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Un nouveau directeur à l'AUF - «En français, il y a une dimension historique, sociologique»

Guy Lachapelle, professeur au Département de science politique de l’Université Concordia et directeur du Bureau des Amériques/pôle de développement de Montréal à l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF)<br />
Photo : IPSA Guy Lachapelle, professeur au Département de science politique de l’Université Concordia et directeur du Bureau des Amériques/pôle de développement de Montréal à l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF)
Faire de la recherche en français en 2012, c'est possible et c'est souhaitable, d'après Guy Lachapelle. À ses yeux, cela n'empêche pas l'internationalisation de la recherche. C'est ce que le professeur de l'Université Concordia, qui est paradoxalement une université anglophone de Montréal, défendra au cours de son mandat de deux ans à l'Agence universitaire de la francophonie (AUF).

En cette ère d'internationalisation de la recherche, Guy Lachapelle refuse de croire que les chercheurs doivent tous se mettre à l'anglais. «Je crois que ce serait une erreur, précise-t-il. Lorsqu'on fait de la recherche en anglais, la perspective, l'approche est différente [de celle qu'on a] lorsqu'on fait de la recherche en français. La francophonie a quelque chose à offrir. Écrire en français, c'est différent d'écrire en anglais. En français, il y a une dimension historique, sociologique.»

Pourtant, il remarque qu'il y a un courant vers l'anglais en Europe pour viser l'internationalisation des recherches. «L'Europe a un retard à combler à propos de l'anglais. Les pays européens veulent s'ouvrir sur le monde et, pour y arriver, plusieurs misent sur l'anglais, mais je crois qu'ils ont tort.»

Le but premier de l'AUF est de mettre en place des mécanismes pour que les chercheurs francophones de différentes régions du monde se rencontrent et communiquent dans un langage commun.

«Les chercheurs francophones de différents pays doivent savoir ce que font les autres et, ensuite, ils pourront travailler ensemble. Je pense aux gens de la francophonie canadienne et des différents pays francophones européens, bien sûr, mais aussi aux États-Unis et à l'Amérique latine, par exemple, où on retrouve énormément de francophiles», affirme M. Lachapelle, qui a vécu quelques années aux États-Unis lorsqu'il faisait son doctorat à l'Université Northwestern, à Evanston, près de Chicago.

L'AUF ratisse large avec près de 800 établissements membres répartis dans près de 100 pays. «Plusieurs membres ne sont pas des universités francophones, mais on y offre des cours en français et on y trouve des chercheurs qui travaillent en français dans différentes disciplines. Concordia en est un bel exemple, d'ailleurs. Ces universités veulent développer des liens avec d'autres établissements où il se fait de la recherche en français. C'est un beau défi», affirme M. Lachapelle.

Favoriser l'échange

Le nouveau directeur du Bureau des Amériques/pôle de développement de Montréal de l'AUF a également à coeur le développement de l'université numérique et des systèmes informatiques. «C'est important de soutenir les différentes universités membres. Chacune est rendue à un stade différent. Les pays aussi sont à des niveaux de développement différents. L'AUF a le rôle d'aider ses membres à avancer.»

Le professeur de l'Université Concordia croit que l'échange entre les différentes universités membres est bénéfique à différents niveaux. «Le but, à l'AUF, est toujours de regarder les différentes pratiques pour s'améliorer. Qu'on soit en France, au Québec ou en Afrique, on a souvent des modes de pratique différents. C'est intéressant lorsque des chercheurs échangent sur le sujet et voient ce qu'ils peuvent apprendre des autres.»

Il croit que ce genre d'échange est particulièrement intéressant dans des disciplines scientifiques où il y a des relations avec des citoyens ou avec des patients.

«Lorsqu'on va sur le terrain, chacun a sa façon de faire. Il faut regarder les bonnes pratiques qu'on a ici et celles qu'ont les autres. Par exemple, le décrochage scolaire n'est pas seulement un enjeu québécois. Quelles sont les meilleures façons de faire pour aborder cette problématique dans la francophonie? Il faut se poser la même question avec les problématiques en santé», explique le chercheur.

Au cours de son mandat, il souhaite regarder si une stratégie plus efficace peut être développée pour mettre de l'avant la recherche francophone. «On a un bon réseau de publications francophones, mais peut-on le développer davantage?», se questionne M. Lachapelle.

Un travail en continuité


Le travail de Guy Lachapelle à l'AUF s'inscrit en continuité avec celui qu'il réalise sur la scène internationale en tant que secrétaire général de l'Association internationale de sciences politiques. «J'y ai entre autres fait beaucoup d'efforts pour créer le Réseau francophone des Associations de science politique. L'objectif était de développer la recherche francophone. Je tenais à ce que la littérature scientifique soit mieux connue dans les différents pays francophones.»

Avec l'AUF, son travail s'ouvre maintenant à l'ensemble de la recherche francophone dans les Amériques, toutes disciplines confondues.

Guy Lachapelle a l'intention de profiter de chaque occasion qui se présente à lui pour mettre de l'avant la recherche en français. «Par exemple, on vient d'apprendre que le Conseil international des sciences sociales tiendra son forum de 2013 à Montréal. Des chercheurs d'universités membres de l'AUF seront présents. C'est certain que ce sera un lieu de réflexion sur la question de la recherche francophone en sciences sociales. C'est un enjeu de taille pour toutes les disciplines.»

Cet engagement pour la recherche en français ne l'amène pas par contre à prôner le repli. «Les chercheurs publient dans deux ou trois langues, traduisent parfois des articles et font des conférences et des travaux dans d'autres langues, c'est bien certain. Toutefois, nous devons continuer à faire de la recherche en français, à en faire la promotion et nous devons nous assurer que la communauté scientifique francophone soit une référence internationale.»

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Collaboratrice du Devoir
 
 
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