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CEFAN - Une chaire et les cultures francophones

La Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d'expression française en Amérique du Nord se consacre depuis plus de deux décennies au passé, au présent et au devenir de la francophonie, au sens large du terme. Survol avec son titulaire, Martin Pâquet.

Depuis son inauguration en septembre 1989, la Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d'expression française en Amérique du Nord (CEFAN) se conçoit comme une chaire universitaire d'animation scientifique, vouée en cela à la formation des chercheurs, au progrès des connaissances et à la diffusion des savoirs.

Sise à l'Université Laval, la CEFAN dispose d'une perspective singulière, soit celle d'une entité québécoise ouverte aux réalités des francophonies nord-américaines.

Cette chaire partage donc avec d'autres entités francophones des objectifs scientifiques communs. Des objectifs qui ont débouché, depuis plus de vingt ans, sur de nombreuses collaborations et des partenariats avec, notamment, le Musée de la civilisation, le Centre de recherche en civilisation canadienne-française, le Congrès de l'Association francophone pour le savoir, le Conseil de la vie française en Amérique, la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs et l'Institut d'histoire de l'Amérique française.

La CEFAN a également parrainé de nombreuses publications sur divers enjeux qui ponctuent la francophonie, dans la collection intitulée «Culture française d'Amérique», publiée aux Presses de l'Université Laval.

Cette chaire d'animation scientifique, dédiée aussi à la formation de la jeune relève, compte parmi ses activités l'organisation de séminaires en tout genre et toujours pertinents. En septembre 2010, «Francophones et citoyens du monde: identités, éducation et engagement» a exploré les multiples formes d'engagement à travers les divers espaces francophones d'Amérique, à partir non seulement d'une série de conférences, mais aussi de témoignages afin d'examiner les rapports entre la question identitaire et l'engagement civique.

La poursuite d'une mission


«Vous savez, précise Martin Pâquet, également auteur et professeur titulaire au Département d'histoire de l'Université Laval, dès 1911, l'Université Laval s'est donné avec [le recteur d'alors] Monseigneur Camille Roy pour mission d'être le centre intellectuel du Canada français. Et cette mission a donc été réactivée dans les années 1980 par l'entremise de la CEFAN, qui s'intéresse à la francophonie, que ce soit en Acadie, en Ontario français, en Nouvelle-Écosse, dans les Prairies canadiennes et au Québec, bien sûr. On porte un regard sur les enjeux linguistiques, notamment, qui sont importants au sein de la francophonie. Je pense aussi à d'autres enjeux, comme la formation en Acadie [dans les années 1970] d'un parti acadien qui proposait la création d'une province acadienne, ce qui était en lien avec la non-reconnaissance des francophones au Nouveau-Brunswick. Devant cela, le gouvernement du Nouveau-Brunswick s'est vu obligé de réagir en établissant le caractère bilingue de la province, qui est dans la Constitution canadienne depuis 1981.»

Une lecture obligée

Les combats que mèneront les communautés francophones du Canada seront nombreux, que ce soit à l'échelle culturelle, politique ou linguistique.

En cela, soulignons la publication du livre Langue et politique au Canada et au Québec; une synthèse historique (Boréal, 2010), que le professeur Martin Pâquet a coécrit avec son collègue Marcel Martel. Un ouvrage fouillé, ponctué de photos et de documents d'archives de valeur, qui raconte les enjeux où la politique et la langue de Molière s'entrechoquent comme autant de luttes acharnées, qui souligne que «l'enjeu linguistique provoque une phase de conflits importants, de 1848 à 1927», qui démontre que «les crises scolaires au Nouveau-Brunswick, au Manitoba, dans les Territoires du Nord-Ouest et en Ontario témoignent de la volonté d'homogénéisation culturelle et linguistique sur le territoire canadien, ainsi que de la résistance citoyenne contre cette volonté des autorités politiques et de certains groupes d'intérêt canadiens-anglais» et qui remet en mémoire que, «dans un climat de tension croissante qui connaît son apogée avec la crise du Règlement 17 [une règle administrative du ministère ontarien de l'Éducation limitant l'usage du français comme langue d'enseignement, qu'avait promulguée en 1912 le gouvernement de James Whitney], les impératifs du devoir-vivre collectif promus par les responsables étatiques télescopent les modalités du vouloir-vivre collectif».

Une lutte obligée

En entrevue, Martin Pâquet souligne que le Règlement 17 a suscité la grogne au sein des Franco-Ontariens, qui ont dû lutter pendant plusieurs années avant de voir son abolition en 1944, non sans l'appui de Rome en 1918, de l'Assemblée législative du Québec en 1916 et d'un certain Henri Bourassa. «Le journal Le Devoir et Henri Bourassa ont joué un rôle considérable dans cette histoire! M. Bourassa a dénoncé la situation "de nos frères Ontariens", pour reprendre son expression.»

Aujourd'hui, les luttes se poursuivent au sein de cette francophonie riche de ses cultures, qu'elles soient louisianaise, haïtienne, maghrébine, ontarienne ou acadienne. «En Acadie, le fait de parler le français est un combat quotidien. En Ontario français, c'est la même chose, la vigilance est de mise.»

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Collaborateur du Devoir
 
 
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