#chroniquefd - 2112: où en sera le monde dans 100 ans?
Photo : NASA Goddard Photo
Où en sera le monde et la vie sur la Terre dans 100 ans?
À retenir
-
Notre sondage «À quoi va ressembler le monde dans 100 ans» (Actuellement clôturé)
Ce n'est pas nous, c'est l'historien Jules Michelet qui l'a dit, «chaque époque rêve la suivante»... et généralement, quand elle le fait à voix haute, ses projections dans l'avenir, loin de n'être que farfelues, peuvent en dire beaucoup sur l'état d'esprit du temps présent, le ici-maintenant et sa capacité à faire face à la suite des choses.
La British Broadcasting Corporation (BBC) — la Société Radio-Canada (SRC) des British — en a fait la démonstration au début du mois en demandant en ondes et en ligne à ses auditeurs/lecteurs d'imaginer le monde et la vie sur terre dans 100 ans. Un appel à l'anticipation que Le Devoir reprend aujourd'hui en demandant à ses lecteurs d'exprimer eux aussi, dans les prochains jours, leur vision du monde pour... 2112.
Quel sera l'état de la planète, le contenu des assiettes, ici et ailleurs, la structure des villes, des familles, des institutions politiques et internationales à ce moment-là? Dans quel environnement géopolitique, social et culturel l'humain devra-t-il évoluer? Quelles auront été les grandes avancées sociales, techniques, médicales façonnées dans le prochain siècle en construction? Que restera-t-il des fléaux du présent? Comment l'humanité se déplacera-t-elle, individuellement et collectivement, et pour aller où? Entre autres.
L'exercice futurologique
Oui, l'exercice futurologique peut paraître hasardeux. Il a toutefois attisé de manière surprenante l'imagination des habitants du présent, comme en témoignent les prévisions transmises à la BBC par ses fidèles. À preuve, loin de se perdre dans le temps et les dérives de la prospective, ils posent en effet un regard amusant, parfois lucide et plausible, sur l'évolution en cours et ses conséquences à un siècle de là.
Morceaux choisis. Pour eux, en 2112, la robotique, jumelée à une connaissance intime de l'ADN et de son fonctionnement, va permettre «la création d'êtres humains incroyablement intelligents et surtout immortels», lit-on ici. L'humanité «sera capable de contrôler la météo», est-il écrit là. Quant à l'Antarctique, il sera devenu une terre commercialement exploitable alors que les déserts auront été transformés en «forêts tropicales».
Dans ce monde anticipé, que les plus d'un an — et encore — ne pourront pas connaître, il ne restera plus que trois langues parlées, l'anglais, l'espagnol et le mandarin, estiment aujourd'hui les auditeurs/lecteurs de la BBC. Il n'y aura également plus qu'une monnaie en circulation sur toute la planète, la Californie se sera séparée des États-Unis et les femmes deviendront enceintes, dans la plupart des cas, non plus à la suite d'un rapport sexuel mais par la magie de l'insémination artificielle. Il y aura aussi un gouvernement mondial et le mariage entre deux personnes aura cessé d'exister, remplacé par... «des contrats annuels» de vie commune.
Délirant? Fou? Loufoque? Il est possible de le croire, comme l'ont certainement cru d'ailleurs les lecteurs du Ladies' Home Journal d'Indianapolis aux États-Unis, en 1900, quand un certain John Elfreth Watkins y a présenté sa vision du futur dans un papier en forme de 27 prédictions intitulé «Que va-t-il se passer dans les 100 prochaines années?». L'écrivain et ingénieur civil américain a été ramené dans le présent en décembre dernier dans les pages du Saturday Evening Post d'Indianapolis, qui le présentait comme «le visionnaire qui avait eu raison (souvent)».
Watkins a vu juste
On comprend pourquoi. En effet, tout en exposant sa vision du futur comme des «prophéties pouvant paraître étranges, et presque impossibles», Watkins, depuis son tout début de XXe siècle, a finalement vu très juste en imaginant pour l'an 2000 des «robinets» capables de faire circuler dans les maisons de l'air froid pour les climatiser en été et de l'air chaud pour les chauffer en hiver, ou encore en annonçant que les photographies pourront être envoyées à distance par une sorte de télégraphe.
Après avoir «consulté les grandes institutions de science et de savoir» aux États-Unis, écrit-il, l'homme imagine alors des «téléphones sans fil» et des «circuits de télégraphe» permettant «à un mari au milieu de l'Atlantique d'avoir une conversation avec sa femme assise dans son boudoir à Chicago». Il anticipe également l'agriculture sous serre, des plantes capables de résister elles-mêmes à leurs parasites — ce que font les OGM aujourd'hui —, des humains plus grands «de un ou deux pouces», des jouets conçus pour développer la motricité et les muscles des enfants, et surtout un «instrument» qui «amènerait des images de partout dans le monde» dans les maisons des gens, ce que l'humain a appelé finalement la télévision avant de commencer à la remplacer par Internet. Bref, en 1900, Watkins a rêvé une époque que d'autres après lui ont concrétisée.
En 2112, à quoi le monde va-t-il finalement ressembler? La question est désormais lancée. Les mots, les visions, les prophéties, formulés de manière individuelle ou collective, peuvent être envoyés avant le 25 février prochain à l'adresse 2112@ledevoir.com, ou en passant par le site Web du Devoir (www.ledevoir.com/2112). Sur Twitter, le visionnaire qui sommeille en vous peut aussi utiliser le mot-clic #anticipation2112 pour mieux construire la suite des choses...
***
Vous pouvez aussi suivre notre chronique sur Twitter (@FabienDeglise) et sur Google+ (Fabien Deglise).
La British Broadcasting Corporation (BBC) — la Société Radio-Canada (SRC) des British — en a fait la démonstration au début du mois en demandant en ondes et en ligne à ses auditeurs/lecteurs d'imaginer le monde et la vie sur terre dans 100 ans. Un appel à l'anticipation que Le Devoir reprend aujourd'hui en demandant à ses lecteurs d'exprimer eux aussi, dans les prochains jours, leur vision du monde pour... 2112.
Quel sera l'état de la planète, le contenu des assiettes, ici et ailleurs, la structure des villes, des familles, des institutions politiques et internationales à ce moment-là? Dans quel environnement géopolitique, social et culturel l'humain devra-t-il évoluer? Quelles auront été les grandes avancées sociales, techniques, médicales façonnées dans le prochain siècle en construction? Que restera-t-il des fléaux du présent? Comment l'humanité se déplacera-t-elle, individuellement et collectivement, et pour aller où? Entre autres.
L'exercice futurologique
Oui, l'exercice futurologique peut paraître hasardeux. Il a toutefois attisé de manière surprenante l'imagination des habitants du présent, comme en témoignent les prévisions transmises à la BBC par ses fidèles. À preuve, loin de se perdre dans le temps et les dérives de la prospective, ils posent en effet un regard amusant, parfois lucide et plausible, sur l'évolution en cours et ses conséquences à un siècle de là.
Morceaux choisis. Pour eux, en 2112, la robotique, jumelée à une connaissance intime de l'ADN et de son fonctionnement, va permettre «la création d'êtres humains incroyablement intelligents et surtout immortels», lit-on ici. L'humanité «sera capable de contrôler la météo», est-il écrit là. Quant à l'Antarctique, il sera devenu une terre commercialement exploitable alors que les déserts auront été transformés en «forêts tropicales».
Dans ce monde anticipé, que les plus d'un an — et encore — ne pourront pas connaître, il ne restera plus que trois langues parlées, l'anglais, l'espagnol et le mandarin, estiment aujourd'hui les auditeurs/lecteurs de la BBC. Il n'y aura également plus qu'une monnaie en circulation sur toute la planète, la Californie se sera séparée des États-Unis et les femmes deviendront enceintes, dans la plupart des cas, non plus à la suite d'un rapport sexuel mais par la magie de l'insémination artificielle. Il y aura aussi un gouvernement mondial et le mariage entre deux personnes aura cessé d'exister, remplacé par... «des contrats annuels» de vie commune.
Délirant? Fou? Loufoque? Il est possible de le croire, comme l'ont certainement cru d'ailleurs les lecteurs du Ladies' Home Journal d'Indianapolis aux États-Unis, en 1900, quand un certain John Elfreth Watkins y a présenté sa vision du futur dans un papier en forme de 27 prédictions intitulé «Que va-t-il se passer dans les 100 prochaines années?». L'écrivain et ingénieur civil américain a été ramené dans le présent en décembre dernier dans les pages du Saturday Evening Post d'Indianapolis, qui le présentait comme «le visionnaire qui avait eu raison (souvent)».
Watkins a vu juste
On comprend pourquoi. En effet, tout en exposant sa vision du futur comme des «prophéties pouvant paraître étranges, et presque impossibles», Watkins, depuis son tout début de XXe siècle, a finalement vu très juste en imaginant pour l'an 2000 des «robinets» capables de faire circuler dans les maisons de l'air froid pour les climatiser en été et de l'air chaud pour les chauffer en hiver, ou encore en annonçant que les photographies pourront être envoyées à distance par une sorte de télégraphe.
Après avoir «consulté les grandes institutions de science et de savoir» aux États-Unis, écrit-il, l'homme imagine alors des «téléphones sans fil» et des «circuits de télégraphe» permettant «à un mari au milieu de l'Atlantique d'avoir une conversation avec sa femme assise dans son boudoir à Chicago». Il anticipe également l'agriculture sous serre, des plantes capables de résister elles-mêmes à leurs parasites — ce que font les OGM aujourd'hui —, des humains plus grands «de un ou deux pouces», des jouets conçus pour développer la motricité et les muscles des enfants, et surtout un «instrument» qui «amènerait des images de partout dans le monde» dans les maisons des gens, ce que l'humain a appelé finalement la télévision avant de commencer à la remplacer par Internet. Bref, en 1900, Watkins a rêvé une époque que d'autres après lui ont concrétisée.
En 2112, à quoi le monde va-t-il finalement ressembler? La question est désormais lancée. Les mots, les visions, les prophéties, formulés de manière individuelle ou collective, peuvent être envoyés avant le 25 février prochain à l'adresse 2112@ledevoir.com, ou en passant par le site Web du Devoir (www.ledevoir.com/2112). Sur Twitter, le visionnaire qui sommeille en vous peut aussi utiliser le mot-clic #anticipation2112 pour mieux construire la suite des choses...
***
Vous pouvez aussi suivre notre chronique sur Twitter (@FabienDeglise) et sur Google+ (Fabien Deglise).
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

