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    Économie - Et si le Québec innovait encore?

    10 décembre 2011 |Claude Lafleur | Actualités en société
    L'Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) constate que l'économie du Québec se démarque des autres grâce à sa résilience. «Il est de notoriété publique que le Québec s'est mieux tiré d'affaire que beaucoup d'autres endroits dans le monde, face aux difficultés actuelles, relate Robert Laplante, directeur de l'IREC. Nous ne sommes pas les seuls à l'affirmer.»

    Le Québec se démarque de plus en plus du reste de ce Canada qui a subi, au cours des vingt dernières années, une importante mutation économique. «Le Canada, explique-t-il, est devenu un État pétrolier et son économie est désormais largement déterminée par les cours du pétrole et des ressources naturelles.» Quant au Québec, il demeure une économie de PME fortes. «C'est une économie qui a son dynamisme propre et qui se démarque clairement», résume M. Laplante.

    L'IREC a été créé en 1999, entre autres par Jacques Parizeau, dans le but de faire valoir la «vision québécoise» de l'économie. «Ce sont bien souvent des rapports de recherche d'organisations étrangères au Québec qui servent à diriger les projecteurs sur des questions d'importance stratégique, indique l'Institut. Conference Board, Fraser Institute, C. D. Howe Institute, les services de recherche de RBC, de CIBC ou de Toronto Dominion Bank produisent une foule de diagnostics sur nos programmes sociaux, sur la productivité de nos entreprises, sur la pertinence des fonds de travailleurs, sur le "fardeau" de la syndicalisation et des lois du travail, etc. Le Québec se regarde trop souvent avec les yeux de Toronto.»

    Or ce sont justement nos valeurs sociales-démocrates et notre économie plurielle qui expliquent la bonne tenue de notre économie, estime Robert Laplante. «L'économie québécoise bénéficie énormément des liens et des différentes passerelles qui se tissent entre les composantes du modèle québécois, dit-il, c'est-à-dire une économie publique, une économie privée (capitaliste conventionnelle) et une économie sociale qui donne une cohésion particulière à l'ensemble de notre dynamisme économique.»

    «Nous souhaitons contribuer à l'enrichissement du débat public par la publication et la diffusion de travaux de recherche rigoureux et pertinents», poursuit le directeur de l'IREC. À cette fin, l'Institut a récemment organisé un colloque sur le développement minier, en collaboration avec la Direction du développement durable de HÉC. «Cet important colloque marque le début du débat sur le Plan Nord et les orientations qu'il comporte», énonce M. Laplante.

    L'IREC a aussi créé un indice boursier. «L'indice Québec 30 a été créé au moment où la Bourse de Montréal et l'indice XXM disparaissaient, explique le directeur de l'Institut. Notre intention était de fournir un instrument qui prendrait le relais. Nous avons, pour ce faire, développé une méthodologie propre qui nous permet de faire la part des choses entre l'activité réalisée dans l'économie du Québec et celle qui relève des activités produites à l'étranger.»

    À cette fin, l'indice Québec 30 englobe les 30 principales capitalisations québécoises, ce qui représente environ 80 % de la capitalisation totale de nos entreprises (un autre indice, Québec 120, regroupe 99,9 % de la capitalisation boursière totale des entreprises québécoises). «L'indice Québec 30 donne une mesure beaucoup plus fiable et beaucoup plus précise de la performance des entreprises dans l'économie du Québec, et c'est la raison pour laquelle il est désormais utilisé par l'indice Précurseur Desjardins, l'indice de prévisions économiques qui fait autorité au Canada», rapporte fièrement Robert Laplante.

    L'IREC a également conçu des indices semblables pour couvrir les différents territoires canadiens, donc l'indice Ontario, l'indice Prairie, l'indice Colombie-Britannique et l'indice Maritime. «Cela nous permet de comparer de façon rigoureuse la performance de l'économie financière du Québec avec celle des autres composantes du Canada», rapporte-t-il encore.

    Et le Plan Nord?

    Néanmoins, le Québec n'est nullement à l'abri des politiques du gouvernement Harper — «loin de là!», insiste Robert Laplante. Prenant l'exem-ple des politiques en défaveur de l'environnement du gouvernement Harper, il note que «le Québec peut bien faire et multiplier les déclarations d'adhésion à l'accord de Kyoto et les efforts pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre, la réalité n'en est pas moins que ce sont ces décisions du gouvernement canadien qui comptent sur la scène internationale»!

    Quant au Plan Nord, préconisé par Jean Charest, ce pourrait être une occasion très intéressante de développer le Nord, enchaîne-t-il. Toutefois, les participants au récent colloque ont déploré l'absence d'une véritable politique industrielle qui établirait le lien entre l'exploitation et la transformation. «Notre législation concernant l'encadrement des conditions d'exploration reste absolument déficiente, reposant encore sur un principe du XIXe siècle: le free-mining», déclare M. Laplante.

    «Il faut bien le dire, poursuit-il, notre sous-sol renferme des richesses qui appartiennent à tous les Québécois, mais autant à ceux d'aujourd'hui qu'à ceux de demain! Et comme il s'agit de ressources non renouvelables, il faut absolument s'assurer que la réduction du patrimoine géologique sera compensée par la constitution d'un patrimoine de richesses qui élargira les possibilités de la génération prochaine.»

    Comme en Norvège, quoi! «On ne voit pas très bien pourquoi ce qui est possible en Norvège ne le serait pas au Québec, pose-t-il. Et, comme l'ont rappelé plusieurs des intervenants, pourquoi ne pas nous illustrer avec la création d'un modèle qui ferait l'envie du monde entier? Après tout, ne parle-t-on pas ici d'une économie de l'innovation?»

    ***

    Collaborateur du Devoir












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