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    Web 2.0 - Internet est devenu le lieu de la prise de parole

    «Mon militantisme s'exprime par les moyens qui sont ceux de mon époque»

    L’utilisation des réseaux sociaux est aujourd’hui devenue incontournable chez les jeunes femmes, qui s’y expriment sur la situation féminine. <br />
    Photo: Yan Doublet - Le Devoir L’utilisation des réseaux sociaux est aujourd’hui devenue incontournable chez les jeunes femmes, qui s’y expriment sur la situation féminine.
    Pour s'informer: Jesuisfeministe.com, girlsactionfoundation.ca/fr, kickaction.ca/fr.

    Pour le tweet-up féministe:
    Royal Phoenix Bar
    5788, boulevard Saint-Laurent
    Montréal
    Le jeudi 8 mars, de 17h à 19h
    Changer les mentalités, modifier les perceptions et renouveler l'image, voilà le défi que doit relever le féminisme aujourd'hui... Et ce n'est pas toujours facile d'y arriver, peu importe le chemin utilisé. Et si on passait par le web...

    Le monde change, le féminisme aussi. Et, pour tout dire, on sent bien chez les jeunes, qu'ils ou elles soient homme ou femme, qu'il deviendrait de plus en plus rare et de moins en moins signifiant de s'afficher comme féministe.

    Le web est-il un outil adapté à l'émission d'un message féministe? Les réseaux sociaux servent-ils les engagements? Oui et non. C'est à ce genre de questions que répondent activement chaque jour Marianne Prairie, une blogueuse aguerrie qui tient à bout de bras son blogue Jesuisfeministe.com, Sandra Rodriguez, chercheure à l'Université de Montréal, qui, dans le cadre de son travail, s'interroge et interroge les jeunes sur le sens de l'engagement à l'ère du numérique, ou encore Elvira Truglia, de la Fondation Filles d'action, un organisme qui s'emploie à redonner aux jeunes femmes l'estime de soi qui leur permettra de contribuer pleinement à la société.

    Jesuisfeministe.com

    «Un de mes combats est de défendre le féminisme, ne serait-ce que pour ne pas perdre nos acquis qui peuvent être fragiles ou menacés. On n'a qu'à penser à notre premier ministre du Canada, qui sabre les subventions versées à des maisons d'hébergement pour femmes violentées, à des groupes communautaires, et qui remet en question encore l'avortement. Juste pour ça, le féminisme est encore très pertinent», lance tout de go Marianne Prairie.

    Elle, qui s'affiche artiste, geek, maman, féministe, curieuse, qui est membre fondatrice du groupe Les moquettes coquettes, croit qu'il faut encore prendre la parole pour dénoncer les attitudes sexistes ou plus ou moins respectueuses et le dire: «Je n'accepte pas de voir dépeindre la femme selon des images très stéréotypées auxquelles je ne m'identifie pas: j'ai le droit de le dire et de donner mon opinion.»

    En 2012, on constate aussi que la prise de parole féministe n'est pas valorisée: «Être féministe, c'est un mouvement politique, mais c'est aussi quelque chose qu'on intègre dans sa vie de tous les jours. On a eu besoin de ce féminisme radical des années 70, mais les années 2000 ont toutefois apporté plusieurs nouvelles manières d'être féministe», explique Marianne, qui précise: «Le féminisme que je pratique est dans Internet, par l'art que je fais. Mais je n'ai jamais participé à une marche féministe: mon engagement ne se définit pas de cette façon-là.»

    Son engagement se manifeste donc dans son blogue: «Mon militantisme s'exprime par les moyens qui sont ceux de mon époque. J'ai créé un blogue qui me permet de propager très rapidement ce que j'ai envie de dire; parfois, ce sont des nouvelles, parfois, l'annonce de rencontres informelles, et je profite du réseautage.»

    Le statut dans Facebook comme engagement


    Les recherches de Sandra Rodriguez, chercheure associée au Groupe de recherche sur les institutions et les mouvements sociaux (GRIMS), portent sur les nouvelles façons de s'engager et sur la signification que les jeunes adultes donnent à tout engagement. «Depuis l'avènement du Web 2.0, il y a eu une réaction antagoniste: on a l'image d'une jeunesse tellement prise par les nouveaux outils du web qu'on s'est dit que ce serait là la seule façon de les rejoindre. Mais quand on observe ce qui se passe dans le web, on comprend que ce sont rarement les sites créés pour mobiliser les jeunes, pour les pousser à l'action, qui réussissent à les attirer. C'est généralement le contraire: ce sont les jeunes qui utilisent le web et le Web 2.0 comme façon de promouvoir une action sociale ou de nouveaux discours sociaux. C'est une nouvelle conception de l'engagement: on utilise le blogue, Twitter ou sa page Facebook pour afficher ses convictions.»

    Les recherches de Mme Rodriguez ont fait ressortir une autre dualité: «Un des premiers gestes que les jeunes posent, qu'ils font de manière tout à fait instinctive et qu'ils considèrent comme un engagement, c'est d'afficher une information ou de montrer leur désaccord sur leur statut dans Facebook ou via Twitter. Pourtant, il y a du scepticisme de la part de ces mêmes jeunes qui se demandent en quoi changer son statut dans Facebook peut être une forme d'engagement.»

    Et voilà que Sandra Rodriguez, remontant aux sources du mouvement militant féministe, découvre que «les féministes des années 60 ont commencé leurs manifestations avec le slogan "Le privé, c'est politique", voulant dire par là que, pour faire changer les institutions, il faut d'abord changer les mentalités». La chercheuse a été fort surprise de constater que, même si les jeunes interviewés aujourd'hui ne mentionnaient pas du tout le mouvement féministe, ils tenaient exactement le même genre de discours, avec une conception de l'engagement qui est proche de celle des mouvements féministes, antiracistes ou des mouvements de défense des droits des gais et lesbiennes. C'est-à-dire utiliser la sphère privée comme une façon de débattre de ses convictions ou de les afficher, tout en assumant le risque que ça implique.

    C'est avec le temps qu'on change les mentalités. C'est l'héritage qu'a légué aux jeunes le mouvement féministe des années 60.

    Histoires de filles: la prise de parole

    La Fondation Filles d'action soutient un réseau de plus de 200 organismes qui mettent en place des programmes touchant plus de 60 000 jeunes filles au pays. Ces programmes ont tous pour objectif de faire prendre conscience aux jeunes femmes de leurs forces, de leur permettre de découvrir leur capacité d'agir et d'acquérir la confiance nécessaire pour contribuer pleinement à la société. La Fondation Filles d'action porte une attention particulière aux communautés marginalisées, isolées, urbaines ou nordiques.

    Selon Elvira Truglia, coordonnatrice des communications et productrice web de la fondation, l'utilisation des réseaux sociaux est aujourd'hui devenue un incontournable: «On vit dans l'ère du numérique où on est bombardé d'images et d'information chaque jour. Pourtant, ces images et cette information ne correspondent pas nécessairement à la réalité des femmes. On essaie de donner aux jeunes femmes la possibilité de s'exprimer sur le sujet.»

    La prise de parole est donc la voie privilégiée par la fondation, qui s'est engagée à donner la parole à celles qui ne l'ont pas souvent. Les moyens pour y arriver sont très variés. Une initiative toute particulière a débuté récemment dans un des sites de la fondation, kickaction.ca: «Dans le site, il y a ce qu'on appelle le Carnaval des blogues, qui est en ligne depuis le 14 février et qui se poursuivra jusqu'au 8 mars. Chaque semaine, les jeunes blogueuses y traitent d'un thème différent, par exemple, les femmes autochtones, les valeurs qui influencent nos choix et l'utilisation de l'espace public, explique Elvira Truglia. Nous sommes déjà très présentes dans les médias sociaux, mais nous voulions avoir un site, un espace où les jeunes femmes se sentent à l'aise de s'exprimer, un lieu d'échange sur des sujets qu'elles déterminent.»

    Tout spécialement pour la journée du 8 mars, kickaction.ca organise un tweet-up féministe, mot né de la contraction de Twitter et de meet-up, en compagnie de Marianne Prairie: les blogueuses, les femmes engagées et toutes les autres sont invitées à y participer en échangeant dans un lieu public plutôt que via la Toile...

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    Collaboratrice du Devoir
     
     
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