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Vie privée et réseaux sociaux - Tous vulnérables

Au tournant du XIXe siècle, le taux de pénétration d'une nouvelle technologie appelée téléphone était d'à peine 5 % au Québec. Les ménages fortunés qui pouvaient se procurer cette chose bruyante devaient prévenir les téléphonistes du «central» avant de faire un appel, exposant du coup leur conversation à la curiosité maladive de certaines oreilles... À l'époque de M. Téléphone Bell comme à celle de son successeur M. Facebook Zuckerberg, la vie privée fut exposée aux invasions.

Les citoyens du monde entier s'adonnent avec frénésie à de fascinantes nouvelles manières de communiquer. Cette valse émerveille! Les réseaux sociaux n'ont-ils pas contribué à remettre sur pied des pays dévastés par des catastrophes, ou même fait germer des révolutions, comme dans les pays arabes? Partout prolifèrent les adeptes de l'Internet, les accros de Facebook ou de Twitter, les cyberdépendants et les disciples des textos défilant sur les téléphones intelligents. Mais savent-ils seulement jusqu'à quel point ils égrènent partout où ils passent des parcelles de leur vie privée?

Les deux nouvelles se jouxtaient hier dans La Presse, ce qui amplifiait leur effet: même de présumés criminels sont traqués jusque dans la boîte intime de leur BlackBerry! Primo: considéré comme un acteur majeur du crime organisé au Québec, le caïd Raynald Desjardins aurait-il laissé traîner des informations incriminantes liées au meurtre du mafioso Salvatore Montagna? Il semblerait que la Sûreté du Québec ait eu accès à de tels messages, surmontant le système de cryptage jugé invincible de Research in Motion (RIM), de BlackBerry. Deuxio: dans l'affaire de l'agression de Johathan Duhamel, une des suspectes aurait prévenu une copine par message texte de ses intentions... criminelles.

Les exemples prolifèrent. Les déboires de DSK, qui s'étendent maintenant jusqu'à la choquante affaire de proxénétisme du Carlton de Lille, touchent la publication de messages textes «coquins» échangés avec Fabrice Paskowski, mis en examen pour «proxénétisme aggravé en bande organisée». En Grande-Bretagne, à la suite des émeutes survenues en août, le premier ministre Dave Cameron a étonné avec une politique de tolérance zéro menant à l'arrestation de jeunes émeutiers condamnés pour avoir incité aux troubles via les réseaux sociaux. C'était à prévoir: les gardiens de l'ordre public ont vu dans cette abondance d'informations privées livrées au grand jour une manière de servir la justice.

On pourra dans certains cas s'en réjouir, mais sans grand faste, car le revers de cette révolution sert bien mal les citoyens. Les sondages nous les montrent encore mal outillés face à l'appétit vorace de Facebook, conscients, mais à moitié, des dérives qu'une mauvaise réputation cybernautique peut entraîner... Des criminels les plus notoires jusqu'aux enfants abonnés beaucoup trop tôt au bal des réseaux sociaux, nous sommes tous vulnérables.
 
 
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  • Line Gingras - Abonnée
    6 janvier 2012 06 h 31
    Siècles
    «Au tournant du XIXe siècle, le taux de pénétration d'une nouvelle technologie appelée téléphone était d'à peine 5 % au Québec.»

    Le téléphone n'était pas inventé au début du XIXe siècle (années 1800). Sans doute voulez-vous parler du XXe siècle.
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  • Airdutemps - Inscrite
    6 janvier 2012 07 h 30
    Naïveté
    Il faut être bien naïfs pour croire que la vie privée existe encore dans nos pays démocratiques.
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  • France Marcotte - Abonnée
    6 janvier 2012 09 h 35
    Mme Gingras
    Au tournant du XIXe siècle, c'est quand le XIXe a tourné au XXe.
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  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné
    6 janvier 2012 09 h 40
    Tous vulnérables oui, mais pas également et pour les mêmes raisons
    La protection de la vie privée est une chose, la protection du crime et des criminels autre chose. Je veux bien me montrer de plus en plus vigilant, protéger ma vie privée et solidairement reprocher aux gouvernements et grosses entreprises une intrusion injustifiée dans la vie privée de l'un de nous, mais je montre intraitable sur la nécessité d'éradiquer le crime. Certes, tous les arbitrages judiciaires ne me satisferont pas, mais jusqu'à présent il me satisfont pas leur justesse. Que les médias nous soumettent tout cas contraire! Merci pour ce qu'ils font actuellement.
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  • France Marcotte - Abonnée
    6 janvier 2012 09 h 52
    Marcher les fesses serrées
    Je crois qu'on a déjà l'habitude sociale de marcher les fesses serrées sans trop s'en rendre compte.
    L'autocensure, quoi de plus efficace pour assurer l'ordre. La surveillance s'exerce un peu partout depuis un bon bout de temps, pensons-y un instant...
    L'erreur c'est peut-être de croire que sur les réseaux sociaux ce soit différent. On fait confiance à Internet pour la discrétion et les communications touche l'intime, on s'abandonne sans penser que certains seront assez sans coeur pour fouiner dans notre vie privée, dans nos coeurs...innocents.
    On apprend qu'il n'y a pas de limites aux écornifleux, à la curiosité policière.
    Pour plus de sûreté, mieux vaut se parler de vive voix, geste qui sera bientôt totalement subversif. En attendant profitons-en!
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  • France Marcotte - Abonnée
    6 janvier 2012 10 h 47
    Surveillance publique, surveillance intime
    Donc ça fait longtemps que dans la rue on marche les fesses serrées.
    Mais on croit (ou croyait) qu'un espace intime de liberté est toujours possible.
    On aurait bien aimé que Internet soit un espace sans limite de liberté intime.
    Mais la chambre à coucher reste encore le seul lieu sûr (et encore, sans son portable sur le lit svp!).
    Les écornifleux n'ont aucune pudeur, qu'on se le dise.

    Il faut autant que possible se rendre invisible au télécran comme Smith dans 1984.
    On se parlera dans l'oreille dans la rue, c'est plus sûr.
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  • . Tactika. Com - Abonné
    6 janvier 2012 10 h 53
    Mauvais titre devrait être : Vie privée et technologie de communication - Tous vulnérables
    Bonjour,

    Le titre de votre article ainsi que le préambule sont ambigus pour ne pas dire erronés. Trois des exemples que vous citez ne concernent pas les réseaux sociaux ! Le cas du Blackberry (interception qu'une communication chiffrée), le cas Duhamel et DSK (message SMS).

    Mais la préoccupation de la vie privée versus les technologies de communication est très réelle et tangible. Le cas du Blackberry est assez préoccupant parce que ce type d'échange est en principe protégé par l'écoute et l'interception par un tiers mais il est fort probable que RIM comme tous les autres fournisseurs de service (BELL, Vidéotron, etc) soit dans l'obligation (morale et légale) de permettre un -tap- sur des communications ciblées sur l'ordre d'un juge.

    Pour en revenir aux réseaux sociaux, le principal problème est le peu de sensibilité des individus aux risques associés aux réseaux sociaux. La plupart se foute de la marchandisation de leurs informations personnelles et des conséquences de cette marchandisation.

    Il n'est pas nécessaire d'avoir des moyens d'interception avec les réseaux sociaux pour exploiter les informations, tout est ouvert ! Google est l'outil parfait, gratuit et facile à utiliser pour forer dans les infos ....
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  • France Marcotte - Abonnée
    6 janvier 2012 11 h 27
    La technologie peut-elle être au service de la liberté?
    Quand il y a beaucoup d'intermédiaires entre moi et celui à qui je veux dire un secret, il y a bien des chances que, une fois rendu, le secret n'en soit plus un.
    Y a-t-il un seul exemple où la technologie ne soit pas au service de la domination, du contrôle?

    La nature nous a dotés de la voix, un instrument merveilleux. Et il implique la proximité, l'échange direct, affectif, sensible.

    S'apercevra-t-on bientôt qu'il n'y a rien de plus parfait pour communiquer?
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  • France Marcotte - Abonnée
    6 janvier 2012 11 h 45
    Se donner en offrande
    Ce sujet est si important alors excusez-moi...

    Sachant tous les dangers de laisser ainsi la technologie et la surveillance entrer dans nos maisons et notre intimité, pourquoi tant de gens le font-ils quand même?

    Il y a une forme d'abdication il me semble, on déclare forfait, on se livre pieds et poings liés.
    On accepte d'être nus comme des esclaves, ayant perdu sa dignité.
    Prenez-moi jusqu'à l'âme, puisque dedans est devenu pareil comme dehors.
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  • Geoffroi - Abonné
    6 janvier 2012 12 h 48
    Tous plus que vulnérables
    Vous avez oublié nos gouvernements et leurs supplétifs qui possèdent toutes les informations qui nous concernant. Pourquoi?

    Est-ce qu'on peut se fier entièrement à ceux qui nous gouvernent?
    Exemple: les possibles "arrangements" de fonctionaires de Revenu Canada à Montréal dans des dossiers de personnes peu recommandables avec loge au Centre Bell pour services rendus!

    Texte incomplet.
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  • Moteur - Inscrit
    6 janvier 2012 13 h 31
    Tout le monde tout nu!
    Même celui qui surveille alimente sa propre paranoïa!

    Quand on va avoir fait le tour de tout les travers de l'esprit humain, il ne restera plus que revenir à la notion de confiance qui est la base de presque tout!
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  • eric turenne - Abonné
    6 janvier 2012 14 h 12
    Les Désirs
    Nous rendent prévisibles
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  • Michele - Inscrite
    6 janvier 2012 14 h 22
    Le texto, la plaie du 21e siècle?
    Outre cette surveillance «Big Brother», un autre problème pointe, celui relié aux accros des textos.

    Cette addiction à la messagerie téléphonique n'est pas sans rappeler celle à la cigarette. Il faudra bientôt des ères réservées à ces adeptes de la communication virtuelle, incapable de s'arrêter au cinéma, au restaurant et lorsque bébé pleure. D'ailleurs, il existe déjà des maisons de désintoxication spécilaisées dans le domaine de la technologie.
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  • Line Gingras - Abonnée
    6 janvier 2012 17 h 09
    Tournant
    Merci à madame Marcotte!

    Mes excuses à madame Chouinard. Cultiver le doute, c'est si important.
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  • Geoffroi - Abonné
    6 janvier 2012 20 h 41
    Au travail Mme Chouinard
    «Comme je le révélais l'année dernière, elle a créé son Blackberry Enterprise Server avec la collaboration du CST (Centre de la sécurité des télécommunications) canadien et de la NSA (National Security Agency) des États-Unis, les organismes d'espionnage électronique des deux pays.

    Il est certain, surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001, que ces deux services de renseignements électroniques ont les clés de chiffrement pour accéder aux communications des Blackberry. Dans leur cas, lorsqu'il s'agit d'écoutes électroniques qui touchent la sécurité nationale du Canada et des États-Unis, ils n'ont besoin d'aucune permission judiciaire pour agir.»

    Chronique de Normand Lester du 6 janvier 2012
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  • Jean Tremble - Inscrit
    8 janvier 2012 10 h 15
    @Line Gingras
    «Le téléphone n'était pas inventé au début du XIXe siècle (années 1800). Sans doute voulez-vous parler du XXe siècle.»



    Alexander Graham Bell a déposé son brevet sur le téléphone vers 1875.
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