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Libre opinion - Un état de dépendance qui s'aggrave

Collectif d'auteurs  2 février 2012  Actualités en société
Un an après le Sommet sur les dépendances chez les Premières Nations du Québec, qui a eu lieu en février 2011 à Trois-Rivières, nous tenons à rappeler aux gouvernements et au public que les communautés des Premières Nations du Québec sont aux prises avec le fléau des dépendances et que celui-ci frappe au cœur même des familles, des communautés et des nations: la situation se détériore.

Nous sommes membres du Comité vigie santé et services sociaux des Premières Nations du Québec, dont le mandat principal vise à procurer une veille objective, avertie et continue de l'état de santé et du bien-être des populations des Premières Nations du Québec.

En ce qui concerne le phénomène des dépendances, les chiffres sont alarmants: en 2002, une enquête menée dans les communautés autochtones du Québec révélait qu'il y avait près de 1,5 fois plus d'adultes aux prises avec une consommation élevée d'alcool chez les Premières Nations que dans l'ensemble de la population adulte au Canada et au Québec. En ce qui concerne la consommation de drogues ou de médicaments sans ordonnance, cette proportion était plus de trois fois plus élevée chez les adultes autochtones que chez ceux de l'ensemble de la population. Depuis 2002, les avis recueillis dans différents milieux nous indiquent que le problème s'amplifie.

À la suite du Sommet sur les dépendances, les membres du Comité vigie incitent personnellement chacun des chefs des Premières Nations du Québec à poursuivre la mise en oeuvre du plan d'action élaboré au cours de cet événement. Ce plan constitue une source de mobilisation importante, mais à la condition que les responsables politiques des communautés en fassent une réelle priorité et que les partenaires gouvernementaux et institutionnels leur fournissent un soutien tangible.

Le plan d'action couvre plusieurs aspects de la lutte contre la dépendance. Sans vouloir en négliger aucun, nous pensons nécessaire qu'une attention particulière soit accordée à la mise sur pied de groupes d'entraide ou d'autres formes d'encadrement et de soutien pour accueillir les personnes vulnérables à leur sortie des centres de désintoxication ou de traitement.

Il faut aussi accepter que ce soutien par la communauté se poursuive pendant une durée plus longue que ce qui est préconisé dans les milieux allochtones. Il nous apparaît donc essentiel, là aussi, que des moyens additionnels soient déployés par les responsables politiques des communautés avec leurs partenaires institutionnels et gouvernementaux, afin de créer un milieu d'accueil approprié à l'intention des personnes qui veulent s'affranchir de leur problème de dépendance.

Par ailleurs, au Québec, il n'existe aucun centre de désintoxication autochtone, même si plusieurs centres de traitement sont bien établis dans différents milieux. Cette lacune a eu pour effet de priver les Premières Nations d'un service de première ligne essentiel. Pour cette raison, les membres du Comité s'adressent aux instances gouvernementales du Canada et du Québec et demandent le soutien des conseils de bande, afin que le financement nécessaire à l'établissement d'un premier centre de désintoxication autochtone soit fourni rapidement aux Premières Nations du Québec.

Nous terminons en réitérant publiquement notre appui aux chefs des Premières Nations du Québec qui doivent composer avec un contexte économique et social des plus difficiles. L'avenir des jeunes, des communautés et des territoires repose en grande partie sur la volonté et le leadership dont ils feront preuve dans cette lutte sans merci contre les dépendances.

***

Ont signé ce texte les membres du Comité vigie santé et services sociaux des Premières Nations du Québec: Claudette Dumont-Smith, Aurélien Gill, Pierre Joubert, Andrée Lajoie, Louise Montreuil, Marcelline Picard, Éric Poirier, Evans Villeneuve, Stanley Vollant.
 
 
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    2 février 2012 08 h 24
    Incompréhension
    Je ne comprends pas que le peuple québécois, qui pose sans cesse comme une victime de l'histoire, d'une majorité hostile, d'un impérialisme culturel américain, d'une mondialisation ignorante des communautés, ignore tant sa première minorité et les tout premiers alliés de son implantation en sol américain.
    Notre État devrait en toutes circonstances déployer tous les moyens à sa disposition pour aider les autochtones à retrouver leur autonomie et leur fierté.
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  • celljack - Inscrit
    2 février 2012 08 h 44
    Le racisme
    "Par ailleurs, au Québec, il n'existe aucun centre de désintoxication autochtone, même si plusieurs centres de traitement sont bien établis dans différents milieux."

    Existe-t-il un centre de désintoxication pour une ethnie particulière?

    À mes yeux, les problèmes des autochtones sont surtout causés par leur ségrégation.
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  • Eve Bastien - Inscrite
    2 février 2012 12 h 02
    Réponse à celljack
    Cher Celljack,

    Le racisme, c'est vous qui le nourrissez avec de tels commentaires.

    Il ne s'agit pas ici d'ethnocentrisme, mais bien d'avoir des centres de desintoxications qui répondent convenablement aux besoins et qui soient adaptées à la réalité des Premières Nations. Nous avons nos propres méhodes traditionnel de guérison et les communautés gagnerait à pouvoir les mettre en place.

    Aussi, pourquoi parle-t-on de ségrégation quand il s'agit de Peuples autochtones? Suivant votre raisonnement, nous pourrions dire la même chose des Québécois. N'avez-vous pas créé les CEGEP, la Loi 101, etc par soucis de préservation de votre culture et d'évoluer dans une société qui se distinguait du reste du Canada. Les Québécois sont donc aussi responsable de leur ségrégation? Nous comprenons le besoin des Québécois de préserver leur identité et leur culture, pourquoi êtes-vous incapable de comprendre le notre?
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  • Roland Berger - Abonné
    2 février 2012 12 h 36
    Histoire oubliée
    Les conquérants européens, Français, Anglais, Espagnols, Danois et Portugais, ont profité du savoir des indigènes, leur ont ensuite imposer leur culture et leur religion, pour enfin les parquer dans des réserves pour qu'ils y disparaissent sans faire de bruit. Mais les descendants de ces conquérants trouvent aujourd'hui que les descendants de indigènes « déculturés » sont fatigants avec leurs revendications et leurs appels au secours. Qu'il est facile d'oublier !
    Roland Berger
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