dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 18h19
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Propos du sénateur Boisvenu - Pour le bien des victimes, vraiment?

Geneviève Larouche et Carole Tremblay, Intervenantes au CALACS - La Maison ISA  3 février 2012  Actualités en société
Les oreilles nous chauffent à entendre les dernières déclarations du sénateur Pierre-Hugues Boisvenu! Le fait que l'homme se soit rétracté n'apaise pas notre indignation.

Le sénateur Boisvenu prétend parler au nom de l'ensemble des victimes en se faisant passer pour leur grand défenseur. Le problème, c'est que le discours de droite de M. Boisvenu, ainsi que celui du gouvernement Harper, ne colle pas à celui des femmes victimes que nous rencontrons depuis trente ans dans notre Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS).

Au CALACS - La Maison ISA, nos nombreuses années de pratique auprès des femmes et adolescentes ayant subi des agressions sexuelles nous ont appris que les victimes qui choisissent de faire appel au processus judiciaire ne le font pas pour réclamer vengeance. Leurs motivations sont plutôt d'empêcher que l'agresseur recommence et que la société reconnaisse le ou les crimes qu'elles ont vécus.

L'intervention auprès des victimes nous apprend aussi que les personnes qui ont subi de la violence veulent principalement retrouver une vie normale et préfèrent investir leur énergie pour elles-mêmes: développer des habiletés pour affronter les moments de crise, chasser la honte, exprimer la colère, réapprendre à faire confiance, reprendre du pouvoir sur sa vie, etc. Pousser l'agresseur au suicide n'a jamais été une stratégie envisagée par aucune d'entre elles.

Contre les mesures répressives

Pour justifier ses propos, M. Boisvenu fait notamment référence à l'affaire Pickton. Cette affaire, il est vrai, a fait plusieurs victimes, majoritairement des femmes des Premières Nations. Or, il nous semble que l'approche autochtone en matière de justice n'a jamais fait la promotion de la loi du talion. C'est plutôt le rétablissement de l'équilibre, la guérison individuelle et collective des victimes qui sont promus.

En tant qu'organisation féministe, nous nous opposons à la mise en place de mesures répressives telles que proposées par le gouvernement Harper avec le projet de loi C-10 sur la lutte contre la criminalité. En effet, de nombreuses études démontrent que les mesures de répression du crime ne dissuadent pas les criminels. Nous savons également que la criminalité est en baisse au pays. Bref, le projet de loi C-10 ne propose pas de véritables solutions afin d'aider les victimes et de prévenir les agressions.

Nous sommes donc très perplexes lorsque M. Harper, qui se porte à la défense de son sénateur, dit que son «gouvernement existe pour aider les victimes». Si c'était vraiment le cas, voici ce qui serait à faire: privilégier l'approche préventive aux mesures répressives qui ne donnent aucun pouvoir aux victimes, attribuer les fonds nécessaires aux organismes dont la mission est de défendre les droits des victimes, consulter réellement ces organismes avant de légiférer sur des lois les concernant, améliorer le traitement judiciaire des dossiers d'agressions sexuelles impliquant des victimes adultes.

***

Geneviève Larouche et Carole Tremblay, Intervenantes au CALACS - La Maison ISA
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • amaranta - Inscrit
    3 février 2012 02 h 18
    Prévention et réadaptation vs vendetta et cul-de-sac
    Merci pour ce texte plus que nécessaire. En effet, la lutte contre la violence repose sur des actions préventives, donc sur un appui soutenu aux organismes qui viennent en aide aux victimes d'actes criminels et travaillent à réduire la violence au sein de la société.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • JAMAIS UN QUeBEC PAYS - Inscrit
    3 février 2012 09 h 32
    @ amaranta
    Partiellement en accord, OUI à la prévention et à détection des criminel potentiel. Mais pour ce qui est de la réhabilitation, surtout si il y a de grand effort de prévention, il faut admettre que pas tous les criminels sont réhabilitable. Certain sont criminel à cause de problème mentaux, allons nous mettre la société en risque parce que le type est malade? Surtout qu'il a déjà fait une victime? On pourrait envisager la création de prison de long terme ou la personne sera emprisonné sans possibilité de sortir pour la vie. Dans ces prisons on pourrait retrouver les pédophile (incurable) les agresseurs sexuel violent et récidivistes. Ces institutions fonctionneraient comme une micro société, des gens de toutes formation s'y trouveraient et vivraient en toute liberté à l'intérieur des mur de cette prison. Cette prison pourrait être un village totalement isolé et protégé des évasions par un système infaillible et sans pardon. Pour ce qui est des criminels en série, ceux dont le crime est commis de façon calculé et avec violence, ou ceux qui malgré une tentative de réhabilitation récidivent, alors ce serait aussi un internement dans une de ces communauté, chacune de ces communauté comprendrait des criminels du même profile.
    Les criminel auraient le droit d'y accueillir leur partenaire de vie, mais aucun enfant ne pourrait y être amené. Bref on créerait de mini colonie pénitentiaire comme l'était l'Australie au départ. Une façon d'occuper le grand nord.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierre Rousseau - Inscrit
    3 février 2012 11 h 36
    Effectivement
    J'ai aussi travaillé avec des victimes pendant plusieurs années dans le cadre du système judiciaire pénal et j'ai eu les mêmes réactions face aux crimes dont elles sont victimes, du moins la plupart du temps. Vous avez aussi parfaitement raison quand vous mentionnez l'approche autochtone au crime et c'est évident que l'approche conservatrice est non seulement contraire à l'approche généralement préconisée chez les peuples autochtones mais aura aussi des conséquences graves chez eux étant donné leur surreprésentation dans les prisons. Pour l'affaire Pickton, il faut dire qu'on fait face à de sérieuses lacunes de la part de la police lors de l'enquête et que dans des circonstances normales cet individu aurait été arrêté bien avant et que c'est la société en général qui a démontré un mépris outrancier face à ces victimes dont la majorité étaient autochtones.

    J'ajouterais un élément à vos suggestions pour améliorer le sort des victimes: elles devraient avoir partie prenante au processus judiciaire et ne pas être seulement des figurantes (témoins) comme c'est le cas aujourd'hui. Dans les systèmes judiciaires pénaux qui viennent d'être modernisés en Amérique latine on retrouve les victimes comme «partie civile» et ça améliore grandement le processus judiciaire. Ça n'enlève rien aux accusés et ça permet aux victimes d'être partie active dans les procédures tout en laissant au ministère public (la poursuite) la responsabilité de faire la preuve de la culpabilité de l'accusé. J'ai assisté à 2 procès, un en Colombie et l'autre au Guatemala où les victimes étaient partie au processus judiciaire et j'ai pu constater que c'est beaucoup plus satisfaisant pour elles et pour la société en général car leurs intérêts sont aussi représentés devant le tribunal.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Bernard Terreault - Abonné
    3 février 2012 14 h 20
    Aider les victimes ?
    Que le meurtrier soit en prison ou dans un cimetère, est-ce que ça va ressuciter le mort ? Pourquoi Boisvenu est-il incapable de se rendre compte, statistiques à l'appui, que ce sont le plus souvent les pays où les peines sont moins sévères qu'il y a le moins de crime ? Qu'une culture de violence appuyée par l'État (militarisme), et par la culture nationale (cinéma, télé, pop-music), produit encore plus de criminalité ?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Paul Verreault - Inscrit
    3 février 2012 16 h 21
    Ajouts
    Très bonne analyse et permettez-moi d'y ajouter trois choses: Les criminels "d'habitude" ou "occasionnels" ne craignent nullement l'emprisonnement ni sa durée au moment de leur acte. La société doit éviter de se rabaisser au niveau de barbarie de ces "barbares" (Criminels) car ça ne peut qu'empirer la violence sociale en général. La société ne peut espérer une justice parfaite (Ni sûre à 100%) car l'homme lui-même est imparfait.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Gerard Pitre - Inscrit
    3 février 2012 16 h 26
    La vengeance comme devise des biens pensants de la droite.
    Autant le crime sur la personne est odieux, autant la vengeance des proches de la ou les victimes est odieuse, car elle ne fait que satisfaire l'égo et attise davantage la criminalité. Ça devient une escalade. La violence attire la violence et nous n'en sortons jamais. Quel plus bel exemple que l'éternel conflict entre Isarêl et le monde arabe.

    Les écarts de langage du sénateur Boisvenu prennent leur origine dans la philosophie de droite, selon laquelle, ils détiennent la VÉRITÉ. Loin s'en faut. Présumons quelques instants, que la majorité des gens de la droite sont de bons chrétiens, quelle que soit leur allégeance religieuse, et qui comme des pêrroquests récitent jour après jour surtout lors des offices religieux, le fameux «Notre Père» que l'on récitait jadis. Entre autre: «PARDONNEZ-NOUS NOS OFFENCES COMME NOUS PARDONNONS À CEUX QUI NOUS ONT OFFENCÉS».
    eT DÈS la moindre occasion, sont prêts à se battre pour faire valoir leur idée. Ils n'ont jamais compris le véritable sens du «PARDON». cAR SI OUI, ils ne pourraient pas agir comme il le font. Le véritable sens du pardon est de se libérer de la souffrance qui nous accable, afin que l'on puisse retrouver l'harmonie, car le fait d'entretenir la vengeance et la souffrance qui va avec, on se l'attire davantage, et on permet à la loi de l'attraction de se manifester, mais dans le mauvais sens du terme et on en voit jamais la fin, car on s'attire toute sorte de malheurs et c'est une voie sans issue.

    Le jour où les gens de la droite auront compris ça, non pas avec la tête, mais le coeur, ils atteindront un niveau supérieur d'éveil et de compassion. Souhaitons-le leur. Merci Gérard Pitre
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Nelson - Inscrit
    3 février 2012 16 h 59
    Internez ce pauvre homme dépresif que ne pense que à des cordes pour finir...avec lui même.???

    Ce pauvre homme a besoin d'aide.

    Il est manifestement hors contrôle.

    Trop c'est trop...et trop est dangereux.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • F.M. Yves Chevalier - Inscrit
    3 février 2012 17 h 14
    Désolé de vous recentrer sur la réalité...
    Vos propos sont éclairé et louables, pleins de bonnes intentions et bien articulés mais... «le gouvernement de M. Harper a reçu une forte majorité...» ce qui fait que les choses se passent maintenant différemment. Voici comment il en est maintenant.

    1- On retiendra vos idées et ... vos coordonnées.
    2- On coupera ensuite, grâce à vos coordonnées, vos subventions.
    3- Pendant que vous fermerez vos portes, on mettra sur pied au pays, dans des comtés amis, des organismses bidons à l'idéologie conservatrice d'extrème droite et, on les financera avec l'argent de vos anciennes subventions. Ceci donnera par exemple des bidules du genre «Le regroupement pour une Justice Équitable» ou «le Pouvoir des Usagers Nationaux Contre l'Hostilité» ou le PUNCH ... intéressant non?
    4- Ces organismes auront un conseil d'administration de droite qui verra à s'assurer de la présence de l'organisme autour des tables de concertation mises sur pied grâce à vos idées...
    5- Les réunions, tables de concertation ou consultations regrouperont majoritairement des organismes bidons de droite et ... en viendront après études et consultations à des conclusions ... de droite.
    6- Harper dira qu'il a consulté et que les organismes étaient majoritairement d'accord pour ... faire ce qu'il préconisait de toute façon.
    Bienvenu au pays de Harper

    En terminant, je suis totalement d'accord avec vos idées et, si Harper veut être crédible et vraiment «Tough on crime», il devrait demander à ce que M. Boivsenu soit immédiatement poursuivi au criminel sous l'article 241 touchant l'incitation au suicide... autrement ce n'est qu'une autre facade pour nous vendre de la gestion de prsion par des sociétés américaines.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • P. T.Simard - Inscrit
    3 février 2012 19 h 34
    Donner de la corde : pour que justice personnelle soit faite ?
    Bonjour,

    Et si Hugo Bernier se pendait seul dans sa cellule en partant avec les restes de 2002, vous l'auriez votre paix, M. le sénateur ?

    http://www.canoe.com/infos/societe/archives/2004/1

    Et pour le budget, les «death rows» aux États coûtent très cher (http://fr.wikipedia.org/wiki/Peine_de_mort_aux_&Ea, soit 10 fois plus que l'incarcération à perpétuité. Budget beaucoup plus imposant que de corriger les «loufoques du crime d'honneur», sympathisants misogyne d'une justice personnelle. Et c'est ce même curieux penchant qu'expose aujourd'hui le sénateur des Association des Familles de Personnes Assassinées ou Disparues, qui veut plus que la perpétuité, l'infinie de la mort, pendu pour l'honneur de sa famille.

    Le tout endossé par le Tea-Party de Calgary, il nous manque plus que le port d'armes, p'is un jour férié le 4 juillet...
    Cordialement,
    P.T.Simard
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Sarcelle33 - Inscrite
    4 février 2012 05 h 25
    Comment aider les victimes mortes et enterrées?
    Étant apolitique au Fédéral, je me foute de la droite ou de la gauche. Étant agnostique, l'enseignement du pardon m'est aussi indifférent.
    De toutes les 'vierges offensées' par les paroles de M. Boisvenu, j'en retiens l'essentiel et je les compare à celles
    que la plupart d'entre-vous ont dites lorsqu'un meurtre crapuleux fait les manchettes: ' Si j'avais ce sale individu devant moi, je le tuerais'. Bien sûr, vous n'en feriez rien.
    C'est ainsi que j'ai compris la déclaration de M. Boisvenu.

    Je compatis avec lui dans sa douleur mais quant au débat entre la droite et la gauche, je laisse cela aux 'politicailleux...'
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
10 réactions
20 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012