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    La centrale nucléaire Gentilly-2 ne résisterait pas à un séisme

    C'est ce que soutient une étude de Sortons le Québec du nucléaire

    Le gouvernement du Québec examine présentement un projet de réfection de la centrale qui s’élèverait à 2,5 milliards.<br />
    Photo: Source: Hydro-Québec Le gouvernement du Québec examine présentement un projet de réfection de la centrale qui s’élèverait à 2,5 milliards.
    La centrale nucléaire de Gentilly-2, située en face de Trois-Rivières, ne pourrait résister à un tremblement de terre de force 5 à 7 sur l'échelle de Richter (force modérée à forte) s'il survenait à proximité et près de la surface.

    C'est ce que soutient le physicien nucléaire Michel Duguay dans une analyse rendue publique hier en Mauricie par le mouvement Sortons le Québec du nucléaire. Ce groupe d'opposition à la rénovation de la seule centrale nucléaire du Québec voulait ainsi marquer à sa façon le premier anniversaire du tremblement de terre et du tsunami qui s'est abattu sur la ville de Fukushima au Japon, dimanche prochain.

    Certes, reconnaît le physicien, la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) a qualifié dans un rapport de «négligeable» la possibilité d'un séisme majeur à l'une ou l'autre des centrales canadiennes.

    «Comme il arrive souvent avec la Commission canadienne de sûreté nucléaire, écrit-il, cette conclusion d'ensemble est en fait contredite par le rapport lui-même. Et c'est cette attitude rassurante envers le public qu'il faut dénoncer. Il faut comprendre ici qu'un séisme majeur veut dire ici un séisme ayant une magnitude de 7 à 9 sur l'échelle de Richter. [Par contre], un séisme "significatif" de 5 à 7, combiné à un PGA élevé [valeur d'accélération maximale du sol] pourrait causer des dommages importants, et même une fonte, à tout le moins partielle, du coeur du réacteur. Il faut rappeler que, toujours selon la Commission géologique du Canada, le risque d'un tel séisme est présent, et ce, partout le long du Saint-Laurent» où se trouve Gentilly-2.

    Omission «délibérée»

    Le physicien Duguay souligne avec inquiétude «que la CCSN a pris sur elle de modifier des cartes de la Commission géologique du Canada (CGC) en gommant les valeurs d'accélération maximale (PGA)». Le Dr Greg Rzentkowski, directeur général de la CCSN, lui a expliqué dans un courriel en octobre dernier que cette «omission» était «délibérée» parce que le rapport était destiné au grand public.

    Or la CGC souligne que le PGA (Peak Ground Acceleration) s'exprime en fonction d'un «g» qui est identique à la force de l'accélération terrestre, soit 9,8 m/s2. Ce PGA peut s'accélérer, selon la commission canadienne jusqu'à 0,6 g, soit une accélération quatre fois plus forte que le niveau de résistance, calibrée à 0,15 g dans le cas de la centrale trifluvienne, conçue dans les années 70, une situation que la rénovation prévue ne modifiera pas.

    Selon le physicien Duguay, à Gentilly-2, «un séisme caractérisé par une accélération maximum du sol pourrait causer des bris de tuyaux et entraîner une perte importante de caloporteur». Dans un tel cas, la documentation de la CCSN prévoit une fonte partielle du coeur du réacteur, tel que le Dr Greg Rzentkowski l'a exprimé à l'audience publique sur la centrale Pointe Lepreau, le 2 décembre 2010.

    Dans le cas d'un tremblement de terre majeur, le directeur général de la CCSN est allé jusqu'à déclarer que «définitivement, le coeur va fondre».












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