Universités - Montagne vs centre-ville
En l'espace de cinq ans à peine, on aura rêvé pour l'îlot Voyageur du meilleur et assisté au pire. Deux universités s'y sont imaginées développant pour leurs étudiants, Montréal, la société, le Québec, alouette, une vision gagnante. L'UQAM, on le sait, a lamentablement perdu. L'UdeM vient de remporter la deuxième mise. Autopsie d'un échec revampé.
Il n'est inscrit nulle part que, dans le monde universitaire francophone montréalais, la montagne reluque le centre-ville de haut, mais chacun sait, sent, décode cette forme de hiérarchisation des établissements qui a de tout temps placé l'Université de Montréal au-dessus de sa petite soeur UQAM. Au nom de quels critères d'ailleurs flotte un certain mépris sur une compétition qui devrait être saine? On ne le sait plus trop: l'ancienneté, la nature de la mission, la composition des clientèles, la hauteur des moyens.
C'est dans ce contexte de rivalité que s'inscrit l'arrivée célébrée en grande d'un campus de l'Université de Montréal en pleine zone uqamienne. Samedi, Le Devoir titrait avec à-propos «L'UdeM s'installe à l'UQAM». Quel pied de nez spectaculaire, en effet, de l'aînée à la benjamine: l'École de santé publique Norman-Bethune sera logée là où, il y a six ans à peine, l'UQAM développait avec une vision malheureusement très embrumée un ambitieux projet universitaire à saveur sociale et culturelle.
L'îlot Voyageur de l'UQAM était pourtant né d'une certaine intuition et logique, même s'il est aujourd'hui sacrilège de le rappeler: la Grande Bibliothèque était sur le point d'être inaugurée dans ce quadrilatère mal famé, les étudiants de l'UQAM y allaient et venaient déjà, la rénovation de la gare d'autobus intermodale ajoutait du lustre au projet d'une faculté de droit et de science politique, d'une école des langues, d'une galerie d'art, de résidences universitaires, le tout pour résorber un important déficit d'espace.
Cet axe universitaire social a été déclassé par un puissant symbole, celui de la santé. La proximité du CHUM est venue ajouter un gallon de persuasion à des arguments économiques. En soi, l'arrivée là de cette École est une bonne nouvelle. Elle met fin, pour l'UdeM, à un fâcheux éparpillement des composantes de cette école indispensable.
Mais elle permet surtout à Québec de transformer un échec en une réussite. Le gouvernement essaie de faire oublier un fiasco financier auquel il a été associé. Il choisit de faire mousser un autre type d'ambitions universitaires: l'UdeM aura bientôt quatre campus en région métropolitaine, au rythme où elle galope. En plus de la montagne, elle se trouve maintenant au centre-ville, à Laval et bientôt sur le site de la gare de triage d'Outremont.
Un même espace, deux universités, deux visions distinctes. L'UdeM emporte la mise avec éclat. Placée au banc des coupables, l'UQAM, on dirait, n'a plus voix au chapitre. Elle espère sans doute pouvoir proposer aux responsables du Quartier de la santé sa collaboration avec son axe de santé sociale développé avec succès dans son Complexe des sciences, tout juste à côté... Une collaboration serait souhaitable. Et l'administration actuelle ne pourra éternellement payer les faux pas du passé.
Que retiendra-t-on de la saga de l'îlot Voyageur? Que la confusion règne en matière de développement immobilier universitaire. Concurrence, intérêts particuliers et guerres de clans semblent toujours prendre le pas sur un développement réfléchi. Or le contribuable, appelé à éponger les fiascos et payer les nouveautés, n'aime pas la confusion.
Il n'est inscrit nulle part que, dans le monde universitaire francophone montréalais, la montagne reluque le centre-ville de haut, mais chacun sait, sent, décode cette forme de hiérarchisation des établissements qui a de tout temps placé l'Université de Montréal au-dessus de sa petite soeur UQAM. Au nom de quels critères d'ailleurs flotte un certain mépris sur une compétition qui devrait être saine? On ne le sait plus trop: l'ancienneté, la nature de la mission, la composition des clientèles, la hauteur des moyens.
C'est dans ce contexte de rivalité que s'inscrit l'arrivée célébrée en grande d'un campus de l'Université de Montréal en pleine zone uqamienne. Samedi, Le Devoir titrait avec à-propos «L'UdeM s'installe à l'UQAM». Quel pied de nez spectaculaire, en effet, de l'aînée à la benjamine: l'École de santé publique Norman-Bethune sera logée là où, il y a six ans à peine, l'UQAM développait avec une vision malheureusement très embrumée un ambitieux projet universitaire à saveur sociale et culturelle.
L'îlot Voyageur de l'UQAM était pourtant né d'une certaine intuition et logique, même s'il est aujourd'hui sacrilège de le rappeler: la Grande Bibliothèque était sur le point d'être inaugurée dans ce quadrilatère mal famé, les étudiants de l'UQAM y allaient et venaient déjà, la rénovation de la gare d'autobus intermodale ajoutait du lustre au projet d'une faculté de droit et de science politique, d'une école des langues, d'une galerie d'art, de résidences universitaires, le tout pour résorber un important déficit d'espace.
Cet axe universitaire social a été déclassé par un puissant symbole, celui de la santé. La proximité du CHUM est venue ajouter un gallon de persuasion à des arguments économiques. En soi, l'arrivée là de cette École est une bonne nouvelle. Elle met fin, pour l'UdeM, à un fâcheux éparpillement des composantes de cette école indispensable.
Mais elle permet surtout à Québec de transformer un échec en une réussite. Le gouvernement essaie de faire oublier un fiasco financier auquel il a été associé. Il choisit de faire mousser un autre type d'ambitions universitaires: l'UdeM aura bientôt quatre campus en région métropolitaine, au rythme où elle galope. En plus de la montagne, elle se trouve maintenant au centre-ville, à Laval et bientôt sur le site de la gare de triage d'Outremont.
Un même espace, deux universités, deux visions distinctes. L'UdeM emporte la mise avec éclat. Placée au banc des coupables, l'UQAM, on dirait, n'a plus voix au chapitre. Elle espère sans doute pouvoir proposer aux responsables du Quartier de la santé sa collaboration avec son axe de santé sociale développé avec succès dans son Complexe des sciences, tout juste à côté... Une collaboration serait souhaitable. Et l'administration actuelle ne pourra éternellement payer les faux pas du passé.
Que retiendra-t-on de la saga de l'îlot Voyageur? Que la confusion règne en matière de développement immobilier universitaire. Concurrence, intérêts particuliers et guerres de clans semblent toujours prendre le pas sur un développement réfléchi. Or le contribuable, appelé à éponger les fiascos et payer les nouveautés, n'aime pas la confusion.
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