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    La caravane du bonheur

    La Traversée de la Gaspésie en ski de fond, une aventure culturelle et humaine autant que sportive

    21 février 2012 |Anne Pelouas - Le Monde | Actualités en société
    La Traversée de la Gaspésie a pris son envol dimanche avec plus de 200 participants.<br />
    Photo: Source: Grande Traversée de la Gaspésie La Traversée de la Gaspésie a pris son envol dimanche avec plus de 200 participants.
    Pour suivre la TDLG en textes et photos sur Internet: tdlg.qc.ca
    La Traversée de la Gaspésie en ski de fond a pris son envol dimanche avec 220 participants et après deux journées dans les montagnes du parc national de la Gaspésie (où la neige fraîche a cédé la place au soleil resplendissant), la recette de son succès ne se dément pas: une bonne dose de glisse pour les fondeurs de tout calibre et une autre de partages en tout genre, du réveil au coucher, entre individus connus ou non, venus des quatre coins du Québec, voire de Norvège ou de France.

    En plus, une dose de culture pour lier l'ensemble, avec des musiciens hors pair qui se déplacent en motoneige vers les refuges du midi, des conférences en soirée et la promesse pour les prochains jours de pénétrer vraiment dans la culture gaspésienne en partant à la rencontre de la population.

    Sortie du parc de la Gaspésie, la «TDLG» se transporte en effet, aujourd'hui et demain, dans la région de Percé, puis jeudi et vendredi dans celle de Gaspé avec un grand bal blanc vendredi soir pour clore la dixième édition de cet événement hors du commun dans la cathédrale de Gaspé.

    Gaspésienne, Claudine Roy n'est pas peu fière de porter le flambeau de cette caravane insolite et rassembleuse. Elle et son complice des débuts, l'aventurier français Thierry Pétry devenu gaspésien d'adoption, forment avec Hélène Francoeur, chargée de projet, un trio de choc pour faire «rouler la machine» de la TDLG, aidés par une armée de bénévoles.

    «En 2003, se souvient Claudine Roy, nous voulions faire connaître la Gaspésie en hiver, montrer aux gens comme notre région est belle et ses habitants, chaleureux.» Le résultat a dépassé leurs espérances: la TDLG affiche complet plusieurs mois d'avance et elle n'a aucun mal à recruter des dizaines de bénévoles sur son passage...

    «Ce qui fait notre force, ajoute la présidente, c'est cette communion humaine à laquelle nous convions skieurs, invités, bénévoles, population, le ski n'étant qu'un prétexte au partage!» L'événement annuel semble en tout cas créer la dépendance, car plus du tiers des participants sont des «récidivistes», note pour sa part Hélène Francoeur. Sur les pistes, ils sont nombreux à vivre même leur troisième, sixième, voire dixième participation.

    Premières «dépendantes affectives» de la Traversée: les deux porte-parole de l'événement que sont les comédiennes Isabel Richer et Sophie Faucher. Elles ne ratent pas cette semaine gaspésienne. «Je suis une fille de la ville, dit la première. La Traversée me fait aimer l'hiver.» Sophie Faucher est tout aussi catégorique: «J'ai besoin de cet air-là et de cette amitié-là», disait-elle samedi, debout, dehors, avec le mont Albert et le Gîte du mont Albert pour décor, en accueillant les skieurs venus de Montréal et de Québec en autobus.

    Côté sportif, la TDLG est l'occasion pour les skieurs de fond de parcourir en six jours quelque 250 kilomètres sur les plus belles pistes de la Gaspésie, mais chacun y va à son rythme, sans obligation de résultat ni esprit compétitif! Ambiance et convivialité, davantage que défi sportif, sont les maîtres mots de cette drôle de caravane gaspésienne.

    Elle s'ébranle tôt le matin, avec un solide petit-déjeuner vers 6h30. Une heure plus tard, Claudine Roy et Thierry Pétry présentent le parcours et donnent les consignes de la journée, par exemple sur la sécurité en ce qui a trait aux avalanches, hier matin.

    On chausse les skis vers 8h, avec départ en fanfare... L'artiste Sylvie Gallant joue de l'accordéon en plein air avec sa voix entraînante à chaque départ et chaque arrivée de piste. La musique résonnera encore aux oreilles à l'heure du midi, quand on pénétrera pour luncher dans le refuge surchauffé par la présence humaine.

    Rendez-vous quotidien est aussi pris là avec un quatuor de choc: Lou Babin a sorti son accordéon, Luc Proulx sa guitare, Marie-Soleil Bélanger son violon et Nemo Venba son banjo pour jouer et chanter avec entrain dans un coin du refuge. Et il y a toujours quelques skieurs ayant encore la force de danser, de taper du pied ou de rythmer la musique sur un sac à lunch en papier, comme le jeune fils de l'astronaute Julie Payette: huit ans et des paillettes dans les yeux!

    Clovis Roy-Bernier, 16 ans, fait du coup figure de vétéran. Fils de Claudine Roy, Clovis est un mordu de la TDLG. Il n'en a pas raté une. «J'ai commencé à six ans, mais je fais les kilométrages de ski au complet chaque jour depuis l'âge de 11 ans», dit-il fièrement. On mesure le défi, avec 25 à 55 kilomètres proposés chaque jour! «Ce qui me passionne, ajoute-t-il, c'est de revoir du monde des années précédentes, et c'est tellement rare de pouvoir faire autant de ski sur des parcours qu'on ne connaît pas.»

    Dans la caravane skieuse, comme à l'heure de l'apéro, du souper ou de la soirée en musique, la simplicité est de mise: on se dit bonjour, on se présente, on s'appelle par son prénom, qu'on soit connu ou non...

    La TDLG a en effet ses personnalités vedettes, des habitués qui aiment le ski de fond ou tout simplement son ambiance: cette année, Julie Payette, le commandant Robert Piché, l'ex-hockeyeur Joé Juneau, la photographe Linda Rutenberg et le journaliste-aventurier Pierre Bouchard ont notamment répondu présent à l'appel de la caravane.

    Ils en profitent pour donner des conférences aux skieurs le soir, et le jour dans des écoles ou des salles de villages gaspésiens. Pas sûr que Delphin, rencontré à sa descente du mont Albert hier après-midi, ait pu y assister... Le jeune Congolais, qui étudie en Gaspésie, exultait littéralement: «Contrairement à l'an passé, j'ai réussi avec quelques autres à grimper au sommet de cette montagne, sur les plateaux enneigés, après une montée incroyable dans un vent glacial, mais que c'était magnifique!»

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