La parole est donnée à la langue française
Québec accueillera en juillet prochain un premier forum mondial
Le premier Forum mondial de la langue française se tiendra à Québec en juillet: il en a été décidé ainsi lors du dernier Sommet de la Francophonie, tenu à Montreux, en Suisse. En février 2011, Michel Audet, alors représentant du Québec au sein de l'Unesco, est désigné à titre de commissaire général. Dès le printemps, des consultations ont lieu pour assurer les orientations de cet événement majeur, dont en ressortent des principes et de grandes thématiques. À quelques mois de ce Forum, une présentation.
«Le premier principe, c'est la dimension de la diversité de cette planète, explique le commissaire général du Forum mondial de la langue française. La langue française traverse des continents et des pays. Elle émane de la diversité des cultures, des nations et des peuples et on veut réellement faire une place à cette diversité. Ce n'est pas un forum des pays du Nord, ce n'est pas un forum France-Québec, c'est vraiment un forum international. On va faire une place très importante au continent africain et à ses problématiques, parce que l'avenir des locuteurs francophones, en matière d'équilibre géopolitique, va beaucoup se jouer en Afrique. Mais on va également faire de la place aux pays non francophones. Il y a soixante-quinze États membres et observateurs dans la Francophonie, mais nous, nous allons accueillir des représentants de plus d'une centaine de pays, ça veut dire faire une place à des intervenants, à des participants qui vont venir du Brésil, du Mexique, de la Chine, de l'Inde, etc. C'est un forum sur la langue française, non sur la Francophonie institutionnelle. Et la langue française, elle est parlée par des millions de personnes à l'extérieur du giron de la Francophonie. Il faut révéler cette réalité.»
Pas la Francophonie institutionnelle... Il n'y aura donc pas de chefs d'État à Québec du 2 au 6 juillet prochain, mais la société civile dans tout ce qu'elle englobe: des universitaires, des représentants de délégations gouvernementales ou d'ONG, mais également n'importe quel quidam. Et surtout beaucoup de jeunes âgés de moins de 30 ans.
Une société civile, une communauté de locuteurs francophones à qui les organisateurs de l'événement ont demandé un investissement dès le début, dès la mise en place de la programmation. «Ce ne sont pas quelques personnes qui ont déterminé les thématiques que nous allons développer, note Michel Audet. On a demandé à la communauté de nous faire valoir son intérêt, sa sensibilité, ses ambitions. Nous avons reçu plus de 450 propositions en provenance de tous les continents, d'experts universitaires, d'individus, d'ONG, de gouvernements. On a mis en place un processus d'analyse de toutes ces propositions et on en a retenu une centaine.»
De l'économie à la diversité
Quatre grandes thématiques sont au programme de ce premier Forum. L'économie, le travail et la formation, tout d'abord, avec pour principale question: est-ce possible de prospérer et de faire des affaires en français? Car les spécialistes reconnaissent qu'une langue impose le respect et demeure attrayante dans la mesure où on la pratique couramment en affaires.
La deuxième thématique, c'est le français dans l'univers numérique: quelle place pour la langue française dans la Toile et dans les médias sociaux notamment? Car, pour rester vivante et parler à la jeunesse, une langue ne peut faire l'impasse sur les nouvelles technologies de l'information et de la communication.
Troisième axe: la culture et la place qu'occupe le français dans les différentes industries culturelles, comme la musique, le cinéma, la littérature et les médias.
Enfin, les participants au Forum s'interrogeront sur la cohabitation de la diversité linguistique afin de faire le point sur l'évolution des influences de la langue française sur les autres langues et de celles des autres langues sur la langue française. «On espère que, à la fin de ce Forum, on sera en mesure de faire transpirer des travaux une série de constats et de propositions liés à chacune des thématiques par rapport aux grands enjeux et défis de l'avenir», confie le commissaire général.
Des colloques à la fête
Cinq jours de conférences, de colloques, de tables rondes à l'intérieur du Centre des congrès de Québec. Mais également de grands rassemblements de participation citoyenne, des ateliers de démonstration, des témoignages, des classes de maître, etc. Sans oublier le volet festif et culturel... «Très important, puisque nous nous adressons tout particulièrement aux jeunes, poursuit M. Audet. Nous cherchons à trouver le juste équilibre entre le côté intellectuel et le côté festif. La ville de Québec se fait très belle au début de juillet... Nous avons une entente avec le Festival d'été qui fait en sorte que nous allons bénéficier d'une scène extérieure, celle du Parc de la francophonie, pour les soirées des 2, 3 et 4 juillet, avec des soirées-concepts en matière d'expressions culturelles. Et nous nous sommes associés au Festival d'été pour le grand spectacle d'ouverture, le 5 juillet, sur les plaines d'Abraham, qui sera aux couleurs de la vitalité de la langue française.»
Et 1500 personnes sont attendues à Québec tout au long du Forum. Mais bien plus pourront suivre les travaux via la webdiffusion et même participer aux débats en clavardant ou en «twittant». Une grande première que ce Forum dans le giron francophone, alors même que les hispanophones et les lusophones n'ont pas attendu aussi longtemps. «Les hispanophones organisent tous les trois ans de grands forums sur l'avenir de la langue espagnole, affirme Michel Audet. Quant aux lusophones, ils se prennent de plus en plus en main pour valoriser leur langue portugaise dans le domaine scientifique, au niveau du monde des affaires, etc. Le nombre de locuteurs francophones va être multiplié par trois d'ici à 2050, principalement sur le continent africain, ajoute le commissaire général. Le moment est donc opportun de lancer ce grand événement et d'en faire ensuite un rendez-vous marquant. D'où l'importance pour nous de réussir.»
***
Collaboratrice du Devoir
«Le premier principe, c'est la dimension de la diversité de cette planète, explique le commissaire général du Forum mondial de la langue française. La langue française traverse des continents et des pays. Elle émane de la diversité des cultures, des nations et des peuples et on veut réellement faire une place à cette diversité. Ce n'est pas un forum des pays du Nord, ce n'est pas un forum France-Québec, c'est vraiment un forum international. On va faire une place très importante au continent africain et à ses problématiques, parce que l'avenir des locuteurs francophones, en matière d'équilibre géopolitique, va beaucoup se jouer en Afrique. Mais on va également faire de la place aux pays non francophones. Il y a soixante-quinze États membres et observateurs dans la Francophonie, mais nous, nous allons accueillir des représentants de plus d'une centaine de pays, ça veut dire faire une place à des intervenants, à des participants qui vont venir du Brésil, du Mexique, de la Chine, de l'Inde, etc. C'est un forum sur la langue française, non sur la Francophonie institutionnelle. Et la langue française, elle est parlée par des millions de personnes à l'extérieur du giron de la Francophonie. Il faut révéler cette réalité.»
Pas la Francophonie institutionnelle... Il n'y aura donc pas de chefs d'État à Québec du 2 au 6 juillet prochain, mais la société civile dans tout ce qu'elle englobe: des universitaires, des représentants de délégations gouvernementales ou d'ONG, mais également n'importe quel quidam. Et surtout beaucoup de jeunes âgés de moins de 30 ans.
Une société civile, une communauté de locuteurs francophones à qui les organisateurs de l'événement ont demandé un investissement dès le début, dès la mise en place de la programmation. «Ce ne sont pas quelques personnes qui ont déterminé les thématiques que nous allons développer, note Michel Audet. On a demandé à la communauté de nous faire valoir son intérêt, sa sensibilité, ses ambitions. Nous avons reçu plus de 450 propositions en provenance de tous les continents, d'experts universitaires, d'individus, d'ONG, de gouvernements. On a mis en place un processus d'analyse de toutes ces propositions et on en a retenu une centaine.»
De l'économie à la diversité
Quatre grandes thématiques sont au programme de ce premier Forum. L'économie, le travail et la formation, tout d'abord, avec pour principale question: est-ce possible de prospérer et de faire des affaires en français? Car les spécialistes reconnaissent qu'une langue impose le respect et demeure attrayante dans la mesure où on la pratique couramment en affaires.
La deuxième thématique, c'est le français dans l'univers numérique: quelle place pour la langue française dans la Toile et dans les médias sociaux notamment? Car, pour rester vivante et parler à la jeunesse, une langue ne peut faire l'impasse sur les nouvelles technologies de l'information et de la communication.
Troisième axe: la culture et la place qu'occupe le français dans les différentes industries culturelles, comme la musique, le cinéma, la littérature et les médias.
Enfin, les participants au Forum s'interrogeront sur la cohabitation de la diversité linguistique afin de faire le point sur l'évolution des influences de la langue française sur les autres langues et de celles des autres langues sur la langue française. «On espère que, à la fin de ce Forum, on sera en mesure de faire transpirer des travaux une série de constats et de propositions liés à chacune des thématiques par rapport aux grands enjeux et défis de l'avenir», confie le commissaire général.
Des colloques à la fête
Cinq jours de conférences, de colloques, de tables rondes à l'intérieur du Centre des congrès de Québec. Mais également de grands rassemblements de participation citoyenne, des ateliers de démonstration, des témoignages, des classes de maître, etc. Sans oublier le volet festif et culturel... «Très important, puisque nous nous adressons tout particulièrement aux jeunes, poursuit M. Audet. Nous cherchons à trouver le juste équilibre entre le côté intellectuel et le côté festif. La ville de Québec se fait très belle au début de juillet... Nous avons une entente avec le Festival d'été qui fait en sorte que nous allons bénéficier d'une scène extérieure, celle du Parc de la francophonie, pour les soirées des 2, 3 et 4 juillet, avec des soirées-concepts en matière d'expressions culturelles. Et nous nous sommes associés au Festival d'été pour le grand spectacle d'ouverture, le 5 juillet, sur les plaines d'Abraham, qui sera aux couleurs de la vitalité de la langue française.»
Et 1500 personnes sont attendues à Québec tout au long du Forum. Mais bien plus pourront suivre les travaux via la webdiffusion et même participer aux débats en clavardant ou en «twittant». Une grande première que ce Forum dans le giron francophone, alors même que les hispanophones et les lusophones n'ont pas attendu aussi longtemps. «Les hispanophones organisent tous les trois ans de grands forums sur l'avenir de la langue espagnole, affirme Michel Audet. Quant aux lusophones, ils se prennent de plus en plus en main pour valoriser leur langue portugaise dans le domaine scientifique, au niveau du monde des affaires, etc. Le nombre de locuteurs francophones va être multiplié par trois d'ici à 2050, principalement sur le continent africain, ajoute le commissaire général. Le moment est donc opportun de lancer ce grand événement et d'en faire ensuite un rendez-vous marquant. D'où l'importance pour nous de réussir.»
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Collaboratrice du Devoir









