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Le bonheur, prise 33

«L’infini dans l’instant...» J’ai dit, en regardant le dôme de l’oratoire sous les flocons: «La joie n’interroge pas l’avenir. Elle y répond.» Tu as demandé: «C’est de toi?» J’ai répondu: «Non. Mais c’est lumineux.»<br />
Photo : Source: Josée Blanchette
«L’infini dans l’instant...» J’ai dit, en regardant le dôme de l’oratoire sous les flocons: «La joie n’interroge pas l’avenir. Elle y répond.» Tu as demandé: «C’est de toi?» J’ai répondu: «Non. Mais c’est lumineux.»

À retenir

    «Finalement, qu'est-ce que j'attends de la vie? C'est simple... je veux être heureuse, me dis-je. Sans avoir jamais réfléchi à ce qui pourrait me rendre heureuse ni à la façon d'y parvenir.» — Gretchen Rubin
Ça y est? Déjà revenus de vos résolutions? Sinon, ça ne saurait tarder après trois semaines de vœux pieux et de ceinture de chasteté morale. Dans un geste de libération inspiré par la révolution arabe, vous vous affranchirez, arracherez vos patchs de nicotine d'un élan souverain, prendrez rendez-vous avec votre coach à la Cage aux sports plutôt qu'au gym, céderez aux appels du fromage double crème (une lichette, hein!), prétendrez que les résolutions, c'est pour les cons, les sans-imagination, les autres, sans-reliefs de toutes espèces.

Vous n'avez pas tout à fait tort. Pourquoi s'embarrasser de résolutions quand on peut tout simplement être discipliné? La discipline est l'une des plus grandes libertés de ma vie, sa pierre d'assise. Pour moi, pas de bonheur possible sans la discipline pour y parvenir. Dommage qu'elle soit associée à Guantánamo, à la droite religieuse et aux privations imposées de l'extérieur, car elle offre justement une avenue à suivre pour s'assurer d'être seul maître à bord.

Chaque début d'année, on nous ressert le bonheur sous forme d'idéal à atteindre. Je croyais bien qu'on ne pouvait plus espérer vendre un autre livre de recettes sur le bonheur aux masses laborieuses et passives (mais indignées sur indignez-vous.ca). Je me trompais. Les recettes, c'est l'assurance tous risques du «Je l'ai testé pour vous».

Une résolution intenable

Mon pote Languirand m'a parlé du livre Opération bonheur de l'écrivaine Gretchen Rubin, numéro 1 sur la liste des best-sellers du New York Times et depuis un an sur celles du Canada, traduit dans une trentaine de langues (et dont il traitera demain à son émission Par 4 chemins). «Tu aurais pu l'écrire!», s'enthousiasmait mon octogénaire ami au bout du fil. Il a raison, j'aurais pu, si j'étais plus disciplinée.

En le lisant, on comprend qu'une résolution pour l'année s'avère tout simplement intenable. Gretchen Rubin, elle, en a pris une par mois et les découpe en saucissons. En janvier, elle s'attaque à son niveau d'énergie, en février à son couple et à l'amour, en mars au travail, en avril à la famille, en mai à ses loisirs, et ainsi de suite. Je me suis arrêtée en juillet, où elle s'attarde à son rapport aux objets, à l'argent et à la consommation. Et je n'ai pas encore abordé août: elle scrute les cieux et l'éternité en citant quelques proverbes bouddhistes sur le bonheur. Une chose est certaine, cette fille est un modèle et son modèle se vend bien.

Le bonheur n'est pas glamour

Même si j'ai trouvé le livre Opération bonheur très Oprah et porté sur l'anecdotique, il m'a au moins forcée à faire l'exercice de me demander: qu'est-ce qui me rend heureuse? Écrire le roman que mes amis me réclament ou faire des confitures d'abricots dont «mes» gars se pourlèchent les babines? Jouer aux 7 familles dans la tente-igloo avec mon B et mon beau-fils ou accepter une énième invitation à la radio pour parler de romantisme en déclin ou de la décote AAA, la préménopause de l'euro?

Dans le désordre, ce qui m'a permis de toucher au bonheur pourrait s'appeler l'équilibre, la mesure. Apprendre à dire non pour préserver cet équilibre a été l'une de mes premières règles de conduite. Il faut jalouser son temps qui mène au bonheur. Comme je jalouse mon temps qui mène à l'espace intérieur pour écrire et créer.

«En vieillissant, le piton fuck off qui nous permet de nous sacrer du regard des autres est collé», me glissait récemment une amie plutôt excentrique qui joue encore à la poupée à 59 ans. Deuxième règle de bonheur: ne plus espérer la caution extérieure, ne plus craindre d'être tancée du regard.

«Ce qui me rend heureuse, ce n'est pas d'écrire un autre livre, c'est de m'occuper de ceux que j'aime», me confiait une amie-mamie dont la générosité légendaire ne connaîtra pas de remboursement durant la présente incarnation. Le bonheur n'est pas glamour, il s'évanouit rapidement derrière les honneurs. Le bonheur se fait souvent tout petit, tapi dans son coin, un sourire, une main tendue, une écoute, du temps volé, et puis c'est tout. Mais cette empreinte demeure des heures, voire des jours durant, tatouée au coeur.

Demandez aux gens le moment qu'ils préfèrent dans leur journée; c'est souvent celui où ils se glissent entre les draps le soir, avec un soupir de soulagement, cet entre-deux où ils échappent à la spirale, aux attentes, aux obligations, et se font tout petits sous la couette. Merci, bonsoir, mission accomplie. C'est souvent la seule fois qu'ils s'appartiennent.

Le bonheur est aussi, pour moi, l'enfant de la spontanéité. Dans un monde réglé par de multiples agendas, décider in extremis de ce qui nous fait envie est un luxe à la fois inaccessible et abordable. J'ai adoré aller marcher à l'oratoire dans la tempête de neige la semaine dernière, amoureux comme des flocons. On y va? On y va. Rien que nous deux et l'éternité de ce halo de lumière divine dans la nuit. Si le bonheur n'est pas là, je ne sais pas ce qu'il vous faut. Peut-être le voir.

Comme une bordée de joie

On ne peut pas confondre la joie et le bonheur. Le bonheur est une eau tranquille; la joie, un ruisseau magique. Mais lire le livre Petit éloge de la joie (folio) de Mathieu Terence m'a procuré énormément de bonheur philo-poétique et rappelé combien la joie se fait rare une fois l'enfance évanouie. La joie de dessiner des anges dans la neige au retour de l'école avec mon B. La joie d'écrire au chaud alors que le ciel se décharge sur nous. La joie de retrouver de vieux amis. La joie de faire l'amour l'après-midi. La joie de prendre un bébé dans ses bras. La joie de «mon» ruisseau qui gazouille l'hiver. La joie de prendre la poudre d'escampette et de se débrancher. La joie de nettoyer après la fête, de sentir la maison respirer. «Quoi de plus saugrenu que l'idée d'un bonheur sauvage? Une joie domestique», écrit Terence dans cette série d'aphorismes et de courtes réflexions sur une émotion d'autant plus précieuse qu'elle nous échappe souvent.

Je lui laisse le mot de la fin — son 33e jet sur la joie — et c'est la grâce que je vous souhaite pour 2012: «Refuser le port de la déprime obligatoire et l'euphorie qui la compense, ménager le plus d'enfance en soi, ne pas castrer ses goûts en les mettant sur le même plan par démagogie, ne pas renoncer à ses aspirations les plus élevées par timidité, ne pas s'en tenir au malheur et accepter cette épreuve supérieure qui consiste à ne pas s'en tenir au bonheur non plus. Et puis prendre son parti de la solitude que tout cela implique.»

cherejoblo@ledevoir.com
twitter.com/cherejoblo

The Singing Detective - Accentuate the Positive



***

Et les zestes

Visité
le blogue de Gretchen Rubin, www.happiness-project.com. Chaque jour, un secret du bonheur. Why not coconut? Vous n'aurez pas besoin du livre.

Aimé Soupes exquises d'Annie Bell (Les Éditions de l'Homme). Pour moi, bonheur rime avec soupe. L'hiver, j'en ai une sur le feu chaque midi et j'en glisse toujours dans la boîte à lunch de mon B.

Un livre pour renouveler le genre et faire le plein de légumes. Crème aux deux lentilles, aux oignons caramélisés et citron, soupe aux patates douces, cumin et yogourt à la feta, velouté de chou-fleur au cheddar (très populaire avec les enfants), minestrone vert avec pesto à la menthe et amandes, de quoi se mitonner des effluves de bonheur partout dans la maison.

Reçu Popi, le magazine éducatif mensuel des 1-3 ans. Ce premier numéro entièrement québécois porte sur la neige, cette joie floconneuse. Très bien fait, le genre d'ouvrage que je lirais avec bonheur si j'avais un tout-petit. Popi est publié en France depuis 25 ans.

Conservé précieusement le dernier livre de Dominique Loreau, Faire le ménage chez soi, faire le ménage en soi (Marabout). Cette auteure que j'adore et qui vit au Japon fait du ménage une thérapie intérieure, une des portes d'accès au bonheur, une méditation. «Ceux que le ménage ennuie s'ennuient souvent dans leur vie, écrit-elle. Faire son ménage, c'est redécouvrir quelque chose d'extraordinaire qui était déjà en nous: le plaisir de sa propre existence. C'est réaliser que n'avoir ni faim ni froid, avoir un toit, c'est cela être heureux. C'est réaliser que le bonheur, c'est d'abord le repos du coeur et de l'esprit dans son intérieur et non quelque chose qui nous arriverait de l'extérieur. C'est, en quelque sorte, ne plus avoir besoin de plaisirs.» Je secoue mon torchon d'allégresse.

***

JoBLOG


Rien ne s'oppose à la nuit

J'ai hésité avant de m'y plonger, connaissant trop bien le sujet. J'ai attendu que mon mari un peu usé de la rotule s'y mette pour le suivre. Nous l'avons débuté et terminé le même jour. «T'es rendu(e) où?» est devenu le leitmotiv de nos vacances de Noël. Nous nous sommes laissés happer par l'écriture, fine, sans fioritures mais toujours juste, «dans» l'émotion. Delphine de Vigan nous livre un «roman», une autofiction sur sa mère, sujet épineux, explosif et terriblement douloureux lorsque cette mère a été bipolaire et s'est suicidée sur le tard après une vie de ravages.

Rien ne s'oppose à la nuit, le joli titre repiqué dans Osez Joséphine — une chanson de Bashung — est un livre prenant, une catharsis, mais pas seulement. Tous les bipolaires n'affrontent pas les mêmes démons, et Delphine nous dépeint sa mère Lucille avec autant d'affection que de détresse.

De tout ce que j'ai pu lire sur cette sourde maladie et le suicide qui en découle parfois, sur l'héritage qu'il laisse, Delphine de Vigan est la première en qui je me retrouve, jusqu'à la toute dernière phrase.

J'ai pleuré en la quittant. On peut vivre le deuil d'un livre longtemps.

http://fr.chatelaine.com/blogues/jo_blogue

***

«La joie n'est pas volontaire. Elle ne se décide pas, pas plus qu'elle ne se décrète. Il faut fuir comme la peste ceux qui en vendraient la recette. En revanche, la joie exige un climat favorable: un état d'esprit pareil à un état de grâce. Le climat favorable se favorise.»
«Aujourd'hui, le bonheur n'est qu'un antidépresseur.»
— Mathieu Terence, Petit éloge de la joie
 
 
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  • Denis Paquette - Abonné
    20 janvier 2012 08 h 57
    La vie, une longue marche accomplie a petits pas, ca nous prépare pour plus tard
    Pourquoi, faut-il ne pas guérir de l’incertitude, parce que ça pousse à réfléchir
    Pourquoi ne pas parler des âges de la vie, car la vie a des âges, l’adolescence n’a rien à voir avec la vieillesse, pas plus que l’âge de se reproduire et de se désirer, n'a d’être parent ou grand parent
    Je vous aime et bonne semaine
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  • Jean-François Laferté - Abonné
    20 janvier 2012 09 h 43
    Ouais t'as ben raison!
    JB,

    Juste de lire ça:

    "C'est réaliser que n'avoir ni faim ni froid, avoir un toit, c'est cela être heureux."

    Go and get a life!

    JF
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  • Fernande Trottier - Abonnée
    20 janvier 2012 10 h 49
    Que puis-je demander de plus ?
    Josée... très souvent je dis : merci mon Dieu...j'ai un toit, un bon lit, un oreiller, de bonnes choses à manger, il fait chaud dans l'appart. que puis-je demander de
    plus ? j'cré ben que je suis heureuse !
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  • Pierre Samuel - Inscrit
    20 janvier 2012 11 h 06
    Marchande de bonheur...
    Merci de nous rappeler fréquemment dans vos vivifiantes chroniques et dans un monde sans repaire que le bonheur est plus que «du chagrin qui se repose» comme le disait pourtant ce bon vieux Léo Ferré et sa révolte nécessaire...

    Bonne année à vous et plein de ces petites joies qui conduisent au bonheur!
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  • Gilbert Talbot Gilbert Talbot - Abonné
    20 janvier 2012 11 h 53
    Philopoésie
    Rejoindre l'indicible, tel est le but de la poésie.

    Fermer les yeux pour mieux le voir
    ne plus rien dire pour mieux l'entendre
    Et saisir l'éternité qui passe.
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  • dense simard - Abonnée
    20 janvier 2012 12 h 32
    oui, marchande de bonheur...
    J'aime toujours vous lire, j'ai pris note des livres sur le bonheur et la joie. On oublie trop facilement les simples données sur le bonheur.

    Merci de nous les rappeler. Je suis seule depuis plus de 20 ans — mon mari est décédé — et je ne suis pas malheureuse. Pourquoi ne dirais-je pas - je suis heureuse?
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  • Michel Coron - Inscrit
    20 janvier 2012 20 h 16
    Où donc est le bonheur ?
    Où donc est le bonheur ?

    Victor HUGO, Les Feuilles d'automne, 28 mai 1830

    Sed satis est jam posse mori. - Lucain. °

    "Où donc est le bonheur ?", disais-je. - Infortuné !
    Le bonheur, ô mon Dieu, vous me l'avez donné.

    Naître, et ne pas savoir que l'enfance éphémère,
    Ruisseau de lait qui fuit sans une goutte amère,
    Est l'âge du bonheur, et le plus beau moment
    Que l'homme, ombre qui passe, ait sous le firmament !

    Plus tard, aimer, garder dans son coeur de jeune homme
    Un nom mystérieux que jamais on ne nomme,
    Glisser un mot furtif dans une tendre main,
    Aspirer aux douceurs d'un ineffable hymen,
    Envier l'eau qui fuit, le nuage qui vole,
    Sentir son coeur se fondre au son d'une parole,
    Connaître un pas qu'on aime et que jaloux on suit,
    Rêver le jour, brûler et se tordre la nuit,
    Pleurer surtout cet âge où sommeillent les âmes,
    Toujours souffrir ; parmi tous les regards de femmes,
    Tous les buissons d'avril, les feux du ciel vermeil,
    Ne chercher qu'un regard, qu'une fleur, qu'un soleil !

    Puis effeuiller en hâte et d'une main jalouse
    Les boutons d'orangers sur le front de l'épouse ;
    Tout sentir, être heureux, et pourtant, insensé !
    Se tourner presque en pleurs vers le malheur passé ;
    Voir aux feux de midi, sans espoir qu'il renaisse,
    Se faner son printemps, son matin, sa jeunesse,
    Perdre l'illusion, l'espérance, et sentir
    Qu'on vieillit au fardeau croissant du repentir ;
    Effacer de son front des taches et des rides ;
    S'éprendre d'art, de vers, de voyages arides,
    De cieux lointains, de mers où s'égarent nos pas ;
    Redemander cet âge où l'on ne dormait pas ;
    Se dire qu'on était bien malheureux, bien triste,
    Bien fou, que maintenant on respire, on existe,
    Et, plus vieux de dix ans, s'enfermer tout un jour
    Pour relire avec pleurs quelques lettres d'amour !

    Vieillir enfin, vieillir ! comme des fleurs fanées
    Voir blanchir nos cheveux et tomber nos années,
    Rappeler notre enfance et nos beaux jours flétris,
    Boire le reste amer de ces parfums aigr
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  •  
  • Michel Coron - Inscrit
    25 janvier 2012 22 h 39
    Hugo (suite et fin)
    Vieillir enfin, vieillir ! comme des fleurs fanées
    Voir blanchir nos cheveux et tomber nos années,
    Rappeler notre enfance et nos beaux jours flétris,
    Boire le reste amer de ces parfums aigris,
    Être sage, et railler l'amant et le poète,
    Et, lorsque nous touchons à la tombe muette,
    Suivre en les rappelant d'un oeil mouillé de pleurs
    Nos enfants qui déjà sont tournés vers les leurs !

    Ainsi l'homme, ô mon Dieu ! marche toujours plus sombre
    Du berceau qui rayonne au sépulcre plein d'ombre.
    C'est donc avoir vécu ! c'est donc avoir été !
    Dans la joie et l'amour et la félicité
    C'est avoir eu sa part ! et se plaindre est folie.
    Voilà de quel nectar la coupe était remplie !

    Hélas ! naître pour vivre en désirant la mort !
    Grandir en regrettant l'enfance où le coeur dort,
    Vieillir en regrettant la jeunesse ravie,
    Mourir en regrettant la vieillesse et la vie !

    Où donc est le bonheur, disais-je ? - Infortuné !
    Le bonheur, ô mon Dieu, vous me l'avez donné !

    28 mai 1830
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  •  
  • Nicolas Gagné - Abonné
    26 janvier 2012 10 h 47
    Une naissance, un grand bonheur !
    Chère Josée, vos écrits sur le bonheur tombent à point…

    J’ai hésité et attendu si longtemps. La maternité? Pas pour moi. Mais finalement, à 38 ans j’ai eu ma première. Puis, 24 mois plus tard, vendredi dernier est né mon fiston. Ma petite famille, du pur bonheur!
    Nous sommes de retour à la maison depuis quelques jours seulement. Je suis comblée, en état de grâce avec mon nourrisson. Comme je l’ai fait pour sa sœur, je conserverai en souvenir pour lui l’édition papier du Devoir du jour de sa naissance. Or quel merveilleux sujet de circonstance, vous y traitez du bonheur.
    Je vous lis, il dort à mes pieds dans son petit panier d’osier, tellement mignon. « La joie de prendre un bébé dans ses bras » dites-vous. Comme vous avez raison! Je laisse le clavier pour serrer bébé contre mon sein et mon cœur. Et quelle joie de le sentir, sa douce odeur de bébé. En ces instants, je suis profondément heureuse. Je tenais à vous l’écrire, pour vous remercier de ce petit/grand bonheur que vous me faites en me rappelant l’importance de savourer ces moments si simples et pourtant inoubliables.

    Julie Bleau, une fidèle lectrice qui vous apprécie beaucoup
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