Question de choix
23 mars 2012
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Fabienne Siche - Étudiante de deuxième cycle en travail social à l'UQAM
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Actualités en société
Il y a un point de vue que l'on n'entend jamais dans ce débat sur la hausse des droits universitaires. Celui des immigrés. Ceux qui ne sont pas encore citoyens, mais peut-être en voie de le devenir. Ceux qui ont un peu peur de trop élever leur voix parce que leur statut ne tient qu'à un visa, ou qui ne se sentent pas concernés parce que leur séjour durera au plus quelques années.
À se comparer à nos voisins du sud et d'autres provinces, on pourrait penser que tous les immigrés viennent profiter des universités québécoises moins coûteuses, mais on oublie qu'il y en a qui font le chemin inverse. J'en fais partie. Pourquoi étudier au Québec alors que mon retour aux études me coûterait deux ou trois zéros de moins en Europe? Parce que j'habite ici. Parce que je travaille ici. Parce que j'aime ça ici.
Je ne cherchais pas à m'installer ici, mais je suis tombée amoureuse du Québec, et que peut-on contre l'amour? Oui, je suis tombée amoureuse du Québec. De sa fierté. De sa liberté. De sa simplicité. De sa ténacité. De sa sensibilité. De ses racines. De son histoire. De son identité. De sa force d'être une province avec des choix si différents. J'ai observé et j'ai aimé ce que j'ai vu. J'ai appris et j'ai compris pourquoi j'aimais vivre ici.
Il faut un courage presque naïf pour se dresser devant les autres provinces, le reste d'un pays, pour affirmer qu'on ne parlera pas la même langue, qu'on créera notre propre assurance maladie ou qu'on mettra en place des politiques familiales comme nulle part ailleurs. Il faut du courage pour créer un modèle différent, mais il faut aussi une volonté collective et une croyance inébranlable en la société au sein de laquelle on vit.
Courage ou naïveté
Moi, je ne suis pas certaine d'être courageuse, mais je suis naïve. Je crois encore que la démocratie est un système de gouvernement dans lequel le pouvoir est exercé par l'ensemble des citoyens. Je crois encore que l'éducation n'est pas une marchandise et que chaque être humain devrait pouvoir y avoir accès, peu importe où il vit et d'où il vient. Je crois encore que la qualité et l'éthique d'un professionnel n'ont pas de lien avec le coût financier de son diplôme. Je crois encore que le fait de manifester son désaccord est un droit, et que lorsqu'on n'est pas entendu, il arrive qu'on crie plus fort.
Je crois encore que la violence peut être une tentative de communication qui échoue, mais qu'un gouvernement devrait maîtriser d'autres moyens de communication. Je crois encore que ma belle terre d'accueil pourrait retrouver sa fougue et son désir de se démarquer en mettant en avant l'humain plutôt que l'argent. Je crois que l'individu ne peut pas porter seul le principe d'égalité d'une société, mais qu'à plusieurs, en répartissant bien les poids, tout est possible. Bref, en plus d'être naïve, j'ai des idéaux. Et dans ma grande naïveté, je pensais avoir choisi l'endroit idéal pour les vivre.
Cependant, aujourd'hui, je me rends compte que peu importe où l'on se trouve dans le monde, les idéaux humanistes seront toujours remis en question par le capitalisme et la comptabilité. Il y aura toujours des personnes et des organisations qui voudront être plus riches, peu importe comment, et peu importe au détriment de qui. Il y aura toujours du monde qui prendra des raccourcis faciles plutôt que d'envisager d'autres options plus équilibrées. Pourtant, il s'agit d'un choix de société. Mais, est-ce vraiment cette société-là que nous voulons construire ici, au Québec?
Je ne suis pas Québécoise, mais je suis contre la hausse des droits de scolarité, pour les mêmes raisons que j'ai aimé et que j'aime le Québec. Je ne suis pas Québécoise, mais je crois en la force, en la fierté, et au pouvoir de la volonté collective de ceux qui vivent ici.
Je crois au pouvoir du Québec de se réveiller et de faire des choix différents et égalitaires. Je ne suis pas Québécoise, mais je pense que j'ai le droit de nommer mon désaccord. En tant qu'étudiante, en tant qu'intervenante sociale, en tant que femme, en tant que membre de cette société, et en tant que future citoyenne. Future citoyenne naïve, idéaliste, mais avertie.
***
Fabienne Siche - Étudiante de deuxième cycle en travail social à l'UQAM
À se comparer à nos voisins du sud et d'autres provinces, on pourrait penser que tous les immigrés viennent profiter des universités québécoises moins coûteuses, mais on oublie qu'il y en a qui font le chemin inverse. J'en fais partie. Pourquoi étudier au Québec alors que mon retour aux études me coûterait deux ou trois zéros de moins en Europe? Parce que j'habite ici. Parce que je travaille ici. Parce que j'aime ça ici.
Je ne cherchais pas à m'installer ici, mais je suis tombée amoureuse du Québec, et que peut-on contre l'amour? Oui, je suis tombée amoureuse du Québec. De sa fierté. De sa liberté. De sa simplicité. De sa ténacité. De sa sensibilité. De ses racines. De son histoire. De son identité. De sa force d'être une province avec des choix si différents. J'ai observé et j'ai aimé ce que j'ai vu. J'ai appris et j'ai compris pourquoi j'aimais vivre ici.
Il faut un courage presque naïf pour se dresser devant les autres provinces, le reste d'un pays, pour affirmer qu'on ne parlera pas la même langue, qu'on créera notre propre assurance maladie ou qu'on mettra en place des politiques familiales comme nulle part ailleurs. Il faut du courage pour créer un modèle différent, mais il faut aussi une volonté collective et une croyance inébranlable en la société au sein de laquelle on vit.
Courage ou naïveté
Moi, je ne suis pas certaine d'être courageuse, mais je suis naïve. Je crois encore que la démocratie est un système de gouvernement dans lequel le pouvoir est exercé par l'ensemble des citoyens. Je crois encore que l'éducation n'est pas une marchandise et que chaque être humain devrait pouvoir y avoir accès, peu importe où il vit et d'où il vient. Je crois encore que la qualité et l'éthique d'un professionnel n'ont pas de lien avec le coût financier de son diplôme. Je crois encore que le fait de manifester son désaccord est un droit, et que lorsqu'on n'est pas entendu, il arrive qu'on crie plus fort.
Je crois encore que la violence peut être une tentative de communication qui échoue, mais qu'un gouvernement devrait maîtriser d'autres moyens de communication. Je crois encore que ma belle terre d'accueil pourrait retrouver sa fougue et son désir de se démarquer en mettant en avant l'humain plutôt que l'argent. Je crois que l'individu ne peut pas porter seul le principe d'égalité d'une société, mais qu'à plusieurs, en répartissant bien les poids, tout est possible. Bref, en plus d'être naïve, j'ai des idéaux. Et dans ma grande naïveté, je pensais avoir choisi l'endroit idéal pour les vivre.
Cependant, aujourd'hui, je me rends compte que peu importe où l'on se trouve dans le monde, les idéaux humanistes seront toujours remis en question par le capitalisme et la comptabilité. Il y aura toujours des personnes et des organisations qui voudront être plus riches, peu importe comment, et peu importe au détriment de qui. Il y aura toujours du monde qui prendra des raccourcis faciles plutôt que d'envisager d'autres options plus équilibrées. Pourtant, il s'agit d'un choix de société. Mais, est-ce vraiment cette société-là que nous voulons construire ici, au Québec?
Je ne suis pas Québécoise, mais je suis contre la hausse des droits de scolarité, pour les mêmes raisons que j'ai aimé et que j'aime le Québec. Je ne suis pas Québécoise, mais je crois en la force, en la fierté, et au pouvoir de la volonté collective de ceux qui vivent ici.
Je crois au pouvoir du Québec de se réveiller et de faire des choix différents et égalitaires. Je ne suis pas Québécoise, mais je pense que j'ai le droit de nommer mon désaccord. En tant qu'étudiante, en tant qu'intervenante sociale, en tant que femme, en tant que membre de cette société, et en tant que future citoyenne. Future citoyenne naïve, idéaliste, mais avertie.
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Fabienne Siche - Étudiante de deuxième cycle en travail social à l'UQAM








