Lettres - Et si Pierre Curzi avait raison?
Je crois que les modifications que veut apporter Pierre Curzi à la Charte de la langue française (loi 101) sont tout a fait justifiées. Je suis né de parents immigrants italiens. À l'époque, il était normal pour les immigrants d'inscrire leurs enfants à l'école anglaise. J'ai donc commencé mon éducation au primaire uniquement dans la langue de Shakespeare.
De la première à la sixième année, mis à part dans la cour d'école, au parc et à la maison, pas un seul mot en français n'a été prononcé par mes professeurs. Vient ensuite le secondaire. Enfin! La langue de Molière va faire partie de mes cours. Que des déceptions. Le français n'était enseigné qu'à hauteur de 45 minutes par jour. Moi qui avais la chance de parler français, je trouvais que l'école ne faisait pas de grands efforts pour enseigner cette belle langue aux fils et filles d'immigrants qui peuplaient cette école à 95 %. En effet, ce cours était d'un ridicule et ne nous montrait que les bases — et encore! — de la langue soi-disant prédominante du Québec.
Pour ces raisons, mais aussi et surtout pour la sauvegarde du français, nos parlementaires doivent se sentir interpellés par le fait que le Québec, qui accueille environ 45 000 nouveaux arrivants chaque année, devient peu à peu une province où la langue officielle est de moins en moins utilisée. Je n'ai absolument rien contre le fait d'apprendre d'autres langues. J'en parle quatre, mais je m'efforce de parler français le plus souvent possible. J'ai toujours pensé que la connaissance et l'ouverture vers le monde passent inévitablement par les langues. Pourquoi ne pourrions-nous pas ici, au Québec, prioriser l'apprentissage et l'utilisation de notre langue tout en nous intégrant à cette ère de mondialisation qui suppose inévitablement de connaître minimalement l'anglais? Et si Pierre Curzi avait raison?
N'est-il pas ironique de constater que M. Curzi, lui aussi fils d'immigrants italiens, défend ainsi le fait français? Les Québécois de souche, les pure laine, vont-ils l'appuyer? Les élus de l'Assemblée nationale auront-ils le courage nécessaire pour sauver notre langue et, ce faisant, préserver l'histoire qui vient avec? Souhaitons-le.
***
Jean Bottari - Montréal, le 28 mars 2012
De la première à la sixième année, mis à part dans la cour d'école, au parc et à la maison, pas un seul mot en français n'a été prononcé par mes professeurs. Vient ensuite le secondaire. Enfin! La langue de Molière va faire partie de mes cours. Que des déceptions. Le français n'était enseigné qu'à hauteur de 45 minutes par jour. Moi qui avais la chance de parler français, je trouvais que l'école ne faisait pas de grands efforts pour enseigner cette belle langue aux fils et filles d'immigrants qui peuplaient cette école à 95 %. En effet, ce cours était d'un ridicule et ne nous montrait que les bases — et encore! — de la langue soi-disant prédominante du Québec.
Pour ces raisons, mais aussi et surtout pour la sauvegarde du français, nos parlementaires doivent se sentir interpellés par le fait que le Québec, qui accueille environ 45 000 nouveaux arrivants chaque année, devient peu à peu une province où la langue officielle est de moins en moins utilisée. Je n'ai absolument rien contre le fait d'apprendre d'autres langues. J'en parle quatre, mais je m'efforce de parler français le plus souvent possible. J'ai toujours pensé que la connaissance et l'ouverture vers le monde passent inévitablement par les langues. Pourquoi ne pourrions-nous pas ici, au Québec, prioriser l'apprentissage et l'utilisation de notre langue tout en nous intégrant à cette ère de mondialisation qui suppose inévitablement de connaître minimalement l'anglais? Et si Pierre Curzi avait raison?
N'est-il pas ironique de constater que M. Curzi, lui aussi fils d'immigrants italiens, défend ainsi le fait français? Les Québécois de souche, les pure laine, vont-ils l'appuyer? Les élus de l'Assemblée nationale auront-ils le courage nécessaire pour sauver notre langue et, ce faisant, préserver l'histoire qui vient avec? Souhaitons-le.
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Jean Bottari - Montréal, le 28 mars 2012








