Contre les centres «anti-choix» qui n'affichent pas leur orientation
Les organismes oeuvrant à la défense du droit à l'avortement réclament l'établissement d'un «label» clair
Photo : Agence Reuters Chris Wattie
Manifestation pro-vie sur la colline parlementaire à Ottawa en juillet dernier.
Inquiets de la prolifération de centres «anti-choix», qui diffusent des informations contre l'avortement sous un couvert de neutralité, différents organismes œuvrant à la défense du droit à l'avortement souhaitent l'établissement d'un «label» qui permettrait d'identifier clairement les centres qui ne font pas partie de cette mouvance.
Il y aurait en effet 27 centres «anti-choix» au Québec, selon l'Association canadienne pour la liberté de choix (ACLC), qui a répertorié par ailleurs 170 de ces centres à travers le pays. Il y en aurait, selon l'ACLC, six à Montréal et quatre à Québec. Or, non seulement ces centres n'affichent pas toujours leurs orientations, mais certains prétendent parfois, sur leur site Internet, défendre les trois choix possibles pour les femmes enceintes vivant une crise selon la directrice générale de l'ACLC, Agathe Gramet-Kedzior. Ces choix sont l'avortement, le don de l'enfant en adoption à la naissance, ou la poursuite de la grossesse. Pourtant, selon Mme Gramet-Kedzior, plusieurs ne donnent aucune indication à leurs clientes quant à l'accès à l'avortement.
En fait, lorsqu'ils répondent aux questions des femmes qui s'adressent à eux, ces centres diffusent un message antiavortement, accompagné d'informations souvent erronées sur l'avortement. On soutiendra par exemple que l'avortement peut causer le cancer du sein. Ou qu'une femme qui s'est fait avorter une première fois ne peut plus porter d'enfants par la suite. À la Fédération du Québec pour le planning des naissances, on rapporte même le témoignage d'une femme à qui on aurait dit, pour retarder sa décision d'avorter, que les jeunes femmes étaient très à risque de fausses couches.
Au Québec, deux femmes ayant fait l'expérience de ces centres, la journaliste de feu Rue Frontenac Gabrielle Duchaine et l'étudiante sage-femme Marie-Josée Lewis, ont partagé leur expérience avec la Fédération du Québec en planning des naissances. Marie-Josée Lewis s'était retrouvée «par accident», et à son insu, à faire un stage dans un centre anti-choix. Les deux femmes ont rapporté à la FQPN que les intervenantes de ces centres ne disaient jamais clairement qu'elles sont contre l'avortement. Elles peuvent recourir à des techniques dissuasives comme montrer un foetus du premier trimestre plus large et plus développé qu'il ne l'est dans la réalité, ou encore raconter qu'on fait du rouge à lèvres avec les foetus avortés.
Les femmes qui s'adressaient à ces centres étaient, selon Mmes Duchaine et Lewis, référées soit par des églises, par des infirmières au CLSC ou même par Info-Santé. Selon Anne-Marie Messier, du Centre de santé des femmes de Montréal, l'hôpital Sainte-Justine a effacé récemment de son site Internet un lien qui menait au site d'une telle clinique.
Tout indique que plusieurs de ces centres sont soutenus par des réseaux chrétiens, souvent évangélistes et protestants. Or, un réseau qui les soutient a également changé de nom de façon à masquer cette allégeance. Ainsi, ce réseau, le CAPSS, se désigne aujourd'hui comme étant la Canadian Association for Pregancy Support Services, alors qu'elle s'intitulait autrefois la Christian Association for Pregnancy Support Services, explique Agathe Gramet-Kedzior. Pour adhérer à ce réseau, les organismes doivent signer une déclaration stipulant qu'ils croient à la sainteté de la vie dès les premiers moments de l'existence du foetus, dit-elle.
«On sait que ces organismes sont enregistrés à Revenu Canada comme étant des organismes de charité, ajoute Agathe Gramet-Kedzior. Mais ils ne produisent pas de rapports annuels.»
Pour faire la lumière sur le financement et le fonctionnement de ces centres, la Fédération du Québec en planning des naissances a entrepris une recherche, en collaboration avec l'École de travail social de l'UQAM, et avec l'ACLC.
Il n'y a pas d'ailleurs que la prolifération des centres anti-choix qui inquiète les groupes pro-choix. La création à la Chambre des communes d'Ottawa d'un comité qui réfléchira sur le statut du foetus, à la demande du député conservateur Stephen Woodworth, pourrait remettre en question jusqu'à la contraception, selon Anne-Marie Messier. Le stérilet, par exemple, empêche la nidification d'un ovule fécondé, alors que la pilule du lendemain évacue elle aussi un ovule déjà fécondé.
Reste que le Parlement québécois a réitéré unanimement son soutien au droit des femmes d'interrompre leur grossesse en mai 2010. Ce n'est donc pas sur ce terrain que les pro-choix se sentent menacés.
«À l'Île-du-Prince-Édouard, l'avortement demeure proscrit», dit Anne-Marie Messier.
Il y aurait en effet 27 centres «anti-choix» au Québec, selon l'Association canadienne pour la liberté de choix (ACLC), qui a répertorié par ailleurs 170 de ces centres à travers le pays. Il y en aurait, selon l'ACLC, six à Montréal et quatre à Québec. Or, non seulement ces centres n'affichent pas toujours leurs orientations, mais certains prétendent parfois, sur leur site Internet, défendre les trois choix possibles pour les femmes enceintes vivant une crise selon la directrice générale de l'ACLC, Agathe Gramet-Kedzior. Ces choix sont l'avortement, le don de l'enfant en adoption à la naissance, ou la poursuite de la grossesse. Pourtant, selon Mme Gramet-Kedzior, plusieurs ne donnent aucune indication à leurs clientes quant à l'accès à l'avortement.
En fait, lorsqu'ils répondent aux questions des femmes qui s'adressent à eux, ces centres diffusent un message antiavortement, accompagné d'informations souvent erronées sur l'avortement. On soutiendra par exemple que l'avortement peut causer le cancer du sein. Ou qu'une femme qui s'est fait avorter une première fois ne peut plus porter d'enfants par la suite. À la Fédération du Québec pour le planning des naissances, on rapporte même le témoignage d'une femme à qui on aurait dit, pour retarder sa décision d'avorter, que les jeunes femmes étaient très à risque de fausses couches.
Au Québec, deux femmes ayant fait l'expérience de ces centres, la journaliste de feu Rue Frontenac Gabrielle Duchaine et l'étudiante sage-femme Marie-Josée Lewis, ont partagé leur expérience avec la Fédération du Québec en planning des naissances. Marie-Josée Lewis s'était retrouvée «par accident», et à son insu, à faire un stage dans un centre anti-choix. Les deux femmes ont rapporté à la FQPN que les intervenantes de ces centres ne disaient jamais clairement qu'elles sont contre l'avortement. Elles peuvent recourir à des techniques dissuasives comme montrer un foetus du premier trimestre plus large et plus développé qu'il ne l'est dans la réalité, ou encore raconter qu'on fait du rouge à lèvres avec les foetus avortés.
Les femmes qui s'adressaient à ces centres étaient, selon Mmes Duchaine et Lewis, référées soit par des églises, par des infirmières au CLSC ou même par Info-Santé. Selon Anne-Marie Messier, du Centre de santé des femmes de Montréal, l'hôpital Sainte-Justine a effacé récemment de son site Internet un lien qui menait au site d'une telle clinique.
Tout indique que plusieurs de ces centres sont soutenus par des réseaux chrétiens, souvent évangélistes et protestants. Or, un réseau qui les soutient a également changé de nom de façon à masquer cette allégeance. Ainsi, ce réseau, le CAPSS, se désigne aujourd'hui comme étant la Canadian Association for Pregancy Support Services, alors qu'elle s'intitulait autrefois la Christian Association for Pregnancy Support Services, explique Agathe Gramet-Kedzior. Pour adhérer à ce réseau, les organismes doivent signer une déclaration stipulant qu'ils croient à la sainteté de la vie dès les premiers moments de l'existence du foetus, dit-elle.
«On sait que ces organismes sont enregistrés à Revenu Canada comme étant des organismes de charité, ajoute Agathe Gramet-Kedzior. Mais ils ne produisent pas de rapports annuels.»
Pour faire la lumière sur le financement et le fonctionnement de ces centres, la Fédération du Québec en planning des naissances a entrepris une recherche, en collaboration avec l'École de travail social de l'UQAM, et avec l'ACLC.
Il n'y a pas d'ailleurs que la prolifération des centres anti-choix qui inquiète les groupes pro-choix. La création à la Chambre des communes d'Ottawa d'un comité qui réfléchira sur le statut du foetus, à la demande du député conservateur Stephen Woodworth, pourrait remettre en question jusqu'à la contraception, selon Anne-Marie Messier. Le stérilet, par exemple, empêche la nidification d'un ovule fécondé, alors que la pilule du lendemain évacue elle aussi un ovule déjà fécondé.
Reste que le Parlement québécois a réitéré unanimement son soutien au droit des femmes d'interrompre leur grossesse en mai 2010. Ce n'est donc pas sur ce terrain que les pro-choix se sentent menacés.
«À l'Île-du-Prince-Édouard, l'avortement demeure proscrit», dit Anne-Marie Messier.
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