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Pauvreté et misère extrêmes

Donald et Jessica Jacasum sont au nombre des Cris d’Attawapiskat dont la demeure est en piètre état.<br />
Photo : La Presse canadienne (photo) Adrian Wyld
Donald et Jessica Jacasum sont au nombre des Cris d’Attawapiskat dont la demeure est en piètre état.
Attawapiskat — Pour les habitants d'Attawapiskat, tout répit semble impossible. Ils vivent sur une parcelle de terre ensevelie sous la neige près de l'endroit où la rivière Attawapiskat se jette dans la baie James. Vu du ciel, leur village blanc et compact brille sous le soleil. Les nuages de fumée émanant des nombreux poêles à bois embaument l'air alors que les chiens, les camionnettes et les motoneiges se partagent les larges rues.

Cette sérénité est toutefois trompeuse. La pauvreté et la misère noire sont profondément enracinées dans la petite communauté crie, au point où les portes d'acier cabossées, censées protéger les maisons du froid, ne parviennent plus à les contenir. Certaines résidences n'ont même pas de porte. Comme l'a déclaré le député néodémocrate Charles Angus, il s'agit du «Ground Zero» de cette tragédie canadienne.

Attawapiskat, comme plusieurs réserves, souffre d'un grave manque de logements. Les familles s'entassent dans les minuscules maisons alignées le long des quelques rues qui forment le village. D'autres ont été évincées de leur résidence et ont été obligées de s'abriter dans des cabanes, des tipis, des tentes ou d'immenses roulottes de chantier fournies par l'entreprise De Beers, qui exploite une mine de diamants à environ 80 km de la communauté.

Ces familles manquent de tous les services essentiels à la vie dans le Nord: eau courante, système de plomberie, isolation suffisante et chauffage adéquat.

Même si De Beers a fait de l'embauche des résidants d'Attawapiskat l'une de ses priorités, une faible fraction de ces salaires sert à remédier aux conditions de vie pitoyables de la communauté, soit parce que les mineurs déménagent, soit parce qu'ils trouvent la réserve trop restrictive pour y investir leurs économies.

Climat extrême

Le résultat est une pauvreté endémique dont rien ne vient briser le cercle vicieux, selon les habitants et les dirigeants locaux. «C'est un endroit où il est très difficile de vivre confortablement», a affirmé Tom Ormsby, le directeur des affaires externes et d'entreprise pour la mine Victor de De Beers, qui était de passage à Attawapiskat pour y organiser un salon de l'emploi. «Le climat est extrême, l'éloignement est extrême, ce sont des conditions de vie très, très, très dures.»

Tout près de l'édifice bleu vif qui abrite les bureaux du conseil de bande, Lisa Kiokee-Linklater vit dans une tente où une toile goudronnée fait office de porte. Lors du passage de La Presse canadienne, elle regardait la télévision avec deux de ses quatre jeunes enfants.

Deux matelas reposent sur le sol et chacun sert de lit à trois personnes. L'un deux est rongé par la moisissure. L'abri n'a ni eau courante ni salle de bain, et le plancher non isolé est glacial. La dame utilise des couches pour les petits et les toilettes de sa belle-famille pour elle-même. C'est Lisa Kiokee-Linklater qui a décidé de déménager dans cette tente. «Oui, c'est un peu mieux, a-t-elle lancé. Mais durant l'hiver, il fait froid. Je coupe le nombre de bains parce qu'il fait trop froid.»

Parmi les étrangers qui se sont rendus à Attawapiskat figuraient la chef par intérim du Nouveau Parti démocratique, Nycole Turmel, et M. Angus, le député de la région. Tous ces visiteurs essaient de trouver des solutions à la crise du logement qui sévit actuellement dans la communauté. Des couvertures et d'autres items essentiels ont été envoyés là-bas, alors que les autorités discutent de ce que le gouvernement fédéral pourrait faire pour aider le conseil de bande à régler les problèmes les plus urgents. Mais les mesures qui, à long terme, permettraient au village d'échapper définitivement à la pauvreté demeurent lointaines.

L'Assemblée des Premières Nations estime que les réserves partout au Canada auraient besoin de quelque 80 000 nouvelles maisons.
 
 
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  • Rodrigue Guimont - Abonné
    1 décembre 2011 08 h 52
    Pour parer au plus urgent des yourtes hivernisés...
    Pour parer au plus urgent, l’installation de yourtes hivernisés à Attawapiskat pourrait aider les jeunes familles.

    Les yourtes sont faciles à transporter, de peu de poids, elles se montent facilement en moins d’une heure et de plus elles sont confortables. Leurs prix sont abordables, de 5 000 à 20 000$ dépendamment de la circonférence et des matériaux. Un moyen simple et efficace pour aider rapidement cette population.
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  • Bremme - Inscrit
    1 décembre 2011 09 h 01
    Pas toutes des Attawapiskat
    Je vis à Notre-Dame du Nord ou il y a une réserve amérindienne. Je puis vous dire que les gens y vivent bien. Rien à voir avec Attawapiskat.
    Je crois quand même que les Réserves devraient être abolies. Ce système paternaliste basé sur un critère racial est d'une autre époque.
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  • Pierre Rousseau - Inscrit
    1 décembre 2011 11 h 24
    Effectivement mais...
    C'est vrai que les réserves ne sont pas toutes comme Attawapiskat mais il y en a des dizaines qui lui ressemblent et plusieurs de ces villages ne sont pas légalement des «réserves» mais des hameaux dans les territoires. Je me souviens d'une jeune femme qui vivait dans une «matchbox» à Puvirnituq dans les années '80 avec son enfant de 5 mois et où il n'y avait qu'une pièce avec un matelas à terre dans un coin, avec un berceau à côté, sans eau courante, sans toilette (seulement une chaudière qu'on appelait alors «honey bucket»). Le fédéral avait aussi construit ce genre de «matchbox» sur la terre de Baffin et une de ces maisons a été emportée par le vent à Pangnirtung (Nunavut) et par après on a simplement attaché cette maison au sol avec des câbles d'acier... on avait réglé le problème!

    Il faut aussi considérer que dans le pergélisol, ce n'est pas facile d'avoir un aqueduc et de l'eau courante... Il y en a à Iqaluit car on y a construit des «utilidors», conduites d'eau sur le sol et qui ne gèlent pas à cause de la pression très élevée de l'eau... mais quand ça finit par geler ou qu'il y a un bris, le dégât est considérable. Généralement dans les villages plus petits, on met des réservoirs d'eau dans les maisons et l'eau «potable» est fournie par camion, 12 mois par année.

    Les matériaux de construction viennent soit par avion (très dispendieux) ou par bateau là où il y a un accès à la mer mais, encore là, c'est très dispendieux et les matériaux arrivent généralement en août ou septembre, quand il n'y a plus de glace, alors que la saison de construction achève avec la venue des froids d'hiver. Les gouvernements n'arrivent donc pas à mettre les ressources nécessaires pour construire des maisons car ce n'est pas populaire dans le sud... Imaginez que chaque maison coûte plus d'un quart de million$... alors les gens du sud crient au gaspillage, n'est-ce pas?
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  • Mimi37 - Inscrit
    1 décembre 2011 12 h 03
    Comme un République
    Il semble que les Réserves soient gérées (administrées) un peu comme dans un système républicain; or, plusieurs Réserves sont très bien administrées par leur Conseil de bande.

    D'autres par contre, dont Attawakispat, ne semblent pas savoir comment administrer les argents qu'ils reçoivent. La tuelle leur permettra d'apprendre.

    Un mal pour un bien quoi! Je préfèrais toutefois, que cet enseignement soit donné PAR des autochtones dont les Réserves sont biens administrée.

    Mettre PLUS de $$$ ne règlerait pas la situation.

    Pour sortir les gens de la misère, il ne suffit pas de simplement leur donner PLUSSSSSS de poissons MAIS PLUTOT, de leur enseigner à pêcher.
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  • Louis16 - Inscrit
    1 décembre 2011 16 h 57
    Curieux
    Bonjour,

    C'est quand même curieux qu'une telle chose se produise dans la province la plus riche du Canada!!!!
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