Libre opinion - Un projet en or pour des noces de porcelaine
La Place des arts et le Stade olympique ont un point en commun: ce sont des structures qui ressemblent à d'immenses maquettes immaculées, sorties tout droit d'un leitmotiv municipal moderniste. Ils ont aussi ce point en commun d'avoir un rapport plutôt difficile avec leur environnement immédiat. En fait, cet étrange rapport à la rue et au quartier leur vaut un processus de requalification de certains de leurs espaces transitoires.
Alors qu'on se demande encore comment réaménager les inhospitalières broderies bétonnées en pourtour du stade, la Place des arts bénéficie de sa situation géographique stratégique pour se faire intégrer du mieux qu'elle peut dans les plans du Quartier des spectacles.
Mais voilà, après l'accent positif mis autour de la nouvelle salle de l'OSM, qui vient utiliser à meilleur escient un espace résiduel de la Place des arts, le Musée d'art contemporain (MAC) lève la main. Le réaménagement du secteur, et particulièrement de la Place des festivals, a mis au grand jour les erreurs architecturales du MAC, que le paravent que constituent la Brasserie T et le F bar n'arrive pas à estomper.
Il s'ensuit alors un manque d'espace pour la diffusion de la collection, les problèmes de livraison et d'accès, les fuites d'air, l'architecture qui ne s'adapte pas, etc.
On s'est trompé... Est-ce qu'on peut recommencer?
Certes, les années 90 ont été difficiles en matière de paysage architectural québécois, et le MAC en est peut-être un des exemples les plus navrants. Au-delà du gaspillage global de ce projet, au-delà du déprimant constat d'échec d'un bâtiment d'à peine 20 ans, il y a quelque chose de plus troublant dans ce souhait de tabula rasa, le spectre de l'échec du nouveau projet.
Il n'est pas nécessaire de chercher les exemples très loin. La nouvelle salle de l'OSM, quatre versions plus tard, a commencé à être planifiée en 1983 et l'on y posera les dernières planches au printemps 2012. Le Spectrum a été démoli pour accueillir une friche urbaine. Le projet du 2-22, dont l'inauguration est prévue depuis plus d'un an, a été modifié plus souvent qu'à son tour pour n'être que l'ombre de son projet initial. Et l'îlot Voyageur commence à accueillir ses premiers passagers, qui pourraient bien se demander sur quel continent ils se trouvent. Cela nous rappelle que, même si l'on prend du temps pour planifier nos structures, elles ne durent pas nécessairement.
On a évité de peu un BestBuy à la place du Spectrum et il n'y a heureusement pas de place pour un Starcité dans l'ombre d'un nouveau MAC. En fait, dans ce projet de reconstruction du MAC, nous sommes capables du meilleur comme du pire, autant en matière de planification, de qualité architecturale que de délais de construction.
L'organisation du MAC souhaite un nouveau musée pour ses noces d'or en 2014. Il reste à espérer que son nouveau bâtiment franchisse les fragiles noces de porcelaine; il nous reste à réclamer un projet solide, intelligent, écologique et audacieux, capable de réfléchir et se projeter au-delà des vingt prochaines années.
***
Alexandre Campeau-Vallée, Montréal
Alors qu'on se demande encore comment réaménager les inhospitalières broderies bétonnées en pourtour du stade, la Place des arts bénéficie de sa situation géographique stratégique pour se faire intégrer du mieux qu'elle peut dans les plans du Quartier des spectacles.
Mais voilà, après l'accent positif mis autour de la nouvelle salle de l'OSM, qui vient utiliser à meilleur escient un espace résiduel de la Place des arts, le Musée d'art contemporain (MAC) lève la main. Le réaménagement du secteur, et particulièrement de la Place des festivals, a mis au grand jour les erreurs architecturales du MAC, que le paravent que constituent la Brasserie T et le F bar n'arrive pas à estomper.
Il s'ensuit alors un manque d'espace pour la diffusion de la collection, les problèmes de livraison et d'accès, les fuites d'air, l'architecture qui ne s'adapte pas, etc.
On s'est trompé... Est-ce qu'on peut recommencer?
Certes, les années 90 ont été difficiles en matière de paysage architectural québécois, et le MAC en est peut-être un des exemples les plus navrants. Au-delà du gaspillage global de ce projet, au-delà du déprimant constat d'échec d'un bâtiment d'à peine 20 ans, il y a quelque chose de plus troublant dans ce souhait de tabula rasa, le spectre de l'échec du nouveau projet.
Il n'est pas nécessaire de chercher les exemples très loin. La nouvelle salle de l'OSM, quatre versions plus tard, a commencé à être planifiée en 1983 et l'on y posera les dernières planches au printemps 2012. Le Spectrum a été démoli pour accueillir une friche urbaine. Le projet du 2-22, dont l'inauguration est prévue depuis plus d'un an, a été modifié plus souvent qu'à son tour pour n'être que l'ombre de son projet initial. Et l'îlot Voyageur commence à accueillir ses premiers passagers, qui pourraient bien se demander sur quel continent ils se trouvent. Cela nous rappelle que, même si l'on prend du temps pour planifier nos structures, elles ne durent pas nécessairement.
On a évité de peu un BestBuy à la place du Spectrum et il n'y a heureusement pas de place pour un Starcité dans l'ombre d'un nouveau MAC. En fait, dans ce projet de reconstruction du MAC, nous sommes capables du meilleur comme du pire, autant en matière de planification, de qualité architecturale que de délais de construction.
L'organisation du MAC souhaite un nouveau musée pour ses noces d'or en 2014. Il reste à espérer que son nouveau bâtiment franchisse les fragiles noces de porcelaine; il nous reste à réclamer un projet solide, intelligent, écologique et audacieux, capable de réfléchir et se projeter au-delà des vingt prochaines années.
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Alexandre Campeau-Vallée, Montréal
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