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Lettres - 5-6-7-8-9 enfants en même temps

Élyse Brais - Psychothérapeute, auteure, formatrice  10 février 2012  Actualités en société
Je côtoie les services de garde depuis une dizaine d'années à titre de formatrice. C'est une clientèle que je respecte beaucoup. Le personnel éducatif a de gros défis à relever.

Les ratios sont trop élevés, le personnel insuffisant. Ils veulent être reconnus, mieux formés. Ils prennent soin de nos enfants pendant que nous sommes occupés ailleurs. Dans les faits, les éducateurs dans les centres de la petite enfance et en milieu scolaire prennent le relais de la famille. Ce n'est pas rien!

Les éducateurs doivent prendre en considération le stress des tout-petits privés de contact avec leurs parents, le multiethnisme, la négligence, les besoins particuliers. Qu'est-ce que s'occuper d'un enfant? Qu'est-ce que s'occuper de 5-6-7-8-9 enfants en même temps? Comment évaluer le degré de responsabilisation, de vigilance continuelle dont ils doivent faire preuve? À combien évalue-t-on ce rôle dans la charge du fonctionnariat?

Ils ont besoin de plus de ressources. Je propose qu'on leur donne le salaire qu'ils considèrent juste pour eux-mêmes. La qualité de leurs services ne pourra que mieux se porter. L'équilibre d'une société repose sur la santé de sa plus petite cellule. Il y a lieu de prévenir bien des maux en soutenant ce secteur de notre vie sociale.

***

Élyse Brais - Psychothérapeute, auteure, formatrice - Le 8 février 2012
 
 
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  • Paul Gagnon - Inscrit
    10 février 2012 07 h 09
    Et pourquoi pas de l'aide?
    Si je suis bien votre raisonnement, c’est le personnel ‘éducatif’ qu’il faudrait augmenter en priorité, et non les salaires et les vacances.
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  • France Marcotte - Abonnée
    10 février 2012 09 h 06
    Un long passé d'exploitation
    Les éducatrices doivent composer avec un long passé de non reconnaissance de leur rôle, comme longtemps les infirmières et plusieurs tâches traditionnellement effectuées par les femmes.

    Une éducatrice moins bien traitée qu'un plombier, est-ce logique?

    On chipote sur la reconnaissance de l'importance de leur travail et du même souffle on proclame que la vie d'un petit enfant n'a pas de prix.

    Hypocrisie bien sûr et encore maintenant on scrute à la loupe les motivations des femmes.
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  • Solange Bolduc Solange Bolduc - Abonné
    10 février 2012 10 h 29
    Une société déstabilisée
    Dans les Centre de la petite enfance....un personnel éducatif, formé ou mieux formé ne s'improvise pas. Et comme dans la plupart des métiers ou des professions, le salaire va avec la compéétence et l'expérience, ainsi que les semaines de vacances que l'on accorde après tant de mois ou d'années d'exercice.

    Il est vrai que le travail peut être ingrat, et que notre société a besoin de ces personnes pour s'occuper des enfants dont les parents travaillent à l'extérieur. Même si l'on attribue à ces pensonnes en CPE toutes les conditions nécessaires pour que leur travail soit adéquat et profite à toute la société, nécessairement aux parents, on oublie que notre société est en pleine réorganisation sociale et familiale, et que des problèmes criants existent des deux côtés : d'un côté, une formation adéquate des éducatrices (ce qui n'est pas toujours le cas, trop d'improvisation parfois), le nombre nécessaire pour combler le manque de personnel ; de l'autre côté, une situation familiale où les parents stressés par le temps et l'argent n'arrivent même pas a trouver le temps nécessaire pour combler le manque de temps, d'amour à donner aux enfants, ce qui implique patience, compréhension, et surtout du temps, beaucoup detemps.

    Dans les CPE, le salaire réclamé est une chose, mais la compétence et le personnel requis en est une autre. S'ajuster à cette dynamique est loin d'être facilité par les tensions existant entre le domaine éducatif, familial, et celui du travail compressif des parents.
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  • Stephane Levasseur - Inscrit
    10 février 2012 18 h 22
    Un tabou
    Vous dites:
    "Les éducateurs doivent prendre en considération le stress des tout-petits privés de contact avec leurs parents"

    Les éducateurs le constatent, les chercheurs universitaires et le MELS le savent aussi: le rôle du parent est complexe et déterminant pour l'enfant.

    Mais le public n'est pas encore prêt à l'entendre. On croit encore qu'une éducatrice en CPE c'est une gardienne.

    Merci à Madame Brais et à la Fondation Lucie et André Chagnon d'être précurseurs et de rompre le tabou de la compétence parentale.
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