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Lettres - La nouvelle « élite »

Christian Feuillette - Montréal, le 2 février 2012  7 février 2012  Actualités en société
Les multiples commentaires favorables à la triste sortie du sénateur Boisvenu sur le suicide, comme option offerte aux criminels, me consternent, mais ne me surprennent pas. Même si les idées progressistes ont fait beaucoup de chemin au Canada depuis 50 ans, il y a toujours eu un hiatus, sinon un gouffre, entre le discours des gens ordinaires et la vision des élites éclairées qui étaient jusqu'à récemment aux commandes. Par exemple, on compte encore sûrement une majorité de citoyens favorables à la peine de mort, mais celle-ci a tout de même été abolie il y a une quarantaine d'années et il y a, malgré ces pitoyables ratés, peu de probabilités qu'on revienne en arrière sur cette question.

Ce qui est nouveau cependant depuis quelques années, c'est qu'une nouvelle «élite», alignée sur les réactions émotives et les préjugés de l'homme de la rue, dispose maintenant d'une tribune médiatique (principalement à travers les organes de Quebecor) et d'un appareil gouvernemental (au fédéral) qui laisse transparaître de plus en plus son vrai visage réactionnaire. Les progressistes n'ont donc plus seulement à combattre l'ignorance des masses non cultivées, mais aussi la logique articulée, mais tordue, de ces nouveaux «penseurs» démagogiques. La tâche est donc double et de plus en plus difficile pour ceux qui veulent faire avancer la société vers une plus grande compassion, une plus grande équité et une plus grande solidarité.

***

Christian Feuillette - Montréal, le 2 février 2012
 
 
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  • plan sud - Inscrit
    7 février 2012 07 h 48
    entre le discours des gens ordinaires et la vision des élites éclairées qui étaient jusqu'à récemment aux commandes.
    J'aimerais beaucoup que vous me disez qui faisaient partie de cette élite éclairée.
    J'ai beau chercher, il me semble que de tout temps l'élite n'a pas éclairé grand chose. Bien sur elle a su veiller à ses intérêts...
    Vous parlez aussi de ces pitoyables ratés...en opposition aux progressistes qui combattent les masses incultes...

    Dites-moi faisiez-vous partie de cette élite...je crois en entendre les échos...puisque comme ouverture, votre approche est pour le moins...disons surprenante.

    Je pensais que les curés avaient modifié leurs discours...
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    7 février 2012 08 h 20
    Nouvelle menace
    Ce qui nous menace, c'est la vulgarité, avec les compromissions de la gauche soi-disant progressiste avec les Péladeau de ce monde. On fait dans le populisme comme on a fait dans le souverainisme. Triste naufrage.
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  • Michele - Inscrite
    7 février 2012 08 h 22
    Les professionnels de la politique versus un être humain
    Le Sénateur Boisvenu fait des erreurs. Que voulez-vous, il ne provient pas d'une école connue formant des politiciens professionnels ou d'une firme de communication. Au moins, on sait à quoi s'en tenir avec lui, il défend une cause à laquelle il tient. Il serait étonnant qu'il devienne transfuge et joigne un autre parti politique.

    Ses déclarations et ses discours ne sont pas tous très beaux mais transparents.
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  • celljack - Inscrit
    7 février 2012 08 h 30
    La démocratie
    La démocratie, c'est aussi l'opinion émotionnel exagéré de ceux qui ont vécu des traumatismes. La démocratie, c'est composer avec cette réalité et utiliser sa raison pour rééquilibrer la situation, éviter le dérapage, puis pardonner à ceux qui se laissent emporter.

    Un progressiste devrait savoir ça.
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  • France Marcotte - Abonnée
    7 février 2012 09 h 12
    Un gouffre intéressant
    Ce commentaire de M.Feuillette est bien intéressant.
    Il n'a pas besoin d'être rigoureusement exact (peut-être l'est-il beaucoup) pour faire avancer le débat, brasser la cage.
    Il induit du mouvement dans les méninges, bravo.

    Si on résume:
    -Il y aurait eu jusqu'à récemment aux commandes, des élites éclairées.
    -Il y a toujours eu un gouffre entre le discours des gens ordinaires, ces "hommes de la rue" aux réactions émotives tissées de préjugés et celui des progressistes de l'élite éclairée.
    -Il s'est crée une nouvelle élite alignée sur les réactions primitives des gens ordinaires.

    Question: l'élite dite éclairée a-t-elle déjà vraiment voulu voir comblé ce gouffre entre elle et la masse de ceux qui se trouvaient de l'autre côté ou y voyait-elle l'avantage de garder ses privilèges?
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  • Leys - Inscrit
    7 février 2012 11 h 23
    @jacques saint-cyr
    "Ce qui nous menace, c'est la vulgarité, avec les compromissions de la gauche soi-disant progressiste avec les Péladeau de ce monde. On fait dans le populisme comme on a fait dans le souverainisme."

    Parlez-vous du dossier de l'amphithéâtre ? À ce que je sache, nos fédéralistes de service ne se sont pas prononcés contre le projet... Et le PQ n'est pas à proprement parler un parti de gauche... Par ailleurs, vous devriez savoir qu'Elvis Gratton (comme ses semblables) est fédéraliste...
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  • IamaPlatypus - Inscrit
    7 février 2012 18 h 52
    Les conservateurs sont des progressistes
    Je trouve plutôt honteux que quelqu'un qui semble se considérer dans l'"élite intellectuel", croit en un consensus de celle-ci. La principale qualité d'une "élite intellectuel" est l'esprit critique, donc cette élite se trouvera à différents axes de l’échiquier selon ces valeurs morales (Il n'y a pas de valeur moral supérieur à d'autre).

    Ceci étant dit, sache que le terme "progressisme" fait référence au désir de faire des réformes et se diriger vers un progrès social(soit les conditions de vie de l'humain en cause). Quand l'on parle de progrès social, c'est une référence à une plus grande liberté de choix et d'opinion, transparence des pouvoirs, démocratisations des pouvoirs, confort personnel, la capacité de discussion et de débat entre deux groupes ayant des idées différentes... Donc, non seulement vous et la gauche ne veulent faire aucune réforme, mais en plus vous êtes en train de créer une hiérarchie d'idée, vous êtes contre l'arrivé de débat d'idée comme sur la peine de mort, et vous rabaissez la droite donc discrédité son égalité à débattre.

    Vous faites du conservatisme. Et Harper au moins fait des changements...

    Vous semblez être en faveur d'une aristocratie, où c'est donc l'élite qui décide pour le peuple. Pourtant, devrais-je vous rappeler que c'est la démocratie le régime actuelle... et le meilleur! Le rôle de l'élite dans une démocratie est d'informer et de convaincre, pas de contrôler. Comment pouvez-vous vantez une "élite éclairée qui était jusqu'à récemment aux commandes"?
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  • André Bigras - Abonné
    8 février 2012 08 h 53
    Une dénonciation tout à fait justifiée et justifiable.
    Certains choix de mots de ce texte peuvent porter à polémique. Je pense en particulier à l'expression " élite éclairée". Ce n'est pas brillant comme expression.

    Il eut mieux fallu nommer l'élite en question. Par exemple, j'aurais écrit plutôt " une élite de penseurs politiques”. Ou quelque chose du genre.

    Tant qu’à en continuer l’analyse, on peut aussi déplorer l’usage d’une autre expression, soit “ l'ignorance des masses non cultivées” . On peut déplorer ici que l’auteur ne manie pas les termes avec plus de justesse.

    Par exemple, j’aurais écrit plutöt “ l’incompétence de vastes populations peu informées des enjeux”. Ce qui est plus près de la vérité quand on considère que ce n’est pas tout le monde qui se renseigne ou qui est intéressé à se renseigner sur les sujets dont il est question dans ce texte.

    Cette incompétence de vastes portions de la population est une donnée objective et elle n'est pas péjorative. Nous sommes tous incompétents dans la majorité des domaines où nous n'excellons pas. Et on ne peut pas exceller dans tous les domaines. Quand je vais voir un dentiste, je suis tout à fait incompétent pour juger de ce qu'il doit me faire subir. Et cela est valable pour tous les domaines...de compétence. C'est pourquoi nous élisons des députés et que ces députés doivent étudier, faire des comités d'études, analyser, faire venir des experts, soit devenir compétents dans plusieurs domaines avant de décider.

    Mais ce qui importe dans ce texte est la dénonciation de “ la logique articulée mais tordue de ces nouveaux “penseurs démagogique “ avec laquelle je suis assez d’accord.
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