Twitter est accusé de se plier à la censure
Le site a annoncé qu'il serait en mesure de bloquer des messages dans certains pays si la législation locale l'exigeait
Washington — Le site de microblogue Twitter, dont le rôle de média libre a été salué durant le printemps arabe, était accusé hier de se plier à la censure après voir annoncé qu'il serait en mesure de bloquer des messages dans certains pays si la législation locale l'exigeait.
«C'est une très mauvaise nouvelle», a réagi sur Twitter le militant égyptien prodémocratie Mahmoud Salem.
«L'organisation Reporters sans frontières est très inquiète de la décision de Twitter de collaborer avec les censeurs», a affirmé, également sur le site, l'association de défense de la liberté de la presse.
«Votre nouvelle politique sonne-t-elle le glas de toute mention des révolutions arabes et des manifestations à Manama sur le service Twitter accessible à Bahrein?», a interrogé le directeur de RSF, Olivier Basille, dans une lettre ouverte au président et cofondateur de Twitter, Jack Dorsey.
«Les Vietnamiens utilisant votre réseau social dans leur pays ne pourront-ils plus dénoncer les conséquences néfastes de l'exploitation des mines de bauxite sur l'environnement? Allez-vous bloquer les messages liés aux revendications de la minorité kurde en Turquie? Les internautes russes verront-ils leurs critiques du pouvoir en place modérées?», a ajouté M. Bazille.
«Votre décision a-t-elle été motivée par la volonté d'entrer à tout prix sur le marché chinois?», a-t-il encore demandé.
D'autres internautes se sont demandé si cette annonce était liée à l'investissement de 300 millions $US du milliardaire saoudien Al-Walid ben Talal annoncé en décembre, Riyad exerçant un contrôle strict d'Internet.
Liberté d'expression
En annonçant cette mesure jeudi, Twitter a expliqué que des pays respectant la liberté d'expression «interdisent certains messages, comme la France ou l'Allemagne qui interdisent les messages pronazis».
Désormais, a indiqué Twitter, certains messages pourront être bloqués dans certains pays, mais pas dans les autres, alors que jusqu'à présent les messages bloqués l'étaient dans le monde entier.
«Nous n'avons pas encore utilisé cette capacité, mais si on nous demande de bloquer un message dans un pays spécifique, nous essaierons de contacter l'internaute, et nous indiquerons clairement quand le message a été bloqué», a précisé le site, qui s'est engagé à signaler toute suppression de message sur le site indépendant ChillingEffects.org.
«Google, Yahoo! et Microsoft font aussi du filtrage sélectif dans certains pays et Twitter ne fait donc que s'aligner pour pouvoir s'installer sur certains marchés comme la Chine», a relevé Olivier Ertscheid, spécialiste d'Internet et maître de conférences à Nantes.
Pas d'affolement
Pour Danny Sullivan, rédacteur en chef des sites MarketingLand.com et SearchEngineLand.com, «il ne semble pas qu'il y ait de raison particulière de s'affoler».
«Twitter se prépare à des demandes de censure potentielles, de la même façon que Google le fait déjà, en prévenant ses utilisateurs quand des messages sont retenus et en les informant des raisons», fait valoir M. Sullivan.
M. Sullivan note que Twitter a déjà été amené à supprimer des messages pour répondre à des accusations de violation du droit d'auteur.
«Ce qui est nouveau, c'est qu'à terme Twitter pourrait avoir des employés dans d'autres pays, a-t-il dit. Cela le rend plus vulnérable à des poursuites judiciaires dans ces pays, donc il lui faut trouver une façon de respecter les exigences locales.»
«Que se passerait-il si un pays en révolution déclarait qu'il est illégal de "tweeter" sur les manifestations?», demande M. Sullivan. «Quand cela arrive, Twitter dit qu'on ne lui demande pas de bloquer certains comptes ou messages.»
«En fait, explique-t-il, les autorités du pays en question soit ignorent Twitter, ce qui est bon pour la liberté d'expression, soit le bloquent totalement, ce qui est mal, mais Twitter n'y peut rien».
«C'est une très mauvaise nouvelle», a réagi sur Twitter le militant égyptien prodémocratie Mahmoud Salem.
«L'organisation Reporters sans frontières est très inquiète de la décision de Twitter de collaborer avec les censeurs», a affirmé, également sur le site, l'association de défense de la liberté de la presse.
«Votre nouvelle politique sonne-t-elle le glas de toute mention des révolutions arabes et des manifestations à Manama sur le service Twitter accessible à Bahrein?», a interrogé le directeur de RSF, Olivier Basille, dans une lettre ouverte au président et cofondateur de Twitter, Jack Dorsey.
«Les Vietnamiens utilisant votre réseau social dans leur pays ne pourront-ils plus dénoncer les conséquences néfastes de l'exploitation des mines de bauxite sur l'environnement? Allez-vous bloquer les messages liés aux revendications de la minorité kurde en Turquie? Les internautes russes verront-ils leurs critiques du pouvoir en place modérées?», a ajouté M. Bazille.
«Votre décision a-t-elle été motivée par la volonté d'entrer à tout prix sur le marché chinois?», a-t-il encore demandé.
D'autres internautes se sont demandé si cette annonce était liée à l'investissement de 300 millions $US du milliardaire saoudien Al-Walid ben Talal annoncé en décembre, Riyad exerçant un contrôle strict d'Internet.
Liberté d'expression
En annonçant cette mesure jeudi, Twitter a expliqué que des pays respectant la liberté d'expression «interdisent certains messages, comme la France ou l'Allemagne qui interdisent les messages pronazis».
Désormais, a indiqué Twitter, certains messages pourront être bloqués dans certains pays, mais pas dans les autres, alors que jusqu'à présent les messages bloqués l'étaient dans le monde entier.
«Nous n'avons pas encore utilisé cette capacité, mais si on nous demande de bloquer un message dans un pays spécifique, nous essaierons de contacter l'internaute, et nous indiquerons clairement quand le message a été bloqué», a précisé le site, qui s'est engagé à signaler toute suppression de message sur le site indépendant ChillingEffects.org.
«Google, Yahoo! et Microsoft font aussi du filtrage sélectif dans certains pays et Twitter ne fait donc que s'aligner pour pouvoir s'installer sur certains marchés comme la Chine», a relevé Olivier Ertscheid, spécialiste d'Internet et maître de conférences à Nantes.
Pas d'affolement
Pour Danny Sullivan, rédacteur en chef des sites MarketingLand.com et SearchEngineLand.com, «il ne semble pas qu'il y ait de raison particulière de s'affoler».
«Twitter se prépare à des demandes de censure potentielles, de la même façon que Google le fait déjà, en prévenant ses utilisateurs quand des messages sont retenus et en les informant des raisons», fait valoir M. Sullivan.
M. Sullivan note que Twitter a déjà été amené à supprimer des messages pour répondre à des accusations de violation du droit d'auteur.
«Ce qui est nouveau, c'est qu'à terme Twitter pourrait avoir des employés dans d'autres pays, a-t-il dit. Cela le rend plus vulnérable à des poursuites judiciaires dans ces pays, donc il lui faut trouver une façon de respecter les exigences locales.»
«Que se passerait-il si un pays en révolution déclarait qu'il est illégal de "tweeter" sur les manifestations?», demande M. Sullivan. «Quand cela arrive, Twitter dit qu'on ne lui demande pas de bloquer certains comptes ou messages.»
«En fait, explique-t-il, les autorités du pays en question soit ignorent Twitter, ce qui est bon pour la liberté d'expression, soit le bloquent totalement, ce qui est mal, mais Twitter n'y peut rien».
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

