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L'UdeM s'installe à l'UQAM

Québec annonce la création du Campus de la santé publique à l'îlot Voyageur

L’ancien premier ministre Pierre Marc Johnson présidera le Quartier de la santé. Il était accompagné hier de la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, et de la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne. <br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
L’ancien premier ministre Pierre Marc Johnson présidera le Quartier de la santé. Il était accompagné hier de la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, et de la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne.
Un pavillon universitaire en chasse un autre. Le gouvernement du Québec a en effet annoncé hier l'implantation d'un pavillon de l'Université de Montréal dans la cour arrière de l'UQAM, sur le site de l'îlot Voyageur, devenu le symbole du fiasco immobilier et financier de l'établissement public.

Du même souffle, Québec met en vente la portion nord de l'îlot Voyageur, c'est-à-dire la gare qui est en fonction avec, au-dessus, le squelette d'un édifice inachevé. La Société immobilière du Québec lancera d'ici quelques semaines un appel d'offres pour se départir du site qu'elle a dû reprendre l'année dernière (une perte de 200 millions) afin de sortir l'UQAM du pétrin. Les actifs sont évalués à quelque 60 millions, soit 17 millions pour la gare et 43 millions pour la structure décrépite des résidences étudiantes qui n'ont jamais vu le jour.

La présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, celle-là même qui a secoué le pommier uqamien à titre de ministre de l'Éducation lorsque le scandale a éclaté en 2007, était fort heureuse hier de présider la relance de l'îlot Voyageur. Selon elle, la création du Campus de la santé publique Norman-Bethune est un «projet structurant et porteur qui se situe au point de convergence de deux des missions les plus fondamentales de l'État, la santé et l'éducation». «Ce projet positionne encore plus fortement Montréal comme l'un des leaders mondiaux en science de la vie», a déclaré Mme Courchesne.

La première phase de ce nouveau campus sera l'École de santé publique de l'Université de Montréal. Ce projet a été mené par l'organisme Quartier de la santé, qui a d'abord été connu sous le nom de Technopôle Ville-Marie. L'ancien premier ministre Pierre Marc Johnson préside le Quartier de la santé, qui avait d'abord prévu ériger avec des fonds privés un immeuble aux abords de l'autoroute Ville-Marie, à proximité du CHUM.

Une étude commandée par le Quartier de la santé auprès de la firme américaine Bain avait conclu en 2008 que l'idée d'un édifice dédié au secteur de la santé avait un potentiel assez limité à moins que des fonds publics donnent l'élan au projet. De fait, le campus sera financé par le gouvernement à hauteur de 160 millions selon l'estimation préliminaire disponible, c'est-à-dire trois fois plus cher que ce qu'avait prévu initialement le Quartier de la santé (50 millions pour un édifice de 15 000 mètres carrés).

L'École de santé publique de l'UdeM devrait voir le jour d'ici de trois à quatre ans au coût de 90 millions. La deuxième phase devrait suivre d'ici cinq ans (70 millions) en accueillant l'Institut national de santé du Québec, ainsi que la Direction de la santé publique de Montréal.

«La caractéristique unique du Campus sera la collaboration en un seul lieu des activités académiques, de l'expertise nationale et de la responsabilité de services envers la population», s'est réjoui Pierre Marc Johnson.

L'École de santé publique de l'UdeM permettra de regrouper les 225 professeurs et 630 étudiants éparpillés sur sept sites différents. Sous le rectorat de Robert Lacroix, l'UdeM refusait de descendre la montagne et de mettre le pied au centre-ville pour y ériger le Centre hospitalier de l'Université de Montréal. M. Lacroix, qui a été le promoteur de l'acquisition de la gare de triage d'Outremont pour l'expansion de l'UdeM, rêvait du développement d'un technopôle de la santé, «un projet de société plutôt qu'un projet disparate».

À l'UQAM hier, la réaction officielle était positive à l'égard de l'UdeM qui viendra s'installer dans sa cour. «C'est une fenêtre d'opportunité pour de nombreuses collaborations», a déclaré la porte-parole Francine Jacques.

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, n'a pas caché son enthousiasme de voir s'enrichir «l'environnement d'affaires et de recherche en sciences de la vie au centre-ville», ce qui pourrait attirer des «talents d'ici et d'ailleurs».

Au cours des 18 prochains mois, l'UdeM réalisera le dossier d'affaires du projet avec la collaboration du Quartier de la santé. Conformément à la politique-cadre sur la gouvernance des grands projets d'infrastructure publique, l'exercice sera supervisé par Infrastructure Québec.

L'îlot Voyageur défigurait le secteur à l'angle de la rue Berri et du boulevard de Maisonneuve depuis maintenant cinq ans. À l'origine, l'îlot Voyageur devait être l'occasion pour l'UQAM de combler son manque criant d'espace pour l'enseignement, mais surtout, permettre d'ancrer l'image de l'UQAM comme la figure de proue du réseau universitaire public.

Le projet immobilier orchestré par le promoteur Busac avec les hauts dirigeants de l'université a toutefois mené l'UQAM au bord de la faillite. Dans un rapport en deux tomes, le vérificateur général du Québec a expliqué le naufrage d'un demi-milliard de dollars par la mauvaise gestion, le manque de transparence ainsi que le contournement des instances décisionnelles.
 
 
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  • pilelo - Inscrite
    17 décembre 2011 01 h 56
    très marrant!
    Tout ce vaudeville est extrêmement amusant!

    En particulier la version télé, où l'on peut voir une classe entière, supposément universitaire, en train de ... manger en assistant à un cours.

    Vive le savoir, vive le savoir-vivre!
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  • M. Miclot - Inscrit
    17 décembre 2011 04 h 48
    Que de joie ....
    Que Couchesne et Beauchamp sont heureuses! Pour un projet mal ficelé qui nous coûte des millions en dépassement de l'estimation initiale et ce n'est pas fini. D'où vient cette joie , mais des enveloppes plus grosses que prévu , on a affaires a 2 membres du PLQ après tout.
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  • le flaneur - Inscrit
    17 décembre 2011 04 h 59
    Un sigle, c'est bien,
    Un sigle c'est bien, mais une traduction serait mieux: UQAM, CHUM, quès'aco?
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  • Marc Lemieux - Inscrit
    17 décembre 2011 06 h 16
    Bizarre
    C'est bizarre comme choix, c'est de la provocation? Ou alors une fusion des deux universités, peu probable
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  • michel lebel - Inscrit
    17 décembre 2011 07 h 02
    Ironique!
    Quelle situation fort ironique.!L'UdM se loge maintenant dans le fiasco-scandale immobilier de l 'UQAM! Et l'UQAM qui offre sa collaboration! Cette saga est une pièce d'anthologie à retenir du Québec universitaire. Les historiens vont un jour bien s'amuser!
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  • meme40 - Inscrit
    17 décembre 2011 08 h 08
    En NET ??
    Auriez-vous quelqu'un l'amabilité de débarbouiller ce qui se cache dans le non-dit de ce P.P.P... Un projet vide et préélectoral..??Le jeu du garrochage d'argent,.? Si on prend au pied de la lettre tout ce que Courchesne et Beauchamp sont capables d'entourloupettes dans leurs discours -fleuves-hommages à la grandeur-de-ce-gourvernement-et-de-son-glorieux-cheuf, on pourrait mourir d'ennui n'eut été le doute qui surgit derrière ce miroir aux alouettes.
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  • Bernard Gervais - Abonné
    17 décembre 2011 09 h 19
    Quand on veut faire oublier un scandale
    Tant mieux si l'Université de Montréal a l'intention d'utiliser le complexe de l'îlot Voyageur pour y ouvrir son école de santé publique.

    Cependant, ne soyons pas dupes. En annonçant en grandes pompes ce projet hier, le gouvernement tente du même coup de nous faire oublier que la construction de ce même complexe a donné lieu à un terrible gouffre financier, qu'il n'a jamais tenté de poursuivre devant les tribunaux ceux qui en étaient responsables et que, finalement, il n'a jamais voulu admettre qu'il aurait pu éviter un tel scandale s'il était intervenu à temps. Quel manque de respect à l'égard des contribuables qui ont pourtant payé pour ça !

    Désolé,mais la photo nous montrant les sourires de satisfaction qu'affichaient hier les ministres Courchesne et Beauchamp a quelque chose d'indécent !
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  • Françoise Breault - Abonnée
    17 décembre 2011 09 h 41
    Ce qu'on ne dit pas sur le fiasco de l'ilôt voyageur
    Ce qu'on tait soigneusement sur les causes du fiasco de ce projet de l'UQAM, c'est que maintenant sur le CA, il y a beaucoup de gens de l'entreprise privée... et ce fait a une grande influence sur les décisions prises...
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  • jean brunet - Inscrit
    17 décembre 2011 09 h 47
    Opinion
    Ironique
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  • AGL - Inscrit
    17 décembre 2011 10 h 15
    Est-ce que l'UdeM a été mandatée après coup pour vendre à Catalina et al. ???
    Quelqu'un peu m'expliquer ? Il y a un pavillon, celui de l'ancien Mont-Jésus-Marie, qui a été acheté à bas coup (oups, lapsus - à bas coût), somme toute, par l'UdeM, pour être revendu à Catalina... On jappait, pleurnichait, après avoir pris possession, que le pavillon entraînait des coûts pour telle raison imprévisible, bien sûr. Il n'y a pas eu personne pour constater avant, pas un digne universitaire pour être suffisamment éclairé sur la « condition » du MJM ? À regarder cette nouvelles transaction, faut-il encore enquêter sur l'objectif du viseur des personnalités (personnages) qui ont conclu ? Je suis d'accord avec Michel Lebel : on va encore s'amuser, mais à quel prix ?

    Vous souvenez-vous du ministre de la Justice qui a retiré l'« archaïsme » du Code civil du Québec, un article concernant la foi et la possibilité de poursuivre quelqu'un qui vous l'amochait, votre foi ? Bien je suis sérieusement en train de la perdre, ma foi. Ma foi en la communauté qui, je le croyais, était suffisamment équipée pour venir à bout de la niaiserie. Seigneur aidez-moi, il ne me reste que vous.
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  • Paul-André Urbain - Inscrit
    17 décembre 2011 11 h 09
    Je comprend pas
    Sur ce site, au nord, il y a une structure inachevée qui nous a coûté cher. Au sud, un vieux terminus qu'on va démolir pour construire une nouvelle structure qu'on va achever cette fois-ci. On va vendre à perte la première structure. Pourquoi ne pas vendre l'ancien terminus et terminer la structure inachevée à la place ?
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  • petitgraindesel - Inscrit
    17 décembre 2011 11 h 26
    UNE PHOTO QUI DIT TOUT
    Line Beauchamp et Michelle Courchesne en pleine jouissance du travail accompli sous le regard bienveillant d'un ancien premier ministre péquiste. Jean Charest, Lucien Bouchard, Pierre-marc Johnson et tous les autres, tous du même bord au service de l'argent. 200 millions en pure perte, voilà de quoi fêter, n'est-ce pas? Nous sommes bien naïfs au Québec de croire que le droit de vote peut encore changer quelque chose aux manigances du monde de la construction. Avec ces 200 millions on aurait pu éviter d'augmenter les frais de scolarité. Étudiants du Québec, il est venu le temps de l'indignation et des revendications. Qui est responsable pour ce vol de 200 millions? personne bien sûr. Business as usual of course.
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  • camelot - Inscrit
    17 décembre 2011 13 h 13
    Inconséquent
    L'UQAM a bâti cette édifice pour en faire une résidence d'étudiants. En le soldant à rabais, Québec perd des dividendes (et fait un cadeau à l'entrepreneur qui l'achètera) et laisse les étudiants dans la rue. Il aurait mieux valu le remettre à l'UQAM non ? Ce n'est un secret pour personne, cette université est sous-financée. La présence de L'UDM est provocatrice. Après l'énorme scandale de la maison mère des Soeurs du Saint nom de Marie, on doit les avoir à l'oeil, ces cupides administrateurs.
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  • jacques bisson - Inscrit
    17 décembre 2011 15 h 03
    Échec 101
    "comment maquiller un lamentable échec en succès 101"

    Jacques Bisson
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  • Bernard Terreault - Abonné
    17 décembre 2011 15 h 25
    Titre trompeur
    L'UdeM s'installe à l'UQAM ??? En fait, l'UdeM va s'installer à la place de l'ancienne gare routière, qui n'a jamais fait partie de l'UQAM, et le bâtiment de l'UQAM inachevé va être vendu à l'entreprise privée. Espérons que l'enchère sera honnête et non truquée, de manière que nous, les cochons de payants, récupérions une partie de nos pertes. C'est un moindre mal, mais je ne vois pas ce que ces dames ont tant à se réjouir comme deux gamines ayant gagné une place à Occupation Double.
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  • Poirier Sylvie - Inscrite
    17 décembre 2011 16 h 03
    La ministre Michelle Courchesne est euphorique !
    L'euphorie ça se traîte. Et que fait le traîte dans ce dossier ? Le supposé souverainiste devenu un libéral ? L'ancien premier ministre Pierre Marc Johnson préside le Quartier de la santé, qui avait d'abord prévu ériger avec des fonds privés un immeuble aux abords de l'autoroute Ville-Marie, à proximité du CHUM.

    Je ne comprends pas toujours pas au moment où la dette du Québec a augmenté de plus de 2 milliards où le PLQ trouve encore des millions ? Évidemment, vous direz dans nos poches ? Ils ont probablement emprunté sur la tête des nouveaux immigrants à coup de 100 000 $ chacun.

    Nous avons perdu 200M$ plus un 165M$ d'investissement. Total 365 millions.
    Je désespère d'espérer en pensant que ces libéraux nous appauvrissent continuellement. À quand la prochaine élection ?
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  •  
  • Darwin666 - Inscrit
    17 décembre 2011 20 h 09
    Quelle photo! Bravo!
    Johnson imbu de lui même, comme il se doit, et Courchesne et Beauchamp mimant le bonheur...
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  • Jules Langlois - Inscrit
    18 décembre 2011 11 h 06
    Sabotage
    Pour ne pas faire d'argent avec un projet immobilier en plein boom, au centre ville, adjacent au terminus et au dessus de la jonction principale des métros, avec des locataires institutionnels, faut vouloir et vouloir très fort. Il y a eu sabotage. Il n'était pas question de laisser a l'uqam la possibilité d'une quelconque autonomie financière. Une université publique et francophone !!!
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  • Michel Simard - Abonné
    18 décembre 2011 11 h 24
    Un autre beau gâchis du QLP
    Le lit du Quebec Liberal Party est fait : tout pour le monopole de la petite élite canadienne-française d'Outremont et on affame une institution qui pourrait contribuer à l'essor du Québec. Avec un beau transfert de 200 millions des coffres de l'État vers des acteurs privés, sans aucune contrepartie, plus un autre 160 millions pour des besoins dont on n'avait jamais entendu parler avant (et qui sont de 3 fois l'estimation initiale).

    Ben coup donc, pas étonnant qu'on soit les plus pauvres en Amérique du Nord.
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  • valdorien - Inscrit
    18 décembre 2011 13 h 57
    Le retour des clows
    Est-ce les clows dont parlait Marguerite Blais? Assurément que mesdames Courchesne et Beauchamp accompagnées de monsieur Johnson vont dérider les résidentes et résidents des CHSLD de la province ou à tout le moins les personnes qui fréquenteront l'Îlot Voyageur. "Monsieur Charest... gardez le volant comme vous le faites. "
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