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Lettres - Le bilinguisme devant l'histoire

Hubert Charbonneau - Outremont, le 18 janvier 2012  23 janvier 2012  Actualités en société
Le président du Club de hockey Canadien, Monsieur G. Molson, déclare qu'il «supporte» le bilinguisme. On lui pardonnera l'anglicisme, d'autant que la plupart des Québécois de langue française en usent et en abusent. Qui n'est pas pour le bien? Quoi de mieux pour un individu que de parler deux langues, surtout au Québec? Mais ce qui est bien pour un individu ne l'est malheureusement pas forcément pour une population. Que nous apprend en effet l'histoire? Que dans les cas de vrai bilinguisme, c'est finalement la langue de la majorité qui finit toujours par l'emporter à plus ou moins long terme.

Des exemples, il n'en manque pas: la toute-puissance du latin des envahisseurs romains a laminé le parler celtique des Gaulois, l'anglais a écrasé le gaélique en Irlande et en Écosse et le gallois au pays de Galles; le français a terrassé, entre autres, le breton, le basque, le catalan, le provençal et le flamand sur le territoire de l'Hexagone, etc. Or, au Canada, c'est l'anglais qui domine. Qu'arrivera-t-il au français minoritaire? Libre à chacun de tirer sa conclusion, mais l'avenir semble pour le moment inéluctable.

***

Hubert Charbonneau - Outremont, le 18 janvier 2012
 
 
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  • Marc-Antoine Daneau - Abonné
    23 janvier 2012 04 h 43
    Découragement
    Maintenant, les peuples qui survivent sont ceux qui se donnent un État, qui s'impose sur leur territoire. Mais ça c'est clair, sans pays, aussi bien converser immédiatement en anglais, on sauverait du temps.
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  • Yves Côté - Abonné
    23 janvier 2012 05 h 06
    Pour le basque...
    Pardon Monsieur, mais une de vos données me semble litigieuse et votre conclusion, défaitiste bien que s'approchant de la réalité prochaine possible.
    D'abord, pour la langue basque, on ne peut certainement pas affirmer qu'elle est terrassée...
    Pour parcourir souvent le Pays Basque, je peux personnellement vous témoigner que, sans se porter à merveille, elle tient toujours debout.
    Je n'irai pas jusqu'à dire que cette langue, aux origines si mystérieuses, se porte bien. Mais lorsqu'on y entend partout un nombre élevé d'enfants l'utiliser avec leurs proches et leurs parents, sans parler de la cour d'école, on ne peut certainement pas en conclure qu'elle est allongée sur son dos ou son côté...
    Ensuite, sur l'avenir improbable de la langue française au Québec, cela n'est pas inéluctable malgré, j'en conviens, la position actuelle périlleuse de celle-ci.
    Parce que cet avenir, c'est dans la main des Québécois qu'il se trouve et qu'il ne tient qu'à eux de faire se redresser leur langue meurtrie. Ou bien sûr, de la condamner définitivement...
    L'heure sonne, il faut dorénavant choisir son camp sans s'imaginer, ou entretenir l'illusion, que nous pourrons être des Québécois libres et français de langue dans un Canada puissant et au reste anglophone.
    Chacun-chacune doit prendre le taureau par les cornes et décider de sa position politique globale : soit mettre ses culottes en faisant le choix de l'indépendance politique de notre nation d'Amérique, soit porter les culottes des autres en choisissant la continuité de sa dépendance à un pays anglophone assimilateur.
    Le non-choix étant évidemment partie prenante pour qui proposent aux autres de se promener le cul à l'air... donc, de ne pas non-plus porter ses culottes.
    Vive le Québec libre et républicain Monsieur !
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  • ragazzino - Inscrit
    23 janvier 2012 05 h 30
    En effet
    Je suis essentiellement d'accord avec vous, André Laurendeau disait la même chose lors de la Commission royale sur le bilinguisme. Le seul bémol que j'apporterais c'est le cas du gaulois au Pays de Galles qui connaît une véritable renaissance; le nombre de locuteurs augmente sans cesse. Résultat : au nord et à l'ouest du Pays de Galles, plus de 60% de la population le parle quotidiennement. Mais bon, au total ça nous fait que 22% de galloisants dans l'ensemble du Pays de Galles. Bien peu, vous me direz, sauf que la situation s'améliore constamment, et ils partent de bien loin!

    J'habite actuellement (et temporairement) le Pays Basque espagnol, où le basque, bien que parlé couramment par à peine 30% de la population, renaît aussi de ses cendres. La taux de bilinguisme chez les jeunes de 16 à 24 ans est de plus de 51%, plus de 70% chez les jeunes de moins de 16 ans! Bref, l'avenir du basque n'est pas si sombre...

    L'exception du français au Canada, c'est qu'il côtoie une langue tellement proche (l'anglais étant la plus latine des langues germaniques et le français la plus germanique des langues latines) que la contamination linguistique incidieuse est trop facile.
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  • Paul Lafrance - Inscrit
    23 janvier 2012 06 h 09
    La langue
    "If you can't beat them, join them". C'est un proverbe anglais qui nous sied bien.
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  • Michele - Inscrite
    23 janvier 2012 08 h 12
    La loi 101 et les Gaulois
    Certaines comparaisons ne s'appliquent pas. La loi 101 n'existait pas en Gaule.
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  • Jean-Pierre Grisé - Abonné
    23 janvier 2012 08 h 55
    You can join them,
    if you wish.Mais si votre langue maternelle et votre culture est francaise,je vous demande de vous tenir debout.Par contre si vous etes de langue et culture anglaise,j approuve votre choix et ne me reprochez pas de de pas aimer marcher sur les genoux .I will always stand straight and you know I speak as white as them I mean that French and English are both white languages..Et que je m adresserait toujours en francais dans les magazins au Quebec meme si j ai passe 9 ans dans les forces canadiennes. J ajouterais que votre choix n impressione personne,et que je n oserais la qualifier ici car Le Devoir est aussi strict sur le vocabulaire qu essaie de l etre l Assemble Nationale.
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    23 janvier 2012 10 h 40
    le bilinguisme et la maîtrise de sa langue
    Un citoyen bilingue sait reconnaître l'anglicisme qui se pointe, porte une attention particulière à la grammaire et à la syntaxe, enrichit son vocabulaire en cherchant des équivalences, soigne sa prononciation.
    Mes deux fils ont été immergés dans un milieu anglophone dans leur enfance, ils sont aujourd'hui bilingues et je vous assure que leur langue maternelle, le fraçais, n'en souffre pas, au contraire.
    Les dernières recherches indiquent même que la connaissance d'au moins une autre langue aident le développement intellectuel et retardent ou réduisent la présence de l'Alzeimer.
    Encore un petit effort pour l'histoire de la santé mentale et de l'ouverture d'esprit!
    La fixation sur la langue identitaire est une aberration.
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  • Rodrigue Guimont - Abonné
    23 janvier 2012 10 h 43
    L’histoire n’est pas une science exacte, mais il faut craindre une lente glissade vers l’assimilation
    Au Québec la langue du territoire est le français. Du fait de la Défaite française de 1760, beaucoup de mots anglais sont entrés dans notre langue (superstrat) sans toutefois jamais pu la déloger. Après 250 ans, on assiste insidieusement à l’envahissement progressif de la langue du conquérant, l’anglais.

    Ce qui est renversant, c’est le fait que le Québec est depuis une décennie en train de perdre son statut de langue officielle unique. Si rien n’est fait, c’est la glissade vers la diglossie, la pratique courante de parler une autre langue que maternelle. Un Québec bilingue comme l’est aujourd’hui le Nouveau-Brunswick et comme l’était jadis le Manitoba, aujourd’hui entièrement (ou presque) anglicisé.

    La mollesse ou l’encouragement, ou les deux, du gouvernement Charest y est pour beaucoup. Et c’est sans compter sur l’immersion obligatoire en anglais en 6e année dans les écoles publiques francophones.

    Un exemple: le 19 janvier dernier, Le Devoir rapportait qu’Hydro-Québec entendait chapeauter en septembre prochain un congrès canadien entièrement en langue anglaise! «Après une réflexion qui dura que quelques heures», écrivait-on, Hydro-Québec dut reculer et autoriser les chercheurs à présenter leurs travaux dans la langue de leur choix. Volte-face certes mais pour combien de temps?
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    23 janvier 2012 10 h 55
    Parler 5 langues
    La président de la CAQ que M. Legault présente ce matin à la presse, parle 5 langues en plus d'êtr ingénieure et d'être diplômée en administration.

    Nous pouvons bien être bilingues sans nous sentir diminués.
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  • camelot - Inscrit
    23 janvier 2012 12 h 11
    Revirement
    La France a changée sa politique récemment. L'enseignement des idiomes locaux est maintenant permis. Ceux que vous énumérez sont désormais acceptés. Suite à la Révolution française, on avait voulu imposer la langue officielle pour unifier la France. Ce fut une erreur. Il aura fallu attendre deux siècles et l'intervention de gens éclairés comme m. Hagège pour en sortir. Le même mal nous guette ici.
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    23 janvier 2012 13 h 32
    @ M. Camelot
    Enseigner les idiomes en France est simplement...idiot. Une niaiserie profonde et inutile pour nostalgiques.
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  • Dany Leblanc - Abonné
    23 janvier 2012 14 h 10
    Les minorités sont fragiles
    L'histoire, peu importe ce que certains disent, nous prouve clairement que les langues minoritaires s'assimilent. Ce n'est pas parce que certaines pays permettent aux minorités de réapprendre des langues quasiment disparus qu'on peut crier victoire. Soyons réalistes!

    Le problème avec le bilinguisme, ce sont toujours les minorités qu'elles ont intérêts de devenir bilingues. A part de certains anglo-québécois qui vivent en situation minoritaire, les anglais ont rarement envies d'apprendre le français. L'assimilation se fait donc en sens unique.

    Je ne suis pas opposé qu'on apprennent l'anglais mais le risque est là. Il est donc important de devenir souverain pour mettre en avant plan le français et diminuer l'attrait de l'anglais sans pour autant l'ignorer.
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  • Jean Lapointe - Abonné
    23 janvier 2012 15 h 03
    Le problème ce n'est pas le bilinguisme.

    A mon avis le problème ce n'est pas le bilinguisme en soi mais le bilinguisme dans l'état actuel de la situation au Québec.

    Le problème le plus grave c'est le désintérêt semble-t-il croissant de plusieurs Québécois pour leur langue, soit le français.

    J'ai souvent l'impression que nous sommes de moins en moins nombreux à y tenir et à vouloir l'améliorer.

    Il n'y a que la souveraineté du Québec qui pourrait sans doute permettre de revaloriser le français aux yeux de tous.

    Dans l' état actuel des choses, le biliguisme risque de devenir suicidaire.

    On en a déjà perdu pas mal des Québécois qui sont passés à l'anglais. On risque d'en perdre de plus en plus si on se contente de lois de plus en plus contraignantes.

    Dans un Québec indépendant dont la langue française serait la langue officielle, je suis porté à penser que le bilinguisme pourrait être beaucoup moins risqué pour la survie du français.

    Il faudrait ou il faudra quand même suivre la situation de près étant donné que nous ne sommes pas très nombreux et que nous vivons entourés de gens de langue anglaise, tant au Canada qu'aux USA.

    De toute façon nous n'avons pas de risque à prendre. Si le français disparaît parce qu'on n'a pas pris les moyens pour le conserver, le valoriser et l'améliorer, on ne pourra pas revenir en arrière. iL sera trop tard.

    Nous devons donc mettre toutes les chances de notre côté.

    A moins qu'on ne considère que ce ne serait pas grave si nous étions noyés éventuellement dans le grand tout canadien.

    Les gens qui trouvent qu'il n'y pas de problème au Québec en ce qui concerne
    la survie du français font probablement partie de ceux-là.

    Moi ça m'inquiète et ça m'inquiète beaucoup.
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  • Alexandre Dionne - Abonné
    23 janvier 2012 16 h 09
    Réponse @ Jacques Saint-Cyr.
    1) Vous omettez que l'auteur du texte distingue clairement bilinguisme personnel-individuel de bilinguisme institutionnel de l'État-nation ;

    2) C'est que votre conclusion nous permet de comprendre que vous méprisez le second terme de la distinction : le droit fondamental à la différence, à la diversité ne vaut rien, étant donné pour vous que " la fixation sur la langue identitaire est une aberration " !

    J'imagine que vous statuez de la sorte pour l'opinion démocratique de vos concitoyens : ces opinions auxquelles vous vous identifiez, c'es une fixation aberrante !

    Belle justification du despotisme de la pensée et de l'entité uniques !
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    23 janvier 2012 17 h 30
    AlexandreDionne; la diversité par la communication
    Votre couple bilinguisme individuel-institutionnel est fautif. Les angoissés se la langue identitaire rêvent avec effroi de l'assimilation par homéopathie, à partir de décisions individuelles désormais trop nombreuses. Mais ils font fausse route. Pour vivre la diversité, il faut parler le plus de langues possibles, c'est ainsi que les populations porteuses de valeurs ou de civilisations différentes se reconnaissent et s'apprécient. La langue de l'Europe désormais, dit Umberto Eco, c'est la traduction. Ce n'est pas la fin du monde, puisque ce qui nous unit, c'est la rencontre, pas "une langue" qui serait le seul fondement de nos identités multiples.
    Quand à l'institutionnel, on lui demande de respecter la langue officielle ainsi que celles des minorités. Ici, c'est l'anglais et les langues autochtones. Pour le reste, qu'il nous fiche la paix. Vous voyez bien que je me tiens loin de la pensée et de l'entité uniques. Et vous?
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  • Roland Berger - Abonné
    23 janvier 2012 21 h 53
    À Jacques Saint-Cyr
    Vous écrivez : « La fixation sur la langue identitaire est une aberration. » Tout à fait d'accord. Les Anglos-Canadiens qui rejettent l'occasion qui leur est offerte d'apprendre le français sont aberrants.
    Roland Berger
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  • Alexandre Dionne - Abonné
    25 janvier 2012 00 h 50
    @ Jacques Saint-Cyr : vous faites erreur !
    Voilà pourquoi nous ne serons jamais d'accord et qu'il ne saurait y avoir que le " polythéisme des valeurs ", cette " guerre des dieux " (Max Weber) entre vos " axios " et les miennes :

    1 - je peux bien parler 200 langues si le loisir et le bon plaisir m'en chante, néanmoins, rien au monde ne devrait, sauf la force du rouleau compresseur à l'asiatique (le despotisme à l'asiatique, précisait le père grec de l'histoire, Hérodote !), écraser le choix du droit à l'existence de la distinction identitaire d'une collectivité historique (qui n'est ni de gauche, ni de droite, mais simplement une question de principe de dignité). Là réside le fondement de la revendication au droit nationalitaire de ce " printemps des peuples " monsieur Saint-Cyr. Je ne dis pas qu'il n'y a pas en quelque sorte cette " espérance " dans la promotion de ce droit (mais trouvez une requête qui se dispense d'être aussi un acte de foi, et bonne chance !), mais quand vous voulez en annihiler la légitimité sous de faux prétextes d'absolue impossibilité, en poussant à ce que l'on cesse toute tentative de conditionnement (légaliste ou de changement statutaire-constitutionnel), eh bien, vous ne faites pas vous-même autre chose que d'instiller une prescription (négative), sous une version de l'histoire qui fait, au final, l'apologie des nations et courants conquérants, des " Pax Romana ", " Britanica ", etc., de l'Histoire !

    2 - que les citoyens et compatriotes québécois PUISSENT à titre individuel entonner le nombre de langue qu'il leur chante NE DONC DOIT D'AUCUNE SORTE, par l'axiocratie que je partage avec les nationaux-souverainistes du Québec, METTRE EN PÉRIL cette langue nationale-officielle-publique.
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