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Territoires en mutation

Le Quartier Dix30, le boulevard Taschereau, le boulevard Charest, l'entrée des villages... Il y a moyen de faire mieux.

À Brossard, le développement rapide du quartier résidentiel bordant le Dix30 a permis de voir pousser des maisons inspirées d’un XIXe siècle de conte de fées, tandis qu’étaient oubliées les quelques véritables maisons d’époque de l’endroit.<br />
Photo : Jean-François Nadeau - Le Devoir
À Brossard, le développement rapide du quartier résidentiel bordant le Dix30 a permis de voir pousser des maisons inspirées d’un XIXe siècle de conte de fées, tandis qu’étaient oubliées les quelques véritables maisons d’époque de l’endroit.

À retenir

    Quelles mutations territoriales se préparent au centre et autour du Grand Montréal? «Je pense sincèrement que les municipalités qui ne font pas attention à leurs paysages auront de sérieuses difficultés dans les prochaines décennies», tranche le professeur Gérald Domon de l’Université de Montréal.

    Ce texte est une version longue du texte paru dans le journal papier. Consultez également le projet de l'ONF Territoires.
Un beau train électrique traverse une forêt d'éoliennes qui l'alimente en énergie et en rêveries tout au long du parcours liant l'aéroport au centre-ville de Montréal. Dans les plans de l'architecte-paysagiste montréalais Gilles Hanicot, le boulevard Angrignon détourné de son lit désenclave le quartier Saint-Pierre et facilite la connectivité nord-sud actuellement inexistante, ou presque. C'est beau. C'est bon. Ça méritait un des trois prix distribués cette semaine par des experts architectes, urbanistes et paysagistes.

La firme new-yorkaise dlandstudio, colauréate, propose de passer des infrastructures aux «infrasutures» pour retisser l’ensemble du paysage urbain en restaurant l’hydrologie naturelle autour de l’actuelle autoroute 20.

Dans ses projections virtuelles, la troisième gagnante, la torontoise Brown + Stroey, densifie allègrement tout le secteur sans oublier d’y multiplier les espaces publics, les parcs, les voies cyclables et pédestres. «Imaginez de pouvoir marcher du centre-ville jusqu’à l’aéroport...», a résumé la championne Kim Storey, à la toute fin de sa présentation publique, mardi soir, au Palais des congrès de Montréal.

La soirée publique clôturait le concours international d’idées «YUL-MTL: paysages en mouvement» portant sur l’«entrée de ville» du sud de l’île. Celle du nord (par la 40) ne paye pas de mine non plus. L’appel mondial de la Chaire en paysage et environnement de l’Université de Montréal a généré 578 inscriptions de tous les continents et 62 participations fermes. Trois lauréats ex æquo chapeautent onze finalistes, certains défendant des idées encore plus audacieuses, toujours plus «révolutionnaires», jusqu’à des tunnels de verdure traversant des forêts urbaines. Bravo.

Tout cela pour reconfigurer 17 horribles kilomètres de béton et de friches industrielles, un paysage urbain qui a été comparé par un observateur étranger à une entrée de ville indigne du Kazakhstan. Il y a donc encore moyen de rêver dans ce pays aux multiples perspectives bouchées? D’ouvrir franchement les yeux sur les erreurs héritées du passé et les solutions déjà éprouvées ailleurs, ne serait-ce que dans la tête des amoureux du paysage et des aménagements bien faits?

«Les autoroutes qui arrivent au centre-ville et défigurent le paysage urbain, il y en a partout, et en ce sens Montréal n’est pas la ville la plus malheureuse qui soit», commente en entrevue au Devoir Édouard François, autre observateur étranger, spectateur engagé celui-là puisqu’il présidait le jury international d’idées YUL-Montréal.

M. François est un des chefs de file mondiaux de l’architecture verte. On lui doit par exemple la Tower-Flower de Paris, un gratte-ciel planté d’arbres. «L’accès autoroutier, c’est mondial comme problème. C’est un héritage de la société industrielle monofonctionnelle. Heureusement, on est en train de basculer vers autre chose.»

Ailleurs peut-être, mais ici?

L’échangeur Turcot, un des nœuds du secteur sera refait dans la perspective dominante du «tout à l’auto». Mardi, au bout de trois heures de présentation des beaux plans de réaménagement, la passionnée Odile Hénault, toujours critique à souhait, a été la seule à se pointer au micro pour demander candidement: non mais, où sont les voitures réelles dans vos projections virtuelles?

«On ne voit à peu près pas d’autoroute, a dit la critique d’architecture. Ce sont des propositions d’aménagement extrêmement vertes et valables, basées sur des principes intéressants, mais j’ai un peu peur que leur impact soit minime auprès du ministère du Transport. Et nous qui connaissons la situation de l’échangeur Turcot, de l’autoroute 20 et des ponts qui entourent Montréal, nous savons qu’il y a un fossé tellement grand entre ces propositions et ce que Transports Québec va mettre de l’avant. J’ai peur que ces beaux plans restent lettres mortes.»

Une autre critique éclairée du secteur, Sophie Gironnay, n’en pense pas moins. Elle généralise même l’observation: bien qu’elle soit favorable aux concours, elle doit malheureusement souligner qu’ici, ces admirables exercices ne débouchent sur rien, ou si peu. «C’est “bidon” non pas en soi, au contraire, mais bidon par le fait que ça n’a aucun impact sur la réalité, ça ne convainc pas les pouvoirs publics, maires, clients, etc.», a écrit au Devoir, avant la fin du concours YUL-Montréal, la fondatrice de la Maison de l’architecture.

«Et c’est l’exercice sans cesse recommencé qui d’un côté a) stimule la création et fait la preuve que les professionnels en architecture et paysage ont du talent et des choses à apporter, mais que b) en face, les décideurs et clients ont d’autres priorités que la qualité de l’aménagement et laissent passer sans rien changer à leurs habitudes de c[blip].»

Le ministre du Transport n’a pas assisté à la présentation mardi soir. Le directeur du concours, le Français Édouard François, ne se laisse pas démonter par la critique des rapports tordus entre le politique et les pros du paysage dont il ne maîtrise pas les arcanes québécois de toute manière. «Il faut considérer les différents temps, chacun avec sa vision, dit l’architecte parisien. Il y a un avant et un après-concours. Sur le très long terme, ne parlons pas de poudre aux yeux. Il y a un temps politique aussi pour comprendre et évoluer. Nous, au jury, nous avons cherché à intéresser les élus et les citoyens en disant qu’il y a des rêves et du potentiel dans le paysage.»

Le paysage d’aujourd’hui à demain

Le professeur Gérard Domon, spécialiste de la dynamique des paysages et de la nouvelle ruralité, s’intéresse à ces mutations du territoire sur le long et le très long terme. «Un de mes plaisirs, c’est d’amener mes étudiants sur le terrain et de leur montrer ce qu’est devenue la campagne, en vrai, dit le directeur scientifique associé de la Chaire de paysage de l’UdeM. La ruralité, ce n’est plus ce qu’on pense, les vaches et l’agriculture.

Il y a une diversité formidable de contextes ruraux et le paysage joue un rôle majeur dans cette ruralité. Le paysage, c’est un peu l’équivalent du sol agricole au XXe siècle.»

Avec Julie Ruiz, professeure de géographie à l’UQTR, M. Domon vient de terminer une étude intitulée «Comprendre les paysages d’aujourd’hui pour penser ceux de demain» en se servant du cas précis de la MRC des Maskoutains. Le «diagnostic paysager» porte sur cette région agricole enclavée entre le fleuve et l’Estrie, un plat pays un peu morne avec Saint-Hyacinthe comme ville centre. Le Grand Montréal voisin touche à sa frontière ouest. Tout y est examiné: le sol, l’occupation successive, les lieux valorisés, les exemples à ne plus suivre, le paysage maskoutain vu de l’intérieur et de l’extérieur.

 Il y a là des terres à conquérir par les promoteurs et les migrants. Après tout, le rapport de consultation publique de la Communauté métropolitaine de Montréal sur le Plan métropolitain d’aménagement et de développement dévoilé récemment ne prévoit un gel des zonages agricoles que pour cinq années. Le professeur cite la thèse toute chaude de la doctorante Laurie Guimond, de l’Université d’Ottawa, sur la mobilité entre la ville et ses périphéries. La chercheuse démontre le va-et-vient d’une zone à l’autre toute la vie durant: on peut naître en région, s’installer en ville pour les études, s’ancrer en banlieue pour élever la famille, revenir en ville à la retraite ou opter pour la campagne, si possible la belle, bien développée.

«Je pense sincèrement que les municipalités qui ne font pas attention à leur paysage auront de sérieuses difficultés dans les prochaines décennies, poursuit le savant “ès panorama”. Au fond, la MRC des Maskoutains a les mêmes problèmes que la Gaspésie: l’agriculture diminue et il faut rendre ce cadre de vie régional plus attrayant, y compris par le paysage. Maintenant, on fréquente et on consomme un lieu en fonction de ses qualités, toutes ses qualités.»

Le «scientifique du paysage» (comme M. Domon) comprend et explique les mutations. Le «designer du paysage» les juge esthétiquement et les oriente. Les deux points de vue ne sont pas exclusifs. «On peut être critique des choix passés, mais pas nécessairement toujours envers ceux qui ont fait ces choix, explique le professeur. Il faut recontextualiser. On ne peut pas comprendre la position des pylônes dans Charlevoix ou le Bas-Saint-Laurent si on ne tient pas compte de ça. Ces lignes électriques sont épouvantables pour nous, alors qu’au moment de leur installation, on les voyait comme un signe de progrès...»

Le «beau», enfin, ce qui est conçu comme tel, rapporte au sens et aux sens comme au portefeuille. Il n’y a qu’à voir le prix des maisons plus au sud, en Estrie, autour de Knowlton, Sutton ou Bromont. Une montagne bucolique et c’est le pactole, avec bien sûr le danger de l’embourgeoisement à l’extrême. Or, le Québec a beaucoup, beaucoup détruit de ses lieux enchanteurs en quelques décennies à peine, faute de protection et de balises. Le paysage québécois illustre souvent ce que le libre marché total, sans contrainte politique, peut donner de pire.

L’État réagit, un peu. La nouvelle Loi sur le patrimoine culturel était jugée «d’une pâleur extrême» dans nos pages cette semaine par Marcel Junius, ancien président de la Commission des biens culturels du Québec. Il y a tellement péril en la demeure québécoise que le professeur Domon avance la possibilité de franchir bientôt un point de non-retour.

«Je dirais que les cinq à dix prochaines années seront décisives, passionnantes et déterminantes, conclut Gérald Domon. La majorité des lois sont en révision ou ont été revues sans être encore en application. Le paysage est une ressource du territoire, une des plus précieuses que l’on ait actuellement.»

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  • johanne fontaine
    Abonné
    samedi 26 novembre 2011 06h13
    Point de non-retour: enfin, c'est dit...
    Le Québec est en train de franchir le point de non-retour en matière d'atteinte à son paysage.

    Enfant, avec mes grands-parents, je faisais le trajet Joliette-St-Alphonse Rodriguez (actuelle route 343), bordée de pins géants.

    De nos jours, cette route, à l'instar de plusieurs autres, offre un paysage bigarré, un patchwork de zonage anarchique passant d'agricole, commercial à industriel au résidentiel rutilant tel un manoir m'as-tu vu à tours propriété d'un entrepreneur local !


    Et exit les pins centenaires: dans Lanaudière, c'est out!
    Mëme en bordure du Lac Des Français, on a osé abattre ces géants naturels et tutélaires...
    J'en pleure à chaque fois; pour m'éviter des tristesses, vivement ne plus sortir!

    Guère mieux le long du fleuve: du pont du bout de l'Ile à Berthierville-St-Cuthbert, même enfilade de zonage oû se succèdent: gigantesque immeubles tenus en condos jouxtent des garages, moulin ancestral au milieu de constructions qui n'ont rien de patrimonial...village patrimonial cotoyant des grandes surfaces; La totale! Un véritable festival de la laideur.

    A ce compte là, vive la 40 qui a le mérite de ne rien montrer que d'homogènes demeures en série toutes également laides - si l'on fait abstraction du fait qu'elles sont sises sur d'anciennes terres agricoles (zone verte) - notre garde-marger à tous, puis une alternance de forêts et de clairières.

    Décidément,
    mon pays, ce n'est pas mon pays,
    c'est Dévastation!

    Johanne Fontaine
    St-Cuthbert

  • Nasboum
    Abonné
    samedi 26 novembre 2011 08h43
    Faux
    Non, ce n'est pas seulement la faute de l'État. C'est aussi celle du citoyen qui, dans son je-m'en-foutisme, ne fait rien pour protéger son patrimoine, qui démolit sa grange parce que c'est plus facile de reconstruire à neuf, avec des matériaux hideux, qui va cacher sa belle devanture en pierre des champs car refaire le mortier coute trop cher et qu'une fois cachée par du plastic, c'est tout aussi 'beau' et plus résistant. Des exemples, comme cela, on en voit partout au Québec. Pour moi, c'est l'inculture du citoyen et son irrespect envers son histoire qui est à blâmer. Pour finir sur une bonne note, les municipalités des régions rurales commencent à comprendre les enjeux économiques et sociaux de la préservation de ce patrimoine. Espérons que tout cela prendra force.

  • Michel Boucher
    Abonné
    samedi 26 novembre 2011 08h48
    Un article très intéressant !
    qui porte sur l'avenir de notre paysage urbain...
    Bonne lecture !
    Michel

  • Jean Tremble
    Inscrit
    samedi 26 novembre 2011 09h17
    Déclin de vinyle
    << Le Québec a beaucoup, beaucoup détruit de ses lieux enchanteurs en quelques décennies à peine, faute de protection et de balises. >>

    Bah, oui ! C’est ce qui arrive, quand le développement du territoire urbain et périurbain est laissé entre les mains des promoteurs immobiliers.

    Je songe notamment au bois de Longueuil, qui aurait pu être le pendant d’une forêt domaniale en banlieue de Montréal. Au lieu de ça, on l’a bouledozé pour y semer des bungalows au style ringard, ainsi que de risibles maisons surdimensionnées construites en bois aggloméré, malgré un revêtement tape-à-l’œil.

    Et puis, en parcourant la Belle (sic) province, on imagine sans peine qu’une loi Malraux n’aurait pas autorisé cette prolifération du déclin de vinyle qui a sonné le glas de la beauté architecturale de nos villages.

  • Paul Racicot
    Inscrit
    samedi 26 novembre 2011 12h39
    Bref...
    ...un ministère québécois de l'Aménagement durable du territoire - qui aurait intelligemment intégré les mandats et les fonctions toujours dissociés de plusieurs ministères et commissions - n'a toujours pas vu le jour. Too bad !

  • Patrik Gaudet
    Inscrit
    samedi 26 novembre 2011 17h16
    De pays à province canayène...
    Désolation est le mots qui défini le mieux notre identité aujourd'hui.

    Pourtant on pourrait encore rêver: http://dornob.com/remote-retreat-new-island-home-i

  • France Marcotte
    Abonnée
    samedi 26 novembre 2011 19h38
    L'argent tue
    "Le paysage est une ressource du territoire, une des plus précieuses que l’on ait actuellement", dit M.Domon.

    "Une montagne bucolique et c’est le pactole, avec bien sûr le danger de l’embourgeoisement à l’extrême. Or, le Québec a beaucoup, beaucoup détruit de ses lieux enchanteurs en quelques décennies à peine, faute de protection et de balises. Le paysage québécois illustre souvent ce que le libre marché total, sans contrainte politique, peut donner de pire."

    J'ai montré cette photo à mes compagnons, leur ai dit que des gens se construisent des châteaux genre XIXe siècle pendant qu'on laisse à l'abandon les véritables maisons d'époque.
    On m'a répondu qu'en effet , il en coûte parfois plus cher de restaurer...
    L'argent, toujours l'argent...qui rend insensible, stupide, intransigeant.

    Si triste de voir que dans nos villes et villages qui ont parfois une longue histoire, c'est tout de même de prime abord auprès des vieilles pierres que le visiteur et le flâneur tendent, que l'on s'assemble, comme auprès d'un feu de plus en plus maigre.
    Ce ne sera jamais sur le boulevard Taschereau que l'on trouvera du réconfort.

  • Bernard Gervais
    Abonné
    dimanche 27 novembre 2011 11h42
    La banlieue : l'ennemie du patrimoine et de l'agriculture
    Je suis passé cet été sur le boulevard Taschereau entre les ponts Champlain et Jacques-Cartier. Comment a-t-on pu permettre un aménagement aussi laid ? Aucun souci d'urbanisme, mais plutôt, de chaque côté, de nombreux magasins et centres commerciaux souvent pareils et qui sont des horreurs au plan architectural !

    Et on peut en dire autant pour l'horrible centre DIX30, lequel est entouré de maisons cossues style château ou « nouveau riche » et qui coûtent une fortune à acheter même si elles n'ont rien de vraiment attirant !

    Et on pourrait faire les mêmes commentaires concernant le développement de certaines villes de banlieue, situées dans la région des Basses-Laurentides, ainsi que de celui de plusieurs secteurs de l'île de Laval.

    Mais le plus déplorable ici est que tout cela se fait la plupart du temps au dépens du patrimoine et sur des bonnes terres agricoles, même si nous en avons très peu au Québec (3 % seulement du territoire québécois est propice à l'agriculture).

    De plus, comme l'ont maintes fois déjà déclaré des experts, même si on démolissait tous ces récents immeubles à logements et centres commerciaux, qu'on retrouve en banlieue sur des terrains jadis agricoles, et qu'on essayait de redonner à ceux-ci leur vocation première, ce serait impossible. Tout simplement parce que la terre a brûlé. Quel gâchis !

  • P. Raymond
    Inscrit
    dimanche 27 novembre 2011 12h47
    Aussi désolant
    Que le paysage politique actuel. À l'image de la nullité des parasites qui nous gouvernent depuis.

    Il n'a toujours manqué qu' 1 kilomètre de voie ferrée pour raccorder cet aéroport au réseau ferroviaire existant. Ces nullités ont plutôt accordé des permis de bâtir sur ce terrain à des hôtels étrangers.

    Il n'a toujours manqué qu'environ 10 kilomètres pour raccorder l'autoroute 13 à ce qui aurait dû rester YUL-MTL à Mirabel. Le mal étant déjà fait à la terre et aux pins. Et aucun nouveau pont n'aurait été nécessaire. Ces nullités préfèrent plutôt se voter leur Très Honorable propre salaire.

    De grâce, cessons d'élire des gros Zéros. On doit leur payer un salaire et une pension à 99% d'intérêts. En prime.

  • Francois Dorion
    Abonné
    dimanche 27 novembre 2011 14h36
    Hum!
    C' est bien beau le paysage, mais dire que ça remplace la valeur agricole des terres, c'est un peru comme vouloir se nourrir d'un video.
    Dire que le territoire maskoutain est à conquérir est aussi ineffable que dire que la mer ne sera habitée que de requins.

    Balancer l'agriculture au profit du paysagwe est un peu comme balancer le référgirateur et le poêle au profit de la radio et de la télé.

    Il faut de la beauté en ville, comme à la campagne, mais c'est le rôle des artistes de la produire; tant mieux s'ils le font en préservant le tissu social qui leur permet d'exister.

  • Djeep
    Inscrit
    jeudi 5 janvier 2012 12h36
    Regard sur l'écoumène
    Oui.
    Le développement du territoire est souvent fait par des personnes et entités dont les intérêts passent d'abord par le profit à réaliser.

    Et parmi ces personnes, il y en a sûrement certaines qui vont ensuite se payer un voyage quelque part ailleurs sur la planète pour admirer la beauté de leurs paysages.

    Ceux qui le voudront bien - plus nombreux nous serons, mieux ça vaudra - doivent :

    1.
    Sensibiliser, éduquer, mobiliser le «regard» de monsieur et madame toulmonde, pour qu'il devienne pénétrant et empathique, sur l'espace et les lieux habités par nous, êtres humains.
    Devenir conscient de ce qui se passe autour de nous, de la beauté, de la laideur et de l'oubli. Soutenir notre attention (pay attention).
    Nous réveiller de notre engourdissement, de notre indifférence zombiesque.
    Nous libérer de nos refuges virtuels.
    Comme société, nous enraciner une culture du paysage dans le coeur et dans la volonté.

    2. Prendre la parole citoyenne, participer aux périodes de questions des réunions de conseils municipaux, se faire élire aux élections municipales.
    Contester. Se battre. Vaincre l'inertie.
    Témoigner (testify).

    Jean-Pierre Marcoux

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