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Lettres - La fin de l'angélisme

André Racicot - Gatineau, le 1er février 2012  3 février 2012  Actualités en société
Le procès Shafia marque la fin d'un certain angélisme au Canada vis-à-vis des autres cultures. Si, pendant longtemps, les chantres du multiculturalisme ont imposé leurs vues sur le relativisme culturel, il devient de plus en plus difficile d'affirmer que nous n'avons pas le droit de juger les autres cultures.

Pourtant, il n'y a pas matière à surprise. Voilà quelque 25 ans que les bien-pensants de la rectitude politique bâillonnent tout le monde, ne se gênant pas pour crier à l'intolérance et au racisme dès que l'on dénonçait le machisme de certaines cultures. Des femmes étaient forcées de porter le voile, de se marier à un cousin riche ou encore étaient séquestrées? Il ne fallait pas nous en mêler parce que nous portions un jugement de valeur sur leur culture. La tragique impuissance des policiers et des travailleurs sociaux existait bien avant l'affaire Shafia, mais personne ne voulait en parler ouvertement.

La volonté de ne pas déplaire est d'ailleurs allée très loin: en 2005, le gouvernement ontarien était prêt à accepter la charia, suscitant un tollé au Canada et ailleurs dans le monde. Des gouvernements étrangers ont imploré notre pays de ne pas faire une telle concession, pour ne pas créer un dangereux précédent. Au Québec, le rapport de la commission Bouchard-Taylor, en 2008, était un exemple éclatant de rectitude politique: la majorité devait s'adapter aux us et coutumes des nouveaux arrivants! L'envers de la logique. Enfin, la Fédération des femmes du Québec et Québec solidaire affirmaient sans rire que la meilleure façon d'intégrer les femmes musulmanes était de les laisser porter le voile islamique, symbole suprême de la sujétion des femmes. Les voies de la gauche sont impénétrables.

Les organismes sociaux vont enfin prendre en compte la notion de crime d'honneur dans leur grille d'analyse, alors que ce problème existe depuis longtemps. Mais pour en venir là, il aura fallu le meurtre épouvantable de trois jeunes filles innocentes, résultat de notre lâcheté collective et de notre démission devant une certaine gauche déconnectée de la réalité.

***

André Racicot - Gatineau, le 1er février 2012
 
 
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  • Minona Minona - Inscrite
    3 février 2012 00 h 57
    Discriminer en ne voulant pas discriminer...
    @André Racicot

    "Des femmes étaient forcées de porter le voile, de se marier à un cousin riche ou encore étaient séquestrées? Il ne fallait pas nous en mêler parce que nous portions un jugement de valeur sur leur culture. "

    Le plus absurde dans ces cas-là, c'est qu'on laisse aux hommes des pays où les femmes ont le moins de droits le soins de décider ce qui relève ou non de leur culture alors que l'avis des femmes qui font les frais de certaines coutumes locales n'est pas du tout pris en compte! Cela signifie donc que 100% des femmes de l'un de ces pays pourraient s'opposer aux coutumes qui leur imposent un code vestimentaire et un mari ou qui les prive de liberté et d'éducation et les occidentaux qui critiquent ces mêmes coutumes seraient quand même accusés de porter un jugement sur la culture du pays en question!

    Les tenants du relativisme culturelle devraient au moins avoir l'honnêteté d'admettre que lorsqu'ils prennent la défense d'une culture patriarcale, ils ne font peut-être pas de discrimination ethnique ou religieuse mais font indirectement de la discrimination sexuelle. Dénoncer l'injustice d'une coutume n'est pas de la discrimination alors qu'ignorer complètement la moitié d'une population pour ne retenir de sa culture que ce qui arrange l'autre moitié l'est!
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  • Yves Claudé - Inscrit
    3 février 2012 04 h 03
    Un machisme “de gauche” ???
    Je partage le point de vue de Monsieur Racicot, sur le fait que le procès Shafia représente un tournant majeur dans la façon de considérer les différences ethnoculturelles ainsi que les “accommodements” religieux.

    Cependant, il est maladroit d’utiliser cette fâcheuse expression de “crime d’honneur” lancée dans l’espace public par des médias qui n’ont pas compris l’effet pervers de cette légitimation linguistique d’une version de l’honneur qui va à l’encontre des valeurs d’une société moderne comme la nôtre.

    Je m’objecte aussi à cette affirmation de l’auteur selon laquelle la complaisance envers le machisme serait une attitude de “gauche”, sous prétexte que le groupe Québec solidaire a adopté ce point de vue ! Le clientélisme ethnique de QS, inspiré par celui du Parti libéral du Canada et celui du Parti conservateur du Canada, constitue une stratégie qui n’a rien à voir avec une politique de “gauche”, mais qui découle d’une très naïve ambition de prise du pouvoir par ce groupuscule. Les quelques militants de gauche qui s’opposent à la stratégie multiculturaliste anti-laïque et rétrograde de QS, ne font pas le poids face à l’influence de la “mère supérieure” qui maintient son emprise sur le parti pendant que l’autre co-chef occupe l’espace médiatique.

    Yves Claudé
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  • Le prince du Nord - Inscrit
    3 février 2012 09 h 07
    Vraiment!
    Mr Racicot...
    Vous devriez vérifier les chiffres de statistiques canada pour voir que les meurtres domestiques sont non seulement l'apanage des canadiens non de souche mais aussi une réalité toute canadienne! Quand à votre question de crime d'honneur, nos meurtriers ont un point en commun avec celui-ci: le contrôle de l'individu. Nous n'avons de leçons à recevoir de personnes. La dénonciation de violence conjugale est l'affaire de tous et fermer les yeux sur celle-ci est presque une complicité! Nous devrions faire le ménage dans notre cour et cesser de croire que les meurtres dit domestiques sont seulement une affaire de culture ou de nationalité...
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  • Roland Berger - Abonné
    3 février 2012 12 h 48
    Faut être gentil !
    Oui, Bouchard et Taylor ont écouté bien du monde et n'ont retenu que ce qu'ils pensaient dire au peuple : « Québécois et Québécoises, continuez d'être gentils envers les immigrants. Ne jugez pas leur culture, vous qui n'en avez aucune. »
    Roland Berger
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  • Notsag - Abonné
    3 février 2012 13 h 13
    Petite distinction...
    @Le Prince Du Nord:
    Il y a quand même une distinction importante entre les meurtres domestiques et les meurtres d'honneur.

    L'homme qui tue sa conjointe par jalousie le fait de façon isolé. Son frère ou sa mère ne l'encourage/aide d'aucune façon dans son délire. Globalement, la communauté condamne ce crime.

    Dans le cas du meurtre d'honneur, c'est la communauté ethnique qui le réclame. Même que des membres de la famille vont l'encourager/l'aider.

    Dans les deux cas, ce sont des meurtres odieux, mais les meurtres d'honneur le sont doublement parce qu'ils impliquent la communauté ethnique.
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  • Mirna Djukic - Inscrit
    3 février 2012 15 h 28
    Raisonnements simplistes
    @M.Notsag, je ne pense pas que les crimes d'honneur se fassent avec le consentement et selon la volonté d'une communauté entière en règle générale. Au contraire, dans l'affaire Shafia, on sait que la famille de la première (sans grande surprise) mais aussi celle de la deuxième femme de Shafia sont positionnés de façon claire contre ce genre de crime (et, si vous regardez ou écoutez les entrevues, il apparait peu vraisemblable que cette opinion ne leur soit venue qu'après le procès). Les Afghans sont nombreux au Québec; je vous mets au défi d'en trouver plus de 1 dont les valeurs s'accordent avec le quadruple meurtre de l'affaire Shafia.

    Ceci dit, j'ai de la difficulté à garder mon calme face au nombre de commentaires qui associent directement la tolérance culturelle à l'acceptation - ou du moins à l'induction involontaire des crimes d'honneur.
    Les crimes d'honneur ne sont pas une culture.

    Shafia ne représente pas plus les immigrants d'origine Afghane que Guy Turcotte ne représente les Québecois. Nous avons donné une signification précise au terme général de "crime d'honneur" pour qualifier ces crimes incompréhensibles que nous associons à une culture étrangère.
    (Parce qu'un crime d'honneur au sens littéraire, n'est-ce pas seulement une personne qui se sent humiliée et qui commet un homicide pour tenter de remédier à la situation? Et dans ce cas, je serais curieuse de savoir si une ethnie est plus portée qu'une autre à en commettre)
    Mais je m'éloigne. Ce que je veux dire, c'est que l'affaire Shafia est une horreur, sans nuances ni atténuations. Malheureusement, ce n'est pas le premier crime auquel cette description s'applique. Diminuer le flot d'immigration pour éviter les crimes d'honneur s'apparente un peu à arrêter de faire des enfants par peur qu'ils deviennent des meurtriers. Briser les tabous entourant les différences culturelles pour que les intervenants sachent reconnaitre les situations à risque même da
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  • Nelson - Inscrit
    3 février 2012 16 h 56
    Tirer des conclusions délirantes à partir d'un cas unique....c'est la malhonneteté intelectuelle.

    Machisme = tuer des enfants = la faute à la gauche = etc

    Le pure délire.
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  • Marie-France Legault - Inscrit
    5 février 2012 10 h 02
    Le meurtre...... d'honneur
    d'abord le meurtre m'a rien à voir avec l'honneur...

    Certains essayent de classer cela en:

    CULTURE: la culture ne comprend pas le meurtre, le génocide, l'assassinat.

    MENTALITÉ: tuer des femmes ne fait pas partie de la mentalité....

    HONNEUR: l'honneur ne consiste pas à tuer...

    C'est tout simplement de la BARBARIE, un atavisme qu'on essaye d'étiqueter de mots très à la mode, afin de diminuer la gravité, la responsabilité de ceux qui pratiquent ces meurtres insensés, cruels, et totalement inacceptables.

    Le Pakistan est le champion des meurtres d'honneur: 600 femmes chaque année, sont tuées sous le fallacieux prétexte de l'honneur....
    Qu'est-ce que l'honneur? tuer est-ce un fait d'honneur....???
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