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Signe des temps

Il existe des nouvelles qui ne font pas la manchette mais qui en disent long sur l'esprit contemporain. Ainsi, l'on apprenait cette semaine que l'Association des thanatologues du Québec, de fait les entreprises en pompes funèbres, souhaitait des modifications au Code de la route leur permettant d'installer sur leurs véhicules des feux stroboscopiques.
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  • jdelisle - Abonné
    14 janvier 2012 10 h 48
    Le savoir vivre
    Félicitations pour votre article "Signe des temps". Comme toujours pour savez exprimer clairement les divers malaises sociaux qui affligent notre société. J'aime beaucoup vous lire. J'ai, moi aussi, remarqué que ce que nous appelions autrefois les "règles de la bienséance" et qu'on peut appeler aujourd'hui tout simple "le savoir vivre" semblent inconnues d'une majorité de nos concitoyens, et pas uniquement des jeunes. À cet égard, l'émission "Un souper presque parfait" peut être vue comme une image, hélas, assez fidèle de l'ensemble de la société de ce point de vue. On y mange sans enlever sa casquette, on ignore les règles les plus élémentaires du comportement à table, on va même jusqu'à insulter l'hôte qui reçoit. Et je ne parle pas des conversations, le plus souvent en bas de la ceinture, qui dénotent une pauvreté d'idées lamentable. Dans d'autres contexte, les incivilités sont nombreuses: rapports agressifs avec des vendeurs, absence de remerciements après avoir reçu un service, impatience injustifiée au volant, attitude déplorable à l'égard des signaleurs routier, tutoiement d'inconnus. Chez un marchand de café et à un guichet d'une Caisse polulaire, on m'a accueilli en me disant "Bonjour cher". Et je pourrais allonger la liste de nombreux cas, sans grandes conséquences en soi, mais qui, il n'y a pas si longtemps encore, faisait partie des bonnes manières. La civilisation c'est aussi cela: savoir vivre c'est aussi savoir respecter l'autre.
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  • Yvon Bureau - Abonné
    14 janvier 2012 11 h 55
    Une disparition porteuse de vie
    Une célébration bien préparée, solidement bien animée, agréablement bien soutenue par chants-paroles-musiques, apporte beaucoup aux survivants.

    La préparation demande beaucoup de temps, d'amour, de respect, de centration sur la personne décédée, de gratitude, de consultations d'experts; plus un mourant aura signifié ses valeurs et ses choix, plus la célébration apportera union dans la famille, plus elle sera proportionnée et personnalisée.

    J'ai animé il y a une année la célébration-hommage d'une belle-soeur. Centrée sur ses volontés ultimes. Ce fut un beau moment de vie. Ce fut pour les survivants un événement porteur de vie et créateur de soutien généreux.
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  • Marc O. Rainville - Inscrit
    14 janvier 2012 15 h 31
    Civisme pédestre
    Marchez à droite sur le trottoir !
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  • France Marcotte - Abonnée
    14 janvier 2012 17 h 41
    Et...?
    Vous nous laissez comme ça avec l'image des marines urinant?

    C'est oublier les îlots d'exemples contraires qui peuvent aussi se propager très vite.
    Par exemple cette vieille dame qui marchait derrière moi à pied sur le trottoir d'un viaduc au-dessus de la 25, hier. Je me retournais de temps à autre pour m'assurer que tout allait bien.
    Arrivée à l'intersection, quand la lumière est passée au vert, je l'ai attendue en lui faisant signe de la main devant les voitures pressées de repartir.
    -Venez!, on va traverser ensemble! À deux ils hésiteront à nous écraser!
    On a bien rigolé et on s'est quittées bonnes amies.
    Le tout a duré quelques minutes.
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  • Denis Paquette - Abonné
    15 janvier 2012 08 h 26
    Dégage, étant le mot symbole des indignés, que nous réserve l'avenir
    Je suis très heureux de vous voire aborder un sujet qui me chicote depuis un certain temps.
    Beaucoup m’ont dit que c’est l’adaptation au nombre et à la diversité
    Mais si nous en croyons Alexandre Soljenitsyne un monde sans noblesse est un monde condamné,
    Que faire alors pour remédier à cette situation.
    Le retour à la barbarie est-il inévitable
    Les romains ont connu ça,
    Allons-nous connaitre ca à notre tour
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  • Nasboum - Abonné
    15 janvier 2012 08 h 46
    sarcasme
    Un lecteur du Devoir a commenté la nouvelle en rigolant sur le fait qu'arriver plus tôt ou plus tard au cimetière ne changeait rien puisque la personne était morte. Cette réaction stupide masque une réalité plus dérangeante.

    Vous prenez tout au premier degré. C'était un commentaire léger pour dérider la situation; ça arrive souvent quand il y a mort dans la maison. Ça ne doit pas être joyeux chez vous.
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  • Airdutemps - Inscrite
    15 janvier 2012 09 h 07
    Mais aussi...
    Souventes fois, je demande, surtout aux jeunes messieurs, si je puis marcher avec eux dans les couloirs parfois vides du métro ou encombrés de citoyens à la mine patibulaire. Et c'est toujours avec un beau sourire et grande politesse qu'ils acceptent.

    Et ce sont toujours de jeunes hommes, particulièrement des Afro-Québécois, qui m'offrent leur siège dans les transports en commun. Rarement des jeunes filles québécoises, hélas ! Ces dernières sont souvent très impolies et vont jusqu'à te pousser pour entrer dans un wagon afin d'avoir un siège. Et ensuite, elles font comme si de rien n'était.

    Tout n'est pas noir ou tout blanc.
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  • MJ - Inscrite
    15 janvier 2012 10 h 41
    A
    Ces comportements que vous décrivez m’apparaissent symptomatiques d'un mode de vie effervescent dans nos grandes villes modernes et anonymes où l’agitation occupe une place importante au détriment du côté relationnel qui a perdu la cote. Dans notre société matérialiste où l'objectif premier est l'atteinte d'un maximum d’efficacité et de productivité, la déshumanisation et la dépersonnalisation sont à l'oeuvre.
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  • parade21 - Abonné
    15 janvier 2012 11 h 42
    Time is money
    Le temps s'accélère. Nous avons l'impression que tout va toujours plus vite. Le temps horloge, pourtant, est au beau fixe. Ce qui nous semble être une accélération du temps est le temps social. C'est-à-dire que nous accomplissons en une heure plusieurs tâches à la fois. Cadeau des nouvelles technologies. Je suis au volant de ma voiture, j'écoute la radio, je parle en même temps au téléphone. Je suis à une réunion, j'y suis présent mais je suis ailleurs aussi. Je consulte mes courriels sur ma nouvelle tablete Ipad ou sur mon Iphone, dit intelligent, et je continue de suivre les échanges des participants à la réunion tout en répondant à un appel téléphonique. Et tous ces courriels qui n'arrêtent pas d'entrer et dont je suis averti par la vibration de mon Iphone.

    Les temps morts n'existent pratiquement plus. C'est d'ailleurs l'abolition de ces temps morts qui sont à la base de la méthode de production Toyota. Il faut faire la chasse à ces temps morts improductifs. Et pourtant ces temps morts sont remplies de vie, c'est-à-dire d'échanges avec mes collègues de travail, avec mes enfants ou ma conjointe, avec mes amis. Et j'apprends de ces échanges. Mais c'est un temps mort qui pourrait être, avantageusement, utilisé pour l'apprentissage tout au long de la vie en lien avec le travail réel. Le temps mort est une accélération du temps. Le temps de vie est un temps lent, celui de la joie et du bonheur. Il est improductif au sens capitaliste du terme.

    Je me sens comme dans cette chanson de feu Claude Léveillé sur le travail d'un chauffeur de taxi. Ça va vite sur un temps rare. Pas le temps de souffler.

    Qu'ai-je à gagner de m'arrêter ou de ralentir pour laisser passer un corbillard? Le temps de vivre.
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  • Roch Langlois - Abonné
    15 janvier 2012 13 h 39
    Le respect...le savoir vivre....pour les défunts
    Il y a quelques années je travaillais en Roumanie, à Cernavoda (200 kilo, au sud de Bucarest, vers la mer Noire), pour la mise en marche d'un réacteur Candu. Une technicienne de mon équipe perd la vie dans un accident de la route, la journée où elle obtenait son permis. Ces funérailles avaient lieu dans sa ville natale à Craiova, à l'ouest de Bucarest, près de la frontière avec la Serbie. Après l'exposition dans la pièce principale de la maison. Le cercueil fut placé dans une boîte de camion, aménagée de tapis et de fleurs, avec le couvercle à ciel ouvert. Un orchestre suivait le cortège avec une musique de circonstance. Les Popes (Orthodoxes) suivaient dans une voiture tandis que parents et amis(es), à pied, prenaient le défilé funéraire. À chaque intersection de la route, le cortège s'arrêtait, et les Popes récitaient des prières tandis que les passants mettaient un genou au sol en faisant le signe de la croix.
    Voilà ce qu'on appelle, le respect, et le savoir vivre, de peronne encore humaine... Chez-nous, c'est même pas la peine d'en parler. Vous avez visé juste, Mme Bombardier.
    Roch Langlois, Laval.
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  • Jacques Lalonde - Abonné
    15 janvier 2012 14 h 04
    Un humanisme inspirateur
    Je trouve phénoménal le traitement que vous accordez à des faits divers pour les situer dans un contexte révélateur de sens et les charger d'un contenu qui entraîne une réflexion précieuse et profondément humaniste.

    Ce qui est ici en cause dans votre texte, c'est en définitive une vision de l'être humain, de l'humanité, que vous vous refuser de réduire à un être dépourvu d'une ouverture sur l'infini.

    Encore une fois vous démontrez l'importance, voire la nécessité de vos chroniques pour alimenter une réflexion fort éclairante chez vos lecteurs en faisant d'un simple fait divers un tremplin vers la saisie de réalités fondamentales trop souvent hélas oubliées.

    Jacques Lalonde
    Gatineau
    jlalonde@ca.inter.net
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  • cpoulin - Inscrit
    15 janvier 2012 15 h 21
    Sur la question de l'euthanasie
    À noter sur ce même sujet, la chronique de Louis Cornellier. Je souligne en passant cette information qu'il précise sur la question de l’euthanasie : « Selon un sondage Léger Marketing-Le Devoir dont les résultats ont été publiés dans nos pages le 28 septembre 2010, 71 % des Québécois seraient d'accord avec la légalisation de l'euthanasie, alors que 13 % seraient contre et que 16 % suspendent leur jugement. Preuve de cet intérêt pour la question, 270 citoyens et regroupements ont déposé des mémoires devant la Commission ». Un excellent article qui ajoute à la réflexion sur cette question essentielle abordée par Madame Bombardier et qui mérite doit être dans le même esprit. Claude Poulin Québec
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  • Notsag - Abonné
    15 janvier 2012 15 h 32
    Comportement naturel ou comportement induit?
    Il me semble que dans les villages et petites villes, on ne voit pas de tels comportements.

    Parfois, j'ai l'impression que plus la ville est grande, plus les gens sont, disons, "insensibles".

    Quand on voit le stress que les mégapoles font subir à l'environnement (air, eau, sol, etc...), il ne serait pas surprenant que ce stress s'exprime également chez les humains.

    Faudrait-il limiter l'envergure des villes?
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  • cpoulin - Inscrit
    15 janvier 2012 15 h 44
    Correction sur le texte précédent
    À noter sur ce même sujet, la chronique de Louis Cornellier. Je souligne en passant cette information sur la question de l’euthanasie : « Selon un sondage Léger Marketing-Le Devoir dont les résultats ont été publiés dans nos pages le 28 septembre 2010, 71 % des Québécois seraient d'accord avec la légalisation de l'euthanasie, alors que 13 % seraient contre et que 16 % suspendent leur jugement. Preuve de cet intérêt pour la question, 270 citoyens et regroupements ont déposé des mémoires devant la Commission ». Un excellent article qui ajoute à la réflexion sur cette question essentielle abordée par Madame Bombardier. Réflexion qui mérite être poursuivie dans le même esprit. Claude Poulin
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  • Jacques Baril - Inscrit
    16 janvier 2012 01 h 06
    «Ce monde où nous vivons.»
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  • Christian PHILIPPE - Inscrit
    16 janvier 2012 06 h 55
    UN NEZ AU MILIEU DE LA FIGURE
    Il y avait l'exemple des parents et l'éducation familiale, il y avait ensuite la personnalité des profs et l'enseignement et nous arrivions à l'adolescence avec des règles de civilité tout autant que notre nez au milieu de la figure . Il y avait ensuite la vie tout court pour ces enfants devenus des "gens" qui, pour la plupart et quel que soit le milieu social, appliquaient tout naturellement ce qui leur avait été enseigné! On respirer alors le même air pur mais libres, car chacun par notre nez pourtant.
    Cela n'est plus car nous ne sommes même plus libres en fait! Pourquoi alors s'attendre qu'il en soit autrement?
    Ajoutez les données TIME IS MONEY parfaitement exprimées par "parade21" et nous avons le monde actuel effectivement.
    C'est entièrement de notre faute mais on peut changer ça!
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  • Christian PHILIPPE - Inscrit
    16 janvier 2012 11 h 35
    Le tremplin du Devoir face aux réalités!
    à J.Lalonde amicalement
    Depuis le bon vieux temps du Devoir "combat pour une bonne cause" cela fait un bail que nous sommes perchés sur le tremplin du Devoir! Cela fait longtemps que certains ont compris la leçon de ce qui se passe aujourd'hui et du changement loft pour loft dont il s'agit pour nous. Quand donc sauterons nous à l'eau alors, là est la question? Les Devoirs de philo, bon d'accord mais ça va un temps on a pigé! On ne peut pas toujours rester avec son Devoir de vacances sous le bras qui reste encore à faire au dernier moment? Et si on les poussez un peu les jeunes en Devoir pour voir s'ils sautent avec nous comme au bon vieux temps pour faire son Devoir de citoyen!
    On a vécu de bons temps que voulez-vous!
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  • Normand Talbot - Abonné
    18 janvier 2012 19 h 12
    Extrait Journal 18 janvier 2012
    Je fais ma toilette et je finis de lire le Devoir de samedi, la chronique de Mme Denise Bombardier, Signe des temps. Je me questionne aussi sur la mort et sa représentation. Est-ce important, aujourd'hui, d'avoir une cérémonie qui ne veut plus rien dire, sauf aux gens comme elle et moi, qui avons une culture où la religion imposait un cérémonial qui ne veut plus rien dire à la génération de l'éternelle jeunesse? Je déplore le manque de politesse des jeunes, élevés en troupeau dans des maisons d'élevage qui rappelle « Le meilleur des mondes ». Mais si la religion ne me dit plus rien et que pour moi Dieu n'existe pas, qu'est-ce que ça fait si je ne veux pas de cette cérémonie? Ma mère est morte et ne voulait qu'une rencontre sur le parvis de l'église avant la messe et un léger repas après. On veut honorer nos morts, mais un mort, ce n'est plus qu'un objet physique, une enveloppe qui n'est que l'image de quelqu'un que l'on a connu et qui est mort peut-être en acceptant de ne plus être. Tout de lui a disparu, sauf cette enveloppe qui retournera d'où elle vient, au non-être. Quand quelqu'un que j'ai connu meurt, je pense à cette personne et je m'arrête pour penser à sa vie si j'en sais quelque chose, et je sais qu'un jour ce sera moi qui viderai ce corps de tous ses sentiments et émotions, le contact de la peau de l'autre, le regard qui croise celui d'un étranger et que l'on a l'impression de le connaitre en tout, sans paroles. Qu'un regard. Quand je pense à la mort, je revois Edward G. Robinson qui marche vers la maison de la mort retrouver le monde de son enfance dans « Soleil vert », le beau film de Richard Fleischer. Alors pourquoi faudrait-il une cérémonie qui ne veut plus rien dire qu'une rencontre de gens qui ne l'ont peut-être pas connu, mais qui veulent être là?
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  • Normand Talbot - Abonné
    26 février 2012 11 h 27
    L'Art de mourir
    Et si on évitait tous ces rituels morbides qui accompagnent les gens dans ce moment qui appartient si intimement à chacun pour ne retenir que l'énergie de vivre?
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  • Normand Talbot - Abonné
    26 février 2012 11 h 31
    Correction
    À la fin du précédent, il aurait fallu lire : Dany Laferrière, 2011.
    Merci
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