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    Moreau sonne le glas de l'AMT

    «Ce qu'on veut, c'est un organisme qui a une vision globale de la mobilité», dit le ministre des Transports

    Devant les élus de la région métropolitaine et les gens de l'industrie, Pierre Moreau a réitéré la nécessité de revoir la gouvernance du transport.
    Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Devant les élus de la région métropolitaine et les gens de l'industrie, Pierre Moreau a réitéré la nécessité de revoir la gouvernance du transport.
    Comme bien des infrastructures, l'Agence métropolitaine de transport (AMT) semble avoir atteint sa durée de vie utile. C'est du moins ce que le ministre des Transports, Pierre Moreau, laisse entendre en souhaitant la disparition de l'AMT dans sa forme actuelle afin d'avoir une organisation dont le mandat de planification et de coordination ne sera désormais plus limité au seul transport collectif.

    «Le modèle de l'AMT a été correct lorsque l'agence a été créée. Mais aujourd'hui, c'est un modèle qui a vieilli. Elle a offert aux usagers de bons services dans le passé, mais je pense que nous sommes rendus à une autre étape», a affirmé hier le ministre Moreau en marge d'une allocution qu'il prononçait à l'invitation de Transport 2000.

    Devant les élus de la région métropolitaine et les gens de l'industrie, Pierre Moreau a réitéré la nécessité de revoir la gouvernance du transport, et cela se fera le plus vite possible. D'ici quelques semaines, le ministre rendra publique la nouvelle politique de mobilité qui fera l'objet d'une vaste consultation.

    À cet égard, M. Moreau, conscient des tiraillements et des guerres politiques qui règnent, a également lancé un appel à la collaboration de tous qui sonnait comme un avertissement. «La nouvelle politique devra faire fi des chasses gardées et des intérêts locaux afin de ne privilégier qu'une seule approche basée sur la simplification des déplacements pour les usagers du transport collectif et sur la définition d'un réseau routier métropolitain. [...] Ceux qui viendront mettre des obstacles à ce que sont les objectifs poursuivis devront s'expliquer», a-t-il prévenu, ajoutant au passage qu'il est «optimiste», mais qu'il a «la tête dure».

    La politique de mobilité remplacera la politique québécoise du transport collectif lancée en 2006 et dont l'application s'est terminée en décembre dernier. Cette fois, le ministre des Transports souhaite élargir la portée de cette politique à tous les modes de transports, afin de coordonner l'ensemble des chantiers et ainsi de s'attaquer au problème de la congestion dans la région montréalaise. La fluidité de la circulation des biens et des personnes est un élément important du développement économique, a plaidé Pierre Moreau.

    Ce dernier n'a pas précisé pour l'instant si l'AMT disparaîtrait tout simplement ou si cette entité gouvernementale serait transformée. L'AMT n'a d'ailleurs pas eu voix au chapitre.

    Chose certaine, le mandat, le fonctionnement, la composition et le financement de l'AMT ne correspondent pas aux attentes du ministre des Transports. «Ce qu'on veut, c'est un organisme qui a une vision globale de la mobilité. [...] Si je veux que ça fonctionne et que ça circule, il faudrait que j'aie un point de vue unique afin de savoir où mes interventions seraient mieux ciblées», a-t-il expliqué aux journalistes.

    Ainsi, le ministre Moreau souhaite que la planification et la coordination des transports soient séparées des opérations comme la gestion des trains de banlieue, dont la responsabilité relève actuellement de l'AMT. Les sociétés de transport de la région pourraient être appelées à jouer ce rôle, a donné en exemple M. Moreau.

    Pour le ministre, le maître mot des prochains mois est «simplification», ce qui s'applique aux structures, mais également à d'autres éléments, dont la multiplication des titres de transport dans la région. On en compte 19 à l'heure actuelle.

    «On parle d'une révision en profondeur, oui. Il y aura une période de transition, mais on ne veut pas que ce soit trop long non plus», a promis celui qui soutient mettre les usagers au centre de ses priorités. «Il faut rendre intéressant le transport en commun», a insisté Pierre Moreau.

    La question du financement

    Outre la gouvernance, l'épineuse question du financement fera également l'objet d'un débat. La capacité de payer des contribuables étant devenue de plus en plus restreinte lorsqu'on écoute le ministre Moreau, toutes les pistes de réflexion seront analysées. S'agira-t-il d'alliances commerciales, de partenariat public-privé, d'impartition, de mode conception-construction ou de péage? Le ministre ne se prononce pas pour l'instant. Il souligne par ailleurs qu'une marge de manoeuvre sera dégagée au sein même du ministère des Transports lorsque les travaux routiers qui atteignent 3,9 milliards pour l'année en cours seront terminés. «Est-ce que cette marge de manoeuvre ne devrait pas aller au transport collectif? On parle de milliards de dollars qui viendraient donner de l'oxygène au système. C'est une des pistes de réflexion que nous avons», a indiqué M. Moreau. Quant à d'autres sources de revenus, des discussions sont en cours avec le ministre des Finances, Raymond Bachand, qui présentera son budget dans les prochains mois.

    Si Pierre Moreau est certain d'avoir l'appui de tous ceux qui grouillent dans le milieu du transport à Montréal pour modifier la gouvernance en général, et l'AMT en particulier, il sait également que chacun a sa solution bien en poche.

    La chef de l'opposition officielle à l'Hôtel de Ville montréalais, Louise Harel, propose de créer une nouvelle entité qu'elle appelle la Société de transport du Montréal métropolitain qui aurait le double mandat de planification et d'exploitation du transport collectif.

    La Chambre de commerce du Montréal métropolitain suggère de confier l'exploitation des trains de banlieue à la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), qui aurait également la responsabilité de la tarification ainsi que de la fréquence du service.

    De son côté, la CMM, présidée par le maire Gérald Tremblay, cherchait jusque-là à mettre la main sur l'AMT. Aujourd'hui, il est plutôt question d'augmenter le nombre d'élus siégeant au conseil d'administration de l'organisme.

    Chez Transport 2000, on estime qu'il y a beaucoup trop de chefs qui prennent des décisions qui devraient relever seulement du gouvernement.












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