Lettres - La fin de l'angélisme
Le procès Shafia marque la fin d'un certain angélisme au Canada vis-à-vis des autres cultures. Si, pendant longtemps, les chantres du multiculturalisme ont imposé leurs vues sur le relativisme culturel, il devient de plus en plus difficile d'affirmer que nous n'avons pas le droit de juger les autres cultures.
Pourtant, il n'y a pas matière à surprise. Voilà quelque 25 ans que les bien-pensants de la rectitude politique bâillonnent tout le monde, ne se gênant pas pour crier à l'intolérance et au racisme dès que l'on dénonçait le machisme de certaines cultures. Des femmes étaient forcées de porter le voile, de se marier à un cousin riche ou encore étaient séquestrées? Il ne fallait pas nous en mêler parce que nous portions un jugement de valeur sur leur culture. La tragique impuissance des policiers et des travailleurs sociaux existait bien avant l'affaire Shafia, mais personne ne voulait en parler ouvertement.
La volonté de ne pas déplaire est d'ailleurs allée très loin: en 2005, le gouvernement ontarien était prêt à accepter la charia, suscitant un tollé au Canada et ailleurs dans le monde. Des gouvernements étrangers ont imploré notre pays de ne pas faire une telle concession, pour ne pas créer un dangereux précédent. Au Québec, le rapport de la commission Bouchard-Taylor, en 2008, était un exemple éclatant de rectitude politique: la majorité devait s'adapter aux us et coutumes des nouveaux arrivants! L'envers de la logique. Enfin, la Fédération des femmes du Québec et Québec solidaire affirmaient sans rire que la meilleure façon d'intégrer les femmes musulmanes était de les laisser porter le voile islamique, symbole suprême de la sujétion des femmes. Les voies de la gauche sont impénétrables.
Les organismes sociaux vont enfin prendre en compte la notion de crime d'honneur dans leur grille d'analyse, alors que ce problème existe depuis longtemps. Mais pour en venir là, il aura fallu le meurtre épouvantable de trois jeunes filles innocentes, résultat de notre lâcheté collective et de notre démission devant une certaine gauche déconnectée de la réalité.
***
André Racicot - Gatineau, le 1er février 2012
Pourtant, il n'y a pas matière à surprise. Voilà quelque 25 ans que les bien-pensants de la rectitude politique bâillonnent tout le monde, ne se gênant pas pour crier à l'intolérance et au racisme dès que l'on dénonçait le machisme de certaines cultures. Des femmes étaient forcées de porter le voile, de se marier à un cousin riche ou encore étaient séquestrées? Il ne fallait pas nous en mêler parce que nous portions un jugement de valeur sur leur culture. La tragique impuissance des policiers et des travailleurs sociaux existait bien avant l'affaire Shafia, mais personne ne voulait en parler ouvertement.
La volonté de ne pas déplaire est d'ailleurs allée très loin: en 2005, le gouvernement ontarien était prêt à accepter la charia, suscitant un tollé au Canada et ailleurs dans le monde. Des gouvernements étrangers ont imploré notre pays de ne pas faire une telle concession, pour ne pas créer un dangereux précédent. Au Québec, le rapport de la commission Bouchard-Taylor, en 2008, était un exemple éclatant de rectitude politique: la majorité devait s'adapter aux us et coutumes des nouveaux arrivants! L'envers de la logique. Enfin, la Fédération des femmes du Québec et Québec solidaire affirmaient sans rire que la meilleure façon d'intégrer les femmes musulmanes était de les laisser porter le voile islamique, symbole suprême de la sujétion des femmes. Les voies de la gauche sont impénétrables.
Les organismes sociaux vont enfin prendre en compte la notion de crime d'honneur dans leur grille d'analyse, alors que ce problème existe depuis longtemps. Mais pour en venir là, il aura fallu le meurtre épouvantable de trois jeunes filles innocentes, résultat de notre lâcheté collective et de notre démission devant une certaine gauche déconnectée de la réalité.
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André Racicot - Gatineau, le 1er février 2012
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