dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 18h19
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Protection du français - Nationaliser notre langue nationale?

Alain Dion, enseignant au cégep de Rimouski  10 janvier 2012  Actualités en société

À retenir

    La langue maternelle du colonisé,
    celle qui est nourrie de ses sensations, ses passions et ses rêves,
    celle dans laquelle se libèrent sa tendresse et ses étonnements,
    celle enfin qui recèle la plus grande charge affective,
    celle-là précisément est la moins valorisée. [...]
    Dans le conflit linguistique qui habite le colonisé,
    sa langue maternelle est l'humiliée, l'écrasée

    — Albert Memmi
«Maudit qu'on est colonisés!» Combien de fois ai-je entendu cette expression autour de moi au cours des derniers mois? Que ce soit à propos du dossier des hydrocarbures et du gaz de schiste, de la moyenâgeuse loi sur les mines que tente de nous faire avaler le gouvernement Charest avec son Plan Nord ou encore de l'apathie généralisée face à l'arrogance du gouvernement canadien, le constat est toujours le même. Désenchanté par la turpitude de dirigeants politiques assujettis aux diktats des marchés mondialisés et surtout conditionné depuis plusieurs années par la propagande quotidienne de médias de masse se faisant les apôtres de l'individualisme et de la négation des réalités nationales, le peuple québécois, après avoir nourri l'espoir de devenir maître chez lui, a lentement sombré dans une léthargie politique et sociale manifeste.

Au cours des dernières années, les gens de chez nous semblent même avoir perdu leurs réflexes de défense identitaire, se sont mis à douter, à hésiter à propos de ce que nous avons de plus précieux: notre langue et notre culture communes. Autrefois fier et ardent défenseur de son identité, le peuple du Québec paraît aujourd'hui plus confus que jamais, incapable de se rallier à cette lutte fondamentale. Pire, notre langue nationale est devenue un sujet de discorde et de mépris.

Pendant que des groupes de plus en plus nombreux sonnent l'alarme à propos de l'anglicisation de Montréal, des milieux de travail et même de certains services du gouvernement du Québec, une partie de la population assimile la défense de la langue française à un repli ethnique dépassé. L'attitude culpabilisante d'une certaine intelligentsia «accommodante» n'est d'ailleurs pas étrangère à ce phénomène inquiétant. À l'entendre discourir, le bilinguisme serait devenu la planche de salut pour tout individu souhaitant réellement réussir au Québec...

Après tant d'années de lutte, après tout ce travail acharné pour rebâtir notre identité et notre fierté nationales, assisterons-nous passivement à ce retour en arrière? Allons-nous choisir de revenir à cette réalité pas si lointaine où nous vivions comme des étrangers dans notre propre pays? L'époque de Speak white, de Bozo les culottes? L'époque où la finance était anglaise, où les affaires étaient anglaises, où l'affichage était anglais? L'époque où un simple foreman anglais forçait trois cents travailleurs québécois à parler sa langue? L'époque où notre langue et notre culture étaient perçues comme une tare? Non! Pas question de plier l'échine, jamais!

Toutes les raisons de lutter!

Plusieurs groupes se sont d'ailleurs remis à lutter. Le dossier de la langue française revient à l'avant-scène des débats au Québec. Des voix multigénérationnelles s'élèvent. De Loco Locass à Gilles Vigneault, de Fred Pellerin à Yves Beauchemein, la lutte pour notre langue nationale reprend son espace. Le Mouvement Québec français (MQF), entre autres, fait un travail remarquable et nous rappelle que, il n'y a pas si longtemps, cette bataille pour la langue française avait porté ses fruits. Que le Québec était redevenu français et que tout est donc encore possible. Appliquer rigoureusement la loi 101 dans l'affichage et les services publics, l'imposer dans les petites et les grandes entreprises et étendre ses dispositions à l'enseignement collégial font partie de la solution prônée par le MQF.

Pourquoi encore lutter pour la défense de la langue française? Parce qu'il y a urgence. Tout simplement. Que notre langue perd de son sens, de son attrait, de sa dignité. Que cette langue qui nous définit comme peuple, qui est l'expression même de ce que nous sommes, est dépossédée de sa vitalité. Qu'elle se fragilise dans la sphère publique comme dans l'espace privé, sacrifiée sous la mythification de la langue anglaise, cette anglofolie qui s'installe dans le paysage et dans l'imaginaire collectif. À Montréal bien sûr, mais aussi à Québec, à Sherbrooke, à Trois-Rivières et ici même à Rimouski.

Elle se fragilise dans l'affichage unilingue anglais assurément, avec les Smart!Centres, les Future Shop et autres Subway, mais également au niveau de l'emploi, où lors de l'embauche certains employeurs exigent de plus en plus fréquemment la maîtrise de l'anglais. La Caisse de dépôt et placement, la Banque nationale, Telus ou encore Bombardier ne sont que quelques exemples parmi trop d'autres. Plus insidieusement encore, nos établissements d'enseignement primaire et secondaire valorisent l'apprentissage de l'anglais bien souvent au détriment de notre langue nationale. Une attitude totalement irresponsable!

Quand on sait que près de 50 % des Québécois âgés de 16 à 65 ans se classent en deçà du niveau de compétence en lecture qui est jugé nécessaire pour effectuer aisément l'ensemble des activités de la vie quotidienne, il y a de quoi se questionner sur les choix que nous faisons comme société. La maîtrise d'une deuxième langue est, bien sûr, un atout dans le monde actuel. Mais le rôle de l'État réside d'abord et avant tout dans la défense et la valorisation de notre langue nationale.

Une richesse collective

Plusieurs groupes revendiquent présentement la nationalisation de nos ressources naturelles en invoquant l'urgence d'agir. Nous sentons collectivement que quelque chose de déterminant pour l'avenir du peuple québécois nous échappe. Qu'il est inadmissible de voir notre territoire et nos ressources pillés de la sorte, sans que l'ensemble de la population n'ait voix au chapitre.

Et notre langue nationale, alors? Nous devons prendre un soin jaloux de cette ressource collective sans prix. Avant qu'elle ne devienne non renouvelable... Nationaliser notre langue nationale? L'image peut faire sourire, mais la situation commande un redressement énergique et déterminé!

***

Alain Dion, enseignant au cégep de Rimouski
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Gilles Bousquet - Inscrit
    10 janvier 2012 08 h 15
    Le PLQ est contre l'idée de protéger le français
    M. Charest, peut-être à cause du fait qu'il a une mère anglophone et un père francophone, la perte du français, il s’en sacre joyeusement.

    Il y a bien le PQ et la CAQ, qui reportent la séparation du Québec aux calendes grecques, qui ont des idées pour protéger le français mais ils se combattent, ce qui pourrait encore faire passer le PLQ à la prochaine élection, pour un quatrième mandat en ligne.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michel Paillé - Abonné
    10 janvier 2012 08 h 55
    «Conscrire» le francophone aussi ?

    Il est vrai, comme vous dites, que «plusieurs groupes se sont remis à lutter», que «la langue française revient à l'avant-scène des débats» et que «des voix multigénérationnelles s'élèvent». Bref, «la lutte pour notre langue nationale reprend son espace».

    Cependant, dans tout ce que l’on propose pour étendre la loi 101 au-delà de ses limites actuelles, il est un domaine que l’on oublie trop facilement : l’apprentissage du français par les immigrants adultes, apprentissage mal encadré et non obligatoire. Pensons à ces nombreux immigrants qui ne connaissent que l’anglais en arrivant ici et à qui on offre des emplois alors que d’autres sont refusés parce qu’ils ne connaissent que le français.

    Sans oublier que de trop nombreux francophones n’ont plus rien à cirer de l’avenir de leur propre langue, surtout les «bilingues-ouverts-sur-le-monde» et fiers de montrer leur habilité en anglais. Faudrait-il «conscrire» les francophones par des campagnes de sensibilisation et de fierté? Sera-ce suffisant, surtout s'ils sont déjà trop nombreux à souffrir de cette aliénation-là? Au fait, combien sont-ils?

    http://michelpaille.com
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Y. Morissette - Inscrit
    10 janvier 2012 10 h 00
    un article dense qui fait chaud au coeur.
    D'abord un français impeccable et rigoureux. De plus, une passion et un grand respect du français, notre langue nationale. Le Québec ne va pas bien, et ce, dans plusieurs domaines où se propage un laissez-faire immodéré et irresponsable. Mais cela n'est pas particulier au Québec. C'est la planète entière qui va mal, et très mal. Un développement excessif et trop rapide qui ne tient plus compte de l'humain,et ce, pour des profits exorbitants exigés par une mondialisation intempestive qui est devenue, fort malheureusement,la référence absolue. Mais cette mondialisation de par ses abus est en train de se fissurer. Des contestations et des grèves se propagent dans la Chine devenue l'usine du monde, celle des financiers qui ont des appétits si féroces et si violents qu'ils deviendront leurs propres ennemis. Je leur souhaite le pire. Cette mode de la Mondialisation, je la hais et je la refuse. Le fédéralisme centralisateur est en train de tuer l'Europe. Devant pareil dégât, je crois que le Peuple-Nation retrouvera toute sa force et sa vigueur. Le Québec a des possibilités énormes, mais seule l'INDEPENDANCE lui permettra de réaliser tout son potentiel. Toute l'avancée du pays réalisée par le gouvernement Lévesque a été presque détruite, et vous savez par qui... Mais je crois au Peuple et devant de tels abus, il se réveillera tôt ou tard. Je m'implique actuellement par des manifestations dans la rue pour la défense du français à Montréal. Et je suis fière de le faire. Notre langue française est une richesse nationale dont nous devons être fiers. Et je crois avec vous qu'il faut la nationaliser. Je suis si déterminée pour la défense du français que je reste convaincue qu'on doit pouvoir travailler, vivre et se cultiver en français à Montréal. Avant l'anglais, j'apprendrai le russe ou l'arabe pour le plaisir et la satisfaction d'entrer en contact avec d'autres langues plutôt que de m'adonner à la pratique d'un produit fort com
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Gilles Théberge - Abonné
    10 janvier 2012 10 h 05
    Triste constat
    C'est toujours la même question : Que faut-il faire ?

    Et comme toujours la réponse n'est pas évidente. Sur un plan individuel je pense que nous devons adopter une attitude responsable face à notre langue. Collectivement je pense qu'il faut ranimer notre militance endormie.

    Mais surtout il faut s'en prendre au gouvernement de cul de John James Charest et son insipide ministre responsable de la langue.

    Mais comment ? Le problème c'est que la seule terre qui se profile à l'horizon de cette mer glauque pour le moment, c'est l'ile des faiseux, avec Legault et sa gang d'opportunistes...

    Parce que malgré son obstination je crains malheureusement que madame Marois court à sa perte, et à celle de son parti. Il est des vents qui quand ils se lèvent, rien ne peut leur résister.

    La question reste entière. que faut-il faire ? Et j'avoue bien humblement qu'au-delà de ce que j'avance plus haut, je ne le sais pas. Et je partage votre inquiétude et votre tristesse monsieur Dion.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • France Marcotte - Abonnée
    10 janvier 2012 10 h 31
    Le français au coeur
    Si les intenses luttes passées pour sa sauvegarde et la fierté de le parler n'ont pas accroché le français sur le coeur des souches (comme autrefois une médaille scapulaire sur sa casmisole?) alors que les conditions étaient plus favorables, comment les luttes à venir pourraient-elles y parvenir?
    On peut attacher le français dans la gorge du colonisé, de gré ou de force, mais à la première occasion il sera recraché s'il n'a pas migré sur le coeur, s'il n'y était pas déjà. N'est-ce pas ce qui est arrivé avec les luttes passées?
    Alors réfléchissons.
    On sait qu'une fois que le français est dans le coeur, il est indélogeable.
    Pour plusieurs, il n'y a peut-être jamais logé.
    Le colonisé est un être profondément blessé et peut-être que les plus mal en point n'ont jamais été consolés; on les traite d'endormis, de pleutres et ils se recroquevillent. Personne ne les aime et ils sont ballottés par les courants.
    Qui a jamais songé à bercer et consoler le colonisé plutôt que de lui enfoncer des injonctions de plus dans la gorge?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michel Paillé - Abonné
    10 janvier 2012 12 h 01
    @France Marcotte

    D'accord avec vous sur l'essentiel. Mais vous avez sans doute vécu la même expérience que moi : «à bercer et consoler le colonisé plutôt que de lui enfoncer des injonctions de plus dans la gorge» comme vous dites, il arrive trop souvent qu'il réagisse avec mépris nous accusant de "passéiste", de "fixation sur les Plaines d'Abraham", de "replié frileux", de "crispation" comme disaient Bouchard et Taylor, etc. À les entendre, nous serions des "nationaleux" de l'époque du chanoine Groulx. Les accusations d'ethnicisme, de xénophobie, voire de racisme, ne sont généralement pas loin.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • France Marcotte - Abonnée
    10 janvier 2012 12 h 21
    M.Paillé
    Je ne sais pas très bien ce qu'il faut faire mais il me semble qu'il faut procéder autrement que par le passé puisque cela n'a pas porté fruit malgré tous les efforts.
    Il faut réfléchir avant que répéter les mêmes erreurs.

    Parler de colonisation, de ce que signifie encore profondément d'être colonisé aujourd'hui pour nous, cela a-t-il déjà été fait malgré la douleur que cela pourrait susciter?

    Connaître notre histoire, la mettre à jour, il me semble que c'est différent.
    Parler de notre douleur, de notre humiliation, celle qui nous habite toujours...je ne crois pas que nous l'avons fait puisqu'elle est encore là.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • France Marcotte - Abonnée
    10 janvier 2012 12 h 44
    Ou bien...
    D'autres peuples de par le monde ont survécu, se sont affirmés dans des conditions difficiles, menacés de toutes parts.
    A-t-on analysé comment ils y sont parvenus, à quelles conditions?
    Un peuple peut-il survivre quand les liens communautaires, sociaux, familiaux sont brisés?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • France Marcotte - Abonnée
    10 janvier 2012 15 h 23
    Le plus humble a-t-il été respecté?
    Le peuple québécois est formé d'une élite et d'une classe instruite mais aussi d'une somme de gens, de simples ouvriers et de gens pauvres et peu instruits qu'on intègre dans le "nous" comme une masse que l'on pétrit, que l'on entraîne commodément à gauche à droite puisqu'elle vote, mais sans se demander vraiment où elle en est.

    C'est une masse silencieuse et on ne l'entendra pas ici.
    Pour ma part, je me dis que tant qu'il en restera un de ce côté-là des choses, je resterai avec lui, c'est en son nom que je voudrai parler, c'est à lui que je m'identifierai avant qui que ce soit d'autre.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    10 janvier 2012 15 h 57
    rappel
    Dans l'édition québécoise du Portrait du colonisé (1972), une entrevue d'
    Albert Memmi aux H.É.C. était reproduite à la fin du livre. Dans celle-ci, après avoir admis que nous étions dominés alors de quelques manières, Memmi soulignait que le titre de colonisé, ici, s'appliquait plutôt aux Indiens. Pour nos éternelles vvictimes, c'est assez gênant. Il soulignait toutefois que l'on pourrait sans doute dans notre cas parler de domination relative, en nous invitant à spécifier plus avant ces conditions particulières. Or, après plus de quarante années de libération et de prise en main à tous égards, le recours au concept de colonisé me paraît parfaitement dépassé par la réalité. Albert Memmi aurait sans doute été le premier à en convenir. ll nous aurait même sans doute invité à nous défaire de nos dernières valeurs-refuges, la religion, les mythes nationaux, afin de poursuivre la marche vers les grands ensembles et l'unification.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Diane Leclerc - Abonnée
    10 janvier 2012 15 h 59
    L'anglofolie...
    Magnifique texte, monsieur Dion !

    Comment lutter contre cette anglomanie rampante, ici comme en France ?

    Lorsque l'argent, la consommation, l'avoir constituent les valeurs suprêmes d'une société, il en découle naturellement que la langue de prestige devienne celle des maîtres du monde, en l'occurrence l'anglais.

    Voilà qui explique que dans nos écoles, on s'ingénue à trouver tous les moyens pour assurer que nos jeunes maîtrisent le plus tôt possible l'anglais, langue du succès prétendûment assuré dans la vie.

    Faute d'entendre des messages faisant la promotion du français, de l'importance de le parler et de l'écrire correctement, de la richesse de la littérature, de la nécessité de savoir d'où ils viennent afin de déterminer où ils veulent aller, nos jeunes vivent dans un monde pragmatique où la rentabilité et l'efficacité priment.

    Quand nous réussirons à leur faire comprendre qu'il est normal de relever les défis de la vie avec toutes les facettes de leur personnalité, incluant leur langue et leur culture, quand ils auront ressenti la fierté d'être Québécois et francophones, quand ils seront assez forts pour commander le respect d'eux-mêmes et des autres en français, alors l'anglais retrouvera sa place normale.

    Vaste programme que celui-là; il engage toute la société, et chacun de nous doit faire le ménage dans ses propres valeurs.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Hubert Larocque - Abonné
    10 janvier 2012 16 h 47
    Un Québec français, vraiment?
    Les Québécois font preuve d’infantilisme politique depuis, à vrai dire, la naissance de l’idée d’un Canada à deux peuples et des institutions qui le portent. Un peuple qui n’a pas recouvré son indépendance ne peut faire de vrais choix politiques et, s’il s’imagine le faire, il ne choisit en réalité ce qu’on lui dicte c’est-à-dire ce qui est conforme à l’intérêt du peuple dominant. Toutes les élections jusqu’ici ont servi d’abord à aménager notre servitude politique sans jamais remettre en question ce qui nous empêche d’être vraiment libres et maîtres de nous-mêmes. A-t-on jamais vu un parti politique s’attaquer de front et sans ambiguïté à la constitution canadienne et aux jugements de la Cour suprême? C’est pourquoi, toujours, l’on tourne en rond, on feint de vouloir défendre le français et l’on s’aplatit infailliblement quelles que soient les velléités que l’on remue, les contradictions où l’on s’embourbe et les fausses justifications par lesquelles on se défile pour ne rien déranger à l’ordre anglais qui domine toute notre vie politique.
    Si l’on veut vraiment un Québec français, il faut écarter du pouvoir tout parti qui ne se propose pas de prendre au pied de la lettre que le français est la langue nationale du Québec. Les bonnes intentions et les paroles ne suffisent pas. Il faut une volonté commune concentrée dans un seul parti politique, des lois simples, efficaces et à exceptions minimales, et, tout comme on s’attaque aux gaz à effet de serre, de vigoureux programmes de réduction de l’anglais dans l’espace public. De plus, il faut être insensible à toute forme de propagande et de défense pour le maintien et l’aggravation du bilinguisme qui asphyxie le Québec actuel. Y a-t-il un seul Québécois dans la salle?
    Hubert Larocque, Gatineau.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Soumande - Inscrit
    10 janvier 2012 17 h 53
    @Hubert Larocque

    Durham n'aurait pas dit mieux. Et les historiens de l'école de Maurice Séguin devraient vous endosser
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
13 réactions
16 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012