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Libre opinion - L'Assemblée nationale se fout de la langue

Robert Auclair - Fondateur et président honoraire de l'Association pour le soutien et l'usage de la langue française  22 décembre 2011  Actualités en société
L'Assemblée nationale a refusé, à la majorité, de corriger des fautes de français dans la loi qui interdit le placement syndical dans l'industrie de la construction. Tel est le résultat du rejet par la ministre du Travail, Lise Thériault, des suggestions de l'Association pour le soutien et l'usage de la langue française (Asulf). Plusieurs mots-clefs de la loi sont des anglicismes et doivent être remplacés comme suit:

  • service de référence de main-d'oeuvre devenant service de présentation de;
  • référer devenant présenter;
  • occupation devenant emploi;
  • certificat de compétence devenant certificat de qualification;
  • agent d'affaires devenant agent syndical;
  • coûts défrayés devenant coûts payés, prélevés ou couverts;
  • est à l'emploi de devenant travaille pour ou est employé par;
  • renseignements devenant mentions.
L'argumentation à l'appui de ces suggestions est contenue dans un mémoire déposé à la Commission de l'économie et du travail. Cette dernière a refusé de recevoir une délégation de l'Asulf, vu son horaire chargé. Pas de temps pour la langue! Tous les députés ont reçu une copie de ce mémoire.

La ministre Thériault rejette les suggestions ci-dessus en commission parlementaire: «On n'y relève pas des fautes d'orthographe, mais des expressions perçues comme n'étant pas du bon français. [...] Pour ne pas prêter à confusion, le législateur a choisi de ne pas changer ces termes. [...] Il faudrait modifier tous les articles, présenter des amendements à tous les articles. On n'en sortirait pas. Ce sont des termes usuels dans l'industrie de la construction — une modification pourrait avoir des incidences sur le sens de certains articles ou sur l'interprétation de certains aspects de la loi.»

En troisième lecture, la ministre ajoute: «Il est faux de prétendre que ce n'est que des anglicismes. [...] Il est évident que de référer les noms des gens avec qui on travaille dans le système, c'est le terme qui est approprié.» Un député s'exclame: «Référer est le bon terme à employer. C'est le langage de la construction. [...] Référer et présenter, c'est la même chose.» Ces gens ont-ils lu notre mémoire?

Les auteurs des notes explicatives du projet de loi, des juristes, expliquent «que toute référence de main-d'oeuvre doit se faire par l'intermédiaire du Service de référence [...] que les associations [...] qui veulent référer des salariés [...]». C'est là s'exprimer à l'anglaise avec des mots français.

La présence de fautes s'explique par le fait que le Groupe de travail sur le fonctionnement de l'industrie de la construction et les fonctionnaires qui ont conseillé la ministre, compétents dans leur spécialité, le sont moins dans le domaine linguistique. Si la ministre avait eu recours à des linguistes ou à des jurilinguistes, elle aurait évité le désastre actuel.

L'Asulf a écrit à la ministre. Son cabinet a répondu sans mentionner le nom
de l'expéditeur: «Votre correspondance a été portée à l'attention de la personne concernée pour un suivi approprié.» Quelle réponse!

L'Asulf s'est adressée, mais en vain, à la ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française et à la présidente de l'Office québécois de la langue française. Elle a envoyé aux députés une supplique. Le député Pierre Curzi a déposé les amendements de l'Asulf en troisième lecture. Ils ont été rejetés à la majorité des voix.

Le vocabulaire de la loi s'impose à tous. Que les tenants du français, journalistes, enseignants, syndicalistes, juristes et autres, sans oublier l'organisme chargé de l'application de la Charte de la langue française, demandent au législateur de respecter la loi. Il doit employer le vocabulaire français et non «les termes usuels dans l'industrie de la construction». Ainsi le veut la Charte de la langue française, dont nous célébrons le trente-cinquième anniversaire cette année. Il faut le lui rappeler.

***

Robert Auclair - Fondateur et président honoraire de l'Association pour le soutien et l'usage de la langue française
 
 
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  • Michel Richard - Inscrit
    22 décembre 2011 07 h 20
    Petit verre d'eau, grosse tempête


    Il me semble qu'on se base sur bien peu pour titrer que l'Assemblée Nationale se fout de la langue.
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  •  
  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    22 décembre 2011 08 h 15
    Langue vernaculaire
    La langue est à notre service et non l'inverse, à moins d'en faire un principe identitaire et une prison mentale.
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  •  
  • NDNM - Inscrit
    22 décembre 2011 08 h 40
    scandaleux
    S'il fallait encore en trouver voilà un bon exemple de l'attitude de colonisé qui sévit chez les élus libéraux et une bonne partie de la population
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  •  
  • Jean Lapointe - Abonné
    22 décembre 2011 09 h 01
    L'assemblée nationale devrait donner l'exemple

    Notre français au Québec fait pitié. Il me semble qu'on ne peut pas ne pas le reconnaître.

    L'influence de l'anglais est énorme et le pire c'est que très souvent nous ne nous en rendons même pas compte.

    Très souvent nous parlons et écrivons en anglais avec des mots français sans le savoir.

    Chacun de nous peut bien sûr essayer de s'améliorer mais, de cette façon, nos progrès ne seront pas rapides.

    Pour que le français de tous les jours s'améliore, il faudrait pouvoir le perfectionner tous les jours et pour cela il faudrait que, par exemple, la publicité soit écrite dans une langue française acceptable, ce qui n'est pas le cas d'après ce que je constate tous les jours.

    L'Assemblée nationale devrait aussi se faire un devoir d'écrire ses textes de loi dans un français qui soit vraiment français tout en tenant compte de nos particularités.

    Nous avons un travail énorme à faire si nous voulons mieux nous comprendre entre nous et mieux comprendre les autres peuples qui parlent aussi le français et si nous ne voulons plus être considérés comme des «habitants».

    Je pense que nous avons fait des progrès énormes comme peuple, en ce qui concerne le vocabulaire en particulier et ce ce qui concerne la langue parlée, et l'école fait sa part je pense mais nous avons encore beaucoup à faire.

    Mais il faudrait le vouloir vraiment pour que cela se fasse .Ce qui n'est pas assez le cas je pense.

    Si nous faisions de notre pays un pays totalement indépendant, il me semble que cela nous motiverait davantage à améliorer notre langue.

    Pour moi il ne s'agit pas d'en faire un drame non plus malgré l'importance de la question.
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  • J Maurais - Abonné
    22 décembre 2011 09 h 17
    Petite tempête, vraiment?
    @ M. Richard

    Vous trouvez que c'est peu? Allez donc voir ce que cela donne comme nombre d'occurrences de fautes dans le texte de la loi. J'ai pris la peine de faire l'exercice sur mon blog:
    http://linguistiquement-correct.blogspot.com/2011/
    Et il ne faut pas oublier que ces incorrections, dans la foulée de la loi, seront reproduites dans les conventions collectives, les documents syndicaux, etc.
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  •  
  • Discret - Inscrit
    22 décembre 2011 10 h 24
    Encore faudrait-il qu'eux-mêmes sachent parler français.
    S'attend-on à autre chose de la part de politiciens dont la grande majorité parle de toute façon un français plus que douteux dans la vie de tous les jours et dans leurs interventions publiques? Ils ne sont pas fichus de faire une phrase qui se tienne debout. Sujet-verbe-complément d'objet, ce n'est tout de même pas si difficile que ça! Penses-tu! Alors, le vocabulaire calqué sur l'anglais, comment voulez-vous qu'ils soient même capables de l'ldentifier?

    Quant à l'orthographe, quand on se souvient que Michelle Courchesne (déjà elle) a ratifié des modifications à l'orthographe au prétexte que «c'est difficile, le français, pour les écoliers», on ne doit plus s'étonner de rien dans ce domaine. C'est manifestement difficile d'abord pour les politiciens et les ministres. Et maintenant »«oignon» peut s'écrire «ognon.» Bientôt nous aurons «biciclète.» Lamentable, la façon dont ce gouvernement croit et défend l'avenir du français au Québec.
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  •  
  • Sylvain R. LEVESQUE - Inscrit
    22 décembre 2011 10 h 47
    Inintelligible...
    ...C'est ce que devenons, de plus en plus, par rapport au reste de notre espace culturel fondamental : la francophonie. Après la Louisiane, le Québec...
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  •  
  • l poisson - Inscrit
    22 décembre 2011 11 h 01
    Pour comprendre la loi. lire la version anglaise. Very simple
    La ministre de la One-O-One, en charge de la français dans le langue usagé, devrait difinitivement adresser la problème et même lever une charge auprès de les autorités concernées sans préjudice sur ce bill. Avant le week-end. Ce serait wise et ben blod de sa part pour une Merry Christmas.

    By the way, elle a été full bright de ne pas parler trop fort pour le coach des CH. If not, ses propos lui reviendraient right back dans la face this morning. par la big mouth de Don Cherry (à qui les Molson Bros(se) auraient pu donner une djobbine just for the time being. en attendant de finir la last denier dans le basement pour picker en first au repêchage du draft.)

    La français, c'est very importante pour la business mais pas autant que le ca$h.

    Go Habs Go
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  •  
  • Michel Richard - Inscrit
    22 décembre 2011 11 h 28
    @ J Maurais
    Je continue de croire qu'on fait une grosse tempête dans un tout petit verre d'eau.
    Par exemple, si je comprend bien, vous n'êtes pas d'accord avec l'utilisation faite du mot "occupation", vous préféreriez "emploi".
    Pourtant, mon Larousse en fait pratiquement des synonymes:

    "Emploi": . . . Occupation confiée à une personne, travail, fonction, place . . .
    "Occupation": . . . Travail rémunéré ou non . . .

    Et vous vous scandalisez que la même "faute" soit répétée.
    Pour ma part, je crois que vous tentez de compter le nombre d'anges qu'on peut assoir sur la tête d'une épingle (où est-ce aussi un anglicisme ?)
    Je passe à autre chose, j'ai mieux à faire avec mon temps.
    p.s. @ Sylvain Lévesque: je n'ai eu aucune difficulté à comprendre le texte de la Loi quand je l'ai lu.
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  •  
  • Michel Richard - Inscrit
    22 décembre 2011 13 h 56
    Je me relis
    (ou est-ce aussi un anglicisme?) pas d'accent, évidemment.

    Y'a peut-être aussi d'autres fautes dans mon texte. Pourtant, je ne suis pas législateur.
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  •  
  • Lise Moga - Inscrite
    22 décembre 2011 17 h 56
    Quelle conclusion!
    "L'Assemblée nationale a refusé, à la majorité, de corriger des fautes de français dans la loi..."

    Était-ce à eux à le faire! Je suppose que tous les textes de loi passent entre bien les mains... des correcteurs pour la forme écrite et le personnel légiste pour la portée légale... et des gens de maintenance pour les parquets. Chacun son métier et les chèvres de M. Séguin seront bien gardées.
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  •  
  • Discret - Inscrit
    22 décembre 2011 20 h 29
    Monsieur Michel Richard...
    ... vous nous citez des synonymes du Larousse qui n'en sont pas. Un emploi est nécessairement rémunéré, une occupation peut ne pas l'être. Grosse différence. Et si vous trouvez que le français ne mérite pas que vous passiez un peu de votre temps précieux à le défendre, ne vous étonnez pas quand le Québec ne parlera plus qu'une sorte de cajun du nord incompréhensible.

    Par les temps qui courent, chaque mot, chaque phrase comptent. Le gouvernement Charest n'étant pas fichu de surveiller et de défendre le français au Québec, il faut bien que ce soit les citoyens qui le fassent.
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  •  
  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    22 décembre 2011 21 h 14
    Honte aux ignares!
    L'ethnocide culturel a plusieurs facettes.
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  •  
  • Michel Richard - Inscrit
    23 décembre 2011 09 h 21
    @ Discret
    J'ai dit "pratiquement" synonymes, parce que je vois bien qu'il peut y avoir un sens légèrement différent pour chaque mot. Les synonymes absolus sont très rares.
    Remarquez, je ne suis pas sûr qu'un emploi soit nécessairement rémunéré. Mais ce n'est pas là la bonne question.
    Si l'Assemblée Nationale a choisi d'utiliser le mot "occupation", je ne crois pas qu'on puisse vraiment lui faire de reproche. Et si un emploi est nécessairement rémunéré, alors qu'une occupation ne le serait pas, peut-être l'Assemblée Nationale a-t-elle consciemment choisi d'utiliser un mot dont le sens est plus large.
    Ce que je veux dire, c'est que je ne vois pas de faute dans l'utilisation du mot "occupation", et je vois encore moins de motif de croire que l'Assemblée Nationale se fout de la langue.
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  •  
  • Jalbert R-U - Inscrit
    23 décembre 2011 13 h 11
    À Michel Richard
    "Un sens LÉGÈREMENT différent pour chaque mot" ?! Et même si le sens en l'occurrence l'était, LÉGÈREMENT différent (être rémunéré pour un travail ou non... que ça !), ce sont précisément de telles nuances qui intéressent d'ordinaire les textes de loi, non ?

    Je vous conseille de remplacer votre Petit Larousse par un vrai dictionnaire de langue avant de critiquer les interventions de spécialistes des domaines linguistique et jurilinguistique, lesquels combattent avec vigilance pour que votre paysage linguistique (en commençant par les lois... que ça !) demeure français et non un simulacre calqué sur l'anglais.

    Il est curieux que l'Assemblée nationale tienne à ne pas laisser l'industrie de la construction d'aujourd'hui dicter ses "lois" à la nation québécoise... sauf en matière linguistique ! Je m'étonne que "jobbeur", "shift" et "rig", à ce compte-là, ne figurent pas dans ces textes de loi... C'est là le langage de la construction pourtant, que tous les travailleurs du domaine sont censés comprendre !

    Confucius, dans ses Analectes :

    "Si les termes ne sont pas corrects, le langage n'est pas en harmonie avec la vérité des choses. Si la langue n'est pas en harmonie avec la vérité des choses, on ne saurait régler les affaires avec succès."
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  • Michel Richard - Inscrit
    23 décembre 2011 17 h 00
    @Jalbert R-U
    Le chat sort du sac !
    Parce que vous seriez spécialiste du domaine linguistique ou jurilinguistique, nous devons nous incliner devant votre sagesse ? Et parce que l'Assemblée Nationale ne fait pas ce que vous enseignez, elle se fout de la langue ? Que vous êtes Grand !
    Encore une fois, qu'est qui vous dit que ce n'est pas vraiment de la notion de "occupation" dont nos élus voulaient parler, plutôt que de celle peut-être plus restreinte de "emploi" ?
    Et je sors maintenant mon vieux dictionnaire Littré. Le 3e sens qui est donné, dans l'article "emploi": "3 - Occupation" suivent des citations de Molière, La Fontaine et Racine ("Quel est tous les jours votre emploi ?" Athalie, II, 7). Remarquez qu'on ne perçoit pas nécessairement une rémunération dans cette dernière citation: dans le texte de la pièce, Joas répond: "J'adore le Seigneur ; on m'explique sa loi ;" voilà bien un "emploi" qui ne semble pas rémunéré ! Et dans l'article "occupation" je note le 5e sens: "Affaire, pratique, emploi qui prend, occupe le temps" et citations de Pascal, Bossuet, Ségur etc . . .
    Je suis entièrement en faveur du bon usage. Et j'aime qu'on s'y applique. Mais je ne vois vraiment pas de reproche à faire ici à nos élus.
    Et en passant, pourquoi dites vous que l'utilisation de "occupation" fait de ce texte de loi "un simulacre calqué sur l'anglais" ?
    Finalement, quand on trouvera les mots "jobbeur" "shift" ou "rig" dans le corps d'un texte de loi, je serai d'accord avec vous, mais ce n'est pas de ça dont on parle aujourd'hui.
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  • Jalbert R-U - Inscrit
    28 décembre 2011 13 h 54
    @ M. Richard, 23-12
    Vous "sortez" là un trop "vieux" dictionnaire ! Il faut consulter plutôt Le Petit Robert, soit un ouvrage non pas normatif à proprement parler mais faisant état des usages consacrés (et non conflictuels) dans la francophonie contemporaine. Autrement, on y serait encore demain à égrener des citations d'auteurs du siècle des Lumières !

    Il y a une hiérarchie des acceptions dans un bon dictionnaire, qui suit l'histoire et son évolution.

    Quand toute la francophonie d'aujourd'hui comprend qu'un emploi, une profession ou un métier sont des activités rémunérées, il n'y a aucune excuse pour employer le terme (trop) générique d'"occupation", a fortiori si l'intention est là de calquer le terme équivalent d'une autre langue ! ...Mais attendez, vous savez bien ce qu'est un calque, non ? De même que le danger qu'il représente pour la langue emprunteuse par rapport au franglais patent et autres sabirs ?

    Madame la Ministre a elle-même admis que le langage employé ici, et si fâcheusement conservé, n'était pas du bon français... par conséquent, que c'est du MAUVAIS FRANÇAIS, exact ? Voilà pourquoi Monsieur Auclair et d'autres intervenants disent que l'Assemblée nationale se fout de la langue française.

    Ah mais c'est vrai, vous ne semblez pas aimer les spécialistes (!). ...Ou choisissez-vous avec circonspection vos spécialités favorites ?
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  • Michel Richard - Inscrit
    28 décembre 2011 18 h 30
    M Jalbert
    Merci pour le ton constructif que vous adoptez. Quoiqu'à relire mon intervention précédente je mérite peut-être un peu votre dernier paragraphe.
    Je déteste simplement que quelqu'un me dise "Moi, je sais, car je suis un expert, faites moi confiance" Je préfère beaucoup quelqu'un qui prend la peine d'exposer un argument et les fondements de cet argument, comme vous faites.
    Je crois par contre que la distinction principale entre "emploi" et "occupation" ne tient pas qu'à la rémunération. "Emploi" fait sans doute référence à une situation où une relation de direction existe, où l'employeur a de l'autorité dans le menu détail.
    Le mot "occupation" fait par contre référence à un plus large éventail de situations. Un plombier à son compte, par exemple, aurait une occupation, mais pas un emploi. Occupation engloberait métier, emploi et autres.
    La distinction est sans doute importante en matière fiscale (encore une fois, par exemple) parce que les personnes en situation d'emploi sont très limitées dans ce qu'elles peuvent déduire. En matière de responsabilité civile, aussi, parce que l'employeur est responsable des fautes de ses employés.
    Je n'ai pas fait une étude approfondie du projet de loi, mais je crois que l'utilisation du mot "occupation" a pu être choisi consciemment sur la base de distinctions de cette sorte. Il ne faut pas avoir peur d'utiliser un mot parfaitement français, simplement parce que l'anglais l'utilise dans le même sens !
    Reste la déclaration de la Ministre. Je concède que ses mots laissent perplexe, mais elle dit "perçues comme n'étant pas du bon français" je ne pense pas qu'elle ait admis que le langage soit du mauvais français, comme vous dites. C'est à votre tour, je pense, de pousser un peu loin . . . je me suis peut-être rendu coupable de la même faute, plus haut.
    Se peut-il que tout soit dans les teintes ? Je le pense, et c'est pourquoi je proteste encore quand on dit que l'Assemblée s'en FO
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  • Jalbert R-U - Inscrit
    29 décembre 2011 09 h 36
    @ M. Richard, 28-12
    Ce sont là d'excellentes et sans doute d'importantes nuances, auxquelles je n'avais pas songé, qui méritent certainement réflexion de ma part.

    J'ai tendance à être très, très méfiant, au vu de la qualité de la langue que nos politiciens francophones généralement emploient aujourd'hui.

    Merci pour vos commentaires et aussi pour élever le niveau de la discussion !
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  • Michel Richard - Inscrit
    29 décembre 2011 12 h 11
    @ M Jalbert
    Je vous salue cordialement, moi aussi

    MR
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