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Lettres - La goutte de vin qui fait déborder la bouteille

Céline Bianchi - Le 7 février 2012  10 février 2012  Actualités en société
J'ai un faible pour le vin rouge. Je ne peux m'imaginer devoir m'en passer lors de la dégustation d'un bon fromage, ou pendant un souper animé entre amis. Et lorsque j'ai appris la nouvelle de la fermeture prochaine de ma SAQ, j'ai ressenti comme un grand besoin de m'en déboucher une...

Notre SAQ était un commerce parfaitement rentable, bénéficiant d'un chiffre d'affaires qui frôlait les 2 millions par année. Cela n'a pas empêché ses administrateurs de la rayer de la carte, «rationalisation» oblige. Évidemment, ils savent très bien que nous finirons par nous rendre dans une autre succursale — fâchés ou non, peu leur importe — dépenser nos 2 millions l'an prochain.

Et tant pis si sa simple existence à Pointe-Saint-Charles servait à démontrer qu'un commerce viable peut exister dans la rue Centre — cette artère que l'on prétend vouloir revitaliser et qui est loin d'être le reflet d'une ville vivante, dynamique et visionnaire. Sous peu, la seule vision à laquelle nous aurons droit à la sortie du métro Charlevoix sera celle d'un énième trou béant.

La SAQ devrait se démarquer des entreprises privées en démontrant qu'elle est le moindrement soucieuse de la population qu'elle dessert. Les profits annuels de ma succursale devraient suffire pour justifier le maintien de ce service de proximité, convivial et personnalisé. N'importe quel autre commerce se satisferait de son chiffre d'affaires, sachant qu'un autre lui ravirait ses profits s'il décidait de fermer ses portes. Mais la SAQ sait très bien qu'aucun autre vendeur de vin ne viendra jamais s'installer à sa place, pour les raisons que l'on sait.

Pour ma part, j'essaie de voir comment faire pour me sevrer de la SAQ. Mes options se résument à boire de la bière (bof), me rabattre sur la piquette du dépanneur (non merci), acheter du raisin et m'improviser vigneronne (je crains déjà le résultat), ou encore l'abstinence totale (sans commentaires). Peut-être mon «conseiller en vins» pourra-t-il m'aider à me décider...

***

Céline Bianchi - Le 7 février 2012
 
 
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    10 février 2012 08 h 54
    Raison d'être
    La raison d'être de la SAQ est de nous faire les poches, jusqu'à plus soif. Elle concentre ses activités dorénavant pour rendre la visite plus agréable, afin de vous faire tâter d'un vin plus cher. C'est ce qu'on appelle au Québec la mobilité sociale.
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  • Françoise Breault - Abonnée
    10 février 2012 16 h 07
    Une façon de préparer la table à la privatisation
    Le privé tout le monde le sait, c'est de générer le plus de profits possible. Même si ce commerce était rentable, il faut mettre l'accent sur les plus rentables encore. Ainsi le privé sera encore plus heureux de s'en emparer..
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