud
    Stationnement sur place
    Les salles peuvent accueillir 350 personnes.
     
     
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