dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 18h19
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Lettres - Hockey: un peuple soumis et heureux de l'être!

Pierre Desjardins - Montréal, le 18 février 2012  24 février 2012  Actualités en société
Les Québécois n'hésitent jamais à encourager leur club de hockey en criant à pleins poumons «Go, Habs, go!», et cela, sans même s'interroger sur le sens péjoratif qu'avait naguère cette expression pour désigner la nation canadienne-française. Il n'y a pas si longtemps, l'abréviation Habs servait en effet à dénigrer l'état socioéconomique de nos ancêtres, soit celui de l'habitant canadien-français qui, dans l'esprit des Canadiens anglais établis en ville, restait un colon rustre, pauvre et peu instruit, mais qui, habitué aux durs travaux de la ferme, était très fort et savait bien se servir de ses bras, mais, malheureusement, peu de sa tête...

Qu'une insulte à un peuple soit devenue le leitmotiv pour encourager son équipe de hockey est pour le moins révélateur: cela va dans le sens de ce qui est arrivé à Maurice Richard ou à de nombreux autres joueurs d'ici qui ont eu à sacrifier leur fierté et leur langue pour accéder à la NHL.

Et ce qui arrive présentement avec la nomination d'un entraîneur anglophone unilingue à la tête des Canadiens est du même ordre. Quand on accepte de hurler sa propre infériorité intellectuelle pour encourager son équipe, il y a quelque chose qui cloche. Gros bras, petite tête: est-ce là ce qui nous décrit encore aujourd'hui? Bons pour les travaux en usine ou sur les chantiers, mais sûrement pas bon pour les diriger!

Alors, pourquoi se scandaliser de la nomination d'un unilingue anglophone à la direction de notre équipe de hockey? Un bon boss, aurait dit Yvon Deschamps, n'est-ce pas ce qu'il y a de mieux? Qui d'entre nous oserait exiger autre chose? La langue de travail de plusieurs Québécois n'est-elle pas déjà l'anglais et les partisans ne se font-ils pas une gloire de «switcher» en anglais dès qu'ils en ont l'occasion?

Cette langue est la langue de ce que l'on veut, mais que l'on n'a jamais eue comme peuple: l'argent et la victoire! Quand on se sent «loser», l'important n'est-il pas alors de gagner, que ce soit en chinois ou en russe, peu importe? Pourquoi ne pas remplacer le slogan Je me souviens sur nos plaques d'immatriculation par le Go, Habs, go! beaucoup plus conforme à ce que nous sommes comme peuple: des colons hébétés déménagés en ville? Le jour où nous descendrons dans la rue et boycotterons les matchs de hockey au Centre Bell, on saura que quelque chose a changé! D'ici là, bon match!

***

Pierre Desjardins - Montréal, le 18 février 2012
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Anfre Beaulieu - Inscrit
    24 février 2012 06 h 53
    Tellement
    Les québécois montrent leur vraie image de colonisé devant le hockey.Toute autre considération devient non avenue comme la religion en autre temps,Le hockey remplace la religion,triste a mourir.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • egodin - Inscrit
    24 février 2012 07 h 44
    grossière généralisation
    Les québécois par ci, le peuple par là.

    Cela ne vous a jamais éffleuré qu'il existe des tas de québecois qui ne s'intéressent pas, (dans le sens pas le moins du monde) aux tribulations du hockey.

    Si vous pensez être soumis en tant que peuple en lien avec le hockey, je n'ai pas de problèmes avec cela, mais svp nuancez ou évitez de mettre tout le monde dans la même barque, merci.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Victor Beauchesne - Abonné
    24 février 2012 08 h 17
    si Habs est péjoratif, que dire de Canucks ?
    Les nombreux Canadiens Français qui émigrèrent en Nouvelle Angleterre à la fin du 19 ième siècle furent appelés des Canucks, tout comme les immigrants polonais des Pollocks, italiens des Wops etc. le tout avec le plus grand mépris. Pourtant ça n'a pas empêché les Vancouverois de nommer leur équipe ainsi sans pour autant se faire accuser de souffrir d'un complexe quelconque.

    Ici au Québec, dès la moindre excuse pour s'autodénigrer , il se trouve toujours quelqu'un pour ajouter au mythe de pauvre peuple martyr. Triste.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Yves Côté - Abonné
    24 février 2012 10 h 37
    Sport d'élite et langue française...
    Le seul sport que je connaisse où des anglophones acceptent de parler français sans prétendre qu'ils s'en casse la mâchoire, c'est le rugby. C'est aussi le seul sport où, bien que la langue anglaise soit l'officielle, le français y prend une place non-négligeable dans l'arbitrage comme dans l'encadrement.
    Avec notre langue, il n'y a ni le genre d'hypocrisie politique feutrée comme on trouve lors des Jeux Olympiques, ni de ces exclusions linguistiques qui se pratiquent sans trop de gêne en Amérique du Nord.
    Est-ce dû au niveau d'humilité nécessaire pour exceller en rugby ? Est-ce à cause du niveau de scolarité général élevé dans ce sport ? Est-ce plutôt parce que la France et plusieurs de ses équipes y prennent une place enviable à l'échelle européenne et au niveau mondial ?
    Si je ne peux pas en trancher, en tant que Toulousain d'adoption et ex-éducateur physique québécois, il me plait de croire que c'est l'ensemble de ces réponses qui se propose comme vrai...
    A l'opposé il me semble d'un hockey que j'ai pourtant longtemps aimé, avec des Canadiens de Montréal auxquels, jeune, je pouvais m'identifier, le rugby est bel et bien, tel qu'on le dit souvent en Europe, un sport de voyous pratiqué par des gentlemen.
    Ce en quoi il se mérite un tel attachement personnel de ma part que j'en suis de plus en plus à souhaiter que les parents et les jeunes du Québec se tournent vers lui, autant à cause de son cadre formateur de saines valeurs de dépassement de soi que de recherche de condition physique parfaite.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Johanne Lavallée Bernard Dupuis - Abonné
    24 février 2012 10 h 40
    Un boycottage? Pourquoi pas?
    Le hockey est bien le sport «national» des Québéois. Comme beaucoup d'amateurs, je me suis adonné à ce sport pendant de nombreuses années, aussi longtemps que j'en ai été capable. Car nous en retirions beaucoup de plaisir et de bien-être. De plus, j'ai eu la chance de connaître «l'âge d'or» de ce sport chez les professionnels (les années 50-60). C'était l'époque où les «artistes» étaient reconnus par la foule bien plus que les «goons». Car, il faut bien admettre qu'il y en avait aussi quelques-uns. Toutefois, c'était plutôt l'exception.

    Je crois que les Québécois ne font pas toujours la différence entre le hockey comme sport en soi et le hockey comme entreprise commerciale. À Montréal, l'histoire de l'équipe du Canadien est indissociable de l'histoire du hockey comme sport. Maurice Richard, son frère Henry, Jean Béliveau, Jacques Plante, Guy Lafleur, furent de joueurs extraordinaires, mais accaparés par une entreprise commerciale contrôlée par Canadiens anglais souvent farouchement antifrancophones. Pourtant, les Québécois sont toujours restés, malgré tout, fidèles à leur sport et à leur équipe mythique. Ce faisant, ils n'étaient pas toujours conscients qu'ils soutenaient une entreprise commerciale qui exploitait aussi bien les joueurs que les partisans.

    Je suis favorable au boycottage des matchs du Canadien au Centre Bell. Je sais que certains Québécois comme moi (trop peu nombreux encore) boycottons déjà la bière Molson. Par ce geste, nous faisons une première distinction entre l'exploitation commerciale et le sport. Je crois qu'il faudrait que les Québécois passent à un autre stade qui serait de boycotter non pas le hockey comme sport, mais le hockey comme entreprise mercantile et aliénante.

    Effectivement, si nous réussissions ce boycottage, ce serait une très grande victoire sur notre aliénation nationale.

    Bernard Dupuis, Berthierville
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Solange Bolduc Solange Bolduc - Abonné
    24 février 2012 11 h 13
    Un comportement qui devrait faire réfléchir les plus fervents indépendantistes
    "Cette langue est la langue de ce que l'on veut, mais que l'on n'a jamais eue comme peuple: l'argent et la victoire! "

    Quand on aspire à une certaine lucidité et que l'on souhaite l'indépendance du Québec, il faut être capable de se regarder dans le miroir : se voir tel que l'on est. C'est la seule façon d'améliorer son sort. Pour les stratèges du PQ. cela ne leur ferait pas de tort de se reconnaître mi-colonisés, mi-évolués. Des commentaires que je lis, parfois, il transpire, hélas, du gros colonisé!

    Que l'on soit intellectuel ou pas, il y a en chacun des Québécois un peu plus, un peu moins de ce que nous sommes et qu'expose avec acuité Pierre Desjardins. Le nier, c'est se nier soi-même!

    Avis donc à ceux qui préfèrent l'aveuglement à la perspicacité d'un certain savoir sur nous-mêmes, que cela plaise ou non! L'argent et la victoire, victoire sur nous-mêmes (nos propres tares) et sur les autres (cesser d'être soumis et agir) n'ont jamais été considérés en très haute estime par notre peuple parce que justement nous nous soumettons trop facilement aux diktats de ceux que l'on croit plus puissant que nous.

    Et l'image pour contrebalancer cet esprit , c'est le surnom donné à Pauline Marois : Dame de Béton ou d'Acier, au lieu de voir qui exactement elle est cette personne et jusqu'où elle peut vraiment aller pour affirmer notre indépendance comme peuple. On est tellement complexé par rapport au pouvoir, que l'on a fini par s'aveugler devant la cheffe au lieu de continuer à se mettre des lunettes si avec nos propres yeux on ne peut voir assez clair.

    On ignore notre volonté de puissance, individuelle ou collective. Aucun maître chez nous, à part ailleurs l'influence monétaire ou culturelle américaine, pour enseigner au peuple une route plus lumineuse.

    Nos valeurs, celles véhiculées par un nombre trop restreint d'individus, ne changent rien à la soumission aliénante des Québécois.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • sawyergordon - Inscrit
    24 février 2012 16 h 57
    FAUX DÉBAT
    Ainsi donc, vous qualifiez de peuple soumis une collectivité qui ne réagit pour ainsi dire nullement à la nomination d'un entraineur unilingue anglais ?

    D'accord. Mais de quelle façon qualifiez-vous un peuple qui a dit non à 2 reprises à l'indépendance ? Qui a cavalièrement écarté Gilles Duceppe, l'un de ses plus fier représentant au Canada, au profit d'un autre ''bloke'', décédé depuis par dessus le marché ? De peuple courageux, et fier de l'être, peut-être ? Mais cela, mieux vaut ne pas le rappeler, n'est-ce pas ?

    Allons donc. Cessez de gaspiller votre énergie avec une simple équipe de hockey - puisque c'est exactement ce dont il s'agit - et occupez-vous donc des ''vraies affaires''. Le leg ''politique'' du Rocket, premier véritable libérateur de notre peuple, dans les faits, ne s'en portera que mieux.

    Gordon Sawyer
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Nelson - Inscrit
    24 février 2012 16 h 59
    Traduction negative d'un mot positive. Habs = racines profondes du peuple québécois.

    Le peuple québécois à déjà survie en se réfugiant EN CAMPAGNE et dans l'église catholique pour préserver la langue et la culture, après la défaite et perte de la Nouvelle France.

    Entente historique entre le vainqueur anglais et le vaincu franco-québécois, la politique et l'économie pour le premier, (des choses du monde des hommes sur Terre), et la préservation du ''spirituel'' et des choses du ''ciel'' pour le vaincu....et cultiver la Terre pour survivre, tout en gardant valeurs, langue et culture.

    Grâce à ça le peuple québécois garde son identité. valeurs, langue et culture depuis 400 ans, et malgré d'être juste 2% de la population d'une Amérique du Nord anglaise.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
8 réactions
4 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012