dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 18h19
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Cancer du sein - Toutes les causes

En se penchant sur le phénomène du ruban rose, symbole même d'une cause sympathique et importante, celle du cancer du sein, l'ONF brise un tabou. «Il faut repolitiser la cause», dit l'une des interviewées du film L'industrie du ruban rose. Et cesser de tout mettre sur le dos des individus.

Le documentaire L'industrie du ruban rose, que signe la cinéaste Léa Pool sur une idée de la productrice de l'ONF Ravida Din, débute par une allocution de Ronald Reagan: il est temps, souligne celui qui était alors le nouveau président des États-Unis, de délester l'État de certaines missions sociales pour en charger l'entreprise privée par l'entremise de la philanthropie.

Trente ans plus tard, l'affaire est entendue. Même au Québec, longtemps réfractaire à cette approche, le marketing social est maintenant enseigné dans nos universités, et les campagnes de financement, même celles liées à la pauvreté, n'ont plus peur des publicités de luxe pour se faire remarquer. Après tout, des centaines d'organismes se disputent l'attention du public et des entreprises.

À cet égard, le ruban rose est devenu emblématique d'un marketing social réussi. On le voit partout, sur une myriade de produits, et magazines, vedettes, politiciennes se bousculent pour s'y associer. L'affaire est d'autant plus à souligner qu'il fut un temps où le milieu médical, et particulièrement celui de la recherche, ne s'intéressait guère aux maladies touchant spécifiquement les femmes. Maintenant, chaque année, des dizaines de milliers de femmes et leurs proches se réunissent pour marcher ou courir afin de recueillir des fonds contre le cancer du sein. La solidarité et la détermination des participantes y sont remarquables, leur sincérité totale et émouvante. Et des centaines et des centaines de millions de dollars sont ainsi recueillis.

Le succès est tel que l'on ne se pose même plus la question: et ça donne quoi, un tel engagement? Des fonds pour les traitements, ce qui fait l'affaire des compagnies pharmaceutiques... et ne sauve pas tout le monde. Mais pour trouver les causes du cancer du sein? Presque rien. Et encore moins s'il s'agit de mettre au jour des causes environnementales ou sociales.

La prévention, version ruban rose, c'est une affaire individuelle: mangez bien, bougez, ne fumez pas, ne buvez pas et vous serez épargnées... Et si le cancer vous rattrape malgré tout, pas question de savoir si c'est à cause de la pollution, du plastique, des agents cancérigènes dans les cosmétiques ou les milieux de travail... Il faut plutôt garder le sourire! Car vous êtes des combattantes, des survivantes. Et cela vaut tellement mieux pour l'image de marque des firmes qui vous appuient...

Ce dur constat ne vaut pas que pour le cancer du sein. Le portrait social de la maladie reste quelque chose de très marginal dans les secteurs de la recherche et dans le discours politique. Au Québec, on peut au moins compter sur les directions de santé publique (DSP) pour sonner l'alarme, par exemple en faisant état de l'impact des inégalités sociales sur la santé des individus. Mais cela n'est jamais suivi d'effets.

En novembre dernier, la DSP de Montréal soulignait ainsi que si les femmes pauvres risquent moins de développer un cancer du sein, elles en meurent davantage quand elles en sont atteintes. Mais pour savoir pourquoi, il faudrait un regard large, global, de ceux qui impliquent de grands segments de population. Ce qui demande du temps, donc de l'argent, pour des résultats qui risquent de bousculer les pouvoirs établis, qui n'ont donc pas intérêt à financer de telles enquêtes.

C'est de cela que le film de Léa Pool cause. Et c'est pour ce côté provocant, dérangeant, qu'il ne risque pas, hélas, d'avoir une longue carrière dans un cinéma près de chez vous...
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Johanne St-Amour - Inscrite
    17 janvier 2012 07 h 25
    Maketing social réussi?
    Quand je vais à mon épicerie et que la première chose que je vois en entrant est un balai à neige rose, je ne crois pas que le marketing social du ruban rose est réussi mais qu'il est envahissant! Très envahissant!

    Toutes les campagnes du genre devraient régulièrement faire une reddition de compte. Et il est très dommage que la recherche se penche majoritairement sur l'"invention" de nouveaux médicaments (souvent avec des effets secondaires banalisés) ou de nouvelles technologies coûteuses alors qu'on occulte les causes véritables.

    Un autre exemple d'un phénomène où les causes véritables sont occultées : la fertilité. Il semblerait qu'engendrer n'aille plus autant de soi qu'avant: de plus en plus de couples font appel à des technologies (dispendieuses, souvent douloureuses et compliquées). Et on fait fi des causes environnementales qui serait un élément majeur dans ce problème (comme dans les causes du cancer).
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Yvon Bureau - Abonné
    17 janvier 2012 09 h 42
    Prévention Oui Oui Oui
    Dans la prévention et dans la recherche, faudrait se souvenir aussi du lien cœur-corps-esprit. Se souvenir de TOUTE la personne et de ses relations avec autrui. Mon Moi est un Nous très complexe, mais pas compliqué du tout !

    Ce qui se passe dans le monde émotionnel, ce qui se dit dans notre cerveau et se programme souvent inconsciemment, tout ce que le corps se doit de faire face souvent héroïquement, tout cela se tient, ensemble. Ce n'est pas compliqué, le corps, ET c'est tellement merveilleusement complexe.

    Les recherches du Dr Hamer ont sûrement de quoi de bon. Dans le monde des relations avec les autres, les grands chocs émotionnels refoulés peuvent avoir tellement d'impacts négatifs et majeurs. Lors de ces chocs, en PARLER au plus tôt avec quelqu'un qui sera nous écouter, sans nous juger, est majeur et surtout pas à négliger.

    5 % des argents recueillis pour la prévention nettement est insuffisant.

    Ne regarder et traiter que les organes et les glandes, c'est insuffisant.

    Penser un peu à l'intérêt de la personne atteinte, c'est insuffisant.

    Trop d'intérêts mercantiles, ça suffit !

    Toute mon admiration aux combattantes et aux nombreux bénévoles si sincères et dévoués.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Dominique Châteauvert - Abonnée
    17 janvier 2012 10 h 32
    Les inhibiteurs d’histones déacétylase
    En continuité avec l'intervention de M. Bureau, il est utile de signaler qu'il existe une protéine dans le foie dont la tâche est de s'attaquer uniquement aux cellules cancéreuses du corps humain, contrairement à la chimiothérapie qui attaque les autres cellules. Les recherches sur l'utilisation de cette découverte ne font que commencer. Par ailleurs, il est bien connu qu'une colère sourde affecte le métabolisme du foie. On parle alors de "se faire du mauvais sang" ou "se faire du sang de cochon". Trois de mes amies ont développé un cancer du sein suite à une trahison sexuelle de leur conjoint qui leur a été dévoilée par un tiers. Deux avaient des enfants en bas âge et la troisième était en couple depuis plus de 30 ans. Un tel évènement crée une onde de choc sur le métabolisme du corps humain et peut déstabiliser temporairement tous les systèmes de protections internes d'une personne.Si elle a trop honte pour en parler, la colère et la détresse ne peuvent s'évacuer et la maladie s'installe à demeure.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • France Marcotte - Abonnée
    17 janvier 2012 11 h 08
    Écrire avec un poil dans la main
    ...dans le sens de entravée par quelque chose.

    Cet éditorial se termine d'une décevante façon: "Et c'est pour ce côté provocant, dérangeant, qu'il ne risque pas, hélas, d'avoir une longue carrière dans un cinéma près de chez vous..."

    C'est une prédiction ou un souhait? Si c'est une prédiction, à quoi sert-il de la faire à moins de souhaiter qu'elle se réalise?

    Une chose est sûre, le spectateur pourrait sortir du cinéma avec l'idée qu'il est grand temps que, puisque personne d'autre ne le fait et comme pour ce qui a été de la corruption dans le domaine de la construction, il est grand temps que les médias donnent un bon coup dans le sens de dévoiler le pot aux roses qui se cache dans "le portrait social de la maladie" qui n'est jamais fait.

    Et puis, aller au cinéma ou non est une décision très individuelle...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • France Marcotte - Abonnée
    17 janvier 2012 12 h 07
    Ou une épine dans la main?
    Oui, cela aurait été plus juste et plus joli.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • armand guindon - Inscrit
    17 janvier 2012 12 h 11
    Diffusion
    Ce film devrait être diffusé à la télé,voilà tout.
    C'est de cette façon que l'on rejoint le plus de gens
    Télé Québec ou TVA devrais le présenter à heures de grandes écoutes
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Johanne St-Amour - Inscrite
    17 janvier 2012 18 h 13
    Une approche globale
    J'écoutais un jour une entrevue à la radio avec Pierre Légaré, Geneviève Borne et d'autres personnes qui avaient vécu un cancer suite à un choc affectif. Un médecin était invité et IL NE FALLAIT SURTOUT PAS DIRE QU'IL Y AVAIT UN LIEN entre ces chocs et le développement du cancer. VOYONS! Rares sont les médecins qui ont une véritable approche globale de la personne. Il est beaucoup plus facile de contrôler le corps que de tenter de comprendre la psyché de la personne pour certains. Je suis totalement d'accord avec vous M. Bureau, il faut traiter toute la personne. Pour remerciement de ses théories, on a emprisonné le Dr Hamer. Ses théories obligeaient un certain milieu scientifique à se remettre en question.

    Une psychologue que je connais et qui traite des gens atteints de cancer (et dont les tumeurs diminuent après traitement psychologique), m'a dit un jour : "Ce ne sera peut-être pas le milieu médical qui fera en sorte que certains cancers liés aux chocs affectifs, à des difficultés de vivre, diminueront. Ce sera davantage des psychologues ou d'autres thérapeutes". Je crois qu'elle a raison.

    Oui le lien coeur-corps-esprit (comme dans spiritualité qui est une autre dimension de l'être humain) est important. Très important. Allons aussi dire cela aux scientifiques, à ceux qui amassent des sous pour contrer le cancer...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Hilary_T - Abonné
    18 janvier 2012 08 h 53
    Des recherches svp
    De belles discussions ici. Je salue madame Châteauvert. J'avais entendu parler aussi de ces théories sur l'importance du foie dans le métabolisme et la prévention du cancer.

    Avouez qu'il est temps que les temps changent. Que le système de "santé" proprement dit délaisse un peu les stratégies des écoles du marketing et entre réellement dans celui de la connaissance scientifique.

    Le problème ici est la main qui nous nourrit et qui crée des emplois. Logiquement, pour augmenter ses profits, travaillera-t-elle pour la santé de la population et l'élimination de maladies ? Poser la question est y répondre.

    Et si les recherches indiquaient plutôt que la vrai prévention et guérison du corps en présence de cellules cancéreuses est POSSIBLE ? Très peu de recherches se font en ce sens et débouchent sur des recommandations concrètes .

    Nos gestionnaires, issus de nos universités étrangement amputées de notions d'études en économie sociale et solidaire sont évalués sur la croissance des profits. C,est étrange que nous laission le pharmaceutique intervenir autant dans le traitement du cancer, la formation et la recherche, alors que nous savons son intérêt ailleurs que dans la prévention de la maladie. La guérison pour les statistiques, mais ne chercher pas à percer le pourquoi des secrets industriels et jalousement breuvetés. Il est insensé que notre santé soit laissée au main de ce ces mastodontes industriels, gourmands et habiles en marketing social !

    Le ruban rose est, selon moi, le parfait symbole de l'incompatibilité entre santé et... capitalisme.

    Et alors que débute l'année des coopératives, il est grand temps de s'indigner et de réclamer autre chose.

    Même s'il restera peu de temps en salle fort probablement, "L'industrie du ruban rose" sera probablement disponible sur le Web après sa diffusion en salle, tout comme les bons vieux documentaires "The Corporation" et "Silence on vaccine".
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
8 réactions
15 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012