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    Festival Edgy Women

    De la sociologie du strip-tease

    Ce soir à la Sala Rossa, la conférence Je baise les yeux intellectualise l'art de l'effeuillage

    Ce soir, à la Sala Rossa, Gaëlle Bourges, Alice Rolland et Marianne Chargois s'apprêtent à aborder la délicate question du strip-tease et de la danse érotique avec un sérieux de sociologues et d'intellectuels.
    Photo: Agence France-Presse (photo) Barbara Laborde Ce soir, à la Sala Rossa, Gaëlle Bourges, Alice Rolland et Marianne Chargois s'apprêtent à aborder la délicate question du strip-tease et de la danse érotique avec un sérieux de sociologues et d'intellectuels.
    Elles présentent ce soir la conférence Je baise les yeux, sur le thème du strip-tease, dans le cadre du festival Edgy Women, à Montréal. La facture du tout se veut très intellectuelle, avec références littéraires et philosophiques. La discussion sera menée par un maître de cérémonie en costume-cravate.

    Ce sont d'ailleurs souvent des hommes en costume-cravate qui assistaient jadis aux spectacles érotiques que donnaient les trois conférencières, qui ont ensuite perdu leur emploi parce que la patronne de l'établissement où elles travaillaient les jugeait trop «artistes». Gaëlle Bourges se souvient d'avoir dansé sur de la poésie de Baudelaire ou sur des chansons de Léo Ferré. Elle a aussi déjà fait un strip-tease sur la musique d'Arvo Pärt. «Il y avait un client catholique pratiquant qui a trouvé ça scandaleux, alors qu'il assistait pourtant à des strip-teases plus conventionnels depuis 20 ans», dit-elle.

    À la Sala Rossa, les trois femmes ont une fois de plus choisi de faire voler en éclats les stéréotypes. Elles s'amusent à constater qu'après une heure et demie à discuter seins nus devant un public, les poitrines elles-mêmes finissent par perdre leur charge érotique. «La tête au-dessus des seins parle», lance Gaëlle Bourges. Lorsqu'elle faisait des strip-teases, Gaëlle Bourges se souvient d'avoir dû développer un vocabulaire technique pour tenter de représenter la féminité telle que fantasmée par l'homme. «Ou telle qu'on pense qu'elle est fantasmée par l'homme, précise-t-elle. Toutes les femmes ne peuvent pas faire du strip-tease.»

    «Auparavant, j'avais dansé nue comme danseuse contemporaine et ça ne m'intéressait pas de savoir si les spectateurs étaient excités en me regardant», dit-elle. Le strip-tease implique une tout autre approche.

    Pour illustrer leur propos, les conférencières se proposent d'ailleurs de produire sur la scène de la Sala Rossa un strip-tease hors normes qui déjoue les attentes. «On joue sur la frustration du spectateur», dit Gaëlle Bourges

    Pour elle, la pornographie devrait avoir pour effet de libérer la libido et la vie sexuelle, et non de les enchaîner. «Ce n'est pas du tout ce qui se passe; la pornographie véhicule des stéréotypes qui font que les femmes veulent toutes avoir des seins refaits ou des sexes épilés», dit-elle.

    Les ex-strip-teaseuses n'ont d'ailleurs pas poursuivi leur carrière dans ce domaine. «Les théâtres comme celui où l'on travaillait sont assez rares. Les autres sont plus bas de gamme», reconnaît-elle.












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