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Témoignage - Une grande amie

31 mars 2012 | | Actualités en société
Michèle Rouleau, présidente de Femmes autochtones du Québec de 1987 à 1992

Avec le décès de Madeleine Parent, les femmes autochtones ont perdu une grande amieJ'ai fait la connaissance de Madeleine Parent au milieu des années 80, lors d'une assemblée générale de Femmes autochtones du Québec. Elle y était venue à titre de représentante du Comité canadien d'action sur le statut de la femme, et j'avais été surprise d'entendre cette femme à l'allure frêle s'emporter, dans un discours sur le droit à l'égalité pour les femmes autochtones, avec autant de détermination.

À cette époque, Femmes autochtones du Québec menait une bataille pour éliminer la discrimination envers les femmes que contenait la Loi sur les Indiens. La Charte canadienne des droits et libertés venait d'entrer en vigueur et le gouvernement du Canada se trouvait dans l'obligation de modifier la Loi sur les Indiens. Cette loi, qui faisait perdre son statut indien à une femme qui épousait un non-Indien, fut donc modifiée en avril 1985.

Cette Loi sur les Indiens, datant de 1876, a fait d'énormes ravages chez les Premières Nations; en plus d'avoir contribué à leur acculturation et de les avoir placés en situation de dépendance, elle a aussi semé la discorde entre autochtones. Les femmes qui avaient épousé des non-Indiens étaient souvent rejetées par leur propre famille et ostracisées par leur communauté.

La lutte des femmes indiennes pour faire changer cette loi aura été longue et ardue. Et, bien que les femmes aient obtenu gain de cause, la bataille était loin d'être gagnée. Certains problèmes liés au statut indien persistaient et l'amorce de discussions sur l'autonomie gouvernementale ne faisait qu'accroître les inquiétudes des groupes de femmes autochtones qui craignaient un recul quant au droit à l'égalité.

Amie et alliée

Dans leur démarche, les groupes de femmes autochtones ont reçu l'appui du plus important regroupement d'associations de femmes au Canada: le Comité canadien d'action sur le statut de la femme (CCA), et ce, grâce à Madeleine Parent.

Madeleine était très active au sein du CCA et elle était très engagée dans le comité d'appui aux femmes autochtones. Ce comité comptait une majorité de femmes autochtones, dont Mary Two-Axe Early, une Mohawk de Kahnawake, une grande militante pour la cause des femmes autochtones.

Je me suis jointe à ce comité en tant que présidente de Femmes autochtones du Québec en 1987. Madeleine, de par sa ténacité et ses convictions, nous encourageait à continuer nos actions. Elle nous apportait son soutien et son aide par ses judicieux conseils et ses nombreux contacts partout au Canada.

Madeleine a toujours soutenu les efforts de Femmes autochtones du Québec, et nous la considérions comme une alliée. Pour plusieurs d'entres nous, elle est devenue une amie. Elle était toujours invitée à nos assemblées et elle se faisait un devoir d'y être.

Ce que je retiens de Madeleine Parent, c'est sa grande humanité, sa conviction et son intégrité. Son désir d'une plus grande justice sociale transcendait les frontières et les races, et peu de femmes non-autochtones ont fait preuve d'autant de solidarité à l'égard de la cause des femmes autochtones. Madeleine nous a apporté son soutien avec une grande sincérité et, surtout, un grand respect, elle aura été une alliée véritable, une grande amie.

Je lui dis respectueusement «migwetch», merci, Madeleine.
 
 
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