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Rio Tinto Alcan - Avantage à l'employeur

Les employés en lockout de l'usine d'Alma de Rio Tinto Alcan dénoncent l'achat par Hydro-Québec des surplus d'électricité produits par les barrages de la multinationale durant ce conflit de travail. La société d'État n'a pas le choix, y étant tenue par une entente secrète intervenue en 2006. Mais tout compte fait, elle se trouve par là à donner un appui indirect à l'employeur.

Les dénonciations des syndiqués sont fondées. La réduction de la production d'aluminium pendant le conflit dégage des surplus d'électricité qui, achetés au tarif L par Hydro-Québec, assurent à Rio Tinto Alcan des revenus qui atténuent ses pertes financières. L'avantage est tout pour la multinationale dont le rapport de force est accru par le concours involontaire d'Hydro-Québec qui n'a pas besoin de cette électricité.

Cette entente de 2006, dont on trouve le texte sur LeDevoir.com, accorde par ailleurs à Rio Tinto un pouvoir de pression tout à fait inédit sur les syndiqués et sur le gouvernement. En situation de conflit de travail, elle est autorisée à suspendre ses engagements (notamment la modernisation de certaines de ses installations) sans obligation d'agir avec diligence pour remédier à la situation. Elle peut donc par un lockout se libérer au moins temporairement du poids de ses obligations et, le cas échéant, se donner la capacité de faire durer un conflit de travail. Elle n'a toutefois pas invoqué ce droit dans le présent conflit.

Cette entente de 2006, très généreuse par ailleurs sur le plan financier, se trouve à avoir des effets imprévus qui sont gênants pour le gouvernement Charest. Interrogé à l'Assemblée nationale hier, le premier ministre Jean Charest a paru mal à l'aise. Il a laissé entendre qu'il pourrait intervenir dans ce conflit. C'est ce qu'il doit faire. Il ne pourra certes pas changer les termes de l'entente avec Rio Tinto Alcan, mais il peut tout au moins jouer un rôle de médiateur pour faciliter le règlement de ce conflit de travail.

***

Le gouvernement du Québec a conclu au fil des années de nombreuses ententes similaires à celle dont il est question ici. Dans tous les cas, Québec se sert de son «pouvoir hydroélectrique» pour obtenir de multinationales, particulièrement dans le secteur de l'aluminium, des investissements qui serviront à maintenir ou à créer des emplois. Étant secrètes pour des questions de concurrence, elles échappent toutefois à l'examen public. On ne peut être certain que les avantages consentis par le gouvernement sont toujours dans le meilleur intérêt du Québec.

Le gouvernement Charest multiplie ces temps-ci les négociations avec des multinationales dans le cadre du Plan Nord. Cette fois, ce sont des minières que l'on veut attirer en se servant toujours du levier de l'hydroélectricité. L'octroi du tarif L, qui est quatre ou cinq fois moins cher que le recours par ces entreprises à des génératrices alimentées au diesel, est très attrayant. Les promesses d'investissements doivent être à la hauteur de cet avantage. Il faut aussi s'assurer que les ententes puissent être respectées. Nous l'enseigne la remise en question ces derniers jours par Arcelor Mital de la construction promise d'une usine de boulettage de fer à Port-Cartier. Malgré ce qu'en avait dit d'abord le ministre Clément Gignac, la multinationale ne perdra pas son tarif préférentiel d'électricité. En cette période préélectorale, l'intensité avec laquelle Jean Charest promeut le Plan Nord est suspecte. Tous ces projets d'investissements que l'on nous fera miroiter devront être examinés avec le plus grand soin.


***

Pour lire l'entente secrète (PDF)

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  • P. T.Simard - Inscrit
    1 mars 2012 02 h 23
    Pétition en ligne
    Bonsoir,

    Le député de Lac-St-Jean propose la pétition suivante pour aider les travailleurs en lock-out.

    https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-2627/index.html

    P. T.Simard - Almatois
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  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit
    1 mars 2012 07 h 01
    Secret
    Une clause secrète qui serait à l'avantage de la population ne serait tout simplement pas secrète.

    Desrosiers
    Val David
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  • Airdutemps - Inscrite
    1 mars 2012 08 h 01
    Tarif L
    Que signifie ce L ?

    Looser ? Louche ? Larmoyant ? Labyrinthe ? Lâche ? Laisse (pour chien) ? Laissé-pour-compte ? Laisser-passez ? Laisser-faire ? Lézard ? Et j'en oublie certainement.
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  • POL Pont - Inscrit
    1 mars 2012 08 h 42
    La chimère minière
    Le cas d'Arcelor Mital est une belle illustration de la stratégie des minières. Elle a promis une usine de poutrelles d'acier à Contrecœur et une usine de boulettage à Port-Cartier. Cela n'arrivera pas. Les acheteurs de minerai de fer sont ailleurs ils veulent donc payer le plus bas prix possible pour le minerai et le faire transformer à moindre coût près de son lieu d'utilisation. Logique.
    RTA de son côté a fait de belles promesses mais dans la réalité, même en payant son électricité 1 cent le kWh, ses usines du Canada ne sont plus que des points sur sa carte du monde et feront l’objet d’une rationalisation impitoyable pour le seul bénéfice de ses actionnaires, alors que ces mêmes usines étaient l’alpha et l’oméga de la société Alcan. Le « siège social » de RTA à Montréal n’est plus qu’un entrepôt de boîtes de cartons. RTA a très, ou trop, cher payé Alcan elle doit récupérer ses billes quelque part.
    Les ressources minières de pays comme le Canada et l’Australie viendront les hanter dans 30 ans. Ces pays auront eu la partie facile en générant une bonne partie de leur richesse à partir de leur sous sol. L’avenir est dans les matériaux intelligents, la nanotechnologie etc., donc dans la matière grise. Le Plan Nord dit aux jeunes Québécois que l’avenir est dans les matières premières.
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  • Pierre Schneider - Abonné
    1 mars 2012 08 h 50
    Tarif préférentiel
    Et pourquoi pas un tarif très préférentiel pour les gagne-petit ? U Et pourquoi pas un tarif zéro pour les plus démunis qui n'ont pas les moyens de se chauffer convenablement ?
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  • Charles F. Labrecque - Abonné
    1 mars 2012 09 h 58
    Et si ils étaient menteurs.
    La société d'état peut nous faire croire se qu"elle veut puisque jamais nous connaîtrons la vérité puisque elle a le pouvoir de rendre secret ses ententes qu'elle signe avec les industries qu'elle alimente. En fait elle nous dit: Croyez moi. Mais la société devrait bien savoir pour la croire nous devons avoir une grande confiance envers elle, et ce qui manque auprès de la population québécoise. Elle a perdue notre confiance et c'est malheureux.
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  • Germain Dallaire - Abonné
    1 mars 2012 10 h 17
    réaction de colonisé
    On y va bien vite quand on disculpe le gouvernement Charest d'agir dans le dossier de la vente d'électricité libéré par le lock-out. RTA est un peu plus réaliste en n'invoquant pas la clause de force majeure. Si RTA est au Québec, c'est parce que c'est payant. Quand on sait que le coût de l'électricité compte pour 35% du coût de l'aluminium et que même la Chine n'arrive pas au coût de production de RTA, on se rassure sur la situation relative du Québec. Dans ce sens, avoir peur que RTA invoque la force majeure pour mettre fin à ses engagements relève d'un réflexe de colonisé.
    En fait, il suffirait d'être un peu moins peureux pour voir que nous aurions tout intérêt à invoquer nous-mêmes cette clause de force majeure pour mettre fin aux achats d'Hydro-Québec. En effet, il y a force majeure. On a affaire à une compagnie gras dure qui profite de privilèges indus et d'une crise économique mondiale pour améliorer sa situation. La force majeure, c'est les 780 travailleur(se)s qui sont privés de leur revenu avec tout l'impact que ça signifie pour les familles et les gens de la région. Dans les conditions actuelles, ce conflit peut durer très longtemps et provoquer des dommages sociaux énormes. Cessons d'avoir peur et agissons.
    Germain Dallaire
    abonné
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  • M. Paparadis - Inscrit
    2 mars 2012 00 h 30
    RTA jouit d'un avantage énergitique de 550 millions
    RTA produit sa propre électricité, ce qui lui confère un avantage énergétique de 550 millions de dollars sur ces compétiteurs qui sont au tarif "L". Cela représente sa masse salariale de 4500 employé de payé au complet au Québec avant de produire un gramme d'aluminium. Facile de faire de l'argent avec ce genre d'avantage que leur payent les Québécois. Avec l'entente secrète entre RTA et notre bon gouvernement, RTA peut vendre sont électricité et ne perdre presque pas d'argent,, C'est outrageant.. M. Jacques se vente sur toutes les tribunes du Québec qu'il a prit la meilleure décision de sa vie. Grrrr.. N'importe quel imbécile aurait prit cette décision avec la possibilité de vendre son énergie et ainsi financer ses pertes de production.. Pis vous pensez passé pour un génie le s.........
    Savez-vous, nous les Lock outés employés de RTA, aurions du négocier une entente secrète avec notre gouvernement afin de recevoir notre salaire durant le conflit puisque ce sont tous les Québecois qui le paient notre salaire en temps normal pareil. Notre bon gouvernement lèche botte, se fait complice de l'employeur en ne retirant pas le droit à RTA de vendre leur électricité. Ce conflit va se régler quand tous les parties vont souffrir. Présentement, les travailleurs Lockoutés souffrent et leurs familles, les commerçants et toute une région.. Seul RTA, ne souffre pas.. Ils rient de nous autre. D'ailleurs, je crois fermement que nous aurons une cause de poursuite envers cet employeur sans scrupule et cela se concrétise encore plus solidement avec ces ententes dévoilés. Quel était son intérêt à négocier de bonne foi? Le Québec tout entier doit réagir, et tous les Québécois doivent dirent à ce gouvernement que c'est assé d'être à genoux devant ces compagnie. La vente d'électricité doit cessé ou sinon reprenons leur leurs barrages comme à Papier Résolu. Au tarif "L", l'aluminerie d'Alma fait un bénéfice net de plus de 400 milli
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