Lettres - Dépistage et discrimination
Le principe de l'égalité de droit entre tous les humains est au fondement de celui de l'égalité entre les sexes. La présidente du Conseil du statut de la femme (CSF) a donc raison de souligner le fait paradoxal que le dépistage prénatal en fonction du sexe suscite une réprobation générale alors que le dépistage prénatal en fonction de l'état de santé (handicap, malformation) n'a à peu près fait l'objet d'aucune discussion publique.
C'est ainsi que le premier programme ministériel de dépistage prénatal annoncé en 2009 pour la trisomie 21 et celui instauré l'an dernier pour quatre maladies d'origine génétique au Saguenay-Lac-Saint-Jean nous ont engagés sur une pente glissante où un motif de sélection qui serait jugé gravement discriminatoire entre nouveau-nés est non seulement acceptable, mais encouragé au stade prénatal. Des regroupements souhaitent même qu'on élargisse ces programmes à d'autres conditions de santé et font pression en ce sens.
Il ne s'agit pas de remettre en question le droit des femmes à disposer de leur corps librement. Mais n'y aurait-il pas lieu de s'interroger sur les dérives que l'instrumentalisation de ce droit par l'État peut entraîner? La multiplication de programmes de dépistage prénatal sans débat public, ni information, ni éducation ouvre la porte à des perspectives eugénistes inquiétantes.
***
Jean-Noël Ringuet - Victoriaville, le 23 janvier 2012
C'est ainsi que le premier programme ministériel de dépistage prénatal annoncé en 2009 pour la trisomie 21 et celui instauré l'an dernier pour quatre maladies d'origine génétique au Saguenay-Lac-Saint-Jean nous ont engagés sur une pente glissante où un motif de sélection qui serait jugé gravement discriminatoire entre nouveau-nés est non seulement acceptable, mais encouragé au stade prénatal. Des regroupements souhaitent même qu'on élargisse ces programmes à d'autres conditions de santé et font pression en ce sens.
Il ne s'agit pas de remettre en question le droit des femmes à disposer de leur corps librement. Mais n'y aurait-il pas lieu de s'interroger sur les dérives que l'instrumentalisation de ce droit par l'État peut entraîner? La multiplication de programmes de dépistage prénatal sans débat public, ni information, ni éducation ouvre la porte à des perspectives eugénistes inquiétantes.
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Jean-Noël Ringuet - Victoriaville, le 23 janvier 2012
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